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EAN : 9782228909235
208 pages
Payot et Rivages (05/06/2013)
4.33/5   15 notes
Résumé :
Au printemps 1940, quelques mois avant de se suicider, Walter Benjamin rédige une suite d'aphorismes denses et étincelants, bouleversants blocs de prose poétique au centre desquels rayonne Angelus Novus, le tableau de Klee, que le philosophe associe à l'Ange de l'Histoire. Réunis sous le titre de Sur le concept d'histoire, ces aphorismes sont le texte le plus commenté de Benjamin. Leur répondent ici deux autres essais : "Eduard Fuchs, le collectionneur et l'historie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Un texte prémonitoire pour commencer datant de 1940. « Thèses sur le concept d'histoire, IX » (2013, Gallimard, 208 p.) d'après « Über den Begriff der Geschichte, IX », Au printemps 1940, quelques mois avant de se suicider, Walter Benjamin rédige une suite d'aphorismes denses et étincelants, d'après « Angelus Novus ». Pour lui, le tableau de Klee, que le philosophe associe à l'Ange de l'Histoire, résume l'époque traversée par une même question : « Peut-on sauver le passé », et comment qualifier ce qui vient de se passer « Cette tempête est ce que nous appelons le progrès ».
Un ange qui fait défiler une vision d'apocalypse. le philosophe allemand est encore sous le choc du pacte germano-soviétique d'août 1939 et surtout à peine sorti du camp d'internement de Nevers, quand il rédige ces textes en mars 1940. Dix-neuf textes brefs qui condensent les pensées politico-messianiques de son auteur sur son siècle. Il présente Staline comme un traître, Hitler comme l'Antéchrist, les socio-démocrates intoxiqués par les idéologies à propos de la glorification du travail, de la domination de la nature et du progrès. Derrière tout cela, les communistes prêts à succomber aux mêmes égarements. Il fait apparaître l'Ange qui concentre tout l'enjeu des thèses qui résument toute l'oeuvre de Benjamin. Une vision pessimiste de l'histoire de l'humanité. C'est aussi l'Ange qui est à la charnière entre le début et la fin de ces thèses.
Le texte de la thèse IX s'ouvre sur un tableau de Paul Klee intitulé « Angelus Novus », l'« ange nouveau », dont Walter Benjamin a fait l'acquisition en mai 1921 dans une galerie de Munich. Ce tableau l'avait bouleversé lorsqu'il l'avait vu exposé pour la première fois à Berlin. Klee l'a peint entre 1915 et terminé en 1920, sot pendant la Première Guerre. le tableau (24 * 32 cm) est aujourd'hui au musée d'Israël à Jérusalem. de couleur rouge-brun, il montre un personnage les mains en l'air. L'impression immédiate est celle d'un homme armé visé par quelqu'un d'autre. le personnage, effrayé, se rend.
De plus près, ses bras et son dos ressemblent à différentes parties d'une même feuille pliée comme dans un origami. Elles constituent les ailes de l'ange. Ses pieds et ses mains sont fuselés, un peu comme les ailes et les pattes d'un oiseau. La bouche, rouge, est grande ouverte découvre des canines irrégulières mais pointues. le nez ressemble à des cheminées de paquebot. L'oeil droit fixe le spectateur, tandis que le gauche regarde ailleurs. Les boucles de la chevelure évoquent des feuilles enroulées.
Adorno compare d'ailleurs cet « ange-machine » aux caricatures de Guillaume II, que Klee représentait en « monstrueux mangeur d'acier ».
Peint pendant la guerre qui a profondément marquée Klee, c'est une peinture réaliste et pacifiée appartenant à un monde heureux, tandis que dans notre monde horrible l'art se fait abstrait. le « Journal » de Paul Klee traduit par Pierre Klossowski (2004, Grasset, 326 p.) est clair à ce propos. « Aujourd'hui est fait de la transition d'hier à maintenant. Dans la grande fosse des formes (« Formgrube »), gisent les ruines (« Trümmer ») auxquelles on tient encore, en partie. Elles fournissent matière à abstraction. Un chantier (« Bruchfeld ») d'inauthentiques éléments pour la formation d'impurs cristaux. Voilà où nous en sommes. […] J'ai porté cette guerre en moi depuis longtemps. C'est pourquoi elle ne me concerne pas intérieurement. Pour me dégager de mes ruines, il me fallait avoir des ailes. Et je volai. Dans ce monde effondré (« zertrümmerten Welt ») je ne m'attaque plus guère autrement qu'en souvenir, à la manière dont on pense parfois au passé. Ainsi je suis « abstrait avec les souvenirs ».
Il parait clair que Paul Klee herche à se sortir de ce champ de ruines, tout comme Walter Benjamin des années plus tard. Ange qui sera ensuite repris par Heinrich Böll. Sauf que cet ange est « armé et cuirassé » avec des serres et des « ailes tranchantes comme un couteau ». Ange du diable si on en croit l'incipit signé Karl Kraus « L'origine est le but », placé 5 thèses plus loin, et qui fait référence aux origines juives de Benjamin. « La Kabbale raconte qu'à chaque instant Dieu crée une multitude de nouveaux anges qui ne sont destinés, avant de se dissoudre dans le néant, qu'à chanter un instant ses louanges devant son trône ». de fait, l'Ange fixe notre passé. La succession d'événements historiques devient, sous ses yeux, une montagne de ruines qui grandit à ses pieds. Il souhaiterait s'arrêter, refaire ce qui a été défait. Mais la tempête s'est levée qui l'empêche de refermer ses ailes. Suivant l'optique pessimiste de la thèse IX, l'humanité est condamnée à vivre dans l'absence de toute rémission. L'ange ne peut d'ailleurs pas réveiller les morts ni « rassembler ce qui a été démembré ».
En résumé, l'Ange de l'Histoire a un visage tourné vers le passé. Là où nous apparaît une chaîne d'événements, il ne voit, lui, qu'une seule et unique catastrophe, qui sans cesse amoncelle ruines sur ruines et les précipite à ses pieds.

Hasard des sorties d'édition. Anniversaires de la fin de la guerre (80 ans), de la séparation RDA et RFA et de leur réunification (34 ans), et de la création de l'Europe (66 ans), donc en gros trois ou quatre générations à avoir connu ces changements.
Il se trouve que je me suis intéressé à ces changements à travers une petite douzaine de livres romancés souvent. Il convient non pas d'en faire une synthèse, mais de mettre en parallèle ou en opposition leurs points de vue. On trouvera les commentaires respectifs sous chaque titre.
« le Temps des Loups. L'Allemagne et les Allemands (1945-1955) » de Harald Jähner, expose la situation de l'Allemagne à la sortie de la guerre. L'essai est traduit de « Wolfszeit und die Deutschen Deutschland 1945-1955 » par Olivier Mannoni, (2024, Actes Sud, 362 p.). C‘est une mutation profonde qui s'effectue en Allemagne, pays ruiné par la guerre, séparé en deux, RFA et RDA, avec des millions de personnes déplacées, et de plus confronté à la formation de l'Europe. Livre essentiel pour ce pays et ses voisins, vu de par les habitants. Texte très factuel qui présente un aspect technique de la situation en Allemagne, « l'heure zéro » du pays.
Ange que l'on retrouve dans le roman de Heinrich Böll « le silence de l'ange » traduit par Alain Huriot (1995, Seuil, 186 p.) lorsque le soldat Hans Schnitzler débarque dans une ville sinistrée – identifiée comme étant Cologne, pour trouver un abri provisoire. Honneur, illusions, il a tout perdu à la guerre. Que reste t'il de l'avenir : Un champ de ruines.
Ange auquel il est fait allusion dès l'introduction de « le chant du Genévrier » est un roman de Regina Scheer, traduit par Juliette Aubert-Affholder (2024, Actes Sud, 400 p.).
« le restaurateur a scellé les trous de ver, maintenant l'ange ressemble à ce qu'il aurait pu être il y a deux cents ans, gros et aux joues rouges, heureux au premier regard, mais ensuite on voit les yeux écarquillés, la petite bouche ouverte comme pour crier et vous demandez "Qu'est-ce que l'ange a vu ? Que lui est-il arrivé ? ».

Ce n'est pas pour rien, non plus que Christa Wolf choisit Los Angeles pour s'y installer de 1992 à 1993 et écrire « Los Angeles. The overcoat of Dr Freud » traduit par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein (2012 Seuil, 400 p.). Elle s'y installe deux ans après la réunification de l'Allemagne pour se protéger des incriminations qu'eurent alors à subir nombre de ceux qui étaient nés en RDA. Un douloureux travail sur soi que l'éloignement permet enfin. « La recherche du paradis a partout conduit à l'installation de l'enfer. S'agirait-il d'une loi inéluctable ? ». C'est aussi la conclusion de Heinrich Böll. Mais sans remords. « Mais qu'était-il donc, ce poison rampant que tu respirais en les consultant et qui te paralysait tant ? Tu ne pouvais pas y mettre un nom, alors. Maintenant je sais : c'était la banalisation brutale de votre vie dans ces centaines de pages. La trivialité avec laquelle ces gens conformaient votre vie à leur façon de voir. Quand bien même les faits relatés par les délateurs, [...] eussent été avérés, [...] rien ne correspondait à ce que j'avais éprouvé. Si j'ai appris quelque chose en lisant ces rapports, c'est comment la langue peut transformer la réalité. [...] Un collectionneur d'insectes qui veut les épingler doit d'abord les tuer. le regard sélectif de l'espion manipule immanquablement son objet qu'il souille de sa langue lamentable. Oui, dis-je à Francesco, voilà ce que j'ai ressenti alors : je me suis sentie souillée ».
« La Tour » sous-titrée « Histoire en provenance d'une terre engloutie » de l'écrivain allemand UweTellkamp d'après « der Turm Geschichte aus einem versunkenen Land » (2008) traduit par Olivier Mannoni, (2012, Éditions Grasset & Fasquelle, 976 p.). le roman se passe à Dresde en 1982. On est encore en RDA. La bourgeoisie s'ennuie. On va suivre trois personnages de la famille Hoffmann. Il y a là Meno, correcteur pour une maison d'édition, qui se doit de composer avec la censure Son beau-frère Richard, chirurgien renommé, père d'une fille adultérine, et que la Stasi essaie de faire chanter pour cela. Et enfin, son fils Christian, adolescent, étudiant brillant mais déjà opposant au régime. Ces trois personnages tentent de s'adapter à la rigidité d'un système à bout de souffle. Ils construisent leur « propre réalité pour la façonner selon leurs rêves ». Un système dont les rouages ne vont pas tarder à se gripper.

« Quand la lumière décline » de l'écrivain allemand Eugen Ruge, traduit par Pierre Deshusses (2012, les Escales Editions, 432 p.) de l'original « In Zeiten des abnehmenden Lichts » (2011). La montée, puis la chute de quatre générations d'une famille d'intellectuels allemands avec les bouleversements de la seconde guerre, la partition de l'Allemagne en RFA et RDA, et sa réconciliation pour adhérer à l'Europe.
Les grands-parents, Wilhelm et Charlotte Umnitzer sont des fervents communistes, Ils décident de rentrer en 1952 de leur exil mexicain pour participer à la construction du nouvel État socialiste. le fils Kurt rentre, lui, de vingt années de camp en Sibérie, après avoir fui le nazisme à Moscou et frôlé la mort dans un goulag stalinien. Il a laissé dans les camps son frère Werner. Kurt ramène avec lui son épouse russe Irina. Il croit encore au rayonnement des idéaux révolutionnaires et devient historien du mouvement ouvrier. Alexander, le petit-fils, a du mal à trouver sa place dans cette famille marquée par l'histoire. Il se sent au contraire à l'étroit dans la patrie d'élection de sa famille. Il choisira de passer à l'Ouest, alors que le Mur est sur le point de s'effondrer. Markus, l'arrière-petit-fils, se détache très vite du mode vie de la RDA. Pour lui ; toutes ces luttes politiques passées ne sont rien d'autre que l'objet d'ennuyeux cours d'histoire. Et le jour de l'anniversaire des 90 ans du patriarche, tous ces destins vont se croiser, s'affronter, se rencontrer ou se séparer.

« le chant du Genévrier » est un roman de Regina Scheer, traduit de l'allemand par Juliette Aubert-Affholder (2024, Actes Sud, 400 p.). En 1985, Clara achète une petite maison délabrée à Machandel, un village de Poméranie Occidentale situé en RDA. En grattant le papier-peint des murs elle découvre de vieux journaux qui rapportent l'histoire de la maison et de ses habitants. En fait, cela retrace toute l'histoire allemande de la Seconde Guerre mondiale, à la chute du Mur. « Tout est vrai, mais les choses ne se sont pas passées ainsi. Les lieux et les événements, excepté les faits historiques, sont fictifs. de même que les personnages, bien que certains noms aient existé ».

« Kruso », premier roman de l'écrivain poète allemand Lutz Seiler, traduit, tout comme « Turksib » (2007) par Uta Müller et Bernard Banoun (2018, Verdier, 480 p.). L'action se déroule pendant l'été 1989, peu avant la chute du Mur. C'est un roman qualifié de « poème raconté jusqu'au bout ». Printemps 1989, la RDA vit ses derniers mois. Edgar Blender, 24 ans, ancien ouvrier maçon et étudiant, part de Halle pour Hiddensee, une île de la Baltique (Oostzee) au large de la plus grande ile Ostrügen avec sa ville de Bergen en Rügen. Ce n'est pas très loin de Rostock, mais par temps clair, on peut voir l'île danoise de Møn. Il y trouve un emploi de plongeur à l'hôtel « Zum Klausner » (Chez l'Ermite). L'ile est en fait un lieu de vacances en marge de la société communiste de RDA, une de ces villégiatures pour salariés méritants d'un combinat métallurgique. Surtout, c'est un point de départ clandestin pour le Danemark, le Lampedusa du Nord. Ile où se retrouvent artistes et intellectuels attirés par la nature sauvage et la pensée « alternative ».
On le voit, cinq points de vue, différents mais très semblables. Une première génération, souvent enthousiaste de reconstruire après les affres de la guerre ses ruines et personnes déplacées. Très vite, la désillusion, avec les tracasseries administratives, la corruption et la restriction de la liberté. Fin de l'utopie.
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critiques presse (1)
LeMonde
07 mars 2023
Malgré sa ­technicité et la mise en page, qui respecte les biffures et les variations de style de l’écriture benjaminienne, l’édition scientifique de Sur le concept d’histoire a de quoi captiver un public qui dépasse le cercle des spécialistes.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
Articuler historiquement le passé ne signifie pas le connaître "tel qu'il a été effectivement", mais bien plutôt devenir maître d'un souvenir tel qu'il brille à l'instant d'un danger.
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L'historisme donne à voir l'image éternelle du passé; le matérialisme historique, chaque expérience, toujours unique, qu'on fait de ce passé. Le remplacement du moment épique par le moment constructif se révèle être une condition de cette expérience. Ce procédé libère les forces gigantesques qui sont entravées dans le "Il était une fois" de l'historisme.
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Un tableau de Klee intitulé Angelus Novus représente un ange, qui donne l'impression de s'apprêter à s'éloigner de quelque chose qu'il regarde fixement. Il a les yeux écarquillés, la bouche ouverte, les ailes déployées. L'Ange de l'Histoire doit avoir cet aspect-là. Il a tourné le visage vers le passé. Là où une chaîne de faits apparait devant nous, il voit une unique catastrophe dont le résultat constant est d'accumuler les ruines sur les ruines et de les lui lancer devant les pieds.
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Il aimerait sans doute rester, réveiller les morts et rassembler ce qui a été brisé. Mais une tempête se lève depuis le Paradis, elle s'est prise dans ses ailes et elle est si puissante que l'ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement dans l'avenir auquel il tourne le dos tandis que le tas de ruine devant lui grandit jusqu'au ciel. Ce que nous appelons le progrès, c'est cette tempête.
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 Ce qui aveugle la plupart des gens, c’est cette apparence d’histoire autonome qui s’attache aux constitutions des États, aux systèmes juridiques, aux conceptions idéologiques dans chaque domaine spécifique. Lorsque Luther et Calvin “dépassent” la religion catholique officielle, lorsque Hegel “dépasse” Fichte et Kant, lorsque Rousseau “dépasse” indirectement avec son Contrat social les études constitutionnelles de Montesquieu, on se trouve face à un processus qui demeure au sein de la théologie, de la philosophie, de la science politique, représente une étape dans l’histoire de ces domaines de pensée et ne sort pas de ce champ.
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Vidéo de Walter Benjamin
Par Delphine Minoui, grand reporter, lauréate du Prix Albert Londres 2006 Tout public, à partir de 10 ans
« Lumières pour enfants », c'était le titre donné par Walter Benjamin aux émissions de radio destinées à la jeunesse qu'il assura avant la montée du nazisme. Ce titre, Gilberte Tsaï l'a repris pour les Petites conférences qu'elle programme depuis 2001 dans différents établissements culturels. Elles reposent sur le pari que ni les grandes questions, ni les espaces du savoir, ne sont étrangères au monde des enfants et qu'au contraire elles font partie de leur souci, formant un monde d'interrogations restant trop souvent sans réponses. La règle du jeu en est la suivante : un spécialiste d'une matière ou d'un domaine accepte de s'adresser à un public composé d'enfants mais aussi d'adultes, et de répondre à leurs questions. À chaque fois, il n'est question que d'éclairer, d'éveiller : en prenant les sujets au sérieux et en les traitant de façon vivante, hors des sentiers battus.
Programme de la Petite conférence #2 – « Raconter la guerre, dessiner la paix, 25 ans de reportages au Moyen-Orient » par Delphine Minoui :
Rien ne prédestinait l'enfant timide, née à Paris d'une mère française et d'un père iranien, à devenir reporter de guerre. Quand elle s'envole pour Téhéran, en 1997, c'est avec l'envie d'y raconter le quotidien des jeunes de son âge, épris d'ouverture. Mais l'après 11-septembre 2001 chamboule tout. Elle se retrouve en Afghanistan, puis en Irak, pour suivre l'invasion américaine et ses conséquences sur la région. Depuis, les soubresauts s'enchaînent : révolutions du printemps arabe, attentats de Daech, crise des réfugiés syriens, putsch raté en Turquie, retour des Taliban à Kaboul. Mais Delphine ne perd jamais espoir. Sensible à l'humain au milieu du chaos, elle navigue entre ses articles et ses livres pour faire parler la paix, encore et toujours, en racontant le combat des héros anonymes croisés sur son chemin.
Entre anecdotes et confidences, la conférence donnera à voir les coulisses du reportage, où le journaliste n'est ni un super héros ni un agent du « fake news » au service d'un grand complot, mais un témoin d'exception, porteur de lumière, même au coeur de l'obscurité.
Le terrain est la colonne vertébrale de son écriture. Correspondante au Moyen-Orient pour France Inter et France Info dès 1999 puis pour Le Figaro depuis 2002, Delphine Minoui a consacré la moitié de sa vie à cette partie du monde synonyme de révolutions, coups d'État et conflits.
À lire – « Les petites conférences » sont devenues une collection aux éditions Bayard. Delphine Minoui, L'alphabet du silence, l'Iconoclaste, 2023 Les Passeurs de livres de Daraya, Seuil, 2017 Je vous écris de Téhéran, Seuil, 2015
Conception et programmation : Gilberte Tsaï – Production : l'Équipée.
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