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EAN : 9782234071087
240 pages
Éditeur : Stock (25/01/2012)
3.42/5   12 notes
Résumé :
Charles Valérien est un jeune homme d’aujourd’hui.
Il a hérité à vingt-quatre ans l’appartement de sa marraine à Passy. A décroché son premier emploi. S’est acheté des meubles sur Internet. S’est filmé en train de poser son parquet. Un beau début dans la vie, une vie qui n’a cependant de valeur que dans le virtuel. Pour lui comme pour ceux qu’il fréquente, c’est sur ShowYou, le réseau social le plus fréquenté au monde, qu’on s’exprime, qu’on existe et qu’on s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
SFuchs
  16 mars 2021
Je ne vois que rarement deux fois le même film, je ne lis que rarement deux fois le même essai, le même roman... alors que dire d'avoir lu Enjoy, de Solange Bied-Charreton, consécutivement deux fois ? A ne lire que des auteurs du passé ou quasiment, tout comme ce pauvre Charles Valérien dans le roman, passerais-je à côté d'une bonne littérature ? Anne-Laure, second centre du récit, estime qu'un ouvrage se doit d'être "contre l'époque" pour être bon et pourtant, si je lis peu de littérature contemporaine c'est parce que peu d'auteurs savent parler de l'époque, justement ! Alors la lecture s'enlise, on baille, on se dit qu'un bon livre, finalement, c'est celui qu'on garde à son chevet et qui remplace avantageusement le somnifère ou l'anxiolytique. Enfin bref on se fait chier, à l'exception notable de quelques auteurs dont vous découvrirez les noms si vous lisez mes autres fiches de lecture, allez au boulot !
Avant de rédiger cette critique, j'ai donc lu deux fois Enjoy. La première fois sous le coup de l'agréable surprise, la seconde avec un plaisir littéraire non dissimulé. Puis je suis parti en quête des critiques de Enjoy et des romans de Solange Bied-Charreton, de-ci de-là et, cela va sans dire, sur le Web et les réseaux sociaux. C'est comme ça que je suis tombé sur une critique de l'inénarrable Juan Asensio qui s'intitule le Stalker d'Asensio ou Gérard qui s'essaie à la critique... ou quelque chose dans ce genre. J'avoue mon dépit à la lecture de ladite critique que, du reste, je crois ne pas avoir terminé. Elle flottait sur son blog lorsque je la perdis de vue... c'était juste avant de tirer la chasse d'eau. "Bordel mais comment on peut aussi peu parler d'un roman en rédigeant une soit-disant critique dessus, me suis-je demandé ?" La bafouille d'Asensio parlait bien plus de ses propres turpitudes que du roman en question, c'est tout du moins ce que je percevais ! Et puis quel débit, quelle masse de travail, régurgité de façon régulière et métronomique... était-ce pour fidéliser son parterre de criticaillons maudits ? J'eu le net sentiment de tomber dans un milieu pseudo-interlope comme qui dirait pour faire instruit, mais surtout dans un monde de semi-habiles où l'on s'entre-touche dans l'espoir de se faire bandouiller. A une époque où tant de personnes rêvent d'écrire tandis qu'il y a de moins en moins de vrais lecteurs, j'ai trouvé que cette besogne tombait complètement à côté de la plaque et la critique du roman de Solange avec... enfin bref je m'égare.
Enjoy, c'est de la vraie littérature. Je me renseigne sur Wikipedia au sujet de Solange comme ce mesquin de Charles Valérien au sujet de Rémy Gauthrin et j'apprends que l'auteure a écrit là son premier roman, à l'âge de 30 ans. Les bras m'en tombent : comment peut-on avoir une telle maturité à un si jeune âge pour écrire quelque chose de si subtil ? Il n'y a guère que Michel Houellebecq qui m'a fait une impression supérieure mais il avait quarante balais ou presque lorsqu'il a rédigé son premier grand roman, le gonze ! Bien sûr, je ne vous cacherai pas qu'en matière de maturité tardive, je suis mon propre référentiel... on dit aussi que les femmes y parviennent plus tôt que les hommes, on le dit, oui... et pour continuer sur des considérations genrées, notons que Solange Bied-Charreton se met dans la peau d'un personnage masculin avec un succès certain, sauf peut-être sur sa sexualité, moins pulsionnelle que ne peut l'être celle d'un homme en réalité. Là je peux vous en parler, je suis dans ma zone de confort : rien ne ressemble plus à un homme qu'un autre homme, c'est pourquoi l'intérêt qu'ils se portent reste en général assez limité sauf cas d'homophilie avérée, tandis que la femme reste ce territoire inconnu et fascinant à explorer... mais je m'égare encore.
Solange Bied-Charreton parvient donc, tour à tour, à nous étonner, à nous surprendre, à nous caresser l'âme de ses mots comme seule une femme auteure est capable de le faire. Elle parvient aussi à nous mettre mal à l'aise selon des effets scénaristiques réussis qu'on ne voit pas venir, bref à impressionner l'imaginaire et la mémoire. C'est tout à fait remarquable car peu d'auteurs en sont capables et j'en reviens à la pauvreté de l'actualité littéraire. Allez, j'arrête-là et pour conclure : formidable découverte que ce roman de Solange Bied-Charreton que je conseille sereinement à tout amateur de belle littérature et, pour ne rien gâcher, de littérature qui parle pleinement de son époque.
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bibliotheque-gemeaux
  21 septembre 2012
UN PREMIER ROMAN REUSSI : ENJOY DE SOLANGE BIED-CHARRETON
Premier roman de Solange Bied-Charreton, Enjoy pose sur l'existence de ses personnages un regard éliasien mêlant la sociologie à la clinique. Il y est question d'une société du paraître dont les insistantes injonctions à la mise en scène publique de soi ( injonctions qui transpercent avec éclat dans la forme impérative du nom du réseau social "Show You")font, dans un processus parfaitement démocratique (c'est-à-dire ne faisant aucune distinction, même pas de classe), advenir des personnalités dépressives. On retrouve du Perec chez Bied-Charreton : on se souvient en effet que celui-ci avait, au tout début des années 60, décrit dans Les Choses les effets produits sur les individualités par les exigences de posséder propres à la société de consommation. Il en ressortait le portrait de deux personnages ridicules et néanmoins suscitant la compassion au regard d'une vie qui, d'avance, les condamnait à être encore et toujours plongé dans une doucereuse insatisfaction. Dans Enjoy, la société de consommation, sans disparaître, s'efface néanmoins devant la société de communication, ou plutôt devant une société de monologues ayant le pouvoir de faire disparaître une capacité émotive qu'on croyait à tort être une donnée naturelle de l'humanité. Autrement dit, ce que nous livre ce roman, c'est une satyre réussie de l'exhibition, du voyeurisme, du "m'as-tu vu", de ses conséquences sur nos manières d'être. Dans Un homme qui dort, Perec, encore lui, donnait avoir un personnage en quête d'indifférence: envahi par l'intuition de l'absurdité du monde, ce personnage s'ingéniait scrupuleusement à ne plus vivre le quotidien, c'est-à-dire à ne plus en ressentir les joies, les peines, les déceptions. Dans Enjoy, cet état d'apathie est encore plus inquiétant: il n'est pas la conséquence d'une hypothétique prise de conscience du non-sens de l'existence, il est encore moins un projet, il est la conséquence non voulue d'une pratique non réfléchie. En cela, on a tort de comparer ce roman à le meilleur des mondes de Huxley. Il n'est absolument pas question, dans Enjoy, de dresser le constat d'une politique volontariste qui recourrait à la technologie dans l'espoir de faire advenir le paradis sur terre. On ne sait rien des coulisses de "Show You": ce que l'on sait seulement, c'est que ce réseau est organisé de telle sorte qu'il crée des "vies de mort" sans qu'on puisse néanmoins affirmer que c'est là l'effet rechercher. C'est là toute l'originalité du roman: faire voir que l'utilisation des réseaux sociaux produit des effets psychologiques à prendre au sérieux alors même qu'ils ne sont que le résultat d'une pratique anodine. Et si on ajoute à cela, un style dont l'élégance, parfois, rappelle les pages d'un Mathieu Lindon, on comprendra sans peine qu'on voit en Solange Bied-Charreton un auteur plein de promesses.
Steve Renaud

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Charybde2
  18 mars 2013
Un sombre humour brocarde le réseau social, en une terrible interrogation sur la disparition du "monde d'avant".
Publié début 2012, ce premier roman mêle habilement une mise en scène fort humoristique de la manière dont les réseaux sociaux (et en particulier Facebook, dont une variante volontairement sensiblement plus "vide" appelée ShowYou est ici un anti-héros à part entière) sèment une désolation spéculaire dans les vies de leurs adeptes, mais aussi, plus tragiquement, une légère mise en abîme à partir d'un discret et pourtant lourd constat, à savoir que l'exposition forcenée de ce vide, et la quasi-obligation sociale de cette "présentation de soi", en exponentielle à la Goffman, ne doivent surtout pas masquer que l'outil n'est pas tout... Les "rebelles au réseau social" présentés dans ce roman, en effet, apparaissent hélas bien rapidement comme disposant eux-mêmes, comme unique contenu ou presque, de leur modeste "rébellion". le leitmotiv du "contre l'époque" et l'adulation d'un écrivain frelaté, quoique abusant d'une fausse non-conformité, renvoient dos à dos les protagonistes, pour un final bien sombre...
Entre le consultant sur-intégré socialement qui se noie, malgré son incrédulité, dans la superficialité et la jeune littéraire chanteuse d'un groupe punk ("enfin, pas un vrai") qui, malgré sa lucidité, ne trouve aucun contenu digne de son (dés-)engagement, il faut tout le style alerte et les formules souriantes de l'auteur pour éviter un sentiment réellement désespéré...
"Les journalistes activaient un champ magnétique d'anamnèses euphoriques, montraient ces visages à moustaches ou ces corps à jupes longues comme autant d'animaux d'une réserve atlante, dont on ne savait plus s'ils avaient réellement préfiguré notre humanité moderne et numérique. Nous apparaissions différents, d'une race propre et d'une terre sans haine, mais en proie à l'ennui, livrés au désoeuvrement, comme rassurés par effet de mode."
"Je n'étais pas loin de penser la même chose. J'avais pour moi que j'arrivais à me promener dehors sans combinaison contre les gens, mais je voyais bien où Papa voulait en venir. La folie est une expression sans nuance de la vérité. Nous autres sans combinaison, on la nuance pour rester sociable, tisser du lien affectif, trouver un emploi, se sentir moins seul. On adapte, on biaise. Parce que si on restait dans le droit chemin, on ne resterait pas en vie. Ou bien direction l'asile. Alors on fait des concessions avec la vérité pour éviter de finir braque. Rester honnête reviendrait à céder le terrain au délire. Mais je restais silencieux, je ne pouvais pas lui raconter tout ça. N'était-ce d'ailleurs pas trop tard pour lui faire comprendre comment à tout prix ne pas devenir dingue ?"
Sous le masque d'un brocardage primesautier du réseau social, une terrible interrogation sur la disparition du "monde d'avant" (comme dirait Jérôme Leroy) et sur l'extrême difficulté désormais de ré-installer du vivable sensé à sa place...
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Nadael
  31 mars 2012
Charles est un jeune homme de vingt-quatre ans. Nouvellement installé dans un appartement que lui a légué sa marraine, il le meuble et le décore avec soin car celui-ci n'est ni plus ni moins que sa vitrine. En effet, Charles fait partie de la fameuse génération « Y », ayant grandi avec les jeux vidéo, les ordinateurs personnels et bien sûr l'Internet. Continuellement connecté aux nouvelles technologies, ses amis sont virtuels et les filles qu'il regarde s'affichent sur un écran. Abonné à un réseau social nommé ShowYou, il se doit, s'il ne veut pas voir disparaître son compte, mettre en ligne une vidéo chaque dimanche : son appartement est ainsi scanné sous toutes les coutures...
Les « vrais » gens, il les rencontre lors d'évents (rassemblement d'internautes où finalement il se sent plutôt mal à l'aise) et à son travail où ses collègues consultants sont des clones de lui-même... Ces jeunes gens mènent leur existence à travers les écrans, au rythme des vidéos et des photos amateurs, ils mattent la vie des autres. Charles évolue dans un monde d'images, de faux-semblants, de voyeurisme.
Un jour, pourtant, il rencontre Anne-Laure; étudiante en lettres, chanteuse dans un groupe de Rock, elle aime lire et a une totale aversion pour l'univers virtuel. Cette rencontre va l'amener à s'intérroger sur sa vie, sa famille dont il s'est éloigné et son besoin d'exister à travers les réseaux sociaux.
Pour son premier roman, l'auteure frappe fort en réagissant à ce phénomène des réseaux sociaux, qu'elle décrit parfaitement bien. Elle nous fait le portrait d'une génération sûre d'elle (en apparence), ambitieuse, volontaire, qui veut tout contrôler. Mais l'homme est faillible. Charles se rend compte que sa vie est ailleurs ; apprendre à connaître son père, écouter les gens, les regarder bouger, les toucher... Il comprend qu'il faut donner à son existence de la matière, de la consistance, du sens. Il constate que les images comblaient les vides superficiellement mais pas en profondeur.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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tilly
  26 février 2012
Drôle de type ce Charles Valérien, le narrateur qui nous décrit son quotidien par le menu. Un no-life, persuadé que ses contemporains vivent tous comme lui, ou sont morts socialement parlant. Vivre comme Charles c'est s'inscrire aux events que lui suggère son mur ShowYou, commenter les photos de ses amis. C'est comme ça qu'on montre qu'on existe. Par l'image.
Pas méchant, naïf, crédule, Charles a des circonstances atténuantes : quasi orphelin, son père s'est réfugié dans la folie, sa mère et sa soeur ont préféré fuir le foyer dévasté, sa marraine s'est suicidée en lui laissant un appartement en héritage. Il n'a plus de référents. En famille comme dans son premier poste professionnel, il est livré à lui-même. Personne pour lui expliquer le pourquoi et encore moins le comment de l'existence. le vide, son vide, il le remplit des images des autres, des vidéos qu'il consulte ou qu'il enregistre sur ShowYou, le réseau social le plus important du monde (sic).
Fenêtres sur écran, fenêtres sur cour. La dérive de Charles vers le voyeurisme est tranquille, inconsciente, et dénuée de toute culpabilité.
Et puis un jour Charles tombe amoureux. Et des nues. Impensable : sa belle n'a pas de photo de profil. Quand Charles parle de profil, c'est pas dans le sens numismatique du mot. Anne-Laure, Al, est résistante aux réseaux sociaux. Elle s'évade dans les livres qu'elle lit, dans la musique qu'elle joue, et ça c'est incompréhensible pour Charles, totalement inconnu.
Raconté comme ça Enjoy ressemblerait plutôt au scénario d'une bande dessinée, alors que Solange Bied-Charreton en fait un conte philosophique, jubilatoire, mais finalement assez sombre. A travers les deux personnages principaux Charles et Al, et quelques comparses, elle compose un panorama très complet et détaillé des comportements des jeunes internautes, et de leurs interactions avec leur entourage. On apprend plein de choses, mais grâce à une vraie écriture, originale, à la fois savante et divertissante, on évite l'écueil d'ennui d'une étude sociologique ou journalistique.
C'est drôle, ironique, étrange, et un peu contre l'époque (sic).
Enjoy! Enjoy...
Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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critiques presse (2)
Bibliobs   29 février 2012
Comme pour donner raison à l'un de ses personnages qui préfère trouver refuge dans les livres […], [Solange Bied-Charreton] signe le portrait romantique d'une génération élevée au numérique.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   31 janvier 2012
Petit à petit, la romancière place ses personnages face à leurs contradictions et à leur vision faussée du réel - mais, au fond, que faut-il entendre par "réel" ?
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   31 mars 2012
 A l'emmurement de l'histoire dans l'agitation du présent des villes, à ma propre sève handicapée dans des préoccupations logistiques, empêchée dans des activités professionnelles, aux chômages et aux trains de vie qui oeuvraient pour ma désertion. L'alcool du vide puis la recherche du plein, sans l'atteindre, m'ont fait tourner de l'oeil. C'était n'être que somnambule, narcoleptique peut-être. Ce n'était pas être vivant. Je n'ai rien cru ou personne, j'ai simplement aimé ma demeure hors la vie et la souffrance que ça faisait, cette joie souffrante malgré tout de s'en rendre compte. 
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julinoujulinou   05 février 2012
Si elle m'avait confié son nom de famille, j'aurais pu la retrouver sur ShowYou, avoir accès à ses photos de profil et surtout lui envoyer une demande de mise en relation. Nous aurions pu converser sur le chat, connaître déjà nos passions, nos couleurs favorites, [...]. Elle aurait pu savoir, bien avant notre rendez-vous, que je ne fumais pas et que je ne me droguais pas. [...] que je pensais qu'il fallait tout se dire, dans un couple ; que j'avais lu Les Mille et Une Nuits en version abrégée ; que je voulais trois enfants, mais pas tout de suite.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   11 février 2012
out s'éclairait soudain, sans que je n'y puisse rien changer. Le loisir se mêlait au travail, le loisir exigeait du travail, tandis que le travail était un nouveau loisir. Le travail était aussi divertissant que le loisir exigeant. Travail et loisir étaient, au fond, la même chose. Nous passions notre temps à nous amuser à gagner de l'argent.Nous nous amusions, nous cherchions à nous amuser toujours plus.
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SFuchsSFuchs   12 mars 2021
Elle stationnait dans cet aéroport avec ses camarades de promo. Certains auraient besoin de prendre l'avion du trop, qui coûtait cher. Même onéreux, ce voyage apparaissait plus facile. Très peu étaient comme elle, à vouloir l'eau froide, le sel dans la gorge et l'insularité monastique, frappante, des après-midi pour entendre la mer, attendre l'amour, comprendre la gloire.
Quelques années avant Dubaï, certains auraient encore déclaré que les nuits étaient faites pour écrire ou s'amuser, l'après-midi pour faire l'amour. Lorsqu'ils le soutenaient, ce n'était pas du dandysme, c'était assumé, ressenti, véritable. Ils n'avaient pas encore embarqué dans l'avion. Ensuite, ils auraient perdu leurs rêves. On regarderait et on visiterait Al [ndlr : Anne-Laure] comme un cimetière. Ils auraient eu peur de leur propre réalisation. Leur désir émoussé d'une réussite franche les auraient conduits jusqu'au rêve de rater leur but. Ils aspireraient à s'échapper du rêve véritable, se réjouiraient de s'en exclure, attacheraient une attention toute particulière à la sécurité financière ou au tactique. Le peur de vivre les auraient éconduits. Dubaï la rayonnante sentait la mort à plein nez. Et, à vrai dire, Al pensait qu'elle serait la seule à parvenir jusqu'à Ouessant.
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julinoujulinou   05 février 2012
Anne-Laure Bagnolet, vingt-deux ans, parisienne, n'était pas inscrite sur ShowYou ? [...] Pourquoi ne pas vouloir exister sur internet ? Comment assumait-elle au quotidien les railleries ou la mise à l'écart dans sa vie sociale, à la fac, au sein de son groupe de musique ?
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