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ISBN : 2070147878
Éditeur : Gallimard (02/02/2017)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Luc Boltanski et Arnaud Esquerre restituent le mouvement historique qui, depuis le dernier quart du XXe siècle, a profondément modifié la façon dont sont créées les richesses dans les pays d'Europe de l'ouest, marqués d'un côté par la désindustrialisation et, de l'autre, par l'exploitation accrue de ressources qui, sans être absolument nouvelles, ont pris une importance sans précédent. L'ampleur de ce changement du capitalisme ne se révèle qu'à la condition de rappr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
PLOOM
  26 février 2017
La doxa économique voudrait que nous soyons passés dans un monde postindustriel caractérisé par l'immatériel, le numérique, l'intelligence artificielle. Pourtant nous ne sommes pas véritablement entrés dans une ère postindustrielle. Jamais nous avons été autant entourés par les produits manufacturés. La différence avec les années 1960/1970 tient au fait que les emplois de l'industrie qui produit ces produits ont été délocalisés dans des régions à faibles salaires. Cependant notre économie a évolué aussi à un autre niveau, c'est ce que démontre les sociologues Luc Boltanski et Arnaud Esquerre dans leur ouvrage intitulé “Enrichissement : une critique de la marchandise
Boltanski et Esquerre soulignent la mutation économique qui s'est déroulée dans les pays développés comme la France : le capitalisme est entré dans une nouvelle phase tirant sa substance du passé en valorisant ses produit à partir d'un storytelling très élaboré. Ce que les deux sociologues appellent “économie de l'enrichissement” est une économie où la production est absente alors même qu'elle produit de la richesse à partir d'objets qui appartiennent au passé. Certains de ces objets ont été parfois considérés comme des déchets ou des rebuts mais ils sont littéralement réinvestis d'un nouveau potentiel comme par exemple certains quartiers insablubres du Bronx à New York, ou des proximités de la Tamise à Londres qui deviennent les nouveaux milieux branchés ou encore le mobilier dessiné par Jean Prouvé et Charlotte Perriand et destiné à la cité universitaire dans les années 1950 qui est revendu aujourd'hui des fortunes.
Ce que mettent en exergue les deux chercheurs tient au fait qu'un pays comme la France constitue pour certains produits, de luxe en particulier, une véritable valeur ajoutée à l'étranger. le “made in France” s'ancre dans un passé prestigieux qui passe par Versailles, la tour Eiffel et le savoir faire des grandes marques de luxe. L'origine France d'un objet de luxe devient constitutive de sa valeur. Il en est de même dans l'art contemporain qui ne trouve son existence qu'à travers un travail de mise en art qui propose l'oeuvre comme muséale, prête à être installée dans un musée. A ce titre mode et luxe français constituent l'une des principales ressources exportatrices au côté de l'armement.
Cette économie recouvre des secteurs très divers tels que l'immobilier, l'art contemporain, le luxe, la mode , le tourisme haut de gamme, le design… le processus d'augmentation de la valeur doit passer par une phase d'enrichissement qui peut s'inscrire par exemple dans un effet “collection”, ou encore se voir adjoindre un récit qui va construire une nouvelle réalité et créer un manque. Pour les deux auteurs l'économie d'enrichissement possède enfin deux caractéristiques : elle participe à l'augmentation du capital des riches et elle n'a absolument pas besoin des pauvres. Par ailleurs le créateur devient complice de cette économie souvent malgré lui.
L'ouvrage de Luc Boltanski et Arnaud Esquerre a le mérite de prolonger “Le nouvel Esprit du capitalisme” paru en 1999 et que Boltanski avait écrit avec Eve Chiapello qui montrait comment l'économie avait récupéré à son profit les valeurs de la contre-culture . Cette fois en s'attachant au traitement de la marchandise il montre comment la classe créative des designers et des artistes travaillent – souvent à leur corps défendants – à augmenter la richesse des plus riches. Une remarquable démonstration.
Hugues DE SINGLY (CULTURE-CHRONIQUE.COM)


Lien : http://www.culture-chronique..
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critiques presse (1)
LaViedesIdees   09 mars 2018
Luc Boltanksi et Arnaud Esquerre invitent à repenser les mécanismes sociaux de production de la valeur et soulignent l’importance du fait de constituer des collections dans la dynamique des inégalités qui caractérise nos sociétés.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   13 février 2017
Comme le suggèrent les remarques qui précédent, on peut donc schématiquement esquisser le tableau de deux types idéaux d'économie. À une économie centrée sur la production industrielle, s'oppose une économie fondée sur ce que l'on peut appeler des processus d'enrichissement des choses. Rappelons que le terme d''enrichissement" est utilisé non seulement pour signaler que les choses sur lesquelles repose cette économie sont particulièrement destinées aux riches, mais aussi pour désigner les opérations dont les choses font l'objet en vue d'en accroître la valeur et d'en augmenter le prix.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   10 février 2017
Le genre de mutation profonde dont il est question est incarné à lui seul par un bâtiment à Turin. Dans le quartier du Lingotto, se trouve en effet ce qui a été la grande usine de production automobile Fiat, ouverte en 1922. Fermé en 1982, le bâtiment de l'usine a été reconverti en galeries marchandes, hôtels, restaurants, centre de congrès. Au sommet de ce qui a été l'un des lieux emblématiques du monde ouvrier a été construite par l'architecte italien star Renzo Piano, qui a élaboré de nombreux musées dont le Centre Pompidou à Paris, la Pinacoteca Giovanni e Marella Agnelli, inaugurée en 2002. Dans cette blanche galerie aérienne, on se presse désormais pour admirer des œuvres de la collection de peintures de l'ancien dirigeant de Fiat. Comment est-on passé de la production massive d'automobiles standard et de l'éclat des luttes ouvrières qui lui étaient associés à la contemplation silencieuse et respectueuse d'œuvres d'art acquises par le « grand patron » ?
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   10 février 2017
Comme l'économie industrielle, l'économie de l'enrichissement est très inégalement distribuée dans l'espace, occupant de larges territoires dans certains pays, mais pouvant se réduire à l'échelle d'un quartier d'une grande ville dans d'autres pays où prédominent des activités d'agriculture intensive, industrielles ou de service.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   19 mars 2017
Les gisements qu'exploite une économie de l’enrichissement ne sont jamais seulement des entrepôts de choses anciennes, mais nécessitent toujours un travail de mise en valeur du passé, qui s'appuie sur des traces plus ou moins consistantes, mais qui, par principe, devrait pouvoir être opéré par toute entité politique, en tant qu'elle se légitime par référence à un passé, et donc qu'elle peut en disposer.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   08 février 2017
Si la critique est loin d'être absente de notre ouvrage, elle est dirigée vers le capitalisme contemporain, non vers l'économie en tant que telle.
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Videos de Luc Boltanski (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Luc Boltanski
Cette table ronde entend interroger les rapports entre les images, l?art et l?économie. La spécificité du marché de l?art et des images ne tiendrait-elle pas au fait que celles-ci peuvent être entendues comme des reflets voire des laboratoires de l?économie de marché et du capitalisme ?
MODÉRATRICE : Charlotte GUICHARD, Directrice de recherches au CNRS (IHMC). INTERVENANTS : Etienne ANHEIM, Directeur d?études à l?EHESS, Luc BOLTANSKI, Directeur d?études à l?EHESS, Manuel CHARPY, Chargé de recherches au CNRS, Sophie CRAS, Maître de conférences à l?Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
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