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Christiane Besse (Traducteur)
EAN : 9782020239233
640 pages
Seuil (15/03/1995)
4.02/5   230 notes
Résumé :
Quand le plus subtil des écrivains anglais du XXe siècle rencontre l'un des philosophes les plus controversés du XVIIIe siècle, cela entraîne de profondes turbulences littéraires. William Boyd, donc, au cours de ses études, découvrit Jean-Jacques Rousseau. Il se prit alors pour le névrosé et teigneux philosophe d'une passion telle qu'il en fit un roman.
Son héros, John James Todd, cancre surdoué pour la musique et les chiffres, abandonne un beau jour le pensi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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J'ai beaucoup aimé ce long roman, qui est une sorte de pastiche d'autobiographie d'un cinéaste du muet. Boyd excelle dans ce genre et le livre est d'une grande richesse. Il parvient à faire revivre de manière très vivante la Première guerre mondiale, les années 1920. On se retrouve plongé dans l'Ecosse de la Belle Epoque, dans le Berlin de Weimar, dans le Los Angeles des années 1930...Boyd possède un incroyable sens du détail et il a souvent une écriture incroyablement visuelle et cinématographique (tout à fait adaptée dans le cadre de ce roman).
Mais le personnage central du livre est littéralement obsédé par Jean-Jacques Rousseau et le livre est aussi une réflexion sur l'influence que peut avoir un auteur sur la vie d'un artiste. Il est aussi parfois très drôle (et très cruel) dans la description des erreurs du cinéaste sur le plan sentimental ou professionnel, qui ne sont pas sans rappeler celles de son idole. Par certains côtés cependant le personnage passe littéralement à côté de sa vie et le tragique n'est pas non plus bien loin.
Réflexion également sur le destin, sur les erreurs, le livre est d'une grande richesse, mais comme toujours chez Boyd jamais pontifiant. ce qui compte ici c'est avant tout le plaisir romanesque. On sent tout le plaisir, très communicatif, de Boyd à se plonger à corps perdu dans ce riche passé.
Un grand bonheur de lecture donc. J'ai souvent l'impression avec W. Boyd que l'on tient le nec plus ultra du divertissement vif, élégant et souvent plein d'humour. Pour situer mieux les choses, on a la un auteur qui est dans le pur plaisir romanesque, qui s'efface toujours derrière ses personnages. Pas franchement de l'auto fiction à la française. Cependant rien n'empêche d' aimer Annie Ernaux et William Boyd !
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John James Todd, né à la fin du XIX ème siécle en Ecosse voue une passion pour le livre de Rousseau avec une idée obsédante en faire l'adaptation cinématographique. Mais le XX ème siécle, va connaitre des malheurs qui retarderont cette ambition déraisonnable. Car la vie de Todd, va subir de plein fouet, et la grande Histoire et son histoire personnelle compliquée. le grand talent de Boyd est de faire vivre les grands moments de ce siècle avec une virtuosité narrative incroyable.Son personnage idéaliste, épris de liberté, mais aussi terriblement frustré de remettre à chaque fois le projet de sa vie entre parenthèse est un bonheur de lecture totale. D'anecdotes en aventures rocambolesques , Boyd nous amuse, nous fait rire, nous touche, nous surprend en un mot il nous régale. Et tant mieux, si c'est la faute à Rousseau.
(Celle là était facile). Tout simplement ENORME.
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La lecture (passionnante) du dernier William Boyd, "L'attente de l'aube", qui vient juste de paraître en français, m'a donné envie de relire une des premières oeuvres de l'auteur, « Les Nouvelles Confessions ».

C'est aussi l'histoire d'un jeune homme intelligent et sensible que les hommes et les événements tentent de broyer. On y retrouve les thèmes de la manipulation, et de la Grande Guerre (vue du Saillant d'Ypres, qui valait bien Verdun).

Une différence cependant : le héros, John James Todd, loin d'être un habile homme, est un maladroit de naissance, orphelin de mère, et ignoré de son père (chirurgien sur-occupé de l'Hôpital d'Edimbourg, qui rappelle le père de Flaubert, chargé des mêmes tâches à Rouen).

Bon connaisseur de Jean-Jacques Rousseau, Boyd nous raconte la vie errante et l'éducation sentimentale cabossée de son John James. Comme Rousseau, le philosophe maladroit va à Paris, Todd le cinéaste maladroit va a Berlin, où il rencontrera le nazisme – qu'il ne voit pas venir - puis à Hollywood, où il sera victime de la chasse aux artistes supposés communistes. Il finira exilé, comme bien d'autres héros de Boyd.

Ce roman de 1988 n'a pas pris une ride, et je le recommande à votre lecture.
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Que peut-on demander à un roman sinon d'être romanesque ? C'est la première qualité des livres de William Boyd, son talent de conteur me réjouit. Ici, il nous embarque pour un voyage au long cours en nous déroulant les fils, parfois très emmêlés, de l'existence de John James Todd. Si je ne me trompe, John James signifie Jean-Jacques en anglais. En effet, le héros de Boyd découvrira le sens de son existence en même temps que Les Confessions de J-J Rousseau et toute sa vie sera placée sous une quête quasi obsessionnelle : transposer à l'écran l'ouvrage de l'honnête homme.
Pourtant, au départ, rien ne prédispose le jeune Todd au cinéma sinon une certaine capacité à la rêverie (on retrouve ici Rousseau) et un caractère réfractaire à l'enseignement académique tel qu'il est dispensé au début du vingtième siècle, dans les écoles écossaises. Orphelin de mère à la naissance, il est élevé par une servante aimante, mais fruste, et ne suscite que rarement l'intérêt de son père, sauf pour ses expérimentations hygiénistes, ou l'affection de son frère Thompson, un sinistre crétin. Enfant timide et solitaire, il se transforme en adolescent maladroit dont l'imagination cavalcade, ce qui ne va pas sans lui créer des problèmes. Ainsi, il se persuade que Donald Verulam, un ami de sa mère, était l'amant de celle-ci et qu'il est, par conséquent, son vrai père. de même, il s'entiche de sa tante et tente de la séduire en exhibant sa virilité. Ses méprises à répétition l'amène à un engagement précoce dans la première guerre mondiale. La guerre, si horrible soit-elle, lui permet de découvrir les trois pivots autour desquels s'organisera son destin : le travail cinématographique, Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau et Karl-Heinz Kornfeld, geôlier complaisant et comédien dans le civil.
Il n'est pas toujours facile de mener à bien une oeuvre et la route est souvent semée d'embûches. La carrière cinématographique de Todd, amorcée dans l'armée sous l'égide de Donald Verulam, l'a conduit dans une prison à Weilberg, puis à Mayence. La démobilisation en fait un jeune cinéaste à succès commerciaux jusqu'à la faillite de la société de production qui l'emploie. le départ pour Berlin, les retrouvailles avec Karl-Heinz, la rencontre des Lodokian père et fils et le coup de foudre pour l'actrice Doon Bogan permettent à Todd de relancer son grand projet cinématographique. Mais la célébrité ne protège pas des aléas de la vie : son mariage bat de l'aile, son second fils meurt et si la sortie de la première partie des Confessions est un succès d'estime, le cinéma muet est bien mort et enterré avec l'arrivée du parlant. Dans une Allemagne crépusculaire que les intellectuels commencent à fuir, Todd voit son entreprise peu à peu sombrer. Il est abandonné par sa femme Sonia, délaissé par Doon et rançonné par son producteur aux abois. Après un séjour désastreux à Londres, une retraite en Écosse, il se décide à rejoindre la Californie.
Qui aurait prédit à Todd qu'il tournerait un jour des westerns et commencerait une nouvelle carrière aux États-Unis ? Encore une fois, de nombreux obstacles vont se dresser devant lui au moment où s'engage une chasse aux sorcières avec l'épisode dramatique du maccarthysme.
Nous le voyons, les épreuves qu'affrontent le héros de William Boyd sont nombreuses et aucun coup du sort ne lui est épargné. L'individu pèse peu face à l'adversité, cependant le courage et quelques règles de survie lui permettent de ne pas sombrer. L'auteur nous le dit avec humour et un certain panache, ce qui nous rend Todd si attachant. Ce gros livre peut se lire comme une épopée, à la croisée du conte philosophique et du roman picaresque.
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Installé sur une île espagnole qui regarde l'Afrique, dans un exil qui dure depuis près de dix ans, John James Todd se penche sur sa vie riche et mouvementée. D'une venue au monde sous le signe de la tragédie, aux tranchées de la Grande Guerre, de la renommée de cinéaste de génie dans le Berlin de l'âge d'or du cinéma allemand, à la mise à l'index pendant la Chasse aux sorcières des années quarante et cinquante aux États-Unis, l'existence du narrateur semble fortement conditionnée par une tournure d'esprit romantique et une impulsivité certaine, à l'origine de multiple décisions inconsidérées, comme d'une l'ornière qu'il se creuse. Ses heurs et malheurs ne sont pas sans évoquer, par certains côtés, ceux de Jean-Jacques Rousseau, auteur des fameuses Confessions, qui ont marqué profondément et durablement Todd, à telle enseigne qu'il y a consacré les meilleures années de son génie créatif. 

Les Nouvelles Confessions est un roman au long cours, riche en pérégrinations, peut-être le grand oeuvre de l'écrivain, scénariste, réalisateur britannique. Il réussit remarquablement dans le but qu'il se propose, illustrer le séjour de l'être humain sur cette planète, profondément paradoxal et fondamentalement incertain.



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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Karl-Heinz ne m’avait donné que le texte – j’ignorais le titre, j’ignorais l’auteur. Je ne savais rien du sujet du livre ni de son genre. Pourtant, assis là dans cette cellule, j’eus l’impression d’être à l’orée d’une merveilleuse aventure et de tenir entre mes mains fiévreuses quelque chose d’immensément précieux. Ce fut un instant divin. Il allait changer ma vie.
*
"Chapitre Un. "
Mon coeur battait follement d’impatience. La première phrase, le premier paragraphe...à quoi ressembleraient-ils ? Je lus :
" Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution [...] n’être fait comme aucun de ceux qui existent " Mon émotion fut telle qu’il me fallut reposer la page. Mon coeur se démenait dans ma poitrine, y battant à grands coups. [...] Mais jamais je n’ai lu un tel prologue à un livre, jamais je n’ai été aussi puissamment et immédiatement emporté. Qui était cet homme ? A qui appartenait cette voix qui m’interpellait si directement, dont l’impudeur effrontée retentissait de tant d’honnêteté sincère ? Hypnotisé, je poursuivis ma lecture.
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Personnellement, je n’ai jamais perdu cette capacité juvénile de sentir à l’état brut. Dieu merci. C’est ce qui me situe à l’écart de la majorité des gens, paralysés par la bienséance et les conventions, étouffés par les notions de respect et de statut. Aujourd’hui encore, je peux revivre la jalousie de mes dix-sept ans, la sentir m’étreindre la gorge, me labourer les entrailles.
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Je crois que je comprends le piège de la pauvreté. Il faut que vous ayez un peu d'argent, un peu d'amour-propre, un peu de respect pour l'autorité. Ainsi, vous ne mourez pas de faim, vous ne mendiez pas et vous ne volez pas. Et ainsi, vous ne faites jamais rien.
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Toutes mes pensées avaient désormais trop servi - elles étaient molles, avachies, aussi diaphanes qu'une chemise trop lavée. Je voulais des pensées neuves, une stimulation nouvelle, je voulais quelque chose à lire. Je suppose que du papier et un crayon, de la musique, une conversation animée auraient été tout aussi bienvenus, mais, dans mon désespoir, je voyais mon salut dans un livre, n'importe quel livre. Je voulais être amusé, séduit, mais, avant tout, communiquer avec un autre esprit, une autre imagination que la mienne. J'avais cessé de rêver. J'avais cessé de me masturber. J'étais vide, une cosse. J'avais besoin d'un peu e fertilisation. Une goutte de carburant pour remettre la machine en marche.
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Et nous perdîmes ce que nous possédions avant que je ne nous embarque dans ces quelques secondes irréfléchies. Ce baiser ne nous ouvrit aucune porte : il annula simplement les alternatives et nous laissa tous deux appauvris. Ce que j'envie le pus chez les gens, c'est leur capacité d'utiliser de manière positive la modération et le sacrifice. De vive et 'être heureux avec le négatif, la route non choisie. A l'échelle des gigantesques déceptions de ma vie, mes trois secondes d'étreinte avec Heather peuvent être considérées comme insignifiantes, mais elles se révélèrent un petit regret durable, comme un appendice grommelant, harcelant, harcelant.
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Vidéo de William Boyd
Au sommaire de la Critique, deux livres :
"Drive", recueil de poèmes de Hettie Jones resté jusqu'à présent inédit en France et disponible dans une édition bilingue chez Bruno Doucey (traduction de l'anglais (Etats-Unis) : Florentine Rey et Franck Loiseau).
"Trio", le nouveau roman de William Boyd paru au Seuil et traduit de l'anglais par Isabelle Perrin.
Nos critiques du jour : Marie Sorbier, rédactrice en chef du magazine I/O Gazette et productrice d'Affaire en Cours sur France Culture et Laurent Nunez, écrivain et éditeur.
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