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ISBN : 2070406660
Éditeur : Gallimard (29/11/2000)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Walter Benjamin (1892-1940), l'un des rares penseurs contemporains qui comptent dans le monde international de la pensée, échappe aux querelles d'écoles, survit aux modes, passe pour une référence obligée.
Cette résistance au temps tient à la fois aux qualités littéraires de ses écrits, à sa biographie exceptionnelle - tragiquement représentative du destin de l'intelligentsia judéo-allemande au XXe siècle - et à un sens aigu des enjeux théoriques de l'époque.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  16 juillet 2015
Walter Benjamin écrivait sans méthode, par bribes décousues, intellectuel itinérant laissant à Theodor Adorno le soin de classer ses pages après sa mort. le premier tome des Oeuvres de Walter Benjamin regroupe quelques-uns de ses essais majeurs écrits entre 1914-1922. C'est la période au cours de laquelle Walter Benjamin conçoit sa théorie du langage autour de deux textes fondateurs : « Deux poèmes de Friedrich Hölderlin » et « Sur le langage en général ». Il considère que le langage est fondé sur une dichotomie opposant une fonction de communication utilitaire à une fonction centrale qui serait capable de révéler l'essence de l'homme par le verbe, dans un dialogue où le destinataire de l'homme serait Dieu –excusez du peu, mais enfin, vous pouvez remplacer ici par n'importe quelle entité transcendante qui vous tient à coeur.

« le fait que la fonction instrumentale du langage, la communication, l'ait emporté sur sa fonction de nomination et de révélation, est expliqué en termes de péché originel, et la tâche assignée à la philosophie est de travailler à remettre en vigueur la fonction originelle du langage. »

La théorie du langage s'accompagne d'une réflexion sur l'oeuvre du critique littéraire (« La tâche de la grande critique n'est ni d'enseigner au moyen de l'exposé historique ni de former l'esprit au moyen de la comparaison, mais de parvenir à la connaissance en s'abîmant dans l'oeuvre »). Walter Benjamin aborde les Affinités électives de Goethe ou L'Idiot de Dostoïevski selon le mot d'ordre de Novalis pour qui toute oeuvre d'art contient « un idéal a priori, une nécessité d'exister », qu'il tient à la critique de mettre en lumière. Avec Walter Benjamin, la critique devient morale. Une bonne oeuvre est celle qui est nécessaire. Certaines situations n'autorisent pas qu'on s'amuse avec les mots. On peut rire et profaner des calembours à tout bout de champ, lorsqu'on communique vraiment, d'une essence à une autre, les mots doivent retrouver leur caractère divin.

Cette conception du langage aura marqué la première étape d'un parcours intellectuel rétrospectivement découpé en trois étapes. Nous découvrons ici un Walter Benjamin métaphysicien dont le programme, à travers l'élaboration d'une nouvelle théorie de la connaissance, serait « de trouver pour la connaissance une sphère de totale neutralité par rapport aux concepts de sujet et d'objet ; autrement dit, de découvrir la sphère autonome et originaire de la connaissance où ce concept ne définit plus d'aucune manière la relation entre deux entités métaphysiques ». Entre les lignes de ses essais, on soupçonne Walter Benjamin d'être un cérébral radical, un littéraire à la plume racée et un homme blessé par les compromis hypocrites de la société (« La vie des étudiants », « Critique de la violence »). Il s'entraîne aux retranchements de la pensée métaphysique et lorsque nous parvenons avec lui au terme de cette réflexion orientée, nous commençons à comprendre les raisons qui conduisirent cette exploration intense sur une impasse. Que nous offre la métaphysique ? Rien de ce qu'un idéaliste aux pieds sur terre comme Walter Benjamin ne pouvait espérer. Dans les années 30, il opèrera un revirement matérialiste dans lequel la fonction politique du langage recouvrira ses fonctions théologique et métaphysique. Il représente ainsi le balancement éternel qui semble caractériser les grands cycles de l'histoire des peuples, entre besoin de spiritualité et besoin de matérialisme. Cette seconde étape du parcours intellectuel de Walter Benjamin sera présentée dans la suite de ses Oeuvres mais se trouve déjà annoncée de manière subliminale dans un de ses essais de la première période, « La tâche du traducteur » :

« C'est à partir de l'histoire, non de la nature, moins encore d'une nature aussi variable que la sensation et l'âme, qu'il faut finalement circonscrire le domaine de la vie. Ainsi naît pour le philosophe la tâche de comprendre toute vie naturelle à partir de cette vie, de plus vaste extension, qui est celle de l'histoire. »
Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   13 mars 2016
Il n’y a pas de contenu du langage ; comme communication, le langage communique une essence spirituelle, c’est-à-dire purement et simplement une communicabilité.[…]
C’est précisément ce que signifie le concept de révélation lorsqu’il tient le caractère intangible du verbe pour l’unique et suffisante condition et caractéristique de la nature divine de l’essence spirituelle qui s’exprime en lui.
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colimassoncolimasson   21 mars 2016
La tâche centrale de la philosophie qui vient est d’élever à la connaissance […] les intuitions les plus profondes qu’elle puise dans son époque et dans le pressentiment d’un grand avenir.
[…] Il s’agit donc, sur la base de la typologie kantienne, de poser les prolégomènes d’une métaphysique future et en même temps d’ouvrir une perspective sur cette métaphysique future, cette expérience supérieure.
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colimassoncolimasson   27 juillet 2015
Ce qui est signe de perversion, ce n’est point qu’il y ait accord entre l’Université et l’Etat […], c’est qu’on garantisse et enseigne la liberté d’une science de laquelle on attend cependant cyniquement, comme si cela allait de soi, qu’elle conduise ses disciples à être des individus sociaux et des serviteurs de l’Etat. […]
La soumission passive et sans critique à cet état des choses est un trait essentiel de la vie des étudiants.[…]
Comme on a tenté de le faire voir, et comme le montre d’ailleurs l’humeur uniforme et paisible qui règne dans toute l’Université, les organisations d’étudiants « libres » sont elles-mêmes fort éloignées de mettre en œuvre une volonté spirituelle bien réfléchie.
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colimassoncolimasson   15 mars 2016
Le mot doit communiquer quelque chose (en dehors de lui-même). Tel est réellement le péché originel de l’esprit linguistique. En tant qu’il communique extérieurement, le mot est en quelque façon la parodie par le verbe expressément médiat du verbe, expressément immédiat, du verbe créateur, du verbe divin, et c’est la déchéance du bienheureux esprit du langage, de l’esprit adamique, situé entre les deux.
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TandaricaTandarica   27 juin 2015
[…] de même que les débris d'un vase, pour qu'on puisse reconstituer le tout, doivent s'accorder dans les plus petits détails, mais non être semblables les uns aux autres, ainsi, au lieu de s'assimiler au sens de l'original, la traduction doit bien plutôt, amoureusement et jusque dans le détail, adopter dans sa propre langue le mode de visée de l'original, afin de rendre l'un et l'autre reconnaissables comme fragments d'un même vase, comme fragments d'un même langage plus grand.
(La tâche du traducteur)
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Videos de Walter Benjamin (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Walter Benjamin
Le 21.04.2019, Julien Leclerc présentait ?Rue à sens unique? de Walter Benjamin dans l'émission ?Le Casque et l'enclume? (RCF Loiret).
Dans la catégorie : Essais, témoignagesVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Essais, témoignages (29)
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