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Nathalie Cunnington (Traducteur)
EAN : 9782226192202
475 pages
Albin Michel (20/05/2009)
4.38/5   215 notes
Résumé :
"Plus de deux cents cultures indiennes ont été virtuellement détruites, entre le Massachussetts et la Californie, au cours de l'histoire des Etats-Unis. Il nous faut nous souvenir de ce qui s'est passé à Sand Creek ou à Wounded Knee." Jim Harrisson.

"Nous sommes tout à la fois les conquérants et les conquis, dans un même corps, et c'est cela que Dee Brown nous invite à reconnaître. Son influence sur le monde persiste à travers ce récit minutieux de l'... >Voir plus
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Imaginez que vous soyez en possession d'un terrain ou vous vivez paisiblement avec les vôtres, vous nourrissant de ce que votre terre vous offre… Et à présent imaginez que des gens arrivent de quelque contrée lointaine, commencent par visiter votre espace, puis s'installent à vos côtés en décidant que désormais, vous devrez adopter leur mode de vie, leur religion, et comme vous ne serez pas d'accord et que vous revendiquerez, ils vous proposeront des arrangements…qui viseront surtout à vous spolier.


Exactement ce qui s'est produit dès le XVIème siècle quand, le colon, non seulement s'appropria les terres des indigènes, leur vola leurs richesses et imposa le christ et le baptême aux peuplades des terres lointaines que l'on nomme aujourd'hui les Amériques. On alla même jusqu'à se vanter d'avoir permis aux indiens de mourir en chrétien…

Et plus jamais ces groupes humains ne connurent la paix. Situation identique en Amérique du nord ou on refoula les indiens entre 1850 et 1890 dans des réserves sous couverts de traités jamais respectés par les blancs, dans des endroits bien peu propices à leur bonheur, à leurs besoins.


Cet ouvrage passionnant décrit en détail les manoeuvres orchestrées par les « visages pâles » pour se débarrasser d'un peuple pacifique poussé à faire la guerre pour tenter de préserver son identité, sa liberté et ses traditions. On y apprendra à faire la différence entre indiens des plaines et des montagnes, on y fera connaissance des plus grands groupes : « les Navajos, les Sioux, les Chippewas, les Apaches, les Blackfeet et les Iroquois » chacun de ces groupes comprenant lui-même d'innombrables sous-ensembles.

La lecture fut longue, très longue et assez répétitives dans la mesure ou beaucoup de groupes connurent un destin similaire : prise de possession de leurs terres qui pouvait être progressive, traités, revendications, guerre, captivité, assassinats, exécutions, les chapitres respectant une progression souvent par région, présentant des responsables et une organisation de gestion des indiens par l'intermédiaire de commissaires aux affaires indiennes (souvent des pantins qui recevaient des ordres de plus haut) , le tout assez hiérarchisé pour qu'on ait des difficultés à découvrir d'éventuels coupables.

Progression dans l'horreur qui amènera à Wounded Knew dont je ne pourrais parler sans ressentir une profonde amertume pour ces gens qui succombèrent sous les armes des colons. Ce sont là les heures noires de l'Amérique, et hélas, toute l'histoire est ainsi faite : quel peuple aujourd'hui ne repose pas sur les guerres et les horreurs du passé ?


Ce livre est un classique et je suis heureuse de l'avoir lu, je regrette simplement que l'auteur ne se soit pas davantage étendu sur le mode de vie des indiens, cela aurait peut-être brisé une certaine monotonie que l'on peut ressentir après quelques chapitres.
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Sur l'île de San-Salvador, les Tainos vivaient tranquille et puis, un Colomb est arrivé… Ce fut le début de tous les malheurs de l'Amérique et de ses autochtones.

Le colon Colomb, ils auraient mieux fait de le liquider au lieu de l'accueillir et de le traiter avec honneur. Les Tainos étaient doux, gentils, donc faibles, pour l'envahisseur.

Peu de temps après, il a été décidé que les Tainos devaient bosser, se convertir au christianisme et adopter notre mode de vie…

C'est ainsi que l'envahisseur Blanc a toujours fait et continue de faire (d'autres aussi, hélas) : il investit la place, décide de comment les indigènes doivent se comporter et ensuite, on les dégage, on déforeste, on pille les richesses, on massacre et quand on se casse, tout est déglingué, foutu, désertique, passant de belle île verte à désert. Nous sommes pires que des sauterelles, pire qu'un Covid-19.

Ce roman, hautement documenté, comprenant des dépositions et des témoignages d'Indiens ou d'autres personnages clés. Rares sont les livres qui peuvent prétendre avoir changé le cours de l'Histoire. "Enterre mon coeur à Wounded Knee" est l'un d'entre eux.

Ce classique de l'histoire des États-Unis est intéressant à lire, mais il a tendance à vous mettre le moral à zéro lorsque vous lisez toutes les injustices faites aux Indiens. Heureusement que ces derniers, grands guerriers braves, ont rendu une partie des coups qu'ils ont reçu, mais ce ne sera jamais assez comparé à ce qu'on leur a fait subir.

Boucs émissaires au moindre massacre, les Hommes Blancs n'ont cessé de les accuser de tous les maux et de les chasser de leurs terres ancestrales.

Leur faisant signer des tas de contrats ou de traités qu'ils ne respectaient jamais, les Hommes Blancs ont toujours eu la langue fourchue : tenant deux discours, ils s'empressaient de renier leur parole une fois qu'ils avaient obtenu ce qu'ils voulaient des Indiens.

Au travers de plusieurs grands événements, ce documentaire se veut équitable : il ne met pas les Indiens avec les Bisounours non plus.

Dans ce livre, au moins, ce ne sont plus des figurants réduits au silence ou comme dans les films westerns, des sauvages emplumés massacrant les pauvres pionniers.

Pourtant, une partie des guerriers incriminés par les Tuniques Bleues ou autres juges, n'avaient pas de sang Blanc sur les mains, n'ayant jamais combattu les envahisseurs, se contentant bien souvent de tenter de vivre en harmonie, jusqu'à ce que les Blancs décident de les envoyer sur des terres incultes, battues par les vents, trop humides ou trop sèches, trop chaudes ou trop froides, faisant marcher les Indiens jusqu'au bout de l'épuisement.

Ces Américains de maintenant, qui jugent certaines peuplades comme barbares, feraient mieux de se regarder le nombril. Hurlant lorsque des terroristes cassent des vieilles cités antiques, ils oublient que leurs ancêtres brûlèrent des champs de magnifiques pêchers appartenant aux Indiens Navajos, détruisirent la Nature et polluèrent les rivières, sans parler de polluer les esprits avec ses religions, différentes de celles des Indiens.

La lecture n'est pas toujours facile, l'écriture de l'auteur est parfois répétitive dans ses descriptions, les Indiens de toutes les peuplades ayant fréquemment vécu les mêmes avanies et autres saloperies de la part des colons Blancs.

Le rythme de lecture est aussi ralenti par les multiples pauses que j'ai faites, tant j'en avais mal au bide de lire leurs multiples souffrances qui ont mené à un génocide. Nous sommes loin de la conquête de l'Ouest vue par les films western ou avec humour, dans les Lucky Luke.

Il n'y a rien de glorieux à voler les terres des habitants, même si les Indiens ne se considéraient pas comme propriétaire de leurs terres. Il y avait de la place pour tout le monde, mais la gabegie de l'Homme Blanc qui veut tout posséder a débouché sur un massacre odieux et innommable, dont Wounded Knee sera le point d'orgue.

Un document que je ne regrette pas d'avoir lu, même si mon coeur est, une fois de plus, en vrac. L'Histoire de l'Amérique est sombre, sanglante et il n'y a pas grand-chose de bon à en ressortir.

Ce ne fut que massacres, assassinats, guerres, batailles, expropriation, vols, mensonges, manipulations, magouilles, fausseté, paroles non tenues et tout était bon pour déposséder les Indiens de ce qu'ils possédaient et pour les plier à nos moeurs à nous, alors qu'elles ne leur convenaient pas (et qu'on ne peut forcer une personne à faire ce qu'elle n'a pas envie de faire).

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Quelle tristesse! Quel gâchis!
Et quelle lecture éprouvante!

Bien sûr, en commençant ce grand classique de l'histoire américaine, on sait à quoi s'attendre. Ce sera la longue chronique d'une dépossession, d'un asservissement, et souvent de disparitions pures et simples. Alors on s'accroche et on voit disparaître une à une les cultures indiennes au nom de LA civilisation. En fait de civilisation, il vaudrait mieux parler de rapacité, de pillages, de massacres, et surtout de tromperie permanente.
C'est tout de même un fameux paradoxe que le pays qui proclame depuis un siècle être le défenseur de la liberté, et qui l'a été en plusieurs occasions, se soit construit sur de telles bases. L'Europe n'est pas exempte de ce paradoxe, avec sa défense des libertés, son passé colonial et les génocides du 20e siècle.
Pour en revenir aux Amérindiens, c'est une perte inestimable que d'avoir réduit au silence ces cultures qui avaient un rapport à leur environnement et aux non-humains dont nous aurions bien besoin aujourd'hui. Leur destruction m'a évidemment fait penser au génocide des juifs dans les années 1930-1940, même s'il y a beaucoup de différences. La principale est que les colons américains n'ont pas organisé d'extermination systématique. La modification des conditions de vie a suffi à réduire, et dans beaucoup de cas à éteindre, les populations indiennes. Mais une comparaison plus approfondie avec l'ouvrage de Raul Hilberg, La destruction des juifs d'Europe, serait sans doute intéressante. Cela a peut-être été fait d'ailleurs.
Pourtant, le livre de Dee Brown, plus de 50 ans après sa parution, n'est pas entièrement noir. Il possède la retenue du travail historique. Mais surtout il contribue à une transmission des mentalités indiennes. Et depuis quelques décennies on assiste à l'émergence d'une littérature amérindienne accompagnant la résurgence de leur culture. Mes prochaines lectures prévues sur le sujet seront Notre coeur bat à Wounded Knee de David Treuer, qui conteste que la culture indienne ait été détruite, ainsi que le travail archéologique de Laurent Olivier, Ce qui s'est passé à Wounded Knee, qui voit des points communs entre la colonisation américaine et la conquête romaine de la Gaule.
Ainsi donc, malgré une éclipse due au terrible traitement qui leur a été infligé, les cultures indiennes continuent à faire valoir leur rapport au monde.
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Bouleversant, révoltant, tragique, « Enterre mon coeur à Wounded Knee » est un récit profondément marquant dans lequel le mythe d'une « Conquête de l'Ouest » héroïque et romanesque vole en éclats.

« Je n'étais pas conscient alors de tout ce qui avait disparu. À présent, quand je regarde en arrière du haut de la colline de ma vieillesse, je vois encore les femmes et les enfants massacrés, leurs corps entassés le long du ruisseau, aussi clairement que je les voyais quand mes yeux étaient encore jeunes. Et je vois bien que quelque chose d'autre est mort dans la boue rougie par le sang, quelque chose qu'on a enterré sous la neige. Là-bas est mort le rêve d'un peuple. C'était un beau rêve. (…) le cercle de la nation est brisé, ses morceaux éparpillés. Il n'y a plus de centre, et l'arbre sacré est mort. »
Black Elk

Historien américain, Dee Brown écrit ce livre en 1970 avec pour objectif de « reconstituer un récit de la conquête de l'ouest telle que les victimes la vécurent », en se focalisant sur la période 1860-1890. Il va pour cela s'appuyer sur de nombreuses sources écrites et orales : compte-rendu de conseils avec les représentants du gouvernement, témoignages d'amérindiens, articles de journaux, interviews des membres de différentes tribus…

C'est documenté, détaillé, précis et pourtant le récit reste très vivant notamment grâce aux voix de Roman Nose, Black Kettle, Red Cloud, Sitting Bull, Crazy Horse, Geronimo, Chef Joseph, Standing Bear, Captain Jack, Cochise, et tant d'autres. Des témoignages émouvants et saisissants qui apportent beaucoup d'humanité à un récit révoltant et infiniment triste.
A travers la parole amérindienne, c'est une toute autre perspective qui nous est présentée, celle d'une conquête à marche forcée, implacable et impitoyable.

Le récit se fait chronologiquement. Il commence en 1860 par la longue marche des navajos pour se terminer par le massacre de Wounded Knee de 1890 et qui pour beaucoup marque la fin des guerres indiennes.
Entre ces deux dates, la longue liste des traités signés entre le gouvernement et les amérindiens promettant « une frontière indienne permanente », « une paix perpétuelle » et autres belles formules, et qui seront pourtant systématiquement brisés par les colons.

« La conquête de l'ouest » apparait comme une machine infernale, alimentée uniquement par la recherche du seul profit et ce quel qu'en soit le coût humain et écologique mais que les américains justifieront au nom d'une « mission divine », la « Destinée Manifeste ».
Les tribus amérindiennes seront ainsi déplacées à travers le pays dans des conditions inhumaines, parquées dans des réserves, pour permettre aux colons de s'installer sur les terres prospères ou riches en or ; chaque découverte d'un nouveau gisement entrainant inéluctablement la remise en cause d'un traité et des frontières d'une réserve indienne.

Je découvre à cette occasion que l'éradication des troupeaux de bisons des grandes plaines servaient aussi cette entreprise de colonisation totale, en privant les tribus amérindiennes de leur chasse et donc de leur moyen de subsistance.

Dee Brown n'omet pas les conflits qui ont pu opposer certaines tribus ou qui ont eu lieu au sein de certaines d'entre elles. Parfois liés à des rivalités antérieures à l'arrivée des colons, elles sont aussi le résultat de désaccords sur les stratégies de résistance face à l'avancée de la colonisation. Tiraillés entre l'espoir de pouvoir vivre en paix et le désir de conserver leurs terres ancestrales, tous n'étaient pas d'accord sur la conduite à tenir. Des dissensions qui bien sûr arrangeaient bien la politique de conquête américaine.

Le livre de Dee Brown donne la voix aux amérindiens dans une Histoire qui était avant entièrement écrite par et pour les américains, il permet de poser un regard plus équilibré sur la manière dont s'est déroulée la « Conquête de l'Ouest ».

En se focalisant sur la tragédie de la fin des guerres indiennes, il nous laisse cependant avec le sentiment terrible - mais erroné - d'une disparition de la civilisation autochtone d'Amérique du Nord après Wounded Knee. Près de 50 ans plus tard, l'écrivain David Treuer, Ojibwé originaire de la réserve de Leech Lake, a souhaité « traiter, avec force et sans honte, de la vie des Indiens et non de la mort des Indiens » dans son ouvrage « Notre coeur bat à Wounded Knee ». Un livre pour rappeler que les nations indiennes n'ont pas disparu, elles ont su s'adapter tout en retrouvant progressivement leurs racines et leur culture.
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Pauvres indiens d'Amérique ! le scénario se répète en boucle : convoitise (terre, mines d'or...), menaces et répartition du territoire avec pacte de non agression, violation des traités par les visages pâles, trahisons, massacres, déportation, extermination... et on recommence, arrivé un peu plus loin à l'Ouest, avec la tribu suivante. le cycle est presque lassant : Navajos, Sioux, Apaches, Cheyennes, Arapahos, Kiowas, Utes, Comanches, Modocs, Poncas, Nez-Percés... Les derniers massacres se produisent sur 30 années, de 1860 à 1890, et c'est l'objet de ce récit, étayé et documenté. Loin de l'imagerie populaire Hollywoodienne (période John Ford et John Wayne) au cours de laquelle "le seul bon Indien est un indien mort", nous faisons la connaissance des véritables héros de cette époque, qui s'appellent Cochise, Red Cloud, Crazy Horse, Little Wolf, Standing Bear, Géronimo ou Sitting Bull, nous suivons leur combat et nous apprécions leur motivation. Ressuscitant des archives et des témoignages oubliés, Dee Brown se place résolument du point de vue des Indiens, et son livre, publié pour la première fois en 1970, marqua un tournant dans la prise de conscience des américains sur la réalité du mythe de la Conquête de l'Ouest. Ce livre traduit dans plus de vingt langues s'est vendu à plus de 6 millions d'exemplaires dans le monde.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Enterre mon cœur

... Comme à la fin de la journée une tempête de neige s’annonçait, les Indiens morts furent laissés sur place, gisant à l’endroit même où ils étaient tombés. (Après la tempête de neige, un groupe retourna à Wounded Knee pour enterrer les morts ; il découvrit les corps, y compris celui de Grand-Pied, complètement gelés, offrant un spectacle grotesque.)
Les voitures portant les Sioux blessés (quatre hommes et quarante-sept femmes et enfants) arrivèrent à Pine Ridge après la tombée de la nuit. Les baraquements disponibles étant bondés de soldats, les blessés furent laissés dans les voitures sans toit, malgré le froid glacial, tandis qu’un officier partait à la recherche d’un abri. Finalement, on leur ouvrit les portes de la mission épiscopale, on en sortit les bancs et on répandit à l’intérieur de la paille sur le sol raboteux.
C’était le quatrième jour après la fête de Noël en l’an I890 de Notre-Seigneur. Lorsque les premiers corps déchiquetés et ensanglantés furent transportés dans l’église éclairée aux chandelles, ceux qui n’avaient pas perdu connaissance purent apercevoir des guirlandes de Noël suspendues aux chevrons sous le ciel ouvert. Au-dessus de la chaire, à travers le sanctuaire, était tendue une bannière qui portait l'inscription peinte d’une main malhabile : PAIX SUR LA TERRE, AUX HOMMES DE BONNE VOLONTÉ.
(p. 550)
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Depuis l'expédition de Lewis et Clark vers la côté Pacifique au début XX° siècle, les récits décrivant l' "ouverture" des territoires de l'Ouest américain se sont multipliés. [...]
Cette période vit la destruction des cultures indiennes et la naissance de pratiquement tous les grands mythes de l'Ouest américain - des histoires de trappeurs, de négociants en fourrures, de pilotes de bateau à vapeur, de chercheurs d'or, de joueurs professionnels, de bandits armés, de Tuniques Bleues, de cox-boys, de catins, de missionnaires, de prudes institutrices et de pionniers. Les rares voix indiennes qui s'y faisaient entendre étaient la plupart du temps transcrites par une main blanche. L'Indien était la menace sombre hantant ces mythes.


[ incipit de l'Introduction]
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"Je ne comprenais pas, alors, que nous avions atteint la fin amère. Lorsque du sommet de ma vieillesse je fais un retour sur le passé, je vois encore les femmes et les enfants massacrés, jonchant le fond du ravin tortueux dans toute son étendue avec autant de netteté que si j'avais la scène sous les yeux, comme à l'époque de ma jeunesse. Et je m’aperçois que quelque chose d’autre est mort dans ce bain sanglant, enseveli par la tourmente de neige. Le rêve de tout un peuple... C’était un beau rêve... l'alliance de la nation est brisée, dispersée aux quatre vents. Le noyau n’est plus, et l’arbre sacré est mort."

ÉLAN-NOIR.
(p. 550)
"Où sont les Pequots aujourd'hui? Où sont les Narragansetts, les Mohicans, la Pokanokets, et toutes ces tribus de notre peuple autrefois si puissantes? Elles ont disparu face à l'avarice et l'oppression de l'Homme blanc, telle la neige sous le soleil d'été.
Allons-nous à notre tour nous laisser détruire sans lutter, abandonner nos maisons, cette terre que nous a léguée le Grand Esprit, les sépultures de nos morts et tout ce qui nous est cher et sacré ? "Jamais! Jamais!" crierez-vous avec moi."

Tecumseh, du peuple Shawnee
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On ne trouvera pas ici matière à sa réjouir. Mais il arrive que l'histoire éclaire le présent, et peut-être mes lecteurs comprendront-ils mieux qui sont les Indiens d'Amérique aujourd'hui en apprenant ce qu'ils furent. Ils seront peut-être surpris d'entendre des paroles marquées du sceau de la raison provenant de la bouche d'Indiens invariablement présentés comme des brutes sauvages dans la mythologie américaine. Ils en sauront peut-être plus sur leur propre relation à la terre, grâce à un peuple sincèrement soucieux de son environnement et conscient que la vie dépendait de la terre et de ses ressources, un peuple qui savait qu'il vivait dans un paradis et ne voyait pas pourquoi les envahisseurs venus de l'est s'acharnaient à anéantir tout ce qui était indien et à détruire l'Amérique par la même occasion.
Et si jamais mes lecteurs découvrent la pauvreté, le désespoir et la misère noire dans laquelle vivent les Indiens sur les réserves modernes, ils en comprendront alors peut-être les vraies raisons.

(introduction)
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Ce peuple est si paisible et si doux, écrivit le navigateur génois au roi et à la reine d'Espagne, qu'il n'y a pas de meilleure nation sur terre, j'en fais le serment à Vos Majestés. Ils aiment leur prochain comme eux-mêmes et leur conversation est toujours douce, affable, accompagnée d'un sourire, et même s'il est vrai qu'ils vont nus, leurs manières n'en sont pas moins bienséantes et dignes d'éloges.
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