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Jacques Papy (Autre)
EAN : 9782246388821
247 pages
Grasset (14/01/1987)
4/5   23 notes
Résumé :

Dans Morts violentes, il n'y a pas de fantômes ou de phénomènes anormaux, mais une exploration clinique de la réalité la plus crue, dont l'issue est l'insoutenable horreur de la mort. A travers les cauchemars de la guerre de Sécession, qui valent bien ceux d'Edgar Poe, Bierce porte la short story à son plus haut degré de perfection et s'affirme comme l'un des précurseurs de la littérature américaine d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Unhomosapiens
  04 avril 2020
J'ai découvert Ambrose Bierce par le Dictionnaire du Diable. J'ai été tout de suite conquis par l'esprit anti-conformiste de l'ouvrage. C'est un peu plus tard, sur les conseils de mon épouse enseignante d'anglais, que j'ai découvert « Morts violentes » et « histoires impossibles ». Pour « morts violentes », Bierce s'appuie sur son expérience de chroniqueur pendant la guerre de sécession. Il en est revenu transformé, anéanti par les atrocités dont il a été le témoin. Ces courtes nouvelles relatent des épisodes de cette guerre. de par sa formation de journaliste, il sait placer son lecteur au bon endroit pour obtenir le plus d'effet voulu. Il appuie là où ça fait mal. Dans ces nouvelles, il sait rendre le tragique encore plus tragique. Bafouer l'innocence et la confronter à la mort. Je ne me souviens plus d'une intrigue en particulier, mais là encore, c'est d'une ambiance dont je me souviens. Un carnage sans nom, auquel Bierce invite le lecteur en spectateur. La mort est omniprésente, d'une nouvelle à l'autre. On assiste quasiment à un reportage de guerre. C'est ce qui en fait la force. Plus jamais il n'accordera la même place à l'humain. Il lui faudra beaucoup de cynisme pour continuer à vivre après cette expérience.
Un live que l'on oublie pas.
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Bellonzo
  09 janvier 2014
Ambrose Bierce (1842-1913) a vécu les affres de la Guerre de Sécession. Hanté par ces images il en fera un chef-d'oeuvre avec les nouvelles terribles de "Tales of soldiers and civilians", titré en français "Morts violentes".

Au long de cette quinzaine de short stories ce qui frappe c'est le rapport du héros de chaque texte, ce rapport si étroit à la mort, concrète, hideuse et quotidienne sur les champs de bataille. Avec évidemment le degré d'horreur supplémentaire, cette horreur fratricide de la guerre civile. Lire ce livre c'est s'exposer à certaines difficultés techniques tant les pages sentent la poudre à canon et suintent la peur à chaque instant. L'expérience en serait presque hallucinante.

"Chickamauga", un enfant "joue" sabre au clair à commander une colonne de blessés graves qui rampent sur le sol. Dans "Une rude bagarre" un officier larde un cadavre de son épée, terrorisé par le regard du mort. "La rivière du hibou" (portée à l'écran par Robert Enrico) par sa délectation morbide nous emmène sur les terres d'Edgar Poe. Dans ce livre vraiment à marquer d'une pierre noire les Deux Cavaliers de l'Apocalypse que sont la Peur et la Mort accompagnent des histoires de frères ennemis, de reconnaissance post-mortem, tout ceci avec une précision presque photographique. le journalisme n'a jamais quitté tout à fait Ambrose Bierce. Si vous devez ne lire que deux livres sur le conflit Nord-Sud si meurtrier pas d'hésitation Stephen Crane (The red badge of courage) et "Mort violentes".

Ambrose Bierce, parti rejoindre Pancho Villa en 1913, a disparu dans le désert mexicain. Avait-il enfin apprivoisé la Camarde?
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PeterKmad
  24 février 2014
Agréablement surpris par les 3 courts métrages de Robert Enrico regroupés dans le film "Au coeur de la vie", je me suis procuré le recueil de nouvelles qui les ont inspirés. Des histoires courtes, cruelles, violentes, désabusées, se déroulant pendant la Guerre Civile Américaine, auquel Ambrose Bierce a participé.
Les personnages de ces histoires, plongés dans une guerre profondément absurde et fratricide, luttent pour trouver un sens à leur existence précaire. La peur, la folie et la mort guettent tous les soldats impliqués dans ce conflit, qu'ils soient courageux ou lâches, traîtres ou loyaux, efficaces ou incompétents, humains ou monstrueux. le monde devient dément, on éponge les canons avec le sang des camarades morts au combat, on lutte au corps à corps avec des cadavres, on tire sur sa propre famille ou contre son propre camp, on se suicide pour éviter de mourir, c'est l'enfer de la guerre dans toute sa splendeur morbide.
La véritable horreur, ce n'est pas les grotesques entités antédiluviennes de Lovecraft, terreurs infantiles et inoffensives, c'est plutôt la confrontation à un alter ego tremblant de terreur, confus et affamé, aux mains moites, pointant hâtivement son fusil Minié vers l'ennemi dans l'espoir de se soustraire à une mort imminente.
J'espère ne jamais être le témoin direct d'une guerre. Ma santé mentale n'y survivrait pas.
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la_chevre_grise
  18 septembre 2014
Ce livre fait partie de ceux que je n'ai pas choisis et qui sont arrivés chez moi tout seuls, ou plutôt ici par le biais d'une amie qui m'en a fait cadeau. J'aime assez cette façon de découvrir des titres et des auteurs. Si ce n'est pas toujours un coup de coeur, c'est tout de même souvent le moyen de découvrir des auteurs connus par d'autres. C'est le cas ici : quelques recherches montrent vite qu'Ambrose Bierce n'est pas n'importe qui et qu'il sait manier le verbe en plus de parler d'expérience. Car Bierce a participé à cette guerre du côté nordiste en tant qu'officier cartographe à partir de 1861.
Vous savez aussi que je ne suis pas une amatrice de nouvelles. Pourtant, sur ce livre, cela ne m'a pas dérangé car le décor et l'ambiance restent les mêmes d'une nouvelle à l'autre. Pour toutes, il s'agit de la mort d'un individu lors de la guerre de Sécession, la plupart du temps d'un soldat. Les Confédérés et les Yankees sont toujours là, si ce n'est visuellement du moins la menace pèse.
La première nouvelle a un côté poétique qui m'a tout de suite fait penser au Dormeur du val de Rimbaud. Sauf que Bierce s'attarde sur les causes de la mort et se délecte, de façon assez morbide, des détails les plus gores. le lecteur devine bien vite que cette fascination vient surtout d'un sentiment de peur profondément ancré, et qui mène parfois les personnages droit à leur fin. le détachement de la narration accentue le dégout ressenti par le lecteur.
De l'indifférence des hauts gradés pour les pauvres erres qui se font massacrer, parfois sans raison, à la lutte fratricide (des sudistes se sont engagés aux côtés des nordistes par conviction et se sont retrouvés à combattre les leurs sur leurs propres terres) ; de l'obéissance aveugle à la honte d'avoir abandonné toute dignité et toute noblesse d'âme.
Voici un livre étrange dont je ne sais pas trop quoi penser au final. Il est intéressant historiquement et m'a valu pas mal de recherches sur internet pour me remémorer le contexte de la guerre de Sécession. J'ai par contre eu plus de mal avec l'aspect tactique et stratégique des mouvements de troupes car j'ai toujours beaucoup de difficultés à me représenter ce que ça peut donner visuellement, et c'est pourtant ici un point important pour chaque récit.

Lien : http://nourrituresentoutgenr..
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MarianneDesroziers
  14 juillet 2010
D'Ambrose Bierce on connaît surtout l'excellent "Dictionnaire du Diable", mais il faut ajouter qu'il était un très bon auteur de nouvelles. Ce recueil présente des nouvelles se déroulant durant la guerre de Sécession et baignant dans une atmosphère étrange, voire à la limite de l'horreur. Une des nouvelles les plus marquantes intitulée"Chickamauga" a pour héros un jeune enfant égaré sur le champ de bataille qui croit voir des clowns dans ces soldats aux visages peinturlurés et quand il se met à rire en avancant au milieu d'eux, autant vous dire que le lecteur l'entend ce rire pour le moins déplacé mais tellement humain.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
PeterKmadPeterKmad   10 mars 2014
C'étaient des hommes. ils rampaient sur les mains et les genoux. Certains ne se servaient que de leurs mains, traînant les jambes. D'autres ne se servaient que de leurs genoux, et leurs bras pendaient, inutiles, à leurs côtés. Ils essayaient de se mettre debout, mais ils s'abattaient la face contre terre au cours de leur tentative. Aucun d'entre eux n'agissait normalement; aucun d'entre eux ne faisait le même geste, à l'exception des cette progression pied à pied dans le même sens. Un par un, deux par deux, en petits groupes, ils poursuivaient leur avance à travers les ténèbres ; et certains faisaient halte parfois, que d'autres dépassaient en rampant avec lenteur, pour se remettre ensuite en mouvement. Ils arrivaient par douzaines et par centaines; à droite et à gauche ils s'étendaient aussi loin que l'on pouvait voir dans l'obscurité croissante, et le bois noir derrière eux paraissait inépuisable. Le sol même semblait se déplacer vers le ruisseau. De temps à autre, l'un de ceux qui avaient fait halte ne se remettait pas en chemin et gisait immobile. Il était mort. Quelques-uns s'arrêtaient et gesticulaient de façon étrange : ils levaient les bras et les laissaient retomber, se prenaient la tête à deux mains, étalaient leurs paumes vers le ciel comme font certains hommes au cours des prières en commun.
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oliviersavignatoliviersavignat   31 mai 2020
Ah! ces morts innombrables et inutiles! Cette grande âme dont le beau corps repose là-bas, si nettement découpé sur le flanc de la colline aride, n'aurait-on pu lui épargner l'amère conscience d'un sacrifice vain ? Une seule exception aurait-elle porté une atteinte trop grave à l'impitoyable perfection du plan éternel de la divinité ?

Un fils des dieux
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oliviersavignatoliviersavignat   31 mai 2020
Le combat avait été violent et sans trêve : tous les sens en témoignaient. L'air même avait goût de bataille. A présent, tout était fini : il ne restait plus qu'à secourir les blessés et à ensevelir les morts, "faire un brin de nettoyage", selon la formule du farceur de l'escouade chargé de cette corvée.

Le coup de grâce
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Videos de Ambrose Bierce (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ambrose Bierce

"Remède à la mélancolie" sur France Inter - "Épigrammes" d'Ambrose Bierce
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