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ISBN : 2332960635
Éditeur : Edilivre-Aparis (30/06/2015)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Clair-obscur : distribution des lumières et des ombres, ambiguïté, incertitude.

C’est ce que vont vivre Arlette Gravier, employée aux Trois Quartiers, Arnaud Larribe, métreur, Damien Rubot, ouvrier chez Citroën, pris dans les drames de la France des années 1940-1945. Ils répondront aux interrogations du moment en fonction de leur engagements passés, et par l’appel à leur conscience individuelle, seul recours possible en ces temps où tout s’écroule,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ManouB
  14 mars 2016
La guerre est là et les allemands envahissent la France : ils ont maintenant atteint la capitale. le roman débute le 17 juin 1940 alors que le Maréchal Pétain s'adresse aux français pour les informer de la composition de son nouveau gouvernement.
Arlette Gravier est employée dans un grand magasin du quartier de la Madeleine, les Trois Quartiers. Tous les soirs, elle écoute Radio France en pensant à tous ses amis partis à la guerre et dont elle n'a plus de nouvelles. Parmi eux certains sont communistes et ont participé avec elle au Front populaire en 1936. Que sont-ils devenus…
Le 18 juin, alors qu'elle écoute la radio d'une oreille distraite pour tenter de quérir quelques nouvelles, elle entend, incrédule et fascinée à la fois, le discours d'un certain général…C'est l'appel du 18 juin 1940.
A Paris, ville occupée, les allemands sont partout et leur présence divise la population.
Il y a ceux qui s'obstinent chaque jour à paraître invisible et à ne s'occuper que de leurs affaires : se rendre à leur travail et faire ce qu'on leur dit, sans faire de vague, trouver à manger pour leur famille malgré les tickets de rationnement et les queues interminables devant les magasins d'où parfois ils reviendront bredouilles.
Il y a ceux qui s'interrogent sur les disparitions, sur les bruits qui courent, ceux qui écoutent Radio Londres en cachette et qui décident de se fondre dans la nuit, de raser les murs pour ne pas se faire remarquer et de s'engager…pour sortir le pays de ce chaos. Arlette Gravier est de ceux-là. Elle assiste, impuissante à la dégradation du pays. Elle entend les rumeurs qui font état de dénonciations et de ces convois qui emmèneraient des juifs.
Alors qu'elle a rencontré René Bertin, dont elle tombe amoureuse, elle ne peut refuser d'entrer dans la Résistance. Elle qui est depuis longtemps incapable de "s'intégrer dans le moule" et d'avoir la vie que la société attend d'une femme : le mariage, les enfants, le rôle de mère…devient Mado et commence avec ce surnom une deuxième vie…
Enfin, il y a ceux qui choisissent de se mettre du côté de l'ennemi, se pensant ainsi à l'abri, et qui n'hésitent pas à s'afficher dans les soirées aux côtés des allemands, à s'amuser, à sortir dans des lieux de débauches, voire à se faire entretenir…
Anne Laroche est de ceux-là : elle préfère fricoter du côté ennemie, de ses "amis allemands" comme elle les appelle en public. Et elle s'affiche aux bras de gradés allemands, s'enivrant sans honte.
Arnaud Larribe, un simple métreur qui dessine des plans de constructions à usage civil et qui a été attiré au début de la guerre, comme bon nombre de français, par les idées du Maréchal Pétain, va peu à peu se révolter, choqué par la tournure des événements. Il va en particulier tenter de remettre Anne Laroche, dont il aime la séduisante féminité et qu'il fréquentait avant-guerre, dans le droit chemin, avant de rompre définitivement avec elle et d'en être totalement soulagé…

Comment ne pas entrer en résistance dans ces temps troublés où tout s'écroule autour d'eux ?

Mais... à qui peut-on réellement se fier en ces temps de guerre où tous les films diffusés au cinéma sont devenus films de propagandes, où les gendarmes participent aux arrestations, où Radio Paris est devenue collaborationniste, où on rassemble des familles entières de juifs au Vélodrome du Vel d'Hiv et, enfin, où certaines femmes n'hésitent pas à se vendre pour un manteau qui les réchauffera du froid glacial de cet hiver sans fin ?

le lecteur retrouve dans ce roman certains personnages dont il avait (peut-être ?) déjà suivi la vie quotidienne et les engagements dans "L'embellie".
C'est ainsi que le lecteur suit un moment Julien Massis qui travaille toujours comme employé chez Renault à Billancourt mais fera partie des victimes du bombardement de mars 1942. Puis ce sera Damien Ribot, qui est ouvrier chez Citroën au quai de Javel. Il s'engagera dans la résistance et deviendra un membre actif. La plupart ont fait connaissance en 1936, au moment du Front populaire et, ils se sont posé de nombreuses questions suite à son déclin.

Le lecteur les retrouve maintenant au début de la guerre dans Paris qui va vivre des mois de privation, de violence et le couvre-feu tous les soirs...Chacun d'eux va réagir aux événements en fonction de ses engagements passés.

Voilà un roman richement documenté sur cette période trouble de l'histoire (un de plus me direz-vous). Mais celui-ci a cela de particulier qu'il est vu de l'intérieur, à travers le vécu de gens simples faisant partie du monde ouvrier.
Le lecteur participe à leurs interrogations, à leurs doutes et à leurs choix…
Ils n'ont que Radio Londres et les paroles de ce mystérieux Général de Gaule pour espérer, ce général qui semble parler "seul" mais soulèvera des montagnes…

La guerre, même si nous ne sommes pas au front, est omniprésente. Les batailles sont invisibles mais non moins glorieuses et pleines d'espérance.

Et si certains y laisseront leur vie, d'autres devront malgré tout assumer leur choix.

J'ai aimé suivre Arlette dans ses prises de conscience et dans son engagement quotidien, dans ses doutes et ses bonheurs de femme, mais aussi ses inquiétudes.
L'auteur nous livre-là un superbe portrait de femme. Au départ elle ne s'engage pas pour sauver son pays, mais bien parce que c'est sa conviction profonde qu'on ne peut subir sans se révolter. Elle est la fidèle représentation de ce que les gens simples ont vécu pendant la guerre. Rien n'était dit, il fallait deviner à travers les rumeurs la part de vérité, et faire des choix difficiles qui pouvaient à chaque instant mettre sa vie en danger.

Comment retrouver la clarté après avoir vécu l'obscurité ?
Un roman, facile à lire et prenant qui peut être lu dès l'adolescence.
Il est découpé en deux parties : « Victorieuse obscurité » et « Incertaine clarté », rendant parfaitement claire l'intention de l'auteur de montrer cette ambiguïté si particulière à la Seconde Guerre Mondiale.
Lien : http://bulledemanou.over-blo..
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QueLire
  01 février 2016
Seconde guerre mondiale, la France subit l'invasion des Allemands. Alors que certains tentent de continuer à vivre plus ou moins normalement, d'autres se posent des questions. Que faire ? Fermer les yeux sur les arrestations arbitraires et sur les rafles ? Feindre et donner l'impression d'ignorer que ces gens emmenés de force font très probablement leur dernier voyage. Attendre que tout cela passe et se ranger du côté des plus forts avec ceux qui n'ont aucune honte à sortir le soir et s'amuser. Quand certaines couchent avec les occupants pour s'assurer un certain confort matériel, d'autres rallient la résistance et, par de petits gestes tente de contrer l'assaillant et de libérer le pays.
« Clair obscur », c'est la guerre vue de l'intérieur. Pas de batailles, pas de sang, mais des actions à mener pour retrouver la liberté. C'est la montée en puissance de Charles de Gaulle, vers qui convergent tous les espoirs. A la libération, c'est aussi la violence à l'encontre de ces Français qui, durant la guerre, ont collaboré ou fricoté avec les nazis.
Un court roman sur la résistance vue par de nouvelles recrues et sur les choix, souvent difficiles, qui font que les relations se nouent ou se disloquent.
J'ai beaucoup aimé l'histoire d'Arlette, qui tente de continuer à vivre jusqu'au jour où elle ouvre les yeux sur ce qui se passe autour d'elle. Les cinémas qui diffusent des films pro-nazis, la gendarmerie française qui aide aux arrestations et les femmes qui se vendent à l'occupant. Puis ses rumeurs, sur ce qui advient des juifs et des résistants. Quand l'opportunité s'offre à elle de rejoindre la résistance, ce n'est pas sans crainte qu'elle s'engage. Stéphane Bret nous offre un beau portrait de femme ordinaire qui va prendre son destin en main pour le bien du pays.

Lien : http://que-lire.over-blog.co..
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Corboland78
  24 avril 2016
Stéphane Bret, âgé de 63 ans, réside à Boulogne-Billancourt. Clair-obscur est son cinquième roman.
« Clair-obscur : distribution des lumières et des ombres, ambiguïté, incertitude. C'est ce que vont vivre Arlette Gravier, employée aux Trois Quartiers, Arnaud Larribe, métreur, Damien Rubot, ouvrier chez Citroën, pris dans les drames de la France des années 1940-1945. Ils répondront aux interrogations du moment en fonction de leur engagements passés, et par l'appel à leur conscience individuelle, seul recours possible en ces temps où tout s'écroule, où l'obscurité triomphe dans un premier temps pour faire place ensuite à une incertaine clarté, porteuse d'espoirs fragiles. » Je recopie la quatrième de couverture un peu pompeuse…
Roman historique dans le Paris de l'Occupation, c'est à peu près tout ce que je peux dire de ce mince bouquin – mince dans tous les sens du terme. le qualificatif « roman historique » induit une notion de cocktail, une part romanesque/intrigue qui s'avère quasi inexistante ici et une part historique qui tire la couverture à elle dans ce qui se résume à une accumulation de faits et anecdotes connues. du One Two Two le fameux clandé de la rue de Provence aux cinémas proposant le Corbeau ou L'Assassin habite au 21, des extraits de discours de Churchill ou Pétain, les tickets de rationnement etc. Quant à l'angle politico-psychologique-éthique il est définitivement trop basique pour en dire quoi que ce soit.
Je ne m'attarderai donc pas longtemps sur cet ouvrage qui, de mon point de vue, est assez ennuyeux et dont le seul public de cible ne peut être que la jeunesse, afin de compléter de manière ludique ce qu'elle apprend en classe. Et c'est déjà pas mal. Sinon, pour les autres, c'est un peu comme regarder par hasard un match de football amateur quand on est habitué à la Ligue1. Et puis cette manière de nommer sans cesse son héroïne « Arlette Gravier » au fil des pages, « Arlette Gravier » fait ci ou « Arlette Gravier » dit cela, finit par créer un effet comique involontaire et préjudiciable au texte.
Bon, je résume, un bon roman si on le place dans le bon créneau, celui des jeunes enfants qui étudient cette période trouble et difficile de notre histoire, sinon le malentendu fera beaucoup de déçus.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ManouBManouB   14 mars 2016
En fait ce qui caractérisait ces premiers mois de guerre, d'occupation ennemie, c'était surtout pour la population, la survenance d'immenses problèmes matériels de toutes sortes : les actes les plus ordinaires engendraient des difficultés monstrueuses...p.23
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TRIEBTRIEB   02 juillet 2015
C’était enfin un visage, une silhouette qui commençait à être connue des Français. Damien Rubot crut remarquer que durant le défilé sur cette artère, le général de Gaulle se tenait en avant de la première rangée de manifestants composée de ses ministres, et collaborateurs immédiats. Était-ce pour des raisons de protocole ?

C’était peu probable, car le fonctionnement régulier des institutions de la République était loin d’être rétabli. Pour marquer sa prééminence, ou pour illustre les retrouvailles avec la France, qu’il allait, peut-être, incarner ? Pour signifier que celle-ci ne l’avait jamais vraiment quitté ?
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TRIEBTRIEB   02 juillet 2015
Une autre circonstance le frappa : les cloches de Paris sonnaient toutes ensemble le tocsin, pour fêter la libération de la ville. Damien Rubot dut essuyer les larmes qui coulèrent sur son visage : lui, athée, pur produit d’une éducation dont la religion était absente, était bouleversé par ce fond sonore désormais associé pour toujours dans son esprit à la libération de Paris.
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Corboland78Corboland78   24 avril 2016
Retournez-vous discrètement et souvent, marchez à bonne distance, si vous remarquez que quelqu’un vous dévisage d’une manière trop insistante, quittez la rame juste avant le démarrage. Et courrez en sortant sur le quai. Faites attention au portillon automatique, aussi. Son franchissement au dernier moment peut vous sauver. Autre chose : les agents de la police ou ceux de la Gestapo portent souvent des cirés noirs. Méfiez-vous des Tractions-avant, elles peuvent être des voitures de flics, de mouchards. Ce sera tout pour cette fois. On vous recontactera plus tard, à votre travail, sous un prétexte superficiel, bien sûr…
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ManouBManouB   14 mars 2016
Éprouvait-elle du dégoût, un soupçon de réticence à pénétrer cet univers, à impliquer sa vie d'une manière on ne peut plus voyante, dans cette démarche ? Anne Laroche ne se posait plus de questions depuis juin 1940, et jusqu'à preuve du contraire, il n'y avait pas de motifs fondés pour remettre ces orientations en question ; elles étaient efficaces, elles faisaient leurs preuves...

L'heure était à l'abandon, à tous les sens du terme.(p. 36)
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Une présentation de mon dernier roman :"AU MALHEUR DE L'IDENTITE", paru aux éditions BOD .Il pose cette question :qu'est-ce qu'un Français ?
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