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ISBN : 1095086146
Éditeur : Inculte éditions (13/04/2016)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Il serait possible de raconter l'histoire du xxe siècle à travers celle des procès qui l'ont jalonné. C'est le pari qu'avait esquissé le collectif inculte dans un numéro de la revue du même nom, et auquel nous avons décidé de donner ici une ampleur nouvelle : en effet, c'est le récit de tout un siècle qui peut être parcouru ainsi, dans toute son envergure historique mais surtout dans toute sa diversité. Si certains grands procès bien connus font date et marquent irr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
MarianneL
  01 mai 2016
Parcourir l'histoire du XXème siècle sous l'angle de procès emblématiques et de leur mise en scène.
Suite ordonnée chronologiquement, les vingt fictions politiques d'«En procès» ébauchent par fragments une histoire du XXème siècle, font entendre les voix du prétoire qui diffèrent de l'histoire officielle, donnent à voir les procès, qu'ils soient huis clos ou spectacle, dont les échos résonnent tout au long du siècle, comme dans le récit de Mathias Énard qui ouvre le recueil, le procès en octobre 1914 de Gavrilo Princip, également évoqué dans son roman «Zone». Terroriste ou héros des nationalistes serbes, Mathias Énard représente Gavrilo Princip au tribunal, au cours d'un mois d'octobre 1914 d'une écrasante douceur malgré la furie toute proche des combats, sous les traits d'un jeune singe laid et effrayé, évitant la peine de mort du fait de son jeune âge (il n'avait que dix-neuf ans en juin 1914) pour être incarcéré dans des conditions qui valaient condamnation à mort à Theresienstadt, ce lieu qui verra tant d'autres prisonniers dépérir entre ses murs quelques décennies plus tard pour avoir été désignés par les nazis comme des Untermensch.
La suite sur mon blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2016/05/01/note-de-lecture-en-proces-collectif/

Lien : https://charybde2.wordpress...
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loudarsan
  28 septembre 2016
Au-delà du choix judicieux des différents procès, présentés par ordre chronologique, le regard porté par chaque auteur sur l'épisode juridique qu'il rapporte, commente ou reconstruit dans le récit éclaire ou perturbe notre perception de l'événement. Les textes, qui empruntent toutes les formes et tous les genres, du documentaire au montage, de l'analyse journalistique à l'intervention de la littérature et du style gagnent indéniablement en qualité et en intérêt lorsque survient la subjectivité et l'implication de l'auteur, et la somme de ces vingt mises en perspectives trace un pointillé original et passionnant à travers le XXe siècle et offre à voir l'Histoire différemment.
Lien : http://www.undernierlivre.ne..
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Charybde2
  25 juin 2016
20 procès pour déchiffrer le vingtième siècle. Éblouissant d'intelligence et de finesse d'écriture.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2016/06/25/note-de-lecture-bis-en-proces-collectif/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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UnDernierLivre
  29 juin 2016
Chronique complète sur le site.
Au-delà du choix judicieux des différents procès, présentés par ordre chronologique, le regard porté par chaque auteur sur l'épisode juridique qu'il rapporte, commente ou reconstruit dans le récit éclaire ou perturbe notre perception de l'événement.

Lien : http://www.undernierlivre.ne..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   25 juin 2016
Pendant près de dix ans, entre 1967 et 1977, tout se passe comme si les membres de la Fraction armée rouge avaient voulu rejouer Hamlet contre (avec) l’État allemand. Dans la pièce de Shakespeare, le jeune prince danois demande à des comédiens de passage d’interpréter devant Claudius, l’usurpateur, une scène d’assassinat qui le confrontera à son crime. La scène doit fonctionner comme un « piège à souris » et surprendre la conscience du roi, lui arracher publiquement son masque, révéler son crime aux yeux de tous : « Car le meurtre, bien que sans langue, peut parler par des bouches miraculeuses. »
La RAF n’a pas les moyens techniques de convoquer l’État devant une troupe de passage. Ses membres doivent mettre la main à la pâte, descendre sur scène, y entraînant l’État lui-même. En s’en prenant à ses représentants (des policiers, des procureurs) ou à ses alliés (les troupes américaines qui décollent de Stammheim près de Stuttgart pour pilonner des positions vietcong ; la presse de Springer, Bild-Zeitung en tête), ils espèrent le contraindre à avouer devant tous sa violence fasciste. Serait ainsi révélée, avec l’évidence d’une preuve, la continuité qui existe entre la période nazie et leur présent. Leurs voeux vont être comblés au-delà de toute mesure : certes, la RFA de 1977 n’est pas l’Allemagne hitlérienne mais c’est un régime très autoritaire qui se constitue, capable d’agir à plusieurs reprises en toute illégalité – en exergue de La Troisième Génération en 1979, Fassbinder cite le chancelier Helmut Schmidt : « Après coup, je ne peux que remercier les juristes allemands, dans cette affaire (il s’agit du raid antiterroriste de Mogadiscio, et peut-être d’autre chose autour de Mogadiscio ?), de ne pas avoir instruit selon le droit constitutionnel. » On assiste à une véritable chasse aux sorcières (et aux cheveux longs), dans un climat de lynchage difficilement imaginable.
La RAF cependant s’était trompée en un point décisif : la population n’a pas pris les armes pour les soutenir. Pis encore, près de quarante ans après, leur lutte est souvent tournée en dérision par les médias dominants, réduite au road movie de quelques criminels décervelés. Dans cette perspective, assez abjecte disons-le, ils sont parfois surnommés les petits-enfants d’Hitler. C’est dans ce contexte de théâtralité à outrance que peut être examiné le procès qui leur est fait, entre 1975 et 1977, après l’arrestation des principaux membres du groupe. (Procès de la Fraction Armée Rouge, 1975-1977 – Alban Lefranc)
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Charybde2Charybde2   25 juin 2016
Rien de délirant ni d’irrationnel toutefois dans ce stakhanovisme judiciaire, ce climat de soupçon généralisé, de délation, de méfiance, de « vigilance » et de terreur. Aucune aberration dans ce déchaînement d’arrestations, de procès expédiés et truqués, juste le dévoiement d’un système bien huilé, l’obéissance aveugle, la servilité. Cette longue et terrible traque de l’homme par l’État n’était pas le fait de la fantaisie d’un unique tyran, sorte de Moloch exigeant sa part de sacrifices humains. Que retenir alors de ce véritable imbroglio organisé, dépourvu de sens, peut-être, mais parfaitement méthodique et méticuleux ? Que le pouvoir est une chose terrible, certes. Qu’il y a toujours eu des répressions et qu’il y en aura toujours, tant qu’il y aura des États, à n’en pas douter. Que le XXe siècle fut friand de massacres, tout le monde le sait. Que l’imagination des dirigeants et de leurs hommes de main, les « poètes du NKVD », les esthètes de l’interrogatoire, les virtuoses de la délation, les artistes de la provocation, est sans limite, cela crève les yeux, si l’on peut dire. Mais ce n’est pas tout. La suspicion systématique et la logique répressive qui l’accompagnent en général participent d’un processus qui peut devenir rapidement incontrôlable et mener aux pires dérives. (Procès des ennemis du peuple, 1927-1956 – Christophe Manon)

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Charybde2Charybde2   25 juin 2016
« Courant sur tout le siècle, le procès est un élément essentiel de la réalité et des fictions politiques. Ce siècle pourrait même efficacement être lu grâce aux représentations des procès qui l’ont traversé. » Cette idée, qui nous a été soufflée il y a quelques années par Lionel Ruffel, a depuis fait son chemin, tant il est vrai que les questions qu’elle pointe – la manière dont la justice est rendue, mais alors selon quelles formes, dans quels contextes, et surtout : quelle justice ? – sont déterminantes, permanentes, pour notre expérience des faits historiques aussi bien que pour notre compréhension de l’actualité.
Il nous a ainsi semblé nécessaire d’en reprendre le ferment pour l’amplifier et le porter aux dimensions d’un livre : ce volume soulèvera donc, à sa façon, des questions d’historiographie (comment écrire l’Histoire) et de poétique (quel angle adopter, quelle métaphore choisir pour faire entrer le XXe siècle dans une bouteille). Nous avons tenté de proposer une métonymie du siècle. Des procès emblématiques pour le condenser – plutôt que le résumer – et le faire entrer avec tout son jus dans l’espace du livre. Les textes réunis ici constituent de petites fictions politiques qui contractent un moment du siècle passé et, par conséquent, en révèlent un fragment.
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Charybde2Charybde2   25 juin 2016
La domestication – variante animalière de l’esclavage et de la domination – n’a nul besoin de passer par l’hypothèse d’une âme pour contraindre l’animal à un compagnonnage constant. Elle se contente de mêler en un même asservissement l’idée du travail et celle de l’amitié. L’animal domestiqué, parce qu’obéissant, devient proche. Le chien, une fois en laisse, s’invente meilleur ami de l’homme. Le cheval, devenu de trait, mérite qu’on lui flatte l’encolure. Et qu’on l’abatte en cas de blessure irréparable, avec la dose de pitié et de tristesse requise. Mais domestiquer, c’est aussi instruire. Le mainate chante La Marseillaise. La puce saute d’un trapèze à l’autre. L’éléphant scande son arithmétique dans la poussière du cirque. À défaut d’âme, un supplément de servilité fera l’affaire. Apprivoise-t-on les sangsues ? On s’en sert, en tout cas. Il y a mille et une façons de reconnaître à l’animal une utilité, qui va du vison au labour. Or chaque asservissement – de l’extermination à l’humiliation – bénéficie d’une rhétorique distincte. C’est au sein de cet essaim rhétorique que se niche le discours juridique qui prend sur lui d’assigner les bêtes en justice. (Procès épargné au lion Prince, 2001 – Claro)
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Charybde2Charybde2   25 juin 2016
Il y a eu beaucoup de choses dites à propos de moi et rapportées contre mes co-accusés dans cette affaire, dont beaucoup doivent être reconsidérées et clarifiées. Tout compte fait, Charles Manson a gagné. Il a obtenu ce qu’il voulait : la gloire, la célébrité, devenir une rock star, une icône américaine. Fasciné lui-même par le spectacle, par Hollywwod, le charisme des chanteurs à succès et des créatures de celluloïd, il a pris sa place dans cette vaste circulation sémiologique qu’est la culture contemporaine. Il a inspiré de nombreux films, de nombreuses chansons, jusqu’à des dessins animés ; il a donné son nom à tout un ensemble d’acteurs et de produits dérivés de l’industrie culturelle. Il a correctement servi l’Amérique, qui lui a octroyé le privilège d’endosser une part de son image – de la représenter. (Procès de Charles Manson, 1970-1971 – Mathieu Larnaudie)
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