AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Berthe Vulliemin (Traducteur)
ISBN : 2253005215
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1974)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 129 notes)
Résumé :
Cette année-là, à Ranchipur, Etat semi-indépendant des Indes anglaises, la mousson s'était fait attendre.
Tous guettaient avec anxiété la venue des pluies, ces pluies abondantes, diluviennes, vitales. Enfin, elles arrivèrent ! Mais, de mémoire d'homme, on n'avait vu de pluies aussi fortes, aussi extravagantes à Ranchipur. Et ce fut l'horreur : un tremblement de terre, une digue rompue et les eaux de la rivière, grossie par les pluies de la mousson, détruisire... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
bookaure
  14 décembre 2012
Le livre n'avait rien pour lui au départ: une édition de 1962, pages jaunies, toute petite écriture sur plus de 600 pages...
Roman peu connu, j'ai découvert La mousson de Louis Bromfield un peu par hasard...et quel heureux hasard!
Nous plongeons dans les Indes britanniques de l'entre deux guerres. La société de la petite ville de Ranchipur est dans l'attente de ce qui apparaît à la fois comme une menace et une délivrance, la saison des pluies, la mousson. Celle-ci se déclenche enfin, et amène avec elle le chaos et la maladie. Mais au delà de cela, comme à chaque fois, elle permettra également une renaissance: la ville renaîtra de ses cendres, le peuple se relèvera, caractères et personnalités se révéleront.
Louis Bromfield réussit avec un grand talent à nous transporter dans ces Indes où se côtoient à la fois l'absurde, le tragique et le comique. Il dépeint avec brillo cette société de l'époque, prenant soin de donner chaque fois le détail qui nous permettra de cerner la particularité de chaque personnage. Il décrit aussi parfaitement l'atmosphère qui y règne: on a le sentiment de faire partie de cette société, de connaitre cette même moiteur sur la peau, cette même sensation d'étouffement particulière en cette saison.
C'est enfin un roman de l'espoir, à la lecture duquel on se rend compte que l'homme n'est jamais dans une situation désespérée, que peut importe l'ampleur du désastre, interne ou extérieur, on peut toujours trouver de la ressource en soi pour mieux repartir.
En résumé, ce roman avait tout pour me plaire et il a réussit à me conquérir: un cadre grandiose, des personnages riches en couleur, une histoire simple mais porteuse d'espoir, une écriture parfaite...
Je n'ai plus qu'à espérer que vous le lirez, l'aimerez et en parlerez autour de vous car il gagne à être connu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Woland
  26 décembre 2007
(Suite)
Principal héros et observateur : Thomas Ransome, fils cadet d'un comte britannique et d'une héritière américaine, qui endort son désenchantement et son cynisme dans l'abrutissement de l'alcool. Après une jeunesse où il a brûlé la chandelle par les deux bouts, il a atterri à Ranchipur où il s'est fixé parce que tout, dans ces Indes immémoriales, le fascine. Depuis lors, il alimente par sa présence et son passé, supposé ou réel, les fantasmes de la petite communauté américano-britannique du coin.
A la tête de la communauté en question, Mr et Mrs Simon, des missionnaires protestants expédiés à Ranchipur pour y accomplir tout le bien possible mais qui y ont évidemment amené ces a-priori bizarres et incompréhensibles pour le commun des Européens que les Etats-Unis ont toujours nourris envers tout ce qui n'est pas américain à 100%. Dans le couple, c'est la blonde Mrs Simon, ancienne "belle" sur le retour, qui dirige, d'une main d'acier, non seulement sa marionnette d'époux mais aussi ses deux filles, Hazel l'Effacée et Fern la Rebelle. Outre ses obligations de tyran familial, Mrs Simon consacre son temps à cancaner avec Lily Hoggett-Eggbury, l'épouse de l'Administrateur britannique du coin (lequel Administrateur a préféré se réfugier à Calcutta, loin de l'incroyable vulgarité de sa femme) et à rédiger les textes de nombreuses lettres, toutes destinées à perdre définitivement ses voisins, Mr et Mrs Smiley – autre ménage de missionnaires mais présenté, celui-là, par Bromfield comme la parfaite antithèse des Simon – dans l'esprit des responsables fédéraux de la Mission Evangélique.
L'un des grands rêves de Mrs Simon – pour ne pas dire son fantasme le plus acharné – est de voir Tom Ransome – un aristocrate anglais, tout de même ! – assister à l'une des petites parties qu'elle donne régulièrement. Et voilà que, alors que les pluies commencent à peine, le miracle se produit : poussé par l'ennui, Ransome y fait une brève apparition. Juste le temps pour lui de nouer une relation amusée et un peu paternelle avec la jeune Fern, en qui il sera assez surpris de découvrir par la suite un point de stabilité qui lui deviendra vite indispensable.
Mais n'anticipons pas …
Dans le même temps, débarquent à Ranchipur lord et lady Esketh. le premier est un nouveau riche absolument infect même si, selon la formule consacrée, il s'est fait tout seul. Grand amateur de chevaux de race, il vient acquérir deux étalons de grand prix auprès du Maharadjah. La seconde est, tout comme Ransome avec qui elle eut jadis une liaison, un pur produit de l'authentique aristocratie anglaise. Et, toujours comme Ransome, elle traîne un fantôme d'existence, à la seule différence que, pour elle, le sexe y remplace l'alcool.
Mais les pluies s'abattent et tout se met à bouillonner. Lord Esketh tombe malade. On appelle à son chevet le major Safti, médecin et chirurgien du lieu, qui diagnostique un cas de peste, probablement contractée dans les écuries du Maharadjah où deux palefreniers sont déjà morts. Plus préoccupée du physique du séduisant major que du décès imminent de son époux – qui a tout fait, il est vrai, pour qu'elle en vienne à le haïr – Edwina Esketh songe déjà au moyen de demeurer à Ranchipur un peu plus longtemps.
A l'extérieur, la catastrophe déborde. En quelques heures, tout ou presque est submergé et les destins se dénouent. Celui de Miss Dirks, l'une des deux institutrices de Ranchipur, qui préfère la noyade aux souffrances que commence à lui imposer le cancer de l'utérus dont elle souffre. Par contre coup, celui de son amie, Miss Hodge, avec laquelle elle vivait depuis près de trente ans et qui, incapable de supporter la réalité de la disparition de sa compagne, sombrera dans une folie douce. Celui de Mr et Mrs Jobnekar qui avaient consacré toute leur vie à la réhabilitation des Intouchables et que le flot engloutit avec leur maison. Celui de Harry Loder, militaire britannique et prétendant aussi brutal que malheureux à la main de Fern : personnage somme toute assez antipathique, il se proposera néanmoins pour faire sauter la barrière de cadavre qui empêchait les eaux de redescendre et y perdra la vie. Et bien d'autres encore …
Car « La Mousson », c'est aussi un roman sur la renaissance morale d'individus qui, jusque là, s'étaient comportés soit en parfait égoïstes, soit en fripouilles absolues. Certes, les personnages y sont parfois crayonnés de façon un peu trop manichéenne, voire caricaturale mais, pour une raison ou pour une autre, ils n'en tiennent pas moins bien la route même si l'ensemble a vieilli. On peut regretter également les longueurs inévitables à ce genre de romans. Toutefois, si vous n'avez rien à vous mettre sous la dent et si vous aimez les analyses minutieuses des petites communautés, que celles-ci soient indiennes, américaines, européennes ou marsiennes, allez-y de confiance. « La Mousson » n'est pas ce que l'on nomme de « la grande littérature » mais c'est un livre qui a le mérite d'avoir été écrit par quelqu'un de sincère et, tout compte fait, son ingénuité présente quelque chose de rafraîchissant. ;o)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
allard95
  08 avril 2015
Gros roman, que l'on commence en espérant en apprendre beaucoup sur l'Inde. Il s'agit de l'Inde, encore anglaise, des années 1930. Effectivement, la grande complexité de ce continent, ses peuples, ses usages, sa hiérarchie des hommes et des valeurs nous est décrite, et c'est passionnant. On en est presque déçu que l'auteur, ce décor posé, nous invite dans un roman comme les autres, c'est-à-dire portant sur les caractères des hommes, leurs qualités, leurs faiblesses, leurs amours. Une communauté européenne de type colonial nous est présentée: les généreux, les égoîstes, les cultivés, les simples. Tout de même, il s'agit de classes dominantes: missionnaires, médecins, militaires .... Et les pluies arriveront, cette année-là avec leur drame: le barrage, construit pour apporter l'électricité et réguler les eaux par un européen sans scrupules, qui aura économisé sur les fondations et la qualité du sable, va s'effondrer. La ville sera détruite, et les morts se compteront par centaines, au moment de l'inondation d'abord, et ensuite du fait des épidémies, et notamment du choléra. Et l'on comprend où l'auteur veut en venir: nous montrer comment, face à l'adversité, certains hommes vont se comporter avec vaillance, courage et générosité, et d'autres seront les mesquins, les resquilleurs, les médiocres. Et les uns et les autres ne seront pas exactement à la place où on les attendait. Tout cela est cohérent, plutôt intéressant. Mais 680 pages, c'est un peu long, et on se passerait bien de beaucoup de détails. Beau livre à l'origine, ce livre a sans aucun doute vieilli: on peut tout de même encore s'y risquer, sans avoir à le regretter.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Woland
  26 décembre 2007
The rains came
Traduction : Berthe Vulliemin
Publié pour la première fois en 1937, « La Mousson » - qui porte en anglais le titre, infiniment plus poétique, de « The Rains Came » - est probablement, avec « Mrs Parkington », le roman le plus connu et aussi le plus lu de Louis Bromfield. Il a d'ailleurs donné lieu à une adaptation cinématographique mémorable avec la sculpturale Lana Turner dans le rôle de lady Esketh, Tom Ewell – le voisin de Marilyn dans « Sept Ans de Réflexion » thumleft - dans celui de Tom Ransome et un Richard Burton somme toute assez convainquant dans celui du Major Safti.
L'argument de base est le suivant : dans une petite principauté indienne, l'Etat de Ranchipur, que gouvernent de façon éclairée le Vieux Maharadjah et son épouse, l'impressionnante Maharani, la saison Sèche touche à sa fin et tout le monde attend désespérément le début de la saison des Pluies. Lorsque celles-ci arrivent, elles sont si violentes qu'elles provoquent la crue du fleuve et la rupture d'un barrage édifié par un escroc. La ville se retrouve alors inondée et le choléra se déclare. A la fin de ce roman-fleuve – six-cent quatre-vingt-quinze pages en édition de Poche :sleep: – tout rentrera dans l'ordre non sans que certains des personnages campés par Bromfield n'aient trouvé dans la catastrophe une mort navrante ou héroïque.
Derrière ce thème, les buts poursuivis par le romancier s'avèrent multiples. Avant tout, bien entendu, l'éternelle opposition entre l'Orient et l'Occident – au bénéfice de l'Orient puisque Bromfield penchait fortement vers le Communisme et rejetait avec violence toute idée colonisatrice qui ne fût pas originaire d'URSS. (En ce qui concerne la colonisation des Etats-Unis, ce petit-fils de pionniers débarqués en Ohio au XVIIIème siècle n'en parle toujours qu'en termes héroïques pour les Blancs et je ne connais aucun ouvrage de lui où il ait pris position pour les Indiens d'Amérique. Thumb down ). Les considérations enthousiastes qu'émet aussi Bromfield sur l'Islam en évoquant la personnalité au demeurant des plus énergiques de Rashid Ali Khan, le Chef de la Police de Ranchipur, sonnent tout aussi étrangement et ne trouveraient certainement pas d'écho de nos jours chez la majeure partie des Américains.
C'est que Bromfield a cette implacable naïveté des « compagnons de route » et qu'il avance obstinément, pas à pas s'il le faut mais sans reculer d'un pouce et en se cramponnant à ses idées toutes faites et aux oeillères qui le protègent. Soyons juste : cela ne remet pas en cause son talent dont il fait ici l'une de ses meilleures démonstrations en nous peignant toute une galerie de personnages qui, Indiens comme Britanniques, valent largement le détour. (A suivre)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
frandj
  11 avril 2015
Louis Bromfield (1896-1956) est un écrivain américain, un peu oublié maintenant, qui a publié son roman "La mousson" en 1937. J'ai lu ce gros roman pour la première fois alors que j'étais adolescent. Ce livre nous fait pénétrer au coeur du sous-continent indien, alors sous administration britannique. Résumée à l'extrême, l'histoire est très simple. La mousson - très attendue et particulièrement forte, cette année-là - cause la rupture du barrage qui détruit presque complètement la ville indienne de Ranchipur; l'inondation est suivie par une épidémie de choléra. Dans le chaos qui s'installe, certaines personnes se révèlent mesquines et individualistes. Au contraire, des hommes de bonne volonté - des Britanniques et des Indiens - se mobilisent pour sauver ce qui peut l'être et commencer la reconstruction. Ainsi, le romancier délivre un message plutôt optimiste sur la capacité de l'humanité à faire face aux catastrophes. de plus, L. Bromfield a imaginé de nombreux personnages, en particulier celui de Thomas Ransome. Comme dans tout roman, le héros aura évidemment une histoire d'amour. Mais, à mon avis, le livre est surtout intéressant par la description très vivante de "l'Inde profonde" pendant l'ère coloniale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          91
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
WyomingWyoming   16 août 2018
Il semblait, en quelque sorte, que tous ces morts fussent là, dans la grande et fraîche cuisine de Smiley, même quand le petit groupe discuta avec enthousiasme les plans de la ville nouvelle et que l'ancienne flamme reparut pendant une seconde dans les yeux du major. Ils seraient toujours là; ils ajoutaient au changement. Mais chaque semaine, chaque mois, chaque année, leur présence perdrait un peu de sa réalité, car, ainsi que disait tante Phoebe, les morts étaient partis, et les vivants disposaient de si peu de temps qu'ils avaient bien trop à faire pour s'attrister sur eux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
litolfflitolff   28 septembre 2012
Les Hindous sont la plus belle, la plus fine des races, songea de nouveau Miss Mac Daid. Lorsqu'on avait vécu longtemps aux Indes, les plus remarquables visages d'Occident apparaissaient comme des puddings anémiés et désossés.
Commenter  J’apprécie          60
litolfflitolff   12 novembre 2010
Obsédé par l'idée de rendre à son peuple sa dignité et sa fierté, l'actuel Mahararajah songeait à y créer des filatures où la population pourrait fabriquer elle-même ses vêtements
Commenter  J’apprécie          40
Hellas07Hellas07   13 juillet 2017
Le mouvement de la vie ne peut être évalué à la marche des aiguilles sur le cadran, il se mesure par ce qui vous arrive.
Commenter  J’apprécie          41
patatarte2001patatarte2001   01 janvier 2015
Elle n'était pas jolie, mais son visage agréable avait ce rayonnement que l'on trouve chez les gens bons et simples....C'était autre chose que vous trouviez en elle, quelque chose situé au delà de la beauté, que vous ne pouviez définir mais qui vous forçait à la remarquer et à vous dire -Voilà une femme comme il n'y en a pas beaucoup.- Au dessus des désillusions, des désappointements, des trahisons, de la mesquinerie environnante elle se dressait toujours allègre, toujours plaisante, répétant -Ainsi va la vie!-......de sa présence émanait une force.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : indeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1170 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre
. .