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EAN : 9782072639869
88 pages
Gallimard (08/10/2015)
4.03/5   152 notes
Résumé :
"C'est si beau ta façon de revenir du passé, d'enlever une brique au mur du temps et de montrer par l'ouverture un sourire léger." Hanté par le souvenir d'une femme qu'il a aimée, Christian Bobin revient, vingt ans après sa mort, déposer sur sa tombe "un petit bouquet mortuaire", ainsi qu'il caractérise son livre. C'est en vérité un volume de peu de phrases, mais ample et profond comme l'écho ou le ciel à la renverse dans l'oeil de l'épervier. Qu'il évoque en passan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
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Un nouveau petit livre de Christian Bobin qui m'a profondément touchée.
J'ai songé en le lisant aux livres de Antonio Moresco. La forme et le style d'écriture ne sont pas les mêmes. Mais Christian Bobin comme Antonio Moresco prête une telle attention aux êtres et aux choses, aux "petite lumières" qui les habitent, qu'il parvient à abolir la frontière entre la vie et la mort.
Une simple phrase et tout est dit :

"Le manque est la lumière donnée à tous."
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« Il n’y a aucune différence entre les larmes et les rires »
Noiresclairs alors ? Rien n’est moins sûr en poésie, la surprise est omniprésente.

Première surprise : un nouveau Bobin au milieu de la déferlante de livres de la rentrée littéraire ? Voilà qui est étonnant de mon point de vue tant l’auteur en marge de l’agitation du monde trace solitaire son sillon littéraire, livre avec parcimonie sa poésie, sa musique intérieure.
Mais qu’importe la date, pourvu qu’on ait l’émerveillement poétique !

Deuxième surprise agréable, le format inhabituel du recueil, plus large, plus ample, donne paradoxalement la sensation de s’approprier un cahier intime plus qu’un livre ; la dédicace confirme cette impression : « Pour Ghislaine ce livre hanté ».

Noireclaire donc, l’assemblage féminin improbable, le clair-obscur des souvenirs de la femme aimée, disparue trop tôt, il y a déjà vingt ans et pourtant bien vivante dans l’âme du poète grâce à ses mots, son amour, sa force. Dans ce nouveau recueil, « La plus que vive » est plus que jamais présente, elle irradie toutes les pages. Rien de plus normal en effet, elle est « Absente pour cause d’extase ».

Ainsi Christian Bobin a encore réussi à me toucher en réunissant des fragments de vie, d’amour, d’évidences personnelles tout en se heurtant sans amertume ni sensiblerie à l’infranchissable.
« Je demande mon chemin à quelqu’un qui m’égare du côté du pont des morts. » Mais dans le même temps, « La voix enrouée des morts s’éclaircit au bord de la fontaine de papier. »

L’ample et l’anodin, le sourire et les larmes…pour délivrer un magnifique message d’espoir.
« Je t'écris pour t'emmener plus loin que ta mort. »
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Je lis depuis de très nombreuses années les textes de Christian Bobin, dont j'aime infiniment la petite musique si spéciale, si épurée...si poétique

Cette fois encore je suis bouleversée, admirative... de tout ce que l'auteur signifie, exprime en des mots d'une limpidité extraordinaire... et pourtant là, je sors de ce livre avec un sentiment très fort d'oppression, de peine, car après vingt ans... la disparition de la femme aimée reste lancinante, omnisciente , fulgurante... alors notre auteur, bien sûr, aime la vie, les petites lumières magiques du quotidien, la poésie extrême des instants, de Dame Nature....mais le coeur reste transpercé de "couteaux"..impitoyables...

"Comprends-moi: je veux juste te dire que respirer, simplement respirer sans toi, faire un pas en direction de la fenêtre que la neige dévore, c'est recevoir des milliards de coups de couteau. " (p. 68)


je reprends ce court texte...et je tombe sur la dédicace :
"Pour Ghislaine ce livre hanté"... et cet adjectif "Hanté"... me paraît convenir on ne peut mieux...à ce qui m'a traversé comme émotions contradictoires en lisant à petits pas, ce texte "pulvérisant" d'amour mais aussi de peine inconsolable... même si il y a les mots, l'écriture, l'amour, la beauté de l'existence et de l'extraordinaire littérature, qui soutiennent, aident à ne pas désespérer complètement...


"Comprends-moi: je veux juste te dire que respirer, simplement respirer sans toi,faire un pas en direction de la fenêtre que la neige dévore, c'est recevoir des
milliards de coups de couteau. " (p. 68)


"Ce soir il neige sur ta tombe. Les poètes russes avec leurs gueules cassées et leurs bonnets d'astrakan viennent me voir. Ils sont morts bien avant ta naissance. Ils me parlent de toi. La vie est atteinte, son secret est levé dès qu'un livre accueille le déchirant et le pur. J'écoute le chant de quelques fous des années trente- Des Russes qui dans la nuit se penchent avec moi sur ta tombe." (p. 68)

Mais comme chaque fois la lumière et l'espérance résident également au fond du plus sombre: l'absence de l'Etre aimé: "« Je t'écris pour t'emmener plus loin que ta mort. ».

Je ne peux que réitérer mon bouleversement intense à la lecture de ce dernier texte... je l'ai débuté cette nuit... ne l'ai pas lâché...même si il est bref... comme tous les écrits de Christian Bobin, il est nécessaire de les lire lentement ,de s'imprégner de chaque mot...et je me permets d'achever cette très imparfaite chronique par cet extrait qui formule tant du Remède qu'est l'Ecriture:

"L'écriture quand je ne lui donne pas la main, je lui réserve toutes mes pensées, comme ce paysan qui au fond de son lit pense à ses bêtes, aux soins qu'il faudra leur donner au matin. Qui m'a appris à écrire ? Sans doute la voûte bleutée des hortensias, le temps que mettait Dieu à venir et bien sûr ta nonchalance- cette brutale décision de ne jamais désespérer. (p. 15)
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« Ta voix est accrochée aux silences de ce monde comme le crin doré d'un cheval aux barbelés d'une barrière. »

J'ai hésité. Longtemps. Puis je me suis retenue. Tant que j'ai pu. « Une goutte d'eau se suicide dans l'évier après une longue hésitation. » Et les vannes ont lâché. Cette phrase de Bobin est assez emblématique de ce que j'ai ressenti en lisant Noireclaire. Il ne se contentait pas de me dire, de me faire ressentir ...je voyais les choses, mêmes les plus sombres, les plus douloureuses aussi « L'abandon est ce tremblement de terre que la bête du coeur devine avant qu'il n'arrive. » J'étais touchée. Pas tout de suite, certes. Mais au fil de la lecture la boule, celle qui serre au fond de la gorge est apparue. J'ai commencé par ralentir la lecture. J'ai essayé de trouver des prétextes (genre, c'est un exercice de style, il parle un peu de fleurs, un peu d'une femme, un peu de ci de ça) et puis j'ai été prise dans le tsunami, la déferlante des émotions. Tsunami, ce mot japonais qui signifie « vague d'orage », c'est exactement ça. Bobin nous berce comme le ressac pour nous foudroyer d'un éclair « La reine du jeu d'échecs, quand elle tombe, c'est le ciel étoilé qui tombe. Chaque case de l'échiquier devient un puits rempli de cris », entre deux espaces aériens « Ce journal de la veille dans le caniveau : un gant mort, une ruche en ruine. Si les poèmes ne connaissent pas cette fin c'est parce qu'ils donnent des nouvelles du ciel, jamais du monde », aérant son texte d'intervalles salvateurs. J'ai vécu une partie de sa douleur au travers de ses volutes fleuries.

« Lire est une passion lente. S'émerveiller d'un rire gravé dans l'air va plus vite à l'essentiel. »
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"Très beau petit livre de Bobin adressé à celle qu'il aimait. Beaucoup de pureté, de douceur, de lumière. "

Ceci était ma première critique, mais après relecture du livre, je voudrais la compléter.

J'ai toujours aimé Bobin, je l'aimerai toujours, aussi ai-je aimé ce petit livre sensible, poétique, qui éclaire sur la vie et la mort.

Cependant, si je veux être honnête, et même si ça me fait mal de penser ainsi car j'aime vraiment infiniment cet auteur, je suis restée un peu sur ma faim...
J'ai comme l'impression que parfois Bobin se répète, qu'il n'ose plus aller plus loin que ce à quoi il nous a habitués, que le succès a bloqué son inspiration. Pour avoir lu tous ses livres, je "n'entends plus son cœur battre" comme il le laissait battre avant, dans ses livres "d'avant le succès". Impression qu'il se complaît un peu toujours dans les mêmes figures de styles, qu'il n'ose plus innover, se livrer, comme il le faisait avant de connaître cette vague de grand succès. Je ressens une forme de "blocage".
J'espère le voir se "réveiller", nous surprendre, dans ses prochains livres.
Ce qui n'empêche que j'ai quand même beaucoup aimé "Noireclaire".
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Citations et extraits (187) Voir plus Ajouter une citation
Quand tu avançais c'est un monde qui avançait avec toi, comme avec la mariée sa traîne, injuste et sainte. Noireclaire. Ta mort n'y change rien : je te vois en mouvement, toujours avançant, et la vie surabondante te suit,
le printemps arrive avec ton nom.

P70 (NRF Edition)
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Il y a des gens, on voudrait qu’ils parlent tout le temps, que leur voix dure jusqu’à la fin du monde. J’aimais t’entendre. J’aimais entendre les accidents de ton souffle, cette corde pincée d’un soleil dans ta voix.

p68 (NRF Edition)
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Lire prends mes mains, mon visage, mon temps, ma réserve d'espérance et change tout ça en silence, en bonne farine lumineuse de silence

p46 (NRF Edition)
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Un livre dans une brocante c'est parfois un mort qui me tend la main et qui me dit : ne me laisse pas, s'il te plait.

P31 (NRD Edition)
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"Une amie c'est quelqu'un qui m'attend dans le couloir pendant que je rattache mes lacets"

p56 (NRF Edition)
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Vidéo de Christian Bobin
Avec Catherine Cusset, Lydie Salvayre, Grégory le Floch & Jakuta Alikavazovic Animé par Olivia Gesbert, rédactrice en chef de la NRF
Quatre critiques de la Nouvelle Revue Française, la prestigieuse revue littéraire de Gallimard, discutent ensemble de livres récemment parus. Libres de les avoir aimés ou pas aimés, ces écrivains, que vous connaissez à travers leurs livres, se retrouvent sur la scène de la Maison de la Poésie pour partager avec vous une expérience de lecteurs, leurs enthousiasmes ou leurs réserves, mais aussi un point de vue sur la littérature d'aujourd'hui. Comment un livre rencontre-t-il son époque ? Dans quelle histoire littéraire s'inscrit-il ? Cette lecture les a-t-elle transformés ? Ont-ils été touchés, convaincus par le style et les partis pris esthétiques de l'auteur ? Et vous ?
Au cours de cette soirée il devrait être question de Triste tigre de Neige Sinno (P.O.L.) ; American Mother de Colum McCann (Belfond), le murmure de Christian Bobin (Gallimard) ; le banquet des Empouses de Olga Tokarczuk (Noir sur Blanc).
À lire – Catherine Cusset, La définition du bonheur, Gallimard, 2021. Lydie Salvayre, Depuis toujours nous aimons les dimanches, le Seuil, 2024. Grégory le Floch, Éloge de la plage, Payot et Rivages, 2023. Jakuta Alikavazovic, Comme un ciel en nous, Coll. « Ma nuit au musée », Stock 2021.
Lumière par Valérie Allouche Son par Adrien Vicherat Direction technique par Guillaume Parra Captation par Claire Jarlan
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