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ISBN : 9782742795307
Éditeur : Actes Sud (01/01/2011)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 297 notes)
Résumé :
L’histoire d’un ouvrier, entre France et Brésil.
Parcours de lutte et de rébellion, voyage au centre de l'héritage familial, aventure politique intime et histoire d'une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières emboite les pas d'abord incertains d'un fils d'ouvrier en délicatesse avec lui-même. Entre la France qu'on dit profonde et la terre nouvelle du Brésil, sur les traces d'un pionnier oublié de la sidérurgie du XIXe siècle, Jeanne Benameur signe... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
carre
26 juin 2013
Voilà je termine le roman de Jeanne Benabeur avec agacement et déception. Agacé car je n'ai jamais réussit à être ému ni par le narrateur, ni par son histoire. Déçu parce que j'espérais bien autre chose de ce livre qui a reçu de beaux éloges. Les premières pages m'ont fait penser à Olivier Adam, un type en perdition sociale et sentimentale qui tente de retrouver une estime, une sérénité envolées depuis belle lurette. Mais le roman prend une autre tournure, un voyage improbable au Brésil avec le vieux voisin de papa et maman. J'oubliais, un carnet que papa tenait pendant son travail à lusine (non, je n‘ai pas fait de faute, c'est comme ça dans le livre, na!). Et devinez qui ramène à la vie notre petit bonhomme, l'amour voyons dans les bras d'une belle autochtone.
Sur des sujets d'actualité : la délocalisation pour plus de rentabilité, la difficulté de trouver sa place dans un monde égoïste, Jeanne Benameur ne m'a jamais convaincu. Les élubrications d'Antoine m'ont laissé de marbre (ha cette fameuse empathie), l'ennui s'est installé jusqu'aux dernières lignes. J'aurais aimé rencontrer Karima, faire plus connaissance avec Thaïs, en savoir plus sur le frère qui lui s'est bien mis dans le moule. Jeanne Benameur a choisit une autre voie, elle m'a perdue en route. Sûrement que d'autre la suivront.
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latina
28 janvier 2016
« le poème obscur qui est en moi qui se cherche chaque jour pour dire le monde et ma place dans le monde ».
Profondeur, plongeon dans les eaux troubles de l'être humain et de moi-même.
Mots, images, poésie.
Mélange de la force et de la délicatesse.
Réflexions touchant à l'essence des choses : le rapport entre les êtres humains, le travail, le voyage, la lecture. Trouver sa place. Se trouver.

C'est cela le roman de Jeanne Benameur. Exactement ça.
C'est tout ce que j'aime.
Et pourtant, je n'ai pas trop aimé.
Et j'en suis la première déçue.

Ce récit à la première personne d'un homme « imposteur » de sa destinée, « décalé », en rage contre il ne sait trop quoi, ouvrier dans une usine pour faire comme son père, rejeté par son amoureuse, ce récit m'a lassée. L'introspection des blessures, le ton continuellement plaintif m'a enragée.
Et puis la deuxième partie du livre m'a donné un peu plus d'espoir, car cet homme part au Brésil et s'y trouve mieux, beaucoup mieux. Mais là, l'accumulation des phrases éclairées et réfléchies de Marcel, le vieil ami avec qui il voyage, cette sagesse, tout cela m'a paru sentencieux. Et je déteste recevoir des ordres.

Bref : j'ai adoré « Profanes », je ne peux que murmurer ma désillusion face aux « Insurrections singulières ».
J'aime être décalée, je ne m'y suis pas retrouvée.
Tant pis. Et puis tant mieux. Car « ça fait peur, le temps mort. Pourtant c'est dans ce temps-là, où en apparence il ne se passe rien, que tant de choses en nous se ramassent, pour prendre forme... »
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quiliravivra
17 mai 2014
"Il y a longtemps, j'ai voulu partir"
Tout est dit dans cette première phrase du livre.
Antoine n'a pas voulu devenir ce qu'il est devenu, un ouvrier sans avenir, un amoureux maladroit et mal aimé, un homme coincé dans sa vie.
Il n'a pas voulu d'une vie réduite, à l'image des maquettes de bateaux de son père.
A l'occasion d'un retour "forcé" chez ses parents, à bientôt 40 ans, Antoine se souvient de ce jour là où il a voulu partir. Ce souvenir obsessionnel , cette madeleine douloureuse va lui servir de catalyseur en quelque sorte et lui permettre de prendre enfin son destin en main, ce destin qu'il avait ébauché à 8 ans.
J'ai aimé l'univers intimiste de ce roman à l'écriture fine, sans fioritures, aux accents parfois tendres parfois rageurs.
Un petit bémol toutefois à mon appréciation positive; j'ai préféré la forme poétique du texte, son caractère initiatique à la matière du récit.
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Didili
19 décembre 2015
Ce livre c'est la quête d'un homme durant sa vie.
Antoine est issu d'une famille d'ouvriers et il est devenu lui aussi un ouvrier. Sa vie va vite devenir suffocante.
Alors quand l'usine dans laquelle il travaille va être délocalisée, Antoine va se trouver en face de lui-même. Quitté par sa petite amie Karima, la quête d'Antoine sera pour le travail mais surtout et avant tout personnelle.
Que faire de sa vie ? Comment la remplir, pour que ces riens se remplissent.
Un retour dans sa famille , chez ses parents, puis des rencontres vont le conduire loin ! Loin aussi bien physiquement que psychologiquement !
Marcel l'ami de ses parents, bouquiniste philosophe va lui ouvrir le chemin de l'aventure et de la liberté.
Il y a Jean de Montolade, le lien dans le temps et l'espace entre le Brésil et la France.
Et il y a Thais, la belle Thais qui lui permettra de devenir un autre, plus proches de ses envies et de ses désirs.
Ce livre m'a touchée dans ce qu'il nous rappelle. Vivre nos désirs !
Pour ma part il m'incite à essayer de faire mes insurrections singulières...
C'est loin d'être toujours une évidence de vouloir faire ce qui nous plaît, ce n'est pas toujours facile mais c'est une liberté qu'il est bon de savoir s'offrir. Vivre ses rêves voilà un bel objectif vers lequel tendre.
L'écriture de Jeanne Benameur est précise, concise, elle ne s'encombre pas de mots. Elle va à l'essentiel.
Ce livre parle aussi de la place des livres dans nos vies et de celle de l'écriture. Les petits carnets du père d'Antoine m'ont émue. Ils sont le déclencheur d'écriture et de la prise de conscience d'Antoine de s'emparer de sa vie.
Un livre qui nous donne à réfléchir sur nous même.
Des insurrections singulières à créer !
Une lecture qui a résonné de façon très intime sur mon propre parcours.
Merci Madame Benameur pour cette lecture,
Invitation à la liberté d'être.
Au plaisir de vous lire encore.
Lien : http://imagimots.blogspot.fr..
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pyrouette
22 février 2015
Antoine retourne vivre chez ses parents à 40 ans, mis à la porte par sa compagne. Ce retour aux sources va le faire réfléchir sur son parcours d'adulte mais aussi d'enfant. Ses parents ont toujours rêvé d'une vie meilleure pour leurs fils. le rêve est devenu réalité pour son frère mais pas pour lui. Sa réalité, son avenir, c'est l'usine comme son père. Il s'est toujours senti différent et cela n'a pas changé. Il le dit lui-même, il est revenu, il est là mais pas avec eux. Son regard sur le monde est différent. Il a beau essayé, quelque chose ne colle pas entre le monde et lui. Antoine aide sa mère pour les marchés en fin de semaine. Arrivée à l'âge de la retraite, elle s'est achetée ce camion mercerie qui la rend si heureuse. Elle rencontre des gens, discute, prend l'air. Antoine observe comme toujours ce petit monde. Il rencontre Marcel, un vieux bouquiniste. Une rencontre anodine qui va prendre beaucoup de place dans sa vie. Marcel va l'aider à faire sa révolution intérieure. Son père aussi avec son petit carnet et sa description des jours de rien. C'est une belle histoire superbement bien écrite. Ne pas attendre la fin pour construire sa vraie vie, cela n'a pas de prix.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Citations & extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire10 août 2011
J'ai toujours aimé les fous, Antoine. Les décalés, c'est les seuls qui laissent la place au désir. Dans le décalage, c'est là. Je me méfie des gens trop bien installés, riches ou pauvres, dans leur peau, garantie cent pour cent tranquilles. J'aime pas les cimetières ambulants. La moitié des gens sont déjà morts. Tu vois, au marché, j'ai appris plein de choses.Combien j'ai de clients, moi, sur tous ceux qui achètent au marché ?... même pas dix pour cent ! Ceux-là en plus des carottes et des pommes de terre, il leur faut une épice, le goût de quelque chose d'autre. Ils viennent le chercher dans les livres. Sinon ils savent bien que toutes les carottes du monde, même bio, et tous les steaks, ça ne servira pas à grand chose pour traverser les jours. Dans les livres, il y a le décalage. La place pour le désir.
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petitourspetitours24 janvier 2011
Il y a longtemps, j’ai voulu partir. Ce soir, je suis assis sur les marches du perron. Dans mon dos, la maison de mon enfance, un pavillon de banlieue surmonté d’une girouette en forme de voilier, la seule originalité de la rue.
Je regarde la nuit venir. C’était un soir, dans la cuisine, celle qui est toujours là si je me retourne, que j’ouvre la porte et que je fais six pas pour arriver au fond du couloir. C’était comme ce soir, trop chaud. Mon père fignolait une de ses maquettes de bateaux anciens. Sur la toile cirée, ses doigts, quand ils avaient appuyé longtemps, laissaient une trace, comme la buée sur les vitres. Et puis la trace disparaissait. Ce soir-là, j’ai eu peur. Peur, si je restais dans
cette cuisine, dans cette maison, de devenir comme la trace des doigts de mon père. Juste une empreinte. Qui disparaîtrait aussi.
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krol-francakrol-franca20 février 2011
« Personne ne fait partie de la vie de quelqu’un. Qu’est-ce que c’est que ces histoires ? […] On s’approche des autres, l’amour ça ne sert qu’à ça ! Toutes les formes d’amour… pas seulement la romance des amoureux… tout ce qui nous rapproche vraiment des autres. Mais de toute façon jamais JAMAIS on ne fait partie de la vie de quelqu’un. Et encore heureux ! Ce serait la perte de notre solitude, c’est sûr, mais encore plus sûrement la perte de ce qui nous appartient vraiment, notre liberté. On l’attaque déjà bien assez comme ça ! On peut essayer de tisser les liens, c’est tout. On ne fait pas partie ! On ne fera jamais partie. C’est comme ça. »
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fanfanouche24fanfanouche2429 octobre 2013
Cette nuit, dans cette chambre chez mes parents, je pense aux prix des choses.
C'est quoi, la richesse ?
C'est ce sentiment de devenir précieux soi-même parce qu'on a le droit de toucher les choses précieuses ?
Je pense à l'argent.
Mais nous n'étions riches ni l'un ni l'autre, Marcel et moi, et pourtant les livres rares étaient là, dans nos mains. Ce n'est pas qu'une histoire de billets dans le portefeuille, cette richesse-là, et je sens que ça englobe toute ma vie. Tout. (p.60)
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pyrouettepyrouette14 février 2015
J'ai senti que ça venait en dehors de toute cause, ce temps vide, difficile à passer, un temps où le fait de vivre c'est pas évident, c'est pas donné, non. On sent que du temps passe, que de la vie passe, en nous, et c'est étrange d'en prendre conscience et de n'en rien faire. Rien. Juste passer le temps comme on dit. J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les vrais oisifs, ceux qui arrivent à ne rien faire sans se détruire.
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