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Michel Valmary (Traducteur)
EAN : 9782226107169
299 pages
Éditeur : Albin Michel (01/01/2000)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Au début des années 1860, l'Amérique décide d'en finir une bonne fois pour toutes avec les Indiens.
C'est principalement dans les Grandes Plaines que des tribus entendent résister à l'avancée des Blancs. La guerre de Sécession terminée, c'est à l'armée qu'incombe la tâche de régler le " problème indien ". Ironie de l'histoire, le 25 juin 1876, le général Custer et son régiment sont anéantis par " l'ennemi " sur les rives de la Little Bighorn. Ce jour-là, Craz... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
ClaireG
  31 décembre 2016
« Ce sont les Blancs qui ont écrit l'histoire de ces conflits et de tous ceux qui résultèrent de la rencontre des deux races. Faut-il préciser que cette histoire, au fil des ans, a été soigneusement déformée afin de justifier l'invasion et la soumission de la population indigène ? (p. 41)
James Welch est un Amérindien Blackfeet né dans le Montana en 1940. En 1974, il commence à s'intéresser de près à l'histoire des Indiens. Jusque là, il ne les connaissait qu'à travers les westerns qu'il avait vus au cinéma. Il dépouille les archives, recueille les souvenirs des Anciens, les calendriers constitués de dessins des événements les plus importants de l'année, lit les rapports de balistique et d'archéologie récents. Puis, il se met à écrire pour restituer une perspective détournée au profit des nouveaux occupants.
Le sujet de ce livre est le combat mené par les Sioux Lakotas, les Cheyennes et les Arapahos des Grandes plaines contre les incursions massives des Blancs. Particulièrement depuis que de l'or fut découvert en 1874 dans les Black Hills, leurs montagnes sacrées.
En 1851, le traité de Fort Laramie fixe les limites des territoires de diverses tribus des Grandes Plaines qui vivent essentiellement de la chasse au bison et de la cueillette. Les Indiens acceptent que des routes soient tracées et des forts construits contre une promesse de protection des Blancs et un forfait annuel de 50 000 dollars pendant 50 ans.
Très vite, les limites ne sont pas respectées par les colons. Manquant d'effectifs militaires durant la guerre de Sécession, le gouvernement US n'a pas assuré la protection des Indiens et leur seule issue fut de se battre contre les prédateurs.
En 1865, après la bataille sanglante de Sand Creek, le gouvernement négocie un traité avec les Indiens « amis », ceux qui acceptent de se rendre dans les réserves. Sitting Bull, Crazy Horse et plusieurs autres grands chefs deviennent les « hostiles » car ils veulent rester libres. L'épisode des guerres indiennes commence en 1866 et se terminera par le carnage de Wounded Knee en 1890.
La guerre civile terminée, l'armée dispose d'effectifs importants pour exterminer les Indiens qui sont systématiquement spoliés de leurs terres et assassinés à gogo. Les horreurs ne sont pas différentes des autres guerres, elles sont valorisées autrement. Les Blancs conduits par leur « Destinée Manifeste » voulue par Dieu affrontent des sauvages nus, rouges, incultes et cruels qu'ils ont pour mission de « civiliser ».
En 1874, de l'or est découvert dans les Black Hills et aucune loi ne peut plus juguler la cupidité des hommes d'autant qu'une crise économique mondiale les poussent vers d'autres horizons..
Tous les traités et conférences de paix sont bafoués et après de nombreux massacres de villages indiens, Sitting Bull et Crazy Horse décident d'unir leurs forces. Les batailles sont incessantes, la pression territoriale des colons s'accentue, les bisons sont massacrés, les camps d'hiver sont démolis, la famine et les maladies déciment un grand nombre d'Indiens.
Le 17 juin 1876, le général Crook doit rebrousser chemin lors de la bataille de Rosebud. Quelques jours plus tard, le lieutenant-colonel George Armstrong Custer et son 7e de Cavalerie découvrent l'immense campement des Sioux et Cheyennes qui s'étend sur plus de 5 km le long de la Little Bighorn. le pourfendeur d'Indiens est tué avec tous ses hommes le 25 juin et devient un mythe aux yeux des Américains.
Après cet affront à la puissante armée américaine, les campagnes s'intensifient, les déportations s'aggravent dans des conditions épouvantables. Plus question pour le gouvernement américain de négocier un quelconque achat des Black Hills, il se les approprie. Crazy Horse et Sitting Bull, poursuivis sans cesse par l'armée, décident de suivre des voies différentes. Sitting Bull séjourne pendant quatre ans au Canada.
En mai 1877, lors de La-Lune-Où-Les-Chevaux-Changent-De-Robe, Crazy Horse, avec ses 1 100 Oglalas et Cheyennes, affamés, à bout de force et en loques, se rend à la réserve de Red Cloud. La reddition est la condition de sa survie. En septembre 1877, lors de La-Lune-Du-Veau-Noir, le grand chef est assassiné suite à des rumeurs répandues par Red Cloud qui craint de perdre son statut de chef de réserve.
En 1881, Sitting Bull revient aux Etats-Unis où il est gardé prisonnier pendant deux ans. Il revendique cependant que n'ayant jamais signé de traité avec les Blancs, il n'en a jamais violé. Son aura de crainte et de courage concourt à un succès de foule. Il est autorisé à s'installer à Standing Rock, en face de l'endroit où il est né. En 1885, il part en tournée avec le grand spectacle de Buffalo Bill « Wild West Show » mais en revient cruellement déçu.
En décembre 1890, quelques jours avant le massacre de Wounded Knee, il est tué par des policiers indiens qui craignent une révolte lors du rite annuel de la danse des Esprits.
Le portrait du lieutenant-colonel Custer est dépeint non selon le mythe de héros et martyr mais selon la réalité. de l'armée d'abord, car il fut mis aux arrêts à plusieurs reprises pour insubordination et perdit même sa solde et son commandement pendant plusieurs mois. Par ses hommes ensuite qui l'affublaient de sobriquets comme « Bouclettes », « Tête Jaune », « Fesse en fer », « Ecuyer de cirque ». Soutenu par les généraux Sheridan et Sherman, il fut réhabilité par le président Ulysses S. Grant à la tête du 7e de Cavalerie qui caracolait sur des chevaux blancs au son du « Garry Owen », hymne irlandais choisi par Custer pour son régiment
A Little Bighorn, il a négligé les rapports de ses éclaireurs et a manqué de stratégie. Même s'il reste beaucoup de controverses par rapport à cette bataille, on sait par des carnets, des lettres, des documents que la poussière et le chaos régnaient en maîtres. Des exhumations récentes ont permis de détecter que des soldats, pris de panique, se sont suicidés ou entretués.
Aujourd'hui, Custer est désigné comme l'exemple à ne pas suivre.
Récit majeur pour rétablir une vérité historique, celle d'hommes libres sur leurs terres ancestrales.
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CasusBelli
  10 juillet 2019
Le 25 juin 1876, le général Custer et son 7ème de cavalerie sont anéantis sur les rives de la Little Bighorn, ce qui restera comme l'une des défaites les plus marquantes de l'histoire de l'Amérique.
Il sera bien sûr question de cette fameuse bataille dans ce livre, mais l'essentiel du propos va se situer ailleurs car parmi la multitude d'ouvrages disponibles sur le sujet au pays de l'oncle Sam, celui-ci va aller à l'encontre des faits établis et donner un sérieux coup de griffe à la légende de Custer.
James Welch, l'auteur, a la particularité d'être américain, mais d'origine indienne et par conséquent son regard sur les événements sera plus critique, certains diront partisan, à l'arrivée le lecteur se sera fait un avis. Ecrit près d'un siècle après les faits, une fois les passions retombées, j'ai trouvé le propos plutôt courtois et objectif, l'auteur nous assène ses arguments comme des évidences qu'il n'est pas très compliqué d'appréhender aujourd'hui comme très plausibles.
Ce livre, en plus de la déconstruction d'un mythe propose au lecteur une histoire de la nation indienne, afin de montrer que derrière l'étiquette de sauvage assoifé de sang complaisamment colportée par le gouvernement de l'époque se trouvaient des êtres humains.
Il nous propose également une chronologie des événements qui vont précéder la fameuse bataille et décider du sort de tout un peuple, de la vie dans les réserves et de la lente, mais inéluctable perte des traditions pour plusieurs générations d'indiens.
L'essentiel de ce livre va nous parler d'un peuple qui a ses traditions, de rites d'initiations, de nomadisme et aussi, et surtout d'une autre philosophie. Ce livre va nous faire prendre conscience également de la complexité de la composante indienne avec ses nombreuses tribus, certaines se vouant une haine séculaire et se retrouvant naturellement du côté des tuniques bleues pour se battre en tant qu'éclaireurs (les arikawas entre autres).
Les sioux et les cheyennes étant les plus nombreux, les principaux chefs seront issus de ces nations et nous aurons donc un lien particulier avec Sitting Bull et Crazy Horse tout au long de cette lecture.
Déconstruction également du mythe autour de la bataille où l'héroisme du 7ème de cavalerie en prend un sérieux coup, tant en termes d'organisation que de discipline.
Le paradoxe de cette victoire éclatante fut qu'elle signa la reddition et la fin de la liberté pour la nation indienne, ce fut le chant du cygne qui allait précéder l'offensive majeure et désormais "justifiée" de l'armée américaine pour réduire enfin définitivement la résistance des indiens.
L'auteur a rendu la parole aux vainqueurs de Little Bighorn, parole qui n'était jusqu'à présent jamais prise en considération pour raconter cette histoire. J'ai bien aimé cette lecture, malgré un style parfois un peu redondant car usant de répétitions ; j'avais parfois des images du film "Danse avec les loups" qui me revenaient spontanément.
Une citation :
"... Certains ne manqueront pas de l'accuser de révisionnisme, mais il ne fait qu'apporter des voix indiennes en complément à l'histoire." (Sherman Alexie)
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gean25
  16 octobre 2014
Le général Custer n'était donc pas celui que l'on croyait ? Et les indiens ces sauvages scalpeurs ?
Une "mise au point" qu'il est bon de lire sur cette période de l'histoire des Etats-Unis .
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lehibook
  13 juin 2020
Les Etats-Unis furent baptisés dans la sang : celui de la guerre de Sécession et celui des populations indiennes autochtones . Custer incarne dans son image et son comportement l'esprit de ces guerres indiennes, il est aussi le symbole de la résistance des amérindiens . le présent livre présente un point de vue indien sur cette guerre dissymétrique et sur le dernier grand sursaut que fut Little Bighorn qui rétablit l'équilibre avec les versions de la propagande officielle et du western classique .
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
ClaireGClaireG   31 décembre 2016
Les choses n'ont guère changé sur la réserve de Pine Ridge, ni d'ailleurs sur les autres, et c'est cela qui devrait nous préoccuper. Mais qui s'en soucie ? Une fois l'occupation de Wounded Knee terminée, le gouvernement reprit ses activités habituelles, qui ne prévoyaient pas de s'occuper des problèmes des Indiens, à savoir la pauvreté, la vétusté de l'habitat, le chômage, les soins médicaux, et les problèmes sociaux que constituent l'alcoolisme et la toxicomanie. De tout cela, la nation américaine se détourna.

p. 84
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lehibooklehibook   13 juin 2020
Custer ,qui avait toujours compté sur "la chance de Custer" lors de ses combats menés au triple galop pendant la guerre de Sécession ou sur la frontière ,avait tout fait de travers pour cet affrontement avec les indiens.Il n'avait fait reconnaître ni le village ni les alentours .Il avait totalement sous-estimé les forces et la détermination des Indiens.
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lehibooklehibook   13 juin 2020
En réponse à une question concernant le soutien qu'il apportait au meurtre de femmes et d'enfants indiens sans défense ,il déclara :"..je reprendrai les paroles du général Harney après la bataille de Ash Hollow (au Nebraska) ,il y a plusieurs années ...ce son des lentes ,qui deviendront des poux."
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