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ISBN : 2811219870
Éditeur : Milady (05/04/2017)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 214 notes)
Résumé :
Meg Corbyn a vécu toute sa vie coupée du monde, traitée comme de la viande par des hommes sans scrupules se servant de ses visions du futur pour s'enrichir. Lorsqu'elle s'enfuit, ils sont prêts à tout pour la récupérer, même à s'aventurer sur le territoire des Autres. Ces créatures de cauchemar prêtes à éradiquer l'humanité au moindre faux pas auprès desquelles Meg va trouver refuge. Mais si Simon Wolfgard, loup-garou et chef de la communauté, est d'abord intrigué p... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (94) Voir plus Ajouter une critique
Luna05
02 juillet 2014
Avant toute chose je tiens à remercier le site Babelio et les éditions Bragelonne de m'avoir permis de découvrir cet ouvrage dans le cadre du partenariat Masse critique.
Je me souviens encore très exactement la manière dont j'étais tombée sur ce titre, suivant avec assiduité certains blogs c'est tout naturellement grâce à la chronique plus qu'exaltée d'une certaine Melliane du blog « Between dreams and reality » que j'ai fait la connaissance de « Lettres écarlates ». J'avais survolé son billet et m'étais concentrée uniquement sur sa conclusion et sa notation. Ce fut pour elle un énorme coup de coeur en Vo et pour moi une nouvelle attente. C'est donc non sans réjouissance que j'accueillis sa sortie Française et me jetais dessus une fois mon exemplaire entre les mains. Pour que la surprise soit totale j'avais sciemment et minutieusement lu que le résumé et rien d'autre. Mon aventure au côté de Meg Corbyn pouvait alors débuter, et quelle aventure !
L'auteur Anne Bishop nous plonge et captive dès le prologue afin de nous familiariser immédiatement avec son oeuvre complexe mais conté de manière simple avec talent. Oubliez notre monde car celui que vous allez affronter est tout autre. Un bref retour historique dynamique nous mettra aux plies, revenant sur la guerre ayant opposé quelques siècles en arrière deux des espèces dominantes crées par Namid, les hommes et « Les Autres ». Des batailles sanguinaires ne s'étant bien évidemment soldées que trop souvent par le massacre des plus faibles, les êtres humains. Un homme parvint néanmoins grâce à son intelligence et sa diplomatie à créer un compromis avec un « Terra Indigène », une sorte de trêve qui leur permettrait de coexister et d'en retirer chacun des avantages. C'est ainsi qu'au jour d'aujourd'hui sur le continent de Thaisia les deux espèces cohabitent tout en gardant tout de même en tête qu'ils restent des ennemis.
« Les Autres » dominent à présent le territoire et tolèrent la présence des humains. Afin de faire respecter le pacte, des Enclos habités par des « Terra Indigene » ce sont implantés au sein des humains, une mesure de sécurité supplémentaire afin de surveiller les hommes. Cette histoire sera donc consacrée à un des Enclos dont les commerces seront exceptionnellement ouverts aux humains rendant plus que parlante l'expression « soyez proche de vos amis et encore plus de vos ennemis »…
C'est muni d'une carte et d'un lexique propre à cet univers que nous pénètrerons au coeur du monde crée par Anne Bishop. Dès le premier chapitre nous serons absolument happés par cette ambiance si particulière et dévorante. Un environnement fraichement habillé de son manteau blanc d'hiver, un climat glacial où la pureté immaculée de la neige se verra de temps à autre tachetée de rouge, recouvert de sang humain… Bienvenue dans le monde de Namid et plus précisément dans L'Enclos de Lakeside contrôlé par « Les Terra Indigene » ou plus exactement par un certain Simon Wolfgard.
Par où commencer ? Voilà la question qui revient souvent en tête de mes billets quand je ne sais pas comment le débuter. Peut-être devrais-je avouer que « Lettres écarlates » a été pour moi un énorme coup de coeur ? Maintenant le plus délicat est de vous exposer les arguments qui ont fait en sorte qu'il obtienne ce très haut et beau statut, et bien soit, je relève le défi avec grand plaisir et espère que je parviendrai à vous faire vous aussi plonger sans retenue dans cet ouvrage.
Commençons par l'écrin que j'ai trouvé absolument sublime et qui a su restituer à la perfection l'ambiance contenue dans cette oeuvre. Je salue donc le travail du graphiste pour ce premier tome qui se veut esthétiquement vraiment supérieur à la version parue en Vo. Bravo.
Par le biais des premiers chapitres le ton sera donné et se révèlera résolument sombre et oppressant de par les personnalités peuplant cette oeuvre. « Les Terra Indigène » n'auront d'humains que leurs apparences et ne feront preuve d'aucune clémence et pitié envers les humains ne respectant pas les règles, le seul châtiment étant la mort redevenant alors ce qu'ils ont toujours été pour « Les Autres », de la viande… Un premier passage sanguinaire qui saura vous mettre en condition pour la suite…
Anne Bishop, romancière bien connue pour sa très célèbre série de Dark Fantasy « La trilogie des joyaux noirs» ne se départira pas de ce côté sombre la caractérisant si bien. Elle nous offrira de l'urban fantasy pure et dure de très haute volée pour notre plus grand plaisir. Nous suivrons le parcours de la jeune Meg Corbyn fuyant le centre où elle était retenue captive, étant pourvue d'un don ou malédiction, la jeune femme devait en subir chaque jour les conséquences au profit de son « Contrôleur ». N'étant à l'abri nul part auprès des humains, Meg, désespérée et aux abois, prendra la décision de pénétrer dans le territoire des « Autres » afin d'être momentanément protégée tout en sachant pertinemment qu'un autre châtiment peut être pire encore l'attend au sein de l'Enclos de Lakeside. Néanmoins, son choix est fait, plutôt mourir dans L'Enclos que de retourner dans l'enfer d'où elle est difficilement parvenue à s'extirper. Sa rencontre avec son futur employeur, le très antipathique chef de L'Enclos de Lakeside, Simon Wolfgard scellera irrémédiablement sa destinée.
C'est portée par une plume soutenue, fluide et extrêmement addictive qu'Anne Bishop nous emportera dans son oeuvre. L'auteur est parvenue à créer un univers rafraichissant et furieusement original ne laissant aucune impression de déjà vu lors de notre lecture. Une mythologie inédite où la romancière a su se réapproprier avec virtuosité des personnalités mythiques tout en leur insufflant sa propre vision leur conférant par la même occasion un charme fou. Un univers maitrisé à la perfection se voulant intelligent et dont la complexité savamment recherché ne peut que nous intriguer et combler. Autre excellent point m'ayant ravi, le comportement des « Terra Indigene ». J'ai littéralement jubilé en découvrant des détails m'ayant rappelé les oeuvres de Mercy Thompson ou PSI CHANGELING concernant la véracité du traitement comportemental des « Autres » sous leur forme animal. Oubliez les stéréotypes maintes et maintes fois vue car ce peuple va diablement vous secouer.
Ce roman recèle d'un nombre incroyable de qualités et d'une richesse que je n'aurai de cesse d'encenser tout au long de ce billet. Sa plume, son ambiance unique et marquante, son intelligence et bien évidemment ses personnages tous ô combien charismatiques.
Dès le commencement j'ai nourris quelques craintes concernant le peuple des « Terra Indigene », au vu de leur façon de voir les choses et surtout de leur mépris clairement affiché et assumé envers ceux qu'ils appellent les singes, les êtres humains. Pour eux ces derniers ne sont que de la nourriture et le peu de pitié qu'ils ont témoigné lors des premières mises à mort dans ce récit m'ont, je ne le cache pas déstabilisé. Comment allais-je pouvoir m'attacher à eux alors que leur moralité et façon de fonctionner différaient totalement des valeurs habituelles disséminées dans ce genre de récit? Mes doutes et craintes ont heureusement très vite fondu comme neige au soleil car Anne Bishop a choisi de nous offrir une narration à la 3eme personne nous permettant de nous projeter au travers des divers points de vue de la plupart des « Autres » que nous rencontrerons. Un procédé non négligeable et fort appréciable car même si grâce à la vision de Meg nous découvrirons des visages qui se révèleront très attachants malgré leur férocité, être du côté des « Terra Indigene » m'a tout bonnement charmé. Ce récit abritant un nombre assez conséquent de bestiaires je ne vais citer que les principaux mais croyez-moi les secondaires sont tout aussi passionnants à suivre car ne servant aucunement de faire valoir, chacun occupant une place bien particulière rendant cette oeuvre encore plus aboutie et atypique.
Commençons par Simon Wolfgard le chef de L'Enclos de Lakeside. Homme assez froid, plus ou moins rustre et brut du décoffrage, Simon est un sanguin pour le moins colérique mais parvenant tout de même à contrôler la plupart du temps sa partie animale. Loup Alpha prenant très à coeur la protection de son Enclos, ce dernier ne transige pas avec la loi et la sécurité, tout danger pour eux se verra annihiler dans les plus bref délais. Cet homme loyal mais autoritaire et dominateur ne supportant aucune insubordination, verra son comportement néanmoins évoluer au contact de la jeune humaine Meg Corbyn. Nous verrons une facette taquine et tendre émerger doucement auprès de la jeune femme et un côté joueur très prononcé dans sa forme de loup. Une personnalité aussi exaspérante qu'attachante et dont la seule présence ne peut laisser indifférent.
Parlons à présent de l'héroïne dont la saga porte son nom, Meg Corbyn.
Je dois dire que je me suis immédiatement attachée à ce petit bout de femme meurtrie, vulnérable mais tout aussi courageux et volontaire. Je tairai ici sa véritable identité afin de conserver le suspense car découvrir au compte-gouttes toute son essence se voudra aussi délectable qu'effroyable. Une jeune femme qui sera pourvue d'un passé ô combien sordide mais qui fera tout pour le dépasser. Héroïne drôle malgré elle et dont le véritable caractère fera peu à peu surface au sein de L'Enclos, Meg démontrera sa bonne volonté quant à s'intégrer mais fera malheureusement preuve de beaucoup de maladresse faisant sourire certains et grincer les crocs d'autres…Jeune femme touchante ayant conservée une certaine fraicheur et innocence enfantine qui s'expliqueront au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire. Apeurée au vu de son passif, Meg se voudra méfiante et cachera sciemment les pans de son passé, Simon l'utiliserait-il aussi si jamais la vérité éclatait au grand jour ou serait-elle tout bonnement mise à mort ?
Je me suis délectée de chaque face à face ayant opposé Meg à Simon, la jeune femme prenant un peu plus d'aplomb face au loup et Simon étant totalement déstabilisé par ce petit bout de femme l'intrigant et l'agaçant au plus haut point depuis leur rencontre au vu de « sa particularité », détail que je vous laisserai découvrir également. Des échanges tour à tour glaçants, piquants, mordants, amusants qui deviendront de manière modérée et extrêmement subtile tendres, mignons et émouvants.
Je citerai également la très énigmatique et dangereuse Tess aussi crainte des « Terra Indigene » que des humains. J'ai beaucoup apprécié cette personnalité ambiguë et difficilement cernable.
Vladimir Sanguitani comme vous le devinerez aisément grâce à son nom représentera les vampires, et quel vampire. Charmeur et séducteur mais tout aussi sanguinaire que son nom l'indique, j'ai particulièrement été charmée par les pouvoirs dont l'a gratifié Anne Bishop. Il y en a tant à présenter, L'Ours Henry Beargard, le petit loup Sam qui nous offrira des passages aussi drôles que poignants au vu du traumatisme subit 2ans plus tôt, le loup susceptible Nathan, Jester le coyote, Jake le corbeau et pour finir les Elementals aussi captivants que menaçants cachant derrière des physiques de petites filles des entités d'une violence et dangerosité hors du commun. Et que serait ce roman sans les fameux Poneys, que de moments mémorables pendant cette lecture lors de leurs apparitions et interactions avec une Meg aux petits soins pour eux. Les humains occuperont également une place importante dans ce roman comme Monty un policier fraichement muté qui servira d'agent de liaison entre la police et L'Enclos, ainsi que les employés des divers commerces des « Autres ». Les ennemis répondront également à l'appel et démontreront avec un certain talent que niveau cruauté « Les Terra Indigene » n'ont définitivement pas le monopole. Un portrait peu reluisant dessiné par l'auteur et se voulant malheureusement criant de vérité.
Anne Bishop a su mener son récit d'une main de maître alternant des passages de la vie quotidienne se voulant passionnants et chaleureux nous permettant de découvrir les liens profonds reliant tout L'Enclos aux diverses enquêtes et dangers planant au-dessus des « Terra Indigene » et de Meg. Un suspense rondement mené et totalement maitrisé nous tenant en haleine du début à la fin. L'auteur nous gratifie de rebondissements impossibles à anticiper et de révélations délivrées au compte-gouttes finissant de nous frustrer et combler. Un récit qui ira crescendo jusqu'à cette fin diablement éprouvante ou l'action et le stress entameront une véritable cavalcade nous laissant pantelant et fermement englouti par ce récit.
Que puis-je ajouter de plus pour vous convaincre de lire ce livre ? Ce premier tome a été pour moi un véritable coup de coeur que j'ai dévoré tout en tentant de faire durer le plaisir le plus longtemps possible. J'ai aimé cette ambiance si unique, ses personnages tous attachants et marquants, le style nous entrainant irrémédiablement dans cet ouvrage et ces intrigues mêlant fantastique et policier sans heurts. « Lettres écarlates » fait partie de ces lectures où plus on avance dans le récit plus il nous devient difficile de devoir quitter son univers et ses personnages nous étant devenus familiers et pour lesquels on s'est irrémédiablement pris d'affection.
Un premier tome qui m'a absolument comblé et dont les révélations de fin risquent de promettre une suite tout aussi exceptionnelle. L'attente risque d'être longue mais je brûle de très vite pouvoir me replonger dans cet univers d'Urban Fantasy et de retrouver toutes ces personnalités auxquels je me suis inexorablement attachée. Un titre que je vous recommande sans hésiter.
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GribouilleLechat
21 décembre 2016
Comment dire ? Comment exprimer tout le bien que je pense de ce livre sans que les mots paraissent fades ? Ce roman n'a pas été un coup de coeur, pour moi, non... Il a été un ÉNORME coup de coeur ! LE coup de coeur de l'année 2016, même !
Et dire qu'au départ, je l'avais surtout acheté pour sa couverture (magnifique, merci les éditions Milady !) et parce que j'avais vaguement compris qu'il s'agissait de bit-lit. Mais comme ce terme est réducteur, face à la richesse de l'univers créé par l'auteure !
Imaginez un monde très semblable au nôtre, appelé Namid, et qui a une certaine forme de conscience, de volonté. Et imaginez que sur ce monde, les êtres humains ne soient pas en haut de la chaîne alimentaire, qu'ils ne soient pas les ultimes prédateurs. Car au-dessus d'eux, il y a les autres enfants de Namid, les premiers qu'elle ait créés, appelés les Autres ou terra indigene. Des créatures merveilleuses et terribles : les Métamorphes, les Vampires, et les Élémentaires. Moi, rien que ça, je trouve ça génial, comme concept !
Les métamorphes sont des êtres pouvant adopter à volonté soit leur forme humaine soit leur forme animale, mais qui, même sous leur apparence humaine, gardent toujours leurs facultés animales et les caractéristiques principales propres à leur espèce, tout en ayant l'intelligence d'un humain. Ils sont beaucoup plus que des loups-garous ou d'autres animaux-garous, car ils sont nés comme ça, c'est leur forme de vie normale, naturelle, et ils forment des groupes organisés et hiérarchisés. Dans ce premier tome, on fait connaissance avec les Loups, les Corbeaux, les Faucons, les Hiboux, les Grizzlys et les Coyotes (enfin... un Grizzly et un Coyote, mais on suppose qu'il doit y en avoir d'autres, quelque part sur ce monde). Et peut-être qu'on n'a pas encore vu toutes les espèces de métamorphes existantes, et qu'on en découvrira d'autres dans les prochains tomes.
Comme les métamorphes, les Vampires sont des créatures de Namid. Il n'y a pas d'histoire de malédiction ou d'âme damnée, ici, aucune référence à la religion et pas de notion de Bien et de Mal. Ils existent car Namid les a créés, et c'est tout. Il n'est pas précisé comment ils se "reproduisent" mais ils ont des facultés différentes des vampires "classiques", que ce soit dans leur façon de se nourrir ou au niveau des formes qu'ils peuvent prendre.
Quant aux Élémentaires, je vous laisse imaginer ce qu'elles peuvent être, mais sachez que ce sont les plus extraordinaires et les plus puissantes de toutes les créatures de ce monde.
Mais pas les plus dangereuses. Il y a encore une autre sorte de créatures, redoutée par tous, y compris par les terra indigene, et dont personne n'a jamais vu la vraie forme (enfin, si, mais ceux-là n'ont pas pu revenir pour en parler).
Au commencement de toute vie, Namid isola les humains de ses autres créatures, pour leur donner une chance de survivre. Ceux-ci prospérèrent donc, se multiplièrent et voulurent logiquement étendre leur domaine. Et c'est là qu'ils découvrirent l'existence des Autres, qui ne les voyaient pas comme des envahisseurs, mais comme de la nourriture.
Après de longs siècles de guerre, les deux parties arrivèrent à des accords et s'ils les respectaient, les humains pouvaient espérer vivre en paix (et vivre tout court).
Les humains étaient malins et inventaient des choses, mais les Autres avaient le contrôle de toutes les richesses naturelles, donc ils furent peu à peu obligés de collaborer, en quelque sorte.
Mais pas au point de vivre ensemble. Les terra indigene vivent en grande majorité en-dehors des villes, dans les zones sauvages et les campagnes, et ceux qui vivent dans les villes se regroupent dans des Enclos, sorte de ville dans la ville, où ils ont leurs propres commerces et leur propre administration et où, surtout, les lois humaines ne s'appliquent pas. Tout humain qui entre dans un Enclos sans autorisation court le risque d'être mangé, sans préavis, et sans que les autorités humaines aient le droit d'y trouver à redire.
Néanmoins, les terra indigene des Enclos font des efforts pour s'habituer aux humains, et c'est dans ce but qu'ils ouvrent certains de leurs commerces à la clientèle humaine, ces boutiques ayant une ouverture donnant sur la rue de la ville, et une autre donnant dans l'Enclos. C'est le cas de la librairie de Simon Wolfgard, chef des Loups mais également de tout l'Enclos. Et c'est dans cette librairie qu'arrive un soir de tempête une jeune fille qui a l'air terrorisée, qui dit s'appeler Meg et qui, étrangement, n'a pas une odeur de proie, pour les Autres, contrairement à tous les humains. Cela intrigue aussitôt Simon, ainsi que le fait qu'elle lui mente sur son prénom, il en est convaincu. Mais comme son instinct ne le met pas en garde contre elle, qu'elle a l'air vraiment effrayée et qu'ils ont un besoin urgent d'un Agent de liaison humain pour réceptionner les livraisons venant des entreprises humaines, il lui permet de rester.
Dès lors, elle sera sous la protection de l'Enclos, et plus rien ne pourra l'atteindre de l'extérieur (en théorie). Mais il reste à Meg à se faire accepter par les habitants de l'Enclos, et à ne pas se faire manger par inadvertance. Quant à Simon, il veut découvrir qui elle est, pourquoi elle "ne sent pas pas la proie", comme il dit, et surtout, qui ou que fuit-elle ?
J'ai tout aimé dans ce livre : l'univers, bien sûr, mais aussi les personnages, l'intrigue, et la plume de l'auteure - notamment son humour discret mais bien présent.
Il y a énormément de personnages, ce qui est logique quand on considère toutes les familles de métamorphes, plus les autres créatures fantastiques, sans oublier les humains (car il y en a quand même quelques-uns dans cette histoire). Bien sûr, tous n'ont pas un rôle important, mais il y en a suffisamment pour qu'on soit un peu perdu, parfois, entre ceux dont les rôles sont secondaires. Mais comme ils sont secondaires, justement, et donc interchangeables, en quelque sorte, ce n'est pas gênant pour la compréhension de l'histoire.
Meg est un personnage très touchant, car elle est totalement pure et innocente. Ses relations avec les autres sont simples, sans faux-semblants ni préjugés. Elle est d'une gentillesse adorable avec tout le monde, et ses actes sont pleins de petites attentions pour chacun. Mais son apparente fragilité cache une grande force de caractère et une forme de détermination qui la pousse à toujours aller de l'avant, malgré tout ce qui la terrorise et tout ce qui la déconcerte, dans ce monde dont elle ne connaît presque rien. Et tout cela mélangé en fait un personnage vraiment attachant et intéressant. de plus, elle est pleine de bonne volonté, de bon sens et s'applique à bien faire le travail qu'on lui demande.
A ce sujet, je vais vous avouer quelque chose : j'adore quand l'auteur, dans un roman, décrit avec précision et en détails les faits et gestes d'un personnage, quand il effectue des tâches quotidiennes tout à fait banales. Par exemple, qu'il se fait à manger, puis débarrasse la table, fait la vaisselle, etc. En-dehors de l'aspect rassurant de ces gestes absolument normaux - surtout si on est dans un roman à suspense - je ne peux pas vraiment expliquer pourquoi j'aime autant ces scènes-là. Pourtant, je ne suis pas une maniaque du ménage ! Tout ça pour dire que dans ce roman, il y en a plein des passages comme ça, et que j'ai adoré.
Notamment quand Meg est à son poste de travail. Son emploi consistant à réceptionner les colis et lettres pour les commerces de l'Enclos mais aussi pour ses habitants, il y a de nombreuses scènes où on la voit occupée à trier le courrier, ou à accueillir les livreurs, et certains trouveront peut-être cela répétitif. Cela n'a pas du tout été mon impression, car il se passe toujours quelque chose, et chacun de ces passages a sa raison d'être.
Pour en revenir aux personnages, après Meg, c'est Simon le personnage le plus important de ce roman. En tant que chef de l'Enclos, ses responsabilités sont énormes. Il doit veiller à la bonne marche des choses, et que tout se passe bien non seulement entre les résidents de l'Enclos, mais aussi entre ceux-ci et les humains. Son côté Loup en fait quelqu'un de très protecteur, même parfois trop, car ses réactions peuvent être un peu excessives quand il pense, à tort ou à raison, qu'on a mis les siens en danger. Les débuts de ses rapports avec Meg sont un peu houleux et chaotiques, mais ils apprennent petit à petit à s'apprivoiser, la douceur et la candeur naturelle de Meg aidant beaucoup.
Simon n'est pas forcément super sympathique, au départ, mais les choses s'améliorent au fil des pages.
Deux autres personnages sortent du lot, pour lesquels j'ai un petit faible : Henry, le Grizzly, sculpteur sur bois et Guide spirituel de l'Enclos, et Tess, la patronne du café de l'Enclos, dont personne ne sait exactement qui elle est, mais que tout le monde évite de mettre en colère. Quand Henry est sous sa forme humaine, tout en lui rappelle qu'il est en fait un bon gros nounours (enfin, il ne vaut mieux pas trop le chatouiller quand même, et surtout pas s'en prendre à ses amis). Très grand et hirsute, il est la gentillesse et le calme incarné. Sa simple présence est rassurante, et il se pose très vite en ami et protecteur de Meg. Tess, quant à elle, a un sacré caractère, mais elle est serviable, efficace, et Meg peut également compter sur elle en cas de besoin. Ce que j'ai aimé chez elle, outre qu'elle est très sympathique, c'est son côté mystérieux, le fait que personne ne sache à quelle espèce elle appartient. Et puis, quand le lecteur a enfin un petit aperçu de ce qu'elle est (je précise bien, le lecteur, et pas les personnages du livre), la fascination et la crainte respectueuse qu'elle inspire.
Un des aspects de ce roman que j'ai le plus aimé, je le disais plus haut, est son humour discret. Et cet humour réside surtout dans la façon dont les Autres perçoivent les humains, dans leur maladresse pour s'adapter aux comportements humains, dans leur difficulté à comprendre les coutumes et les sentiments humains et quand leur côté animal ressort malgré eux, alors qu'ils sont sous leur forme humaine.
Et sur ce plan-là, les relations entre Meg et les terra indigene en général et Simon en particulier sont souvent irrésistibles. D'ailleurs, l'auteur a su éviter l'écueil de la romance "classique", apportant ainsi une crédibilité supplémentaire à son histoire ainsi que de la cohérence. En effet, même s'ils peuvent prendre une apparence humaine, les sentiments et la sexualité des métamorphes reste intimement liée à leur forme animale et ne correspond pas à ceux des humains.
De même, il aurait été facile pour l'auteur de faire de cette histoire une métaphore sur le racisme et la ségrégation, mais elle a évité ce piège avec brio. Les humains ne peuvent pas se sentir supérieur et se montrer condescendants envers les Autres, car ils n'en ont pas le pouvoir (même si certains se sont parfois imaginés le contraire, et l'ont vite regretté), et les Autres, quant à eux, qui le pourraient facilement, n'en ont pas le désir car ce n'est pas dans leur état d'esprit. Ils n'en sont pas là. En fait, ils sont assez indifférents vis-à-vis des humains. Ils cohabitent et collaborent plus ou moins avec eux, mais c'est comme s'ils ne vivaient pas sur la même planète. Et autant les humains sont fascinés par les terra indigene, autant ceux-ci n'éprouvent aucun intérêt pour le monde des humains. du moins jusqu'à l'arrivée de Meg, car sa présence douce et forte à la fois va faire changer bien des choses, et faire beaucoup évoluer les relations humains/Autres.
Côté rythme, on ressent bien que l'on est dans un premier tome. C'est-à-dire que l'histoire se met doucement en place. L'auteur prend bien son temps pour présenter son univers et ses personnages et raconter tranquillement les débuts de la vie de Meg dans l'Enclos. J'ai adoré cette étape-là, et j'aurais bien aimé que ça continue comme ça. Mais il fallait bien que la bulle éclate, et alors qu'on nous donne l'illusion que tout est calme et paisible, que rien ne peut arriver, on nous fait bien sentir en même temps que c'est une fausse impression de sécurité, car des éléments inquiétants sont glissés régulièrement, qui nous font comprendre que ça ne va pas être si simple que ça, que le danger rôde à l'extérieur et n'attends qu'une faiblesse des Autres pour s'engouffrer dans la brèche.
La tension monte donc progressivement, ainsi que l'action, pour finir en apothéose spectaculaire.
J'ai trouvé tout cela extrêmement bien orchestré et mené de main de maître !
Conclusion : Ce roman a été une excellente découverte pour moi, et une énorme surprise, car je ne m'attendais pas à l'aimer autant ! L'écriture est fluide et agréable, l'univers fabuleusement riche et passionnant, les personnages attachants et fascinants, l'histoire très originale et prenante. le tout donne un formidable roman, une lecture addictive dont on ressort ébloui et enchanté avec une seule envie : se plonger très vite dans le deuxième tome !
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livrevie
10 août 2015
Je viens de me prendre une claque. Une bonne, grosse claque. Je lis peu d'Urban Fantasy maintenant. le problème avec l'UF est un peu le même qu'avec la romance : il y en a beaucoup sur le marché et c'est difficile d'en trouver de qualité. Mais là... de l'Urban Fantasy, de la vraie et excellente. Un univers original, vraiment bien pensé, haut en détails et couleurs. Des personnages variés, étoffés, qui n'ont rien à voir avec ce que j'ai pu lire avant, un peu comme si l'auteure réécrivait les mythes.
Une histoire qui se construit doucement, sans être ennuyeuse. Elle pose les jalons de ce qui viendra après, nous laissant le soin de nous approprier son monde.
Des relations progressives, qui vont de la méfiance à la confiance et dans lesquelles le sexe n'est pas un élément central. Rien que pour cela, rien que pour ce récit qui se façonne sur autre chose qu'une relation amoureuse, ce tome 1 mériterait une médaille… Et pourtant Meg et Simon sont attachants. Mais si vous attendez qu'ils enlèvent leurs vêtements, alors passez votre chemin, vous serez déçus. Et qu'est-ce que ça fait du bien. Enfin, la lecture et tout ça, pas la claque. Il me faut le tome 2 ! (Et évidemment, il n'est pas dans ma PAL. À quoi ça sert d'avoir une PAL aussi haute si on n'y trouve pas ce que l'on veut...)
Lien : http://lelivrevie.blogspot.f..
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nanalol
07 mars 2016
je me répète souvent dans ces dernières chroniques! Mais j'en ai assez que tout fasse l'objet d'une catégorisation, surtout lorsqu'à mon sens elle risque de desservir un roman.
Mettre Meg Corbyn en bit-lit, c'est juste impossible ! NON DE NON !
C'est de l'urban fantasy et un bon cru en plus !
Tout est inversé dans ce roman. Nous sommes sur Terre (ici nommée Namid), mais ce ne sont pas les humains qui l'ont colonisée.
Ce sont les Terra Indigene (les Autres dans le résumé de l'éditeur) : les terra indigene sont toutes les créatures de la mythologie fantastique: les loups garous (les Wolfgard), les ours garous (les Beargard), mais également des créatures plus magiques et plus puissantes: par exemple, les élémentaires qui contrôlent l'eau, la terre, la glace, la foudre … bref, les éléments quoi!
En marge de ces puissantes créatures, leurs proies, les humains, vont tenter de se rebeller, rébellion vite matée.
Les humains ont donc été contraints de de trouver un autre moyen de survivre. Ils se sont donc réunis en petites communautés pour survivre et ont évolué exactement comme nous: invention de l'électricité, de l'informatique, etc…
Les Autres ont ainsi commencé à voir un intérêt dans le fait de commercer avec les humains, puisqu'eux ont quelques difficultés à évoluer et à sortir de leurs atavismes séculaires.
Ils ont alors décidé de louer des terres aux humains, à condition de bénéficier de ces progrès, et à condition que ces derniers respectent les lois qu'ils leur imposent.
En échange, les humains ne sont plus des proies, sauf s'ils s'aventurent sur le territoire des Autres ou s'ils ne respectent pas les règles.
Dans ces cas là, les humains disparaissent et leurs affaires sont retrouvées à un endroit bien précis… en tout cas, c'est ainsi à l'enclos de Lakeside.
C'est à cet enclos que Meg Corbyn se présente un soir, très peu couverte dans la neige, seule et l'air perdue.
L'enclos de Lakeside est dirigé par les Wolfgard, plus précisément Simon Wolfgard, et contient d'autres créatures: les Illumunati (les vampires), les élémentaires, les corbeaux, et d'autres bien plus mystérieuses.
Meg voit une annonce affichée sur la porte de la librairie tenue par Simon, librairie ouverte aux humains à ses heures : cette annonce précise que l'Enclos cherche un agent de liaison, c'est à dire une personne qui fait le lien entre les Autres et les Humains, et qui sert de facteur au sein de l'Enclos.
Simon déteste les humains, mais est étrangement touché par la détresse qu'il lit sur le visage de Meg Corbyn … émotion qui lui est étrangère.
Bien qu'il flaire (hihi, loup, flaire, blague … et Lilie qui sort) une grosse entourloupe, il décide de lui offrir le poste.
Je ne spoile rien en dévoilant que Meg a des visions de l'avenir, puisque c'est indiqué dans la quatrième de couv'… mais la réalité est bien plus complexe que cela et lorsque les membres de l'enclos découvriront les véritables origines de « leur Meg », leur attachement à cette humaine qui n'en ait pas une ne fera qu'augmenter.
Elle va vite devenir un pilier de l'enclos, car grâce à elle les humains de Lakeside auront bien moins peur des Autres, et les Autres s'intéresseront enfin aux être humains autrement que par ce qu'ils peuvent leur apporter.
J'ai lu beaucoup de critiques sur ce livre, et il y a une chose qui m'a frappée: c'est que soit on adore soit on déteste.
Souvent, dans les critiques les plus vives, j'entends dire que Meg est énervante, qu'elle est niaise et que du coup il est impossible de s'attacher à son personnage.
En fait, je pense que dans ce livre, tout est une question de point de vue, et de réussir à comprendre ce que l'auteure veut faire passer. le secret pour tomber dans le piège Meg Corbyn et ne plus en sortir, c'est de réussir à se mettre dans la peau de ces personnages, qui sont complexes car dans une dualité extrême.
Rien n'est manichéen, les Autres sont des monstres mais peuvent avoir des élans d'humanité, et les humains sont des proies mais peuvent présenter les pires travers.
Finalement, le seul personnage dans la série qui pour le moment est réellement innocent et sans arrières pensées, sans être fade et dépourvu de relier, c'est celui de Meg.
Oui, il y a une certaine niaiserie dans sa façon d'aborder le monde, et les Autres également d'ailleurs, et c'est cette innocence qui fera qu'elle est acceptée: parce que ce qu'elle fait ou dit n'est jamais inspiré par le mal.
Meg a 23 ans, je crois, lorsqu'elle s'enfuit de l'endroit où elle était retenue, et où elle a subit, elle ou ses « soeurs », les pires atrocités.
Elle a 23 ans lorsqu'elle voit le monde pour la première fois autrement que par des films qui lui étaient montrés chaque jour pour aider à décrypter ses visions.
A 23 ans, ce n'est pas une jeune femme qui se présente donc à la porte de l'Enclos, mais bien une enfant, qui n'a appris la vie que dans les livres.
Elle va rencontrer dans l'Enclos des amis, humains ou non, qui vont lui apprendre à se confronter à la vie de tous les jours: faire les courses, regarder des DVDs, avoir des discussions entre filles, se méfier des gens …
C'est une enfant qui découvre la vie, et je trouve que qualifier ce personnage de niais est dur, et surtout c'est totalement passer à côté du fondement même de l'histoire, même si bien sûr chacun à son appréhension des choses et sa vision de la vie.
Quant à Simon, j'en ai entendu plein dire que ça se sentait à plein nez qu'il voulait coucher avec elle, et que ce bouquin sentait la romance de bas étage à plein nez.
Là encore, si chacun est libre d'avoir son avis, je suis en total désaccord avec cette vision des choses.
Dans ce premier tome, Meg est rapidement intégrée à la famille de Simon par un biais pour le moins inattendu que j'ai envie de vous laisser découvrir.
Et si Simon se surprend lui-même par son envie de protéger Meg, et son envie de l'intégrer à sa propre meute, bien qu'il le laisse avoir sa meute humaine, il n'y a jamais de notion de sentiments amoureux … sauf par le biais de la meute humaine de Meg, composée des employées féminines de l'Enclos, et sûrement influencées par les romans érotiques qui pullulent sur les histoires entre les Autres et les Humains… alors que dans la vraie vie (celle du roman, j'entends) les humains finissent toujours par être bouffés par les Autres et n'ont jamais envie de coucher avec eux, si ce n'est pour faire un préliminaire agréable au repas.
Par contre, effectivement, cette question de l'éveil au sentiment amoureux sera posée dans le second tome, pour aboutir à la conclusions que Meg est loin d'être prête…
Donc voyez ? mauvaise analyse !
Ce roman vaut aussi pour ses personnages secondaires, qu'il s'agisse des corbeaux, des ours, des poneys, des élémentaires, ou encore de la mystérieuse Tess… ces personnages sont profonds, on le devine dès la première lecture de ce livre, que j'ai lu déjà deux fois.
Il y a un potentiel mythologique énorme dans cet univers, qui donne envie d'aller plus loin, et de se jeter sur chaque nouveau tome.
Tout au long du roman, les membres de l'Enclos vont protéger Meg des gens qui la recherchent, et mêler certains humains à cette histoire.
Je ne peux développer plus sur ce point, mais sachez juste qu'outre une fin démentielle, ce premier tome ouvre clairement l'intrigue sur quelque chose de plus grand, d'un point de vue politique: l'Histoire n'est-elle pas un éternel recommencement ?
En bref: jetez-vous dessus sans plus attendre !
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FadaOfBooks
10 juillet 2014
J'ai été très agréablement surprise par cette bit-lit, elle se démarque du genre avec son univers ultra riche et bien défini et même quelque peu innovant ! Je n'en avais jamais entendu parler jusqu'au jour où ma copinaute Gala de Livres m'en fasse des éloges. Ni une, ni deux, ce livre a rejoint ma PAL et je suis très contente d'avoir fait cette découverte, merci Gala de Livres ! :D
Nous suivons une jeune femme du nom de Meg Corbyn, elle est une cassandra sangue, c'est à dire qu'elle peut, en se coupant de manière précise, avoir des visions sur le futur. Depuis toute petite, Meg est enfermée avec d'autres filles ayant les mêmes capacités qu'elle. Ces filles sont exploitées par le contrôleur qui leur dit quand et quoi faire, et ne connaissent du monde réel que ce que l'on veut bien leur montrer par vidéos ou par écrits. Quand nous faisons la rencontre de Meg, elle vient tout juste de s'enfuir de cet Institut et elle ère dans les rues de sa ville, à la recherche d'un endroit pour se réchauffer et dormir. Elle tombe sur une annonce d'embauche pour le boulot d'agent de liaison à l'Enclos. Car oui, Meg vit dans un monde où il y a d'un côté les humains et de l'autre, les Autres. Ces « Autres » sont des créatures surnaturelles telles que les métamorphes ou les sanguinati, capables de prendre forme humaine mais surtout, capable de dévorer un humain en l'espace de quelques secondes. Meg a eu connaissance de ces créatures à travers les vidéos qu'on lui faisait regarder à l'Institut, elle connaît les risques mais vivre dans l'Enclos parmi ces prédateurs est sans doute le meilleur moyen de fuir ses geôliers humains. Simon, le métamorphe qui l'embauche trouve la jeune femme intrigante et décide de l'embaucher et Meg va alors peu à peu s'intégrer dans ce nouveau monde… tout en n'oubliant pas de vue qu'ils peuvent à tout moment la manger.
Voici à peu près les bases de cette histoire qui se déroule dans un monde original et bien exploité par l'auteure. J'ai vraiment adoré me plonger dans cet univers superbement bien maitrisé, les informations sur la constitution de ce monde nous sont divulguées dans un prologue qui pose bien les bases de cet univers et j'avoue que tout de suite, j'ai eu l'eau à la bouche ! Je me disais : enfin de vrais méchants ! D'autres informations nous sont données au fur et à mesure de notre lecture, ce qui nous montre que ce monde est vaste, riche, intrigant, impressionnant, quelque peu effrayant mais surtout, c'est un monde qui peut donner lieu à des dizaine d'intrigues dont une que l'on voit déjà se profiler dans ce tome… et qui donne très envie de découvrir la suite !
L'intrigue ne présente aucun rebondissement d'envergure, l'action n'est pas abondamment présente et le récit suit un cours plutôt prévisible. Cependant, cela ne m'a aucunement ennuyée puisque le gros point fort de ce roman réside en ces personnages et leur psychologie. Je crois n'avoir jamais rencontré de personnages aussi particuliers, pour le coup, aucun des clichés de bit-lit n'est présent !
Meg tout d'abord, une héroïne totalement atypique du fait de son côté ingénu. En effet, Meg ne connaît rien à la vie mise à part ce qu'on l'a laissait voir à l'Institut. Alors entretenir des relations avec d'autres personnes, qui plus des Autres, n'est pas chose aisée pour elle. Pourtant, sa naïveté la rend sincère et surtout attachante et c'est sans doute pour cela que très vite, les Autres vont faire d'elle l'une d'entre eux. Meg est aussi quelqu'un de vrai, sans mauvaise pensée, elle profite de sa liberté et expérimente de nouvelles choses. Elle est vraiment touchante, j'ai adoré la voir évoluer ,elle, ainsi que les relations qu'elle entretient avec les Autres. Elle est très pure, juste, sincère… je ne m'y suis par contre, pas identifier, car il est difficile d'avoir quelque chose à voire avec un personnage ingénu comme Meg ^^ le point de vue à la troisième personne n'aide pas forcément non plus à se sentir proche des personnages… mais permet cependant d'entrer dans la tête de plusieurs personnages de l'histoire et de connaître donc toutes les envergures de l'intrigue et de l'univers.
Les personnages secondaires sont bien loin des standards habituels également. Simon, tout d'abord, le mâle alpha, n'est jamais décrit comme un « beau gosse » comme dans la plupart des bit-lit, je ne me souviens même plus de sa description en fait ^^ Toujours est-il que lui et les autres métamorphes ont quelque chose de très animal en eux, une part de leur côté bête sauvage perdure encore lorsqu'il sont humains ce qui fait que les relations qu'ils ont avec Meg, la première humaine qu'ils côtoient aussi régulièrement, sont étranges et originales. Simon par exemple est divisé entre plusieurs sentiments (à l'égard de Meg) que l'on retrouve chez les animaux : méfiance tout d'abord, puis intrigue ensuite pour enfin arriver à la protéger comme un membre de sa meute et lui transmettre de la tendresse tout en restant face à elle très intimidant et parfois colérique. J'avoue que j'ai été fascinée par ce côté totalement animal !
Grâce aux changements de point de vue, on découvre plusieurs personnages secondaires qui sont tous plutôt bien développés psychologiquement. Plus ou moins bien sûr mais ils ont tous un rôle, un petit quelque chose à apporter à l'histoire. J'ai cependant un petit bémol à émettre par rapport aux Autres. Certes, j'ai beaucoup apprécié les relations que chacun avait avec Meg, cette humaine intrigante et quelque peu enfantine mais j'ai trouvé que les Autres se sont bien vite attachés à elle et leur côté « vrai méchant » que laissait prédire le résumé n'a que trop peu été présent à mon gout. Au final, on allait dans l'extrême, j'en arrivais à avoir l'impression que les Loups étaient de gros toutous. Ce qui d'un côté donne une dimension psychologique très intéressante, comme je l'ai déjà dit, mais de l'autre, ça m'a déçue par rapport à quelques petites choses que j'espérais ^^
Une dernière chose aussi que j'ai beaucoup apprécié c'est la relation que Meg entretient avec ses poneys qui l'aident à livrer les colis. Cela m'a fait sourire plus d'une fois ! Ainsi d'ailleurs, que sa relation avec Sam, un louveteau. J'ai été attendrie de les voir ensemble, la femme-enfant et le louveteau-enfant, tout deux encore bien ignorant de la vie, qui apprennent à se connaître tout en apprenant à connaître le monde.
Ce premier tome des aventures de Meg Corbyn est donc pour moi une très bonne découverte ! Franchement, rien que pour le voyage dans l'univers et les personnages à la psychologie bien particulière, je recommande ce roman ! J'ai adoré tout du long ce récit, c'est un de ceux auxquels on pense quelques fois dans la journée en se disant : qu'est ce que j'ai hâte d'être ce soir pour m'y replonger ! A lire !
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LaChroniquedesPassionsLaChroniquedesPassions04 mai 2014
Simon pénétra dans la salle de tri et pointa la porte du pouce en regardant Nathan.
— Dehors.
— Je monte la garde, protesta Nathan en montrant les crocs.
— Je veux lui parler. Va à côté. Tu reviendras quand j’aurai terminé.
Le Loup s’exécuta à contrecœur.
Une fois seul avec la femelle qui le plongeait dans la confusion, Simon se pencha sur elle de manière à sentir son souffle sur son visage, humer son odeur.
Elle exhalait des effluves de douleur teintés d’une excitation étrange qui lui donna envie de renifler son entrejambe. Elle sentait également le sang et les médicaments que Tess avait appliqués sur sa plaie. Il éprouva le besoin soudain de flairer la blessure, d’en faire disparaître les produits humains et de la nettoyer à la manière d’un Loup.
Mais Meg était humaine ; la médecine humaine lui conviendrait mieux.
— Je sais que tu ne dors pas, chuchota-t-il. Tu ne peux pas berner quelqu’un qui t’a entendue dormir.
— Tu veux dire que je ronfle ? demanda-t-elle, les yeux toujours fermés.
— Non, répondit-il avant de réfléchir un instant. Je ne crois pas. Mais je sais quand tu dors.
Elle déglutit. Elle avait une gorge si appétissante, douce et ferme à la fois.
Non, se morigéna-t-il en pressant son front contre le bras de Meg. On ne peut pas la mordre.
Il leva la tête et sonda les yeux gris à présent posés sur lui.
— Je suis le chef. Tu aurais dû m’appeler. Même si tu préférais la présence de Tess à celle d’un Loup, tu aurais dû m’en parler d’abord.
— Je savais que quelque chose clochait. Je ne voulais pas qu’il arrive quoi que ce soit pendant que je me disputais avec toi.
Elle marquait un point. Mais il se garderait bien de le lui dire.
Il effleura ses cheveux. Ils avaient toujours cette teinte étrange, d’autant plus voyante que les racines étaient à présent noires. Quand ils pousseraient, il regretterait cette couleur orange.
Ça non plus, il ne le lui dirait pas.
— Je m’occupe des livraisons, lui assura-t-il. Repose-toi. Il y a de la nourriture. Tu veux manger ?
— Pas maintenant. (Elle ferma les yeux un instant, puis les rouvrit.) Est-ce que Nathan est en colère contre moi ?
— Oui. Si tu le tiens à l’écart encore une fois, il te mordra.
Un furtif sourire passa sur les lèvres de Meg.
— Je parie qu’il ne le fera pas si je lui dis qu’il peut avoir tous les biscuits qu’il veut.
Il resta un moment à l’observer, à l’écouter. Elle dormait vraiment. Il l’embrassa sur le front et trouva ce baiser plaisant en soi. Et aussi pour d’autres raisons, admit-il en se léchant les babines. Il n’avait pas le droit de croquer Meg, mais elle avait vraiment bon goût.
Il échangea sa place avec Nathan. Tout en observant Jester remplir les paniers de courrier et expliquer aux poneys pourquoi ils ne recevraient aucune friandise, il composa le numéro qui ramènerait Crispin James Montgomery dans l’Enclos.
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ugo23ugo2308 juin 2014
— Mais… pourquoi vous êtes-vous enfuie ? Vous vivez dans des endroits spéciaux. On vous couve de tous les soins, on vous donne le meilleur de…
— Que l’on vous batte ou vous dorlote, que l’on vous nourrisse de la meilleure cuisine qui soit ou qu’on vous laisse mourir de faim, que vous viviez dans la crasse ou la propreté la plus étincelante, une cage reste une cage, assena Meg avec passion. On apprend ce que les Noms-qui-marchent veulent que nous sachions, car à quoi sert une prophétesse si elle n’est pas capable de décrire ses visions ? On passe nos journées assises dans des salles de classe, à regarder des images représentant des situations du monde réel, mais on nous interdit de faire connaissance, de nouer des liens d’amitié, de parler, à moins que ça fasse partie d’un exercice. On nous dit quand manger, quand dormir, quand utiliser le tapis de course pour faire un peu d’activité physique, et même quand aller chier ! On est vivantes, mais sans jamais avoir le droit de vivre. Combien de temps résisteriez-vous, enfermé comme ça ?
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Koneko-ChanKoneko-Chan26 avril 2014
- Mais… pourquoi vous êtes-vous enfuie ? Vous vivez dans des endroits spéciaux. On vous couve de tous les soins, on vous donne le meilleur de…
- Que l’on vous batte ou vous dorlote, que l’on vous nourrisse de la meilleure cuisine qui soit ou qu’on vous laisse mourir de faim, que vous viviez dans la crasse ou la propreté la plus étincelante, une cage reste une cage, assena Meg avec passion. On apprend ce que les Noms-qui-marchent veulent que nous sachions, car à quoi sert une prophétesse si elle n’est pas capable de décrire ses visions ? On passe nos journées assises dans des salles de classe, à regarder des images représentant des situations du monde réel, mais on nous interdit de faire connaissance, de nouer des liens d’amitié, de parler, à moins que ça fasse partie d’un exercice. On nous dit quand manger, quand dormir, quand utiliser le tapis de course pour faire un peu d’activité physique, et même quand aller chier ! On est vivantes, mais sans jamais avoir le droit de vivre. Combien de temps résisteriez-vous, enfermé comme ça ?
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Koneko-ChanKoneko-Chan18 avril 2015
Simon entra dans le bureau de liaison et observa avec incrédulité le Loup blotti dans un…
- Qu’est-ce que c’est que ça ? lâcha-t-il en tapant ses bottes pour ôter la neige amassée sous ses semelles avant de se diriger vers Nathan.
- C’est à moi, décréta celui-ci.
- Comment ça, c’est à toi ?
- Je monte la garde, donc c’est à moi. J’ai aussi des biscuits, ajouta-t-il avec un regard suffisant.
Sans tenir compte du grondement réprobateur du Loup, Simon passa la main sur le tissu, tâta le rembourrage et examina l’étiquette.
- Où as-tu trouvé ça ?
Non seulement ça paraissait confortable, mais ça présentait mieux que la pile de vieilles couvertures qu’il entreposait dans son bureau pour les occasions où il avait envie de se changer en Loup et de faire une sieste.
- C’est Meg qui l’a trouvé.
Nathan posa la tête sur ses pattes et leva les yeux sur Simon.
Le chef de meute était toujours le premier à se servir en matière de nourriture, de femelles, de tout ce qui retenait son attention. Mais un chef qui prenait sans cesse tout ce que possédaient les autres finissait par se battre constamment pour préserver son autorité.
- Ce panier sera réservé à celui qui monte la garde ici. Je demanderai à Meg d’en commander un autre pour moi.
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Koneko-ChanKoneko-Chan26 avril 2014
- Oh, non, marmonna Meg en apercevant la berline noire immobilisée dans l’allée du bureau de liaison, incapable d’avancer en raison des camions de livraison qui bloquaient le passage.
Elle gara la BAR à la va-vite, priant pour que personne n’ait besoin de sortir un véhicule de l’un des garages, puis se rua dans le bureau. Elle devait absolument réceptionner tous ces colis avant qu’Elliot Wolfgard crache une boule de poils.
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