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Gérald Bronner (Autre)
EAN : 9782130733041
372 pages
Éditeur : Presses Universitaires de France (06/01/2021)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 7 notes)
Résumé :
La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du " marché c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
BurjBabil
  14 janvier 2021
Essai très intéressant qui s'ouvre sur un questionnement : est-ce vraiment la fin de notre histoire humaine, ainsi que M. Francis Fukuyama le prédisait en 1989, au moment du grand basculement vers l'unilatéralisme de l'empire ? Comment quelqu'un de solidement formé intellectuellement peut-il souscrire à une telle bêtise. Vu d'aujourd'hui cela ferai presque sourire : l'histoire bien sûr ne s'arrête jamais...
M. Bronner va donc s'intéresser, au fil de cet essai très bien écrit, à notre bien commun le plus précieux : notre cerveau ! La première partie retrace cette victoire matérielle qui nous affranchit (enfin, ce qu'il reste de la classe moyenne occidentale, c'est un non-dit du livre) de tout un tas de contraintes chronophages.
Que faisons-nous aujourd'hui du temps libéré par les machines ? On est occupé à quoi finalement ? La deuxième partie du livre en fait le bilan : en gros, ce sont les écrans qui empiètent même sur notre sommeil . . . Pas les écrans de papi (TF1 et le temps de cerveau disponible...) mais ceux des bijoux technologiques qui se sont immiscés dans notre vie quotidienne, smartphones en tête. Avec tous les atours de la modernité : les réseaux sociaux, les achats en ligne etc...
Nous sommes devenus dépendants. Consentants. Demandeurs.
La troisième partie est plus prospective et justifie le titre de cet essai : l'apocalypse cognitive. Celle-ci repose sur la prise en compte de « notre appétence pour la conflictualité, de notre avarice cognitive, ou encore notre soumission aux injonctions de la visibilité sociale. »
Il y développe par exemple et entre autres, l'idée d'une conflictualité née de l'existence d'invariants de notre espèce (en particulier de ceux qui ressortent de notre cognition, notre cerveau de primates évolués) et des modèles intellectuels que notre (presque) toute puissance technologique nous ont amenés à construire.
Tout ceci nous amène à quoi ? Au risque ultime : l'extinction... Comme d'autres...
C'est le retour de Franck Drake, l'explorateur de l'espace qui a donné son nom à une célèbre équation (je sais c'est la deuxième fois déjà), le fameux N = R × fp × ne × fl × fi × fc × L. Avec l': la durée durant laquelle une civilisation est détectable.
Dans l'équation de Drake, ce l', durée moyenne d'une civilisation donc, est estimée à 10 000 an...
Quelle lecture avoir de la valeur de l', dans l'équation de Drake ? Difficile à analyser, notre cerveau ne semble pas cognitivement apte à gérer une organisation civilisationnelle de milliards d'habitants. La découverte des multiples exoplanètes et une maîtrise minimale des statistiques de base débouche sur un paradoxe : pourquoi n'avons-nous aucune nouvelle de l'extérieur ?
La solution la plus probable selon Mathieu Agelou (2017) serait l'instabilité endémique des civilisations intelligentes. D'où l'hypothèse formulée par Alexandre Delaigue : « Si l'espace est silencieux, c'est parce que tous ceux qui ont eu l'occasion de faire un parcours similaire au nôtre se sont effondrés (2017 aussi). »
Pessimisme ? Non, le dépassement de ce plafond civilisationnel ne pourra venir que de nos ressources intellectuelles, c'est-à-dire de notre capacité à concevoir une ingénierie de l'intelligence collective qui nous permette de dépasser les limites de nos cerveaux individuels.
Ce livre nous aide à en saisir les tenants. Il est presque formidable de ce point de vue....
Presque? Car apparemment aucune civilisation ne semble avoir réussi cet exploit et si j'allume mon poste de TV, si j'écoute ma radio, je me dis que ce n'est pas gagné...
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Passemoilelivre
  16 janvier 2021
Que faisons nous de notre temps de cerveau disponible ? C'est à cette question que l'auteur essaie de répondre en passant en revue, les évolutions récentes de nos sociétés qui nous ont offert un accroissement significatif de temps libre nous permettant une plus grande sollicitation de nos cerveaux et l'accès à un marché cognitif colossal. L'internet, les réseaux sociaux, les aspirations des citoyens, les médias, les captations de nos habitudes et de nos goûts, les infos, les infox, tout cela est largement développé de façon documentée et avec beaucoup d'exemples par Gérald Bronner. Cet essai est un très belle réflexion sociologique sur nos comportements actuels et notre avenir possible dans une société numérique où les robots et les algorithmes sont omniprésents.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
casablanca67casablanca67   20 janvier 2021
Le magistrat et historien français (Alexis de Tocqueville) a souligné avec une grande clairvoyance que les sociétés démocratiques engendrent par nature un taux de frustration supérieur à tous les autres systèmes sociaux en raison des principes sur lesquels elles sont fondées : récompense du mérite et revendication de l’égalité de tous.
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casablanca67casablanca67   20 janvier 2021
Si la situation que j'occupe me conduit à me comparer à ceux qui ont moins que moi, j'en sortirai plus satisfait que si, au contraire, elle m'incite à me comparer à ceux qui ont davantage.
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casablanca67casablanca67   19 janvier 2021
Ces alertes incessantes créent un embouteillage des craintes car les démentir prend du temps, notamment lorsqu’il s’agit de questions sanitaires : le temps de la science n’est pas celui, effréné, du marché de l’information. En d’autres termes, les arguments de la peur sont beaucoup plus aisés à produire et rapides à diffuser que ceux qui permettent de renouer les fils d’une confiance si nécessaire à la vie démocratique. Et les démentis, lorsqu’ils peuvent être apportés, occupent rarement dans les médias la place dont l’inquiétude à laquelle ils répondent avait pu bénéficier.
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lrntvlrntv   16 janvier 2021
En décembre 2014, le site d’information russe CityReporter a tenté une expérience audacieuse. Viktor Nekrassov, son rédacteur en chef, a fait savoir qu’il était temps de voir le bon côté de l’information. D’après lui, les gens en avaient assez qu’on leur annonce toujours de mauvaises nouvelles et il fallait leur prouver qu’il était possible de composer un quotidien d’informations ne contenant que des annonces positives. Il est vrai que les journalistes ont tendance à parler des trains qui arrivent en retard plutôt que de ceux qui arrivent à l’heure. Le site proposa donc une édition spéciale fondée seulement sur des informations réjouissantes : « La construction du passage sous-terrain sera bien achevée pour la fête de la Victoire » ; « Aucune perturbation à signaler, malgré la neige », etc. Le résultat de cette belle initiative est que le site perdit ce jour-là 70 % de ses lecteurs ! Dès le lendemain, le quotidien revint à une économie de l’attention plus prudente et son cortège d’informations angoissantes. Amer, Viktor Nekrassov, s’exprima sur cette expérience malheureuse sur sa page Facebook : « Nous avons cherché la positivité dans l’information du jour, et nous pensons l’avoir trouvée. Mais on dirait que personne n’en a besoin. C’est ça, le problème. » La conclusion terrible à laquelle nous devons faire face est que les bonnes nouvelles n’intéressent personne.

Cette initiative n’était pas fondée sur une anthropologie réaliste. Les résultats d’étude sur ces sujets convergent : une information négative est examinée plus attentivement qu’une bonne, elle est mieux mémorisée, les stéréotypes négatifs résistent mieux à la contradiction que leur équivalent positif et s’installent plus rapidement dans les esprits…
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lrntvlrntv   16 janvier 2021
Une enquête de 2016 révèle ainsi que nous consultons en moyenne plus de 221 fois notre smartphone chaque jour, soit une fois toutes les six minutes45. De même, plus d’une personne sur deux se déclare anxieuse en l’absence de couverture réseau pour son téléphone et cette inquiétude est ressentie par 76 % des 18-24 ans. Un chercheur allemand et son équipe ont même montré que, dans des conditions expérimentales, il était plus facile pour une majorité de sujets de se priver de nourriture ou de relations sexuelles que d’une connexion internet et d’un accès aux réseaux sociaux46. L’empire de ces sollicitations cognitives s’est progressivement étendu, au point qu’on a créé un néologisme pour désigner cette peur de rater quelque chose : la Fomo (fear of missing out) : nous consultons sans cesse nos mails, notre compte Facebook, notre téléphone pour le cas où… et le réel s’est fractionné en une multitude de micro-événements qui créent chez beaucoup d’entre nous, bien au-delà des seuls adolescents, une forme d’addiction.
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Videos de Gérald Bronner (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gérald Bronner
Gérald Bronner vous présente l'ouvrage "Apocalypse cognitive" aux éditions PUF.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2482083/gerald-bronner-apocalypse-cognitive
Note de musique : YouTube Audio Library
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