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Lucette Baillon de Wailly (Traducteur)
ISBN : 2859406239
Éditeur : Phébus (19/05/1999)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Une jeune femme, mariée au dernier rejeton d'une vieille dynastie de la Nouvelle-Angleterre, découvre l'enfer derrière la façade de respectabilité et de puritanisme de sa nouvelle famille. Lucide, elle manquera cependant de la force nécessaire pour s opposer et n'aura ensuite de cesse que de permettre à sa fille devenue adolescente, d'échapper à une telle prison : un combat, dans une « bonne » société américaine à la violence bien réelle, autrement plus risqué qu'el... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Moan
  17 décembre 2012
Depuis une vingtaine d'années, Olivia fait partie d'une famille très riche et très puritaine qui vit près de Boston en Nouvelle-Angleterre. Elle a épousé Anton Portland " le dernier descendant mâle d'une famille illustre".
Elle a toujours été une femme irréprochable pour son beau-père, le patriarche, pour tante Cassie toujours prête à mettre son nez dans les affaires des autres.
Cet été sa fille Sybil qui revient de France où elle a fait des études, est en âge de se marier, et son fils Jack est de plus en plus faible.
Sabine au fort caractère , une cousine de son beau-père est de retour.
Olivia fera la connaissance de son voisin , un politicien irlandais.
Cet été, avant de fêter ses quarante ans,Olivia se posera beaucoup de questions sur sa vie, cette famille , son bonheur....
J'ai eu de bonnes et même d'excellentes surprises avec les livres Libretto et là, je ne suis pas déçue. Ce livre m'a emportée de la première à la dernière page. J'ai passé un très bon moment!
Louis Bromfield est un écrivain américain né en 1896, qui a reçu le prix Pulitzer 1926 pour ce livre. Ses trente romans qui suivront , ont tous été des best sellers.
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HT
  31 mai 2012
Années 1920, dans une petite ville côtière près de Boston. Une famille de la bonne société, descendante des premiers colons américains puritains, mène dans sa belle propriété une existence morne et étriquée, ignorant splendidement le monde qui change autour d'elle. Austérité poussée jusqu'à l'avarice, conformisme confinant à l'intolérance, horreur de la chair transmise de génération en génération, telles sont les vertus révérées par les Pentlands.
L'épouse du fils de la famille, Olivia Pentland, voit approcher la quarantaine, l'âge respectable, avec la peur d'être enterrée vivante sous les convenances et les traditions de sa belle-famille. Au cours d'un été mémorable, les circonstances l'amènent après des années de déni à affronter la peur de vieillir sans avoir vécu.
L'auteur américain Louis Bromfield a connu un grand succès des deux côtés de l'Atlantique dans la première moitié du XXe siècle, avec notamment le prix Pulitzer qui couronna "Précoce Automne" en 1926, mais le succès a vite fait place à l'oubli. Je ne le connaissais qu'à travers deux romans très médiocres ("Les nuits de Bombay" et "La folie Mc Leod"). Pour tout dire, les cent premières pages de "Précoce Automne" m'ont fait douter de mon choix.
La mise en place m'a paru laborieuse, les intentions de l'auteur trop appuyées : semblant croire qu'une idée suffit à définir un personnage, Bromfield jette sur la page toutes les conclusions qu'il a déjà tirées sur les protagonistes, avant même d'avoir commencé à les faire vivre sous nos yeux ; comme s'il était pressé de leur coller des étiquettes, il les réduit à des stéréotypes privés de vie qui ne font que subir le cours du roman décidé par lui. Ajoutez à cela quelques ficelles narratives un peu grosses, comme par exemple la vieille épouse devenue folle, enfermée dans une aile condamnée de la maison, clin d'oeil - volontaire ou maladroit ? – à « Jane Eyre ».
Et puis, peu à peu, le récit décolle, les stéréotypes deviennent des personnes, gagnent en profondeur, et commencent à nous surprendre. La femme amoureuse d'un autre homme n'est pas nécessairement adultère, ou le séduisant voisin forcément sympathique ; il se pourrait que la belle cousine divorcée ait des intentions troubles, et même que les victimes deviennent un jour des bourreaux. Les caractères gagnent en complexité, le fil de l'histoire devient moins évident, moins linéaire que ne laissait préjuger le début.
Les lecteurs familiers de l'univers d'Edith Wharton ou d'Henry James seront en terrain connu dans cette Amérique bien pensante qui ostracise ceux qui s'écartent du droit chemin. La parenté des thématiques – famille, tradition, adultère et manipulation dans la haute société – est troublante vis-à-vis du "temps de l'innocence" de Wharton, dont l'action se situe dans le New-York des années 1870, et qui reçut le prix Pulitzer six ans avant "Précoce Automne". Bromfield réussit à apporter un éclairage neuf sur ces thèmes rebattus, et peint une étude de caractère subtile et marquante du personnage d'Olivia Pentland.
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ivredelivres
  06 février 2014
Bien entendu j'avais lu vers 14 ou 15 ans La Mousson dont je garde un souvenir très présent mais je n'avais rien lu d'autre de l'auteur alors j'ai profité des éditions Phébus qui ont réédité la plupart de ses romans et hop en avant pour la Nouvelle Angleterre

Introduisons nous dans la bonne société de Durham, celle que vous avez déjà croisée chez Edith Wharton : Les mariage de convenance, les bonnes familles qui se retrouvent entre elles, on jase et on brode, on cache les membres encombrants des familles, on a du mal a accepter les nouveaux venus comme cet O'Hara un irlandais aux origines troubles et qui a osé s'emparer d'une propriété et troubler leur tranquillité.
C'est sous le signe de l'hypocrisie, du puritanisme, de la respectabilité qu'Olivia a épousé Anson Pentland qu'elle n'aime pas et qui ne l'aime pas « C'était un homme qui manquait d'élan, de spontanéité, un être terne, veule et qui embrassait la cause de la morale parce que celle-ci faisait partie des traditions familiales et devait en conséquence être soutenue. »
Olivia donne une soirée pour fêter sa fille Sybil qui est de retour de pension, mais Sybil est un peu éclipsée par Sabine Callendar la cousine scandaleuse " qui semblait la reine du bal " qui était partie pour suivre l'homme qu'elle aimait.
John Pentland le vieux chef de famille est malade et compte sur Olivia pour tenir les rênes du domaine et de la famille bien conscient que son fils Anson n'est pas à la hauteur.
Que serait une famille sans sa Tante Cassie ? La vieille fille dont on se demande si c'est la bêtise qui la rend méchante ou la méchanceté qui la rend bête. Pérorant, avec en permanence un conseil à la bouche jouant " le rôle de messager, allant de maison en maison, faisant halte dans toutes les vérandas pour recueillir ou colporter les dernières nouvelles."
Mais les voies du coeur sont impénétrables et tout va brusquement se mettre en mouvement quand Sybil va faire la connaissance d'un jeune homme et Olivia refuser d'être à jamais étouffée par la famille. Va t-elle parvenir à se révolter face au poids du devoir ?

Même si le résumé peut faire penser à une banale histoire romanesque, il n'en ait rien, aucun romantisme ici mais de la noirceur, du pessimisme, et des portraits sans aucune concession. Il ne suffit pas de vouloir faire sauter le carcan pour y parvenir. Aucune chance d'être heureuse pour une femme, le corset des traditions les enferme plus sûrement que les barreaux d'une prison. Et quand comme Sabine vous osez envoyer valser la morale, cela se termine par un divorce !
Louis Bromfield est un observateur fin et incisif, c'est un observateur redoutable que j'ai pris vraiment grand plaisir à lire et je pense poursuivre ma lecture d'un ou deux autres de ses romans.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Titine75
  23 juin 2010
L'intrigue de “Précoce automne” se déroule dans les années 20 en Nouvelle-Angleterre chez les Pentland. le roman s'ouvre sur un bal qui célèbre le retour de Sybil après son pensionnat à Paris. La mère de Sybil, Olivia, a épousé le dernier homme de la dynastie des Pentland. le retour de sa fille lui permet de se rendre compte qu'elle est totalement piégée par le conservatisme de la famille. Olivia doit empêcher que la même chose arrive à Sybil. “Olivia en était profondément tourmentée, non a cause d'elle même, mais parce qu'elle voulait que son enfant fût heureuse, bien plus même qu'elle connût ce bonheur intense, infini, dont elle avait elle-même soupçonné l'existence sans jamais le trouver. Elle croyait revivre en quelque sorte en Sybil et il lui semblait que, grâce à l'expérience acquise, elle pourrait, en contemplant comme d'un sommet la route parcourue, guider cette jeune réplique d'elle-même, encore au seuil de la vie, et lui faire suivre des sentiers moins âpres que ceux où elle avait cheminé.” Briser la tradition familiale sera source de découvertes et d'amères déceptions pour Olivia.
Je ne connaissais pas Louis Bromfield avant de découvrir la réédition de “Mrs Parkington” par les toujours excellentes éditions Phébus. En me penchant sur cet auteur, j'ai découvert qu'il avait obtenu le Prix Pulitzer en 1926 avec “Précoce automne”. Sur la quatrième de couverture, il y est fait mention d'un de mes livres préférés : “Le destin de Mr Crump” de Ludwig Lewisohn. Qu'ont les deux romans de similaire ? Une vision pessimiste du mariage. Olivia s'est sentie obligée d'épouser Anson Pentland, il devait prolonger la lignée et elle n'a pu refuser d'appartenir à l'un des plus grandes familles de Boston. Mais Olivia se rend compte qu'elle est passée à côté de sa vie et à côté de l'amour : “Elle savait maintenant que jamais il n'avait éprouvé le moindre sentiment d'amour à son endroit. Il ne l'avait épousé que contraint par les siens qui le harcelaient sans cesse, les morts comme les vivants, car les morts, à Pentlands, semblaient doués d'un étrange pouvoir de survie. ” Olivia ouvre enfin les yeux sur son mariage grâce au retour de Sabine Callendar. Cette dernière, issue du même milieu, a refusé de se plier aux conventions, d'épouser un homme qu'on lui aurait choisi. Elle revient, après des années, triomphante et voulant prendre sa revanche. Sabine met tout en oeuvre pour contrarier les Pentland et sortir Olivia de sa torpeur.
Mais le personnage d'Olivia se trouve à la croisée de deux époques : le XIXème et le XXème. Elle a grandi durant le XIXème siècle et sa fille l'exprime ainsi : “Sa mère, elle s'en rendait compte maintenant, était le type de l'Américaine de 1890 ; elle se la représentait moins sous les traits d'une personne réelle que sous ceux d'une des héroïnes de Mrs Wharton.” On retrouve chez cette romancière l'amertume liée au peu de choix laissé aux femmes. Les destins sont tracés à l'avance par le milieu social et la bienséance. Tout l'enjeu du roman de Louis Bromfield va être pour Olivia de s'émanciper ou non des Pentland maintenant que l'éducation de ses enfants est achevée. Seuls deux choix sont possibles pour elle : celui de Sabine qui l'a exclue de la famille ou celui de tante Cassie, rendue aigre et amère par un mariage de convenances, qui s'érige en juge de la morale.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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Colchik
  05 août 2017
Précoce automne est remarquable tant par son atmosphère que par la peinture sans complaisance de la bourgeoisie puritaine de la Nouvelle-Angleterre au début du vingtième siècle. Dès les premières lignes, à touches sèches, l'auteur nous dit l'opulence de la famille Pentland, mais aussi les ambitions qui pointent derrière le bal qui introduit la jeune Sybil sur le « marché matrimonial » et les fractures qui se dessinent derrière la façade familiale. Les principaux protagonistes de l'histoire apparaissent, ils sont là, devant nous, nous pouvons les voir. En quelques phrases concises, d'une formidable puissance évocatrice, surgissent Cassandra Struthers, la grand-tante de Sybil, la superbe Sabine Callendar et l'émouvante Olivia Pentland, la mère de Sybil, puis le patriarche, John Pentland. Leur présence quasi physique se double d'un portrait psychologique ébauché par quelques traits fulgurants. C'est tout l'art de L. Bromfield dont l'habileté à camper les personnages n'exclut pas une grande sensibilité à la nature et à ses changements.
C'est un roman sur l'emprisonnement des vies : la réclusion forcée de la femme de John Pentland, l'enfermement de tante Cassie dans un personnage de martyr, l'isolement d'Olivia dans un monde étouffant et stéréotypé, l'impuissance de Sabine, sa cousine, à s'affranchir d'une vengeance à retardement.
Louis Bromfield excelle à démonter les mécanismes psychologiques qui animent ses personnages. le désespoir se teinte souvent de cruauté, mais jamais dans la caricature. La dureté de tante Cassie et la volonté inflexible de John Pentland trouvent leur origine dans le passé et l'auteur s'en fait l'écho quand nécessaire, car il n'oublie pas que les convenances sociales sont héritées avant d'être transmises. Cependant, cela n'enlève en rien la force de sa démonstration quand il s'agit de dépeindre une société qui broie les êtres les plus fragiles ou les plus sensibles.
La figure lumineuse d'Olivia Pentland ne peut qu'émouvoir le lecteur. Elle a quarante ans et son statut de mère prend le dessus sur celui de femme. Elle renonce à secouer l'hypocrisie qui l'entoure pour permettre à sa fille d'aimer selon son coeur, mais aussi par lucidité. Elle sait ce qu'elle doit à son milieu et ce qu'elle en retirera (une sécurité, un ennui “agréable”, du confort) au moment même où la maturité ne lui permettrait plus de s'imposer très longtemps auprès de ses rivales. Elle renonce à son amour parce qu'elle n'est pas sûre que Michael O'Hara, tout parvenu qu'il soit, aimerait longtemps une femme dont la déchéance sociale pourrait briser ses ambitions politiques. Mais, ce que l'on aime chez Olivia, ce sont les flux et reflux du sentiment amoureux qui correspondent si bien à l'âme d'une femme qui a vécu.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
HTHT   30 mai 2012
Elle ne quittait pas des yeux son mari, sentant qu'il était scandalisé et saisi de la voir énumérer d'une seule traite tant de choses dont on ne parlait jamais à Pentlands, que l'on enfouissait dans le silence et que l'on s'efforçait d'anéantir en faisant comme si elles n'existaient pas.
- Nous devrions en parler quelquefois, continua-t-elle d'un ton mélancolique ; de temps à autre, quand nous sommes bien seuls et sûrs que personne ne peut nous entendre, quand cela n'a pas d'importance. Nous ne pouvons prétendre éternellement que ces choses ne sont pas.
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HTHT   30 mai 2012
Elle aurait voulu rester seule, dans la chambre à peine éclairée, jusqu'à ce que le ciel commençât à blanchir au-delà des marais. On ne la laissa pas veiller en paix près de son fils. (...) La mort, qui devrait avoir lieu dans la calme beauté de la solitude, était dépouillée de toute sa dignité. Tout le monde allait s'agiter ainsi pendant plusieurs jours. C'était maintenant seulement, au milieu de ce méprisable brouhaha, qu'Olivia venait de perdre son fils. Il ne lui était pas encore ravi tandis qu'elle était là, toute seule, dans la chambre.
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rkhettaouirkhettaoui   06 août 2015
Elle avait l’air d’accomplir les choses sans effort, avec un très grand calme, et pourtant, quand on la connaissait mieux, on sentait qu’autour d’elle bien peu de choses lui échappaient ; non seulement elle voyait et entendait ce qui aurait retenu l’attention d’une personne bornée, mais elle pressentait aussi les liens subtils et mystérieux qui s’établissent entre les êtres. Elle semblait avoir un talent merveilleux pour aplanir les difficultés. De toute sa personne se dégageait une impression de sécurité – comme il arrive souvent chez les gens dont la conscience est hypersensible – qui apaisait les soucis de tout son entourage.
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rkhettaouirkhettaoui   06 août 2015
Les gens ont, dans notre monde, des yeux derrière la tête. Il faut vous en souvenir, ma chère. On vous observe, on sait tout ce que vous faites. On devine presque ce que vous pensez, et quand on ne le sait pas, on l’invente. C’est une des caractéristiques de la décadence et de la faiblesse d’une société qu’on n’y vive plus de ses sentiments personnels mais en s’intéressant à ceux d’autrui.
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rkhettaouirkhettaoui   06 août 2015
La chose essentielle ne sera pas qu’elle vous inspire un amour éperdu, mais qu’elle puisse remplir son rôle de femme, qu’elle vous donne des enfants, qu’elle reçoive et contribue à faire de vous le grand personnage que vous avez toujours souhaité être. Il vous faut quelqu’un qui vous aide à fonder une famille, à peupler d’enfants votre maison neuve pour que grâce à elle vous et vos enfants arriviez à prendre la place des familles comme la nôtre, dont la vitalité est épuisée.
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