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EAN : 9782266157414
334 pages
Éditeur : Pocket (01/01/2006)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Sur une route de Corrèze, un vieil homme chemine. Il grelotte. Mais bientôt il retrouvera sa maison et plus rien n'aura d'importance. L'autre soir, une terrible douleur à la poitrine l'a terrassé. Il a repris conscience à l'hôpital, il s'est laissé soigner. Mais aujourd'hui, il en a eu assez. Alors il est parti dans la nuit froide, en pantoufles.

On ne l'aura pas comme ça, Cyprien ! Il n'ira pas en maison de retraite. On ne l'arrachera pas à ses souv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Azallee92
  26 mars 2020
A travers une vidéo sur Babélio, j'apprends que Gilbert Bordes est luthier à Etampes en Essonne. Justement, Il nous fait partager sa passion du bois dans cette histoire, à travers ses personnages de Nicolas et de Cyprien.
Cyprien a un fort caractère qui lui permet de lutter un temps contre la maladie et la vieillesse ; mais il me parait peu sympathique, assez imbus de lui-même, homme autoritaire, « à l'ancienne », d'avant mai 68, qui voulait tout régenter dans la famille, à l'image des chefs de famille d'autrefois : une femme aux petits soins pour lui, et il n'a pas supporté que ses enfants se rebellent et n'acceptent pas les choix qu'il avait fait pour eux. Même à la fin du roman, il est contrarié d'apprendre et de devoir admettre qu'il s'est trompé depuis son enfance sur l'identité des chouettes de nuit, les chats huants, qu'il a pris pour des hiboux ;
Il est blessé également de ne pas être reconnu par cette soi-disant « amoureuse » de sa jeunesse, et il s'entend bien avec cet enfant dont la vie quotidienne est blessé par sa famille, et qui est présenté comme un sale gamin par sa grand-mère, car il est resté très enfant capricieux et très « sale gamin » lui-même.
Je le trouve particulièrement dur et intransigeant avec sa fille « on n'a qu'une vie, on ne peut pas la refaire ! » il l'a chasse de chez lui en la menaçant de son fusil, à chaque fois qu'elle vient le voir et lui donner de ses nouvelles , il la chasse et la rabroue sans entendre sa position de femme qui s'ennuie auprès de son mari et qui ne veut pas vivre étouffée dans son couple. Elle veut vivre pleinement sa vie de femme tout comme Cyprien veut vivre sa vie d'homme libre. Mais ce qu'il estime indispensable et vital pour lui, il le refuse à sa fille car il la juge comme une mère et une épouse avant tout, qui doit se sacrifier pour sa famille et son mari, une femme « à l'ancienne » qui ne peut revenir en arrière et avouer qu'elle s'est trompée. Ce qui est dit dans le roman, c'est que Cyprien lui en veut de n'avoir pas écouté son jugement quand il lui affirmait que son futur mari n'était pas fait pour elle.
J'ai eu du mal à terminer cette histoire que j'ai lu par intermittence, tant ce Cyprien me paraissait antipathique, passionné par la pêche et la chasse aux merles, peu aimable avec cette femme qui veille sur lui, il est méprisant avec ses compagnons de chambrée à la maison de retraite, qui eux ont trouvé des raisons positives de vivre en communauté. Cette maison de retraite est à la campagne et propose aux résidents de garder contact avec la terre et la nature en les laissant planter des PDT et des salades et tailler les arbres fruitiers.
La fin de l'histoire est encore un pied de nez à ses prises de position sur son métier d'ébéniste : « fabriquer des violons…c'est pas du travail ça ! »
Seule sa petite fille, dans laquelle il se reconnait, (ses sautes d'humeur, ses petits yeux noirs, sa façon d'imposer les choses à son entourage, qui décide de reprendre, sans lui demander son avis, son atelier, ses machines et son bois qui vaut une fortune,) peut lui imposer dans la famille un jeune homme qui pourrait être rival de Cyprien, alors qu'il a chassé sa fille parce qu'elle avait émis le souhait de passer un moment dans cette maison de son enfance qui lui revient de droit et qu'elle a remis en état de marche la pendule que Cyprien avait sciemment arrêté, elle seule peut s'imposer dans la vie de Cyprien qu'elle va garder à l'atelier ; l'histoire ne dit pas si Cyprien va accepter que « des étrangers » s'imposent dans sa sphère privée, mais on peut l'imaginer car ce vieil homme a dut admettre que la maladie et la vieillesse lui avaient fait plier les genoux à terre et que sans aide, il n'est plus rien, et qu'il n'a plus le choix s'il veut rester chez lui.
Ce qu'il n'a pas accepté dans le règlement de la maison et retraite et le personnage de Mme Lebel, il va devoir le faire et laisser la place à une jeune femme et un jeune homme inconnu qui veulent s'installer dans son atelier. Atelier qu'il n'a pas installé lui-même mais qui lui est arrivé tout « cru » à la mort de son père.
Je m'attendais, dans ce livre, en lisant les critiques et le résumé sur Babélio, à trouver une réflexion sur cette période douloureuse pour certains où l'homme voit ses forces diminuer et qu'il sent devoir laisser la place aux plus jeunes, comment l'accompagner sur ce chemin et lui permettre de finir sa vie tout en respectant sa personnalité. Gilbert Bordes fait prendre à son personnage de risques inconsidérés, en le laissant partir de nuit, dans le froid et la neige, au risque de mourir seul, en le laissant aller jusqu'au boutisme. Faut-il en arriver là? va t-il y laisser la vie? va t-il accepter de l'aide?
Par contre, j'ai apprécié cette nuit des hulottes et l'hymne à la Nature décrit par Gilbert Bordes.
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ladesiderienne
  25 juillet 2013
Avec "La nuit des hulottes", Gilbert Bordes nous offre un livre différent des romans du terroir qu'il a l'habitude d'écrire et pour lesquels je reconnais qu'il est un des maitres incontestés. Même si l'histoire se déroule à la campagne, c'est avant tout une belle réflexion sur la vieillesse.
Au fil du temps, la place de la personne âgée a évolué au sein de la famille. de l'aïeul respecté, vivant dans la maison familiale, entouré des siens, il est devenu "persona non grata" dans notre monde individualiste : c'est ce que Cyprien, le vieil ébéniste et héros de notre livre se refuse à être. Entre l'univers infantilisant de la maison de retraite et sa liberté, même amoindrie par ses ennuis de santé dûs à l'âge, il a choisi...
Une fois de plus, l'auteur met son style d'écriture irréprochable au service d'une magnifique histoire, peut-être mélancolique mais absolument pas déprimante.
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Annabelle31
  03 mars 2017
Une magnifique histoire, qui nous fait réfléchir sur la vieillesse et le statut de nos ainés dans notre société. Un roman rugueux mais plein de tendresse, qui nous raconte Cyprien Mallorie, ancien ébéniste, veuf depuis peu, et qui refuse de quitter sa maison et son petit village de Corrèze. Alors que ses enfants le poussent à aller vivre en maison de retraite, il refuse, s'obstine, s'évade même, jusqu'à en risquer sa vie car l'angine de poitrine dont il souffre ne lui laisse aucun répit. Cyprien préfère la solitude de sa petit maison et n'y renoncera pas, parole de Mallorie ! D'ailleurs est-il vraiment seul, lui qui vit entouré de tous ses souvenirs, de la nature qu'il connait si bien, de ses voisins bienveillants, et surtout, d'Olivier, le petit fils de ceux-ci, auquel Cyprien s'est attaché et à qui il a décidé de transmettre son amour de la pêche et autres bonheurs de la campagne.
Une lecture coup de coeur pour moi
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BVIALLET
  11 avril 2012
Cyprien Mallorie est un vieil ébéniste qui a perdu sa femme . Il se sent usé , fatigué . Il souffre d'une maladie de coeur et vit seul dans un petit hameau à côté de ses machines qu'il ne fait plus fonctionner . Sa voisine l'aide un peu . Un petit gamin le retient encore à la vie . Il faut dire que ses enfants sont tous partis . le fils a interrompu la longue chaîne des ébénistes pour travailler dans l'immobilier . La fille est en instance de divorce . Il n'y a que la petite fille qui veut se lancer dans la fabrication de violons .
Il subit donc le triste sort des personnes âgées de notre époque où les familles sont éclatées voire atomisées ou reconstituées et où règne le chacun pour soi .
Bien sûr , la solution pourrait être la maison de retraite médicalisée car notre ébéniste a besoin de soins . Mais cet univers infantilisant et semi-carcéral ne lui convient pas car il aime trop sa liberté . Il fera donc des allers et retours entre les deux univers qui sont méticuleusement décrits . le hameau avec son air vivifiant si plein de silence et de liberté qu'il n'est parfois plus supportable à un homme qui ne se sent plus capable de rien . La maison de retraite et son air surchauffé , plein d'aigreurs et de mesquineries diverses .
Très agréable à lire de par son style limpide , ce livre est une réflexion mélancolique sur une fin de vie . Cela pourrait être désespérant . Heureusement cela se termine bien , mais je ne vous dirai pas comment pour que vous lisiez le livre .
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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nelson43
  20 mars 2014
Voilà bien longtemps que je ne m'étais pas plongé dans un roman du terroir ; je connaissais Gilbert Bordes car j'avais déjà lu quelques oeuvres dans ma jeunesse mais j'ai éprouvé du plaisir à me retrouver à la campagne en compagnie de Cyprien.
Cyprien a perdu son épouse et la solitude lui pèse mais à aucun prix , il ne quitterait son village , sa maison et son atelier de menuiserie .Ses deux enfants sont partis à la ville ; ils ont de bonnes situations ; personne n'a voulu reprendre le flambeau du bois. Comme sa santé se dégrade , son fils lui a retenu une chambre dans une maison de retraite mais c'est sans compter sur le caractère de cochon de Cyprien..
Un roman agréable à lire et une belle réflexion sur la vieillesse.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   12 janvier 2017
L'amour entre un homme et une femme, c'est si rare qu'il ne faut pas le gaspiller. Ca vient quand tu l'attends pas parce que tu le portes en toi, une petite graine d'amour qui va, tout d'un coup, germer et grandir. Mais ça meurt aussi ...
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Azallee92Azallee92   26 mars 2020
Tout au long de son enfance, Cyprien a tenté de lui insuffler cet amour qu'il tenait lui-même de son père : "Le bois, c'est pas seulement une planche qui fabrique une étagère : le bois c'est vivant. C'est la mémoire du temps. Regarde un arbre ça cache toute sa beauté sous son écorce, et toi, quand tu le déshabilles, quand tu ouvres ce tronc avec ta scie, tu découvres tellement de dessins, tellement de vagues, de volutes de fumée que tu te demandes si le bon Dieu n'est pas un peu fou de s'amuser aussi bien. Et ces lignes qui s'en vont dans tous les sens, c'est pas n'importe quoi. Quand je regarde ce bois, je regarde le temps et je vois les années qui passent, les saisons, cet été trop sec qui n'a pas donné de strie claire, et celui-là trop mouillé où l'arbre a pris ses aises et poussé dans la pluie chaude. Un noyer comme celui-là, il faut deux cent ans pour le faire. Imagine la noix qui est tombée dans un fossé, il y a deux cent ans! Heureusement qu'un écureuil n'est pas passé par là! Et quand a poussé la tige verte au printemps, il suffisait d'une vache, d'une chèvre, d'un petit agneau pour y donner un coup de dent, et adieu, le beau noyer! Alors, tu vois, c'est le temps qui écrit dans le bois. Le temps des hommes.
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ladesiderienneladesiderienne   09 avril 2013
Il se souvient de ce qu'avait dit sa fille, Caroline, pour justifier son caractère indépendant : "Je suis issue de la génération de la rupture !" La vérité de cette boutade lui apparait avec son père seul et malade. C'est lui, Laurent, qui a brisé la chaine des générations. Avant, tout était réglé de la naissance à la mort : le fils aîné reprenait le métier du père qui vieillissait et mourait au milieu des siens. Tout cela est bien fini ; les jeunes ont fui vers les villes et les vieux restent dans des hameaux déserts. Alors, on a construit de vastes maisons au fond des campagnes où on les rassemble au soir de leur vie...
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carrecarre   14 janvier 2017
Le bois c'est vivant. C'est la mémoire du temps. Regarde un arbre ça a plus de pudeur qu'un homme. Ca cache toute sa beauté sous son écorce.
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carrecarre   13 janvier 2017
Les objets ont souvent plus de présence que les êtres.
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Vidéo de Gilbert Bordes
Mai 1944. Jérémie, Rachel et Éloïse doivent quitter la ferme où ils se cachaient depuis plusieurs mois. La milice est à leurs trousses : ils sont juifs, et leur père est un savant dont les connaissances pourraient être capitales pour les nazis. Marguerite, une jeune boiteuse, et Paul, orphelin de fraîche date, les rejoignent avec chacun sa motivation, plus ou moins avouable. Commence alors pour les cinq fuyards une aventure dont aucun ne sortira indemne. Ils décident de suivre le cours de la Loire, avec l?espoir de rejoindre l?océan et d?embarquer pour l?Amérique. Mais les méandres sont nombreux. Et périlleux. Entre trahisons, dénonciations, fausses amitiés et bombardements, ils ne renonceront jamais à leur quête de liberté. Dix ans après Les Enfants de l?hiver, Gilbert Bordes nous fait vivre une incroyable épopée. Un grand roman d?aventures et d?initiation dans une des périodes les plus sombres de notre histoire.
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