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EAN : 9782258193826
384 pages
Presses de la Cité (08/04/2021)
3.54/5   28 notes
Résumé :
Le destin hors du commun de la belle Ingeburge au cœur des secrets de la cour royale et des grands faits du royaume de France au XIIe siècle. Une vie tragique, romanesque, liée pour le pire à son époux, le roi Philippe Auguste, mais qui révèle une personnalité pleine de force, et qui sera transcendée par un amour impossible avec un chevalier troubadour.
Ingeburge, princesse danoise de grande beauté, devient reine de France le 15 août 1193. Or, dès le lendemin... >Voir plus
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En 1193, la princesse danoise Ingeburge épouse Philippe Auguste et est sacrée reine de France. A la consternation générale, dès le lendemain de la nuit de noces, Philippe réclame la dissolution du mariage. Il ne l'obtiendra pas, et Ingeburge, qui ne consentira jamais à sa répudiation, est enfermée pendant vingt ans dans différents couvents, puis, dans de terribles conditions, à la forteresse d'Etampes. Qu'à cela ne tienne, le roi se remarie. Bigame, il est excommunié par le pape qui jette l'interdit sur le royaume de France, y suspendant toute activité cléricale au grand dam de la population épouvantée et au bord de la révolte. La mort en couches de "l'épouse ajoutée" lève l'interdit, mais il faudra attendre l'an 1213 pour que Philippe Auguste se résigne à restituer ses droits d'épouse et de reine à Ingeburge. Celle-ci reprendra sa place comme si de rien n'était…


Habitant d'Etampes et auteur de nombreux romans historiques, Gilbert Bordes ne pouvait qu'être sensible aux ombres du passé, qu'avec un peu d'imagination, on est tenté de faire revivre autour des vestiges de l'ancienne forteresse royale qui dominait la ville. Des siècles d'histoire qui nous ont laissé cette unique tour, l'auteur a retenu l'incroyable et aujourd'hui méconnu destin de la reine Ingeburge : une femme à la personnalité sans aucun doute hors du commun, qui, bafouée et maltraitée de la pire manière et pour les plus obscures raisons, jamais ne lâcha prise et réussit, après vingt ans de résistance misérable et solitaire, à reprendre sa place sans broncher, et à s'entendre intelligemment avec l'époux qu'elle devait haïr…


A sa manière bien à lui, et même si le récit passe par quelques scènes d'exécutions sanglantes, l'auteur a recréé une version relativement tendre de cette histoire, traversée par une romance longtemps chaste entre l'héroïne emprisonnée et un chevalier proche du roi, chargé de ses nombreux transferts. Guerrier fruste au grand et droit coeur, c'est aussi entre ses mains que, comme dans tous ses livres, Gilbert Bordes place l'un de ces instruments à cordes qui lui sont si chers, puisque l'homme se fait à l'occasion troubadour en jouant de la vielle.


On l'aura compris, tout en s'inspirant d'un fond et de personnages historiques réels, l'écrivain reste fidèle à son univers romanesque où la méchanceté et la cruauté trouvent toujours une sorte de contrepoids. Si l'ensemble en acquiert une certaine légèreté un peu idéaliste et ses personnages un parfum de fantasme, la lecture coule facilement, offrant un agréable moment de détente sans prétention et l'avantage d'un aperçu historique qui ne laissera personne indifférent : il est de ces destins dont la réalité dépasse toute fiction…

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Voici une fiction historique très intéressante par son sujet.
Les personnages de ce roman ont réellement existé, il s'agit du roi de France Philippe Auguste et de son épouse bafouée Ingeburge. J'ai apprécié découvrir de manière romancée la destinée de ces deux êtres couronnés. C'est loin d'être rose.
Ingeburge, princesse du danemark épouse le roi de France. le 15 aout 1193 elle fut couronnée reine de France. le lendemain Philippe Auguste réclame la dissolution du mariage Qu'il n'obtiendra pas. Ingeburge fut enfermée une vingtaine d'années dans différents couvents. Il lui faudra attendre 1213 pour que Philippe Auguste se résigne à restituer ses droits d'épouse et de reine.
C'est une lecture appréciable et instructive qui pour moi a manqué de fluidité dans l'écriture.
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Fin XIIème siècle, le roi Philippe Auguste prend pour deuxième épouse Ingeburge, venue du Danemark.
Cette princesse est toujours amoureuse d'un beau jeune homme danois.
le roi Philippe est répugnant à ses yeux. Ils ne comprennent pas un mot de ce qu'ils racontent l'un à l'autre.
Le roi voit son dégoût et n'arrive pas à l'honorer.
le lendemain, il la répudie et la fait enfermer dans des couvents successifs.
Il se brouille avec le pape qui le somme de réhabiliter son épouse.
Ingeburge redevient reine après de nombreuses mises à l'écart. Elle n'aura eu de cesse de réclamer ses droits.
Entretemps, elle aura profité de la protection de Guilhem de Ventadour mais elle aura aussi dû subir des outrages dans un couvent en devant travailler comme une servante.
Une lecture très appréciée par la personne qui me l'a prêtée mais j'ai trouvé l'auteur très friand de détails spectaculaires pour attirer le lecteur.
En même temps, la civilisation de l'époque était bien différente et c'est certainement difficile de la traduire par écrit.
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C'est une histoire assez méconnue que propose Gilbert Bordes, comme souvent avec la plupart des reines de France.
Pour marquer L Histoire quand on n'est "que" reine de France, il faut avoir un très gros caractère ou avoir assuré la régence, ou bien encore avoir été guillotinée.

Celle dont il est question avait certainement du caractère pour faire face à ce qu'elle a vécu, mais L Histoire ne l'a pas retenu, et elle n'a été ni régente, ni guillotinée.

Elle se nommait Ingeburge, fille du roi de Danemark.
Elle avait quitté son pays natal pour devenir la seconde épouse de Philippe II Auguste, veuf d'Isabelle de Hainaut, et monter sur le trône de France. Elle n'avait pas vingt ans, ne parlait pas un mot de la langue de son époux, et ne savait pas ce 14 août 1193 que sa vie allait se transformer en cauchemar.

À peine sacrée reine le lendemain de ses noces, Philippe Auguste exigeait son retour au Danemark et l'annulation du mariage.
Pourquoi ?

Gilbert Bordes propose une hypothèse vraisemblable qu'il relie habilement à une forme de superstition.
On ignore ce qu'il en a vraiment été de la nuit de noces, mais il est permis de souligner que Philippe Auguste avait déjà voulu répudier Isabelle de Hainaut, épousée lorsqu'elle avait dix ans, sous prétexte qu'elle ne lui donnait pas encore d'enfant à quatorze ans !

Concernant Ingeburge, il n'en démordra pas pendant de nombreuses années, faisant mener une vie infernale à son épouse réfractaire à toute annulation de leur mariage. Laquelle vie infernale a pris la forme d'enfermements successifs dans divers couvents, plus ou moins confortables, et plutôt moins la plupart du temps.

Gilbert Bordes décrit précisément le calvaire de cette jeune fille qui ne comprend rien, ni à ce qui lui arrive, ni à ce qui l'entoure, faute de parler la même langue.
Il explique avec finesse l'acharnement à voir reconnaître son droit de cette épouse bafouée par un nouveau mariage de Philippe Auguste, faisant de lui un roi bigame excommunié par Innocent III et jetant l'interdit papal sur son royaume pendant neuf mois en 1200.

L'auteur mêle l'histoire et la fiction, avec un personnage romanesque attachant, Guilhem de Ventadour, enfant bâtard des Ventadour, une force de la nature, chevalier et troubadour, pris entre le marteau et l'enclume, entre Philippe Auguste dont il est l'un des proches conseillers et Ingeburge que le roi l'a chargé de surveiller.
Cela ne peut que mener à la catastrophe, mais comment résister à l'envie d'aider cette pauvre reine victime de l'ire royale ?

Nous voilà partis pour un récit intéressant et plein d'incertitudes pour qui ne connaît pas le sort de la Reine Ingeburge.
Les descriptions bien documentées des modes de vie, des lieux, des relations entre les êtres régies par une certaine étiquette, la vraisemblance des situations mettent des couleurs à ce combat forcément inégal entre la prisonnière et le roi.

Philippe II Auguste, dont je ne savais pas grand'chose hormis qu'il avait ordonné la construction de l'enceinte portant son nom qui cerna Paris à partir du XIIe siècle et que François Ier puis Henri IV achevèrent de faire détruire (on en trouve encore des vestiges dans Paris), n'est pas présenté à son avantage dans ces pages.
C'est un homme petit, borgne, chauve, malingre, qui donne des coups de pied à son chien et pique des colères dévastatrices.
Comme il n'est pas question dans ce livre d'Isabelle de Hainaut, je n'en dirai pas davantage en ce qui concerne son premier mariage, mais les circonstances du second et l'acharnement du monarque à faire annuler son union, qui ira jusqu'à produire des faux pour obtenir cette annulation auprès du pape, ne risquent pas de nous le rendre sympathique.

L'entêtement d'Ingeburge , bien qu'à peu près incompréhensible vu de nos petites fenêtres du XXIe siècle, est bien expliqué à plusieurs reprises, sa situation aussi, inextricable pour une personne de son rang au coeur du Moyen-Âge.

C'est une lecture vraiment intéressante, bien écrite et fouillée, qui nous emmène dans le sillage de cette reine sans couronne et de ce roi sans vergogne, au sein de ce royaume cerné par les terres tombées entre les mains des Anglais après le mariage d'Aliénor d'Aquitaine, belle-mère de Philippe II Auguste, avec le roi Henri II Plantagenêt.
Les considérations politiques entre les deux royaumes et concernant le royaume de France au sein d'une Europe plutôt hostile ne nuisent pas au propos, bien au contraire. L'aspect romancé reste bien présent, avec le trio formé par Ingeburge, Guilhem et Philippe II Auguste, bien tissé au fil de l'Histoire.

Je remercie #netgalleyfrance, #pressesdelacité, ainsi que l'auteur pour cette découverte.
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Le roman débute en 1179 : Philippe, 14 ans, participe à une chasse avec son père, le roi Louis VII. Il se perd dans la forêt, y erre toute une nuit et est persuadé d'y avoir rencontré la mort sous la forme d'une jeune femme blonde avec un grain de beauté au menton.
Quelques mois plus tard, toujours hanté par cette rencontre, il est couronné roi et devient Philippe II, ou Philippe Auguste.
Après le décès de sa première femme, Isabelle de Hainaut, il conclue une alliance avec le Danemark et décide d'épouser la jeune Ingeburge, 13 ans, fille du roi danois. le mariage a lieu en 1193 dans la ville d'Amiens. le peuple en liesse est ravi d'accueillir la nouvelle reine, mais tout dérape dès la nuit de noces : malgré sa déception, Ingeburge se prépare psychologiquement à sa première nuit avec cet homme qui "n'a pas plus de prestance qu'un valet de pied". Philippe lui se croit ensorcelé et ne peut consommer le mariage.
Le lendemain lors de la messe, Philippe aperçoit un grain de beauté "sur le haut droit du menton" de son épouse. C'est elle! La mort est venue le chercher! Il la répudie immédiatement et la place sous la protection de Guilhem de Ventadour, un colosse bruyant, bon vivant à la fois chevalier et troubadour.
Commence alors une vie de recluse pour Ingeburge : ballotée de couvent en abbaye, de ville en ville, elle passera 20 ans loin de son mari.
L'histoire est complétement folle, car Philippe Auguste en étant toujours marié, a épousé Agnès de Méranie!
Ingeburge elle reste fidèle à son rôle de reine de France même si l'amour que lui porte Guilhem depuis leur rencontre, la touche de plus en plus.
Une histoire bien triste au final, d'un amour impossible.
Un récit en peu long car l'exil de la reine est toujours un peu le même : des couvents sans chauffage, sans nourriture mais avec des poux et autres vermines!

#NetGalley #Éditions Presses de la Cité
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Guilhem n'avait pas eu de nouvelles d'Ingeburge depuis deux longues années, et les espies qu'il avait envoyés à Étampes lui en avaient rapporté de bien mauvaises : elle était maltraitée, elle partageait son quotidien avec les servantes, on lui confiait des tâches rebutantes. Si Philippe ne l'avait pas obligé à rester près de lui, il aurait rejoint la reine déchue depuis très longtemps.
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Le peuple grondait. Il se heurtait aux gardes groupés en batailles qui n’hésitaient pas à le charger. (…)
Les messes noires remplaçaient celles des églises. On se rassemblait dans les caves, ou dans les clairières. Des astrologues annonçaient le retour des temps sauvages où les hommes se mangeraient entre eux, où des monstres sortiraient des entrailles de la terre pour semer la terreur, boire le sang et engrosser les femme , qui accoucheraient de démons cornus.
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- " Si le roi, un mois après notre avertissement, ne reprend pas en grâce la reine et ne lui accorde pas l'honneur qui lui est dû, alors tu jetteras l'interdit sur toutes ses terres, de telle sorte qu'on n'y célèbre aucun office et qu'on n'y administre aucun sacrement, à l'exception du baptême des enfants et de l'absolution des mourants..."
- Il n’osera pas ! s’exclama Philippe.
- A ce qu’on m’en a dit, c’est un homme déterminé, plus enclin à porter l’épée que la tiare. Ce n’est pas un pape ordinaire. Il n’est pas prêtre et ne peut dire la messe.
- Qu’est-ce que cela change ?
- Tout, sire. Il n’est pas aussi proche de Dieu que l’était Célestin. Le temporel l’intéresse autant que les voies du paradis. Il se comporte comme un roi, pas comme le vicaire de Jésus.
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Il n'y a pas de différend, poursuivit le roi. C'était pour moi un grand honneur d'épouser Ingeburge, fille du grand Valdemar. Tout aurait pu être pour le mieux si le diable ne s'en était mêlé. Ne voyez là aucun affront, aucun ressentiment de ma part, mais ce mariage bien que célébré ne peut être. Je vous prie d'en accepter la nullité.
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L’interdiction d’enterrer les morts en terre consacrée rendait l’air de Paris irrespirable. Les cadavres étaient parfois abandonnés aux portes des cimetières fermés à double tour ou dans les ruelles, les nombreux jardins et bosquets. C’était temps d’abondance pour les chiens errants et les nuées de corbeaux.
Dès les premiers jours, un commerce lucratif se développa près des cimetières. Des trouées avaient été percées dans les murs, fossoyeurs et prêtres se faisaient payer des sommes exorbitantes pour enterrer de nuit les morts dans les caveaux de famille.
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