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ISBN : 202013215X
Éditeur : Seuil (28/08/1992)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Croyez-vous qu'un seul bébé accepterait de naître si on lui représentait ce qui l'attend ? Enceinte de jumeaux, la jeune Madeleine décide d'instruire ses petits et ce dès les premières semaines de sa grossesse. Par malheur, elle y parvient. Au bout de six mois, les deux fœtus, Louis et Céline, ont atteint le niveau de connaissance d'un étudiant modèle. Mais avec les mathématiques, la philosophie et les sciences naturelles, ils apprennent aussi et malgré eux l'existe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  14 novembre 2019
Il est né le divin enfant. Et bien non. Non non, hors de question. Même sous la torture, il refuse de naître le divin enfant.
Au départ, nous avons une femme fraîchement mariée. Bourrée de tocs et de peurs, Madeleine ne conçoit aucun charme à l'enfantement, de l'acte au résultat. À moins de porter le futur Einstein, un chérubin dans son ventre ne l'intéresse guère. C'est sur cette petite idée de génie de rien du tout que va germer la fleur du savoir. Bien au chauds dans le ventre de Madeleine, Louis et Céline sa jumelle se nourrissent de savoir, forts d'une expérience médicale hors norme. Encyclopédies, musique, physique, littérature, philosophie, ils enregistrent tout. Finissent par devenir de vrais génies érudits doués de parole dans le ventre de leur mère.
Quand arrive la découverte de l'actualité, Louis s'offusque et crie à la rébellion « moi sortir d'ici, jamais ». Avec ses guerres, ses maladies, ses conflits, ses catastrophes naturelles, le monde est laid, dangereux et ce serait pour Louis une grave erreur d'en faire partie.
Le voilà donc bien décider à faire barrage à sa naissance et à user de tous les stratagèmes et répliques cinglantes pour rester hors de portée de la vie.
Voici mon deuxième roman lu de Pascal Bruckner avec toujours ce même plaisir. le sujet est original, piquant, drôle, fantaisiste. L'auteur s'adonne au droit de chaque tête blonde à exister ou pas. Il donne le ton à ces milliards d'enfants qui n'ont rien à dire. Il décortique habilement les succursales du choix, du savoir absolu en lieu et place du bonheur, des limites d'une vie en autarcie. Sous des airs d'une Amélie Nothomb inspirée, c'est rocambolesque, psychédélique. Une lecture dépaysante et bien originale. Un bon deuxième moment avec Pascal Bruckner. Si vous aimez l'amie Nothomb, je vous conseille de tenter Bruckner. Ça décoiffe.
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Luniver
  21 décembre 2018
Madeleine a embrassé le principe de la start-up nation avec enthousiasme. Aussi, quand elle apprend qu'elle est enceinte, et de jumeaux en plus, c'est l'indignation : deux petits assistés, qui ne font rien d'autre que dormir et manger, et de la nourriture qu'elle leur fournit gratuitement en plus, tout ça pendant neuf mois ? Hors de question ! Avec l'aide d'un scientifique, elle parvient à éduquer ses enfants pendant la grossesse : à coup de sciences modernes et de sagesse antique, les jumeaux pourront passer leur bac sitôt nés.
Mais voilà, à force d'éducation, les jumeaux commencent à avoir des doutes sur le monde qu'ils vont devoir rejoindre : la sagesse ne semble pas très répandue dans l'humanité ; peut-être vaut-il mieux ne pas sortir ? Céline, l'aînée, tente bien le grand saut, mais Louis s'accroche désespérément à son cordon ombilical et refuse de sortir. le sort de sa soeur, devenue amnésique et idiote dès la première bouffée d'air, achève de le convaincre : il se consacrera au savoir dans le ventre de sa mère, et n'en sortira jamais.
Le début du roman m'a beaucoup plu, j'ai trouvé l'idée originale, et surtout porteuse d'une grande question existentielle : et si, au lieu de chercher un sens à sa vie en plein milieu de celle-ci, on avait la possibilité d'y réfléchir AVANT ? Jauger l'humanité, se demander si le jeu en vaut la chandelle, et décider, le cas échéant, de passer son tour.
Ceci dit, plus le roman progresse, plus j'ai décroché. L'histoire part dans une spirale d'exagération, dans une sorte de farce où les personnages deviennent de plus en plus grotesques et repoussants. J'ai progressivement perdu de vue les questions philosophiques que le roman avait provoqué au départ, et j'ai été plutôt soulagé, finalement, de pouvoir refermer le livre.
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Ptitgateau
  26 janvier 2012
Un roman que je relirai tant j'ai aimé l'humour de l'auteur et l'originalité de l'histoire de ce bébé que la mère veut éduquer in utéro et qui finalement, découvrant la laideur du monde, décide de s'installer définitivement dans le la douillette matrice. Un bébé au caractère bien trempé !
Ce qui a particulièrement retenu mon attention, c'est l'emploi de substituts pour désigner ce divin enfant du début à la fin du roman du roman, pas une répétition, quelle imagination ! J'ai juste trouvé la fin un peu bizarre, j' ai l'impression d'être restée sur ma faim, mais je ne vous en dis pas plus !
Lisez ce roman, vous serez étonné de ce qu'il est possible d'écrire de très surprenant pour le lecteur !
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alphacephei
  07 août 2015
Ce fut une lecture jubilatoire. Maintes fois je me suis prise à rire à gorge déployée devant l'humour, l'ironie, le style de Bruckner.
Le thème est aussi intéressant : un embryon nourri de science et de savoir dès les premières semaines de la grossesse de sa mère refuse de naître. Il se trouve trop parfait, un Messie, voire un Dieu (d'ailleurs il pousse le vrai Dieu à la démission) pour vivre parmi des mortels bien trop imparfaits pour lui. Son refus de la vie (voire sa haine) lui retombera dessus à la fin.
Les thèmes abordés par ce roman sont nombreux : accepter l'imperfection de l'existence pour traverser au mieux et plus joyeusement sa vie (plutôt que de s'accrocher à un idéal forcément inatteignable et morbide). Lâcher ses parents pour vivre vraiment, ne pas vivre juste pour ses enfants (l'attitude de Madeleine est également ambiguë parfois).
Comment évoquer des sujets sérieux de façon légère ? voilà la question à laquelle répond Bruckner dans ce roman.
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brouillard
  28 octobre 2009
Qui n'a pas rêvé à une période de sa vie de retourner dans le ventre de sa mère pour échapper aux difficultés de la vie. Ici c'est plus simple, l'enfant refuse de sortir. Il est à l'abri des dangers, pollutions et surtout il a accès au savoir par l'intermédiaire de sa mère. A quoi cela lui servirait-il de voir le monde par lui-même?
C'est ce sujet qui est traité dans ce livre avec humour et gravité parfois. Pauvre "baleine" de mère ! Mais l'expérience de la vie a du bon surtout narrée dans cette écriture fluide, plaisante.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   14 novembre 2019
C’est le choix et la liberté qui distinguent l’être humain de l’animal. Tous les bons auteurs, Rousseau, Kant, Hegel, l’ont affirmé. La première liberté d’un individu, c’est de dire non !
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LuniverLuniver   17 décembre 2018
Des livres justement il y en avait trop et Louis réalisait combien il les haïssait. La vérité c'est qu'il y avait tant de livres qu'une vie d'homme ne suffirait pas à en lire simplement les titres. Il était fatigué de leur multitude, de leur vacuité, de leur ressassement. Il était las de ces mêmes intrigues, de ces mêmes idées, de ces mêmes fables qui revenaient à des siècles de distance sous des aspects à peine différents. Si seulement chaque bibliothèque pouvait brûler comme celle d'Alexandrie, si on avait étranglé Gutenberg dans son berceau et retardé de quelques siècles l'invention de l'imprimerie, quel gain de temps !
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LuniverLuniver   14 décembre 2018
[À sa majorité] son père lui présenta la facture de son enfance et de son adolescence. C'était une coutume de famille : on ne donnait pas la vie chez ces gens-là, on la prêtait. Chacun devait la racheter à ses propres géniteurs, s'exonérer d'un fardeau qui retomberait invariablement sur ses descendants. Madeleine avait dix ans pour rembourser une somme que tout un système de pénalités pouvait augmenter ou même doubler.
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LuniverLuniver   19 décembre 2018
Surtout Damien lui fit promettre : plus de cochoncetés, plus de dégoûtanteries. Fini de jouer avec ses billes et son scoubidou. Louis jura. D'ailleurs il s'attacha à la verge une petite sonnette qui tintait à la moindre tumescence. Dès qu'il se sentait durcir, il criait « Au secours, au secours, j'ai la trique ! » et on lui injectait aussitôt du bromure à travers une longue aiguille piquée dans le corps même du délit.
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ButterfliesButterflies   15 décembre 2013
- mon garçon, cesse ces enfantillages, veux-tu!
Elle est bonne, celle-là! Demander à un foetus de ne pas être enfantin...
Tu n'es plus un enfant.
-Tu veux dire que je ne suis pas encore un enfant.
Madeleine s'énervait.
- Arrête de jouer sur les mots.
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Videos de Pascal Bruckner (87) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Bruckner
Grand entretien avec Alain Finkielkraut, à l?occasion de la parution de son ouvrage « À la première personne » (éditions Gallimard).
Le philosophe et écrivain y retrace son parcours, interrogeant le passé et mesurant ses dettes envers un legs intemporel. #Finkielkraut
https://www.laprocure.com/premiere-personne-alain-finkielkraut/9782072853197.html
Alain Finkielkraut est un philosophe français qui est passé d'une recherche métaphysique à une analyse parfois critique des comportements de la société d'aujourd'hui, dont la manifestation la plus caractéristique est son livre paru en 1987, "La défaite de la pensée".
Alain Finkielkraut est né à Paris en 1949. Son père juif d'origine polonaise réfugié en France dans les années 30 est un rescapé d'Auschwitz. Finkelkraut prépare Normale Sup à la khâgne du lycée Henri IV mais échoue à Ulm et est reçu à Saint Cloud. Il réussit l'agrégation de lettres modernes en 1974 et après deux ans d'enseignement dans le secondaire, part aux Etats-Unis où il enseigne la littérature française à l'université de Berkeley en Californie. A son retour en France, il enseigne la philosophie et l'histoire des idées à l'Ecole polytechnique. Il se fait connaître du grand public dès 1974 avec le nouveau désordre amoureux écrit en collaboration avec Pascal Bruckner. C'est la période de réflexion métaphysique de Finkelkraut, influencée par la pensée d'Emmanuel Lévinas. Avec La défaite de la pensée paru en 1987, Finkelkraut aborde une analyse critique des comportements sociaux. Il se dit anti-moderne et critique le tout-culturel qui banalise la culture. La démarche intellectuelle de Finkelkraut est toujours anti-conformiste et engagée.
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