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ISBN : 2246800285
Éditeur : Grasset (16/04/2014)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 122 notes)
Résumé :
C’est l’histoire d’un enfant à la santé fragile, né après guerre et envoyé aussitôt dans un village d’Autriche pour soigner ses poumons. Sous la neige, il chante la gloire de Dieu et baragouine un patois allemand. Chaque soir, sous le regard aimant de sa mère, le chérubin prie le Seigneur pour qu’il provoque la mort de son père. « Rien de plus difficile que d’être père : héros, il écrase de sa gloire ; salaud, de son infamie ; ordinaire, de sa médiocrité » : le père... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  25 juillet 2014
Une lecture très tonique en dépit d'un sujet douloureux. le mérite de de récit filial est que l'auteur évite le sordide règlement de comptes avec un père à la personnalité difficile ; transforme cette relation au père , si décourageante et négative, soit-elle… en une construction positive ; Que ce père soit raciste, antisémite obsessionnel, il y a aussi les moments de répit, de souffle d'un père et grand-père qui peut être aimant et attentionné.
Les thèmes m'ont fait songer à une autre autobiographie, plus sombre, plus douloureuse qui est celle du peintre Gérard Garouste, avec « L'Intranquille »…le fils choqué et culpabilisant sur les idées antisémites de son père , souffrira de dépressions intenses , et même au-delà… La souffrance et la culpabilité seront transformés à travers l'Art et la peinture ainsi que par le soutien indéfectible de l'épouse de l'artiste.
Le récit de Pascal Bruckner est plus « léger », plus distancié… avec des moments certes, de découragement et d'exaspération croissants du fils… mais au bout du compte ce fils se construira « Contre »… grâce à cette phénoménale opposition au Père…
l'extrait suivant que j'ai choisi donne le ton de l'ensemble de cette autobiographie :
Les pères brutaux ont un avantage: ils ne vous engourdissent pas avec leur douceur, leur mièvrerie, ne cherchent pas à jouer les grands frères ou les copains. Ils vous réveillent comme une décharge électrique, font de vous un éternel combattant ou un éternel opprimé. le mien m'a communiqué sa rage: de cela je lui suis reconnaissant. La haine qu'il m'a inculquée m'a aussi sauvé. (p.17)
« Je n'ai qu'une certitude : mon père m'a permis de penser mieux en pensant contre lui. Je suis sa défaite : c'est le plus beau cadeau qu'il m'ait fait. » (p.251)
« le doigt de la sorcière s'appelle les liens du sang, les lois de l'hérédité, le poids de la mémoire, de la génétique, qu'importe l'explication que l'on donne, ce doigt me retient et fait de moi, quoi que je veuille, toujours un fils et un fils de. S'émanciper, c'est s'arracher à ses origines tout en les assumant. » (p.186)
Un livre qui évite tous les écueils des larmoiements ou ressassements accusateurs… pour rester dans l'amour de la vie, des autres et de l'écriture. Un texte plein d'humour , de dérision et d'auto-dérision …
regorgeant au-delà des souvenirs pesants, de « joyeusetés »…
Ce récit en dépit de ces rapports père-fils éprouvants, sombres, est un texte relativement apaisé, où l'auteur répète qu'en réaction à toute cette haine , cette agressivité contenues dans son père, il a choisi, construit son chemin personnel aux antipodes . Il a développé un désir démultiplié d'apprendre, de connaître, d'expérimenter, d'aimer doublement les gens , l'existence, de prendre des engagements contraire à tout le poison idéologique distillé dans son enfance et adolescence…. de se construire son univers par l'écriture et ses rencontres personnelles dont un mariage avec une compagne de confession juive !!!
« le monde est un appel et une promesse : il y a partout des êtres remarquables, des chefs d'oeuvre à découvrir. Il y a trop à désirer, trop à apprendre et beaucoup de pages à écrire. Tant qu'on crée, tant qu'on aime, on demeure vivant. «

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domisylzen
  17 juillet 2018
Autobiographie de Pascal Bruckner.
De lui je n'ai lu qu' "un petit mari", qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. C'est donc quelqu'un que je ne connais pas plus que ça.
Et dès le début ça démarre très fort. Petit garçon élevé dans la tradition catholique, il adresse des prières pour que son père décède. Faut dire que le papounet y va fort, on pourrait résumer par : un gros con. Violent, antisémite, raciste, il tape sur sa femme, son fils aussi, parfois c'est juste pour soulager une journée trop chargée. Son attitude forgera le caractère de son fils et celui-ci deviendra en tout son opposé.
Malgré toute cette violence, on ressent tout au long du livre un certain amour de la figure paternel. L'écriture est débridée, empreinte de pudeur et de sensibilité, l'auteur visiblement ne cache rien. Un livre qui n'est pas un règlement de compte mais qui est plus un bilan pour faire le point sur le passé peut-être tout simplement pour mieux l'évacuer.
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Iboo
  18 septembre 2014
Cinq étoiles... mais, je l'admets, accordées plus subjectivement qu'objectivement, étant trop impliquée pour juger avec le recul qui s'impose.
Egalement enfant unique, même génération, "même" père, mêmes idéologies extrémistes...
Même ressenti, mêmes contradictions, mêmes ambiguïtés dans les sentiments...
Je suis entrée dans ce livre comme on entre en thérapie.
Psychothérapie que je n'aurais, d'ailleurs, jamais sollicitée. Dans un premier temps parce que j'ai tendance à nourrir une certaine méfiance envers tout ce qui commence par "psy". Dans un second, parce que je pense que l'on ne peut comprendre vraiment certaines situations que lorsqu'on les a vécues de l'intérieur et que tous les lieux communs, plus ou moins "guimauve", dont vous assènent ceux qui n'ont qu'une vision théorique de la chose sont aussi stériles qu'accablants.
Soixante ans que je me débats dans cette confusion et Pascal Bruckner vient, enfin, d'y apporter un éclaircissement salutaire.
En effet, on s'expose à la critique en formulant son désamour quand on n'a pas été enfermé dans un placard, torturé, abandonné... situations tragiques où narrer sa douleur est acceptable car les "cicatrices" sont visibles.
Pourtant, je le cite : "Les vraies blessures sont verbales, les jugements négatifs, les vexations qui s'inscrivent en vous en lettres de feu. Mon père voulait absolument me persuader de mon infériorité."
Le mien a failli faire une crise d'apoplexie le jour où, en réponse à ses insultes et reproches, je lui ai annoncé en toute sérénité : "Je ne te dois rien, Papa. Je ne t'ai rien demandé. Ne te fatigue pas à déverser tout le mépris que tu as pour moi. Je connais tout ça par coeur et ça ne m'atteint plus. Ton entreprise de démolition est arrivée à son terme."
Tout comme l'auteur, je ne ressens à son égard ni haine ni colère. Juste de la résignation après avoir tenté tout ce qu'il m'était possible d'espérer. Et, paradoxalement, de la reconnaissance aussi, car il m'a inculqué le goût de la lecture, de la musique classique, du jazz, des bons vins... éléments non négligeables dans ma construction personnelle.
Aucun être n'est ni foncièrement bon ni foncièrement mauvais. C'est ainsi. Mais il faut cependant avoir la sagesse de renoncer à changer les rayures du zèbre.
"Je n'ai qu'une certitude : mon père m'a permis de penser mieux en pensant contre lui. Je suis sa défaite, c'est le plus cadeau qu'il m'ait fait."
Merci, Monsieur Bruckner d'avoir osé ce courageux témoignage.
Ce faisant, vous vous êtes exposé, et certains y ont vu le déballage d'une intimité familiale dont il eût été séant que vous vous absteniez. Je suis, pour ma part, heureuse que vous l'ayez, au contraire, partagée.
Et, vu que je viens d'en faire de même avec ma critique, je m'en excuse par avance auprès des personnes qui, à juste titre, pourraient la juger déplacée.
Fin de ma thérapie.
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madameduberry
  17 mai 2014
Ce n'est pas seulement l'histoire d'un fils C'est l'histoire d'un père. Sur la jaquette de couverture,on voit les deux: le fils , petit encore, affublé de cette culotte bouffante que l'on mettait aux garçons comme aux filles et que l'on appelait barboteuse, coiffé d'un impossible couvre chef qui évoque une kippa mais qui n'en n'est pas une, il équilibre la composition de la photo, dont le vrai centre est le père. Un père jeune, regard clair et cheveux blonds, archétype aryen, au front large et au sourire carnassier. le petit est dans l'ombre, un peu flou, debout et au premier plan il est dominé par le père, assis au second plan. Question de mise au point.En même temps que l'enfant que fut l'écrivain, nous découvrirons donc le père, et la mère de cet enfant-là, absente de la photo, celle qui la prend, peut-être. Et la façon dont il s'est construit au centre de ce couple impossible.
L'ouverture du livre est, si on m'autorise l'expression, une ouverture à la Bruckner. Si vous ne connaissez pas ce musicien, je précise que j'évoque là le bruit et la fureur. Fureur et violence verbale et physique du père. Par chance peut-être, l'enfant commence sa vie très loin de cette fureur-là.Enfance à la montagne, loin des parents, cruauté de la maladie, de l'environnement religieux, et de la vie à la campagne avec ses sacrifices animaux sanglants. Et toujours l'ombre de la guerre, des persécutions, de la déportation. Ainsi que le leitmotiv de l'antisémitisme du père dont la clé semble donnée à la fin de sa vie. Pascal Bruckner a beaucoup de raisons pour parler essentiellement de son père. Pendant non romanesque de Lunes de fiel, ce livre d'apprentissage déshabille cruellement le père, ses colères, sa folie, ses appétits d'ogre et de jouisseur. Il n'oublie pas le ridicule, la médiocrité, les limites de ce tyran domestique toujours prêt à ramper devant l'autorité qui lui est supérieure.Un père qui ne se remet pas d'une chute ou d'une défaite, de deux défaites successives, celle de chacun de ses pays puisqu'il est à la fois d'ascendance française, (huguenote) , et germanique. Un père descendant d'exilés et qui on le pressent demeure lui aussi exilé, et à rebours de l'histoire. Les scènes les plus insupportables impliquent la mère et sa place de victime consentante. le summum de l'insupportable est une autre scène, digne de Popeck, où cette mère catholique, élevée par les religieuses de Notre Dame de Sion, hèle son fils adulte du balcon, afin de lui envoyer , sous les yeux des passants morts de rire, un de ses slips racommodés par ses soins amoureux, avec force commentaires maternels sans que cet homme, réputé pour son indépendance et sa grande gueule, ne proteste ni ne moufte trop, sinon intérieurement. "Je l'aurais tuée. Je lui ordonnai sèchement de se taire". Car il n'y eut pas que le père, haï consciemment , activement, il y eut aussi la mère, adorée, mais qui telle la corde élastique du jokari, le ramène constamment à la misère de son enfance.Mère très aimante,jalouse et intrusive, qui forme un couple adultérin avec son fils tandis que le père parcourt les routes et déserte le foyer en compagnie galante le plus souvent. Que de ténèbres. Et pourtant la lumière est là, elle finit par percer et s'imposer, à travers l'amour des livres, la découverte de quelques mentors intellectuels qui tiendront lieu de substituts paternels à ce fils parricide en pensée et, symboliquement, en acte.
Ce fils qui se décrit, adulte, essentiellement comme un père, et très peu comme un compagnon ou un homme amoureux d'une femme. Pudeur, et aussi point d'identification à son propre père. le deuxième mouvement de la symphonie Bruckner décrit avec beaucoup de sensibilité les années parisiennes d'apprentissage intellectuel de ce petit provincial lyonnais. Par chance sa jeunesse est en phase avec l'époque, gonflée à bloc d'idéaux positifs et libertaires, à l'abri de la prospérité économique et de l'invraisemblable dynamisme de la génération baby boomer, qui crache dans la gueule à papa, et déboulonne l'autorité paternelle tout en recherchant d'autres images paternelles ou autoritaires (le PC, Mao, Castro, etc.) La deuxième chance de Bruckner, il le dit clairement lui-même, est qu'il ne tombe ni dans le panneau de l'embrigadement politique, ni dans celui des honneurs de l'Universitéd'après 68. Ayant raté les concours, il est disponible pour tous les départs et pour toutes les occasions d'écrire. Et il rencontre son alter ego, A Finkielkraut, avec lequel il développe une surprenante relation en miroir, qui eût été mortifère sans leur sagesse et leur intelligence de s'éloigner à temps l'un de l'autre. Dernier mouvement, dernier acte: le déclin et la mort de la mère, à peine esquissés (pudeur et discrétion du fils aimant) crépuscule et disparition presque inattendue, en tout cas intempestive, du père, de ce dieu Wotan du roman familial. Wotan de carton- pâte, mais auquel Pascal Bruckner donne honnêtement toute la place qu'il occupa dans sa propre Bildung, tout en ouvrant rétroactivement une interrogation, par le récit d'une découverte constituant pour lui et pour le lecteur une mise en abyme de tout le récit.
L'écriture de ce livre est soignée, sans affèterie, elle coule comme un torrent, elle a la clarté d'un soir d'été. Elle semble indiquer une réconciliation qui n'est ni un oubli, ni un déni, ni un reniement. Avec le récit de sa vie rattachée à l'enfance, parts d'ombre et de lumières mêlées,sans effusions lyriques,sans auto apitoiement, Pascal Bruckner signe pourtant là un livre qui s'inscrit dans la tradition des plus grands: Gorki, Rousseau, Chessex.. liste non exhaustive.
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palamede
  30 mai 2016
Voilà un père détestable, pour de multiples raisons privées et publiques, qui n'a probablement pas livré les véritables raisons de son antisémitisme (craignait-il d'être reconnu comme juif ?). Voilà un bon fils qui n'est pas attachant pour toutes sortes de motifs. D'abord parce qu'il ne parle que de lui, de ses amitiés prestigieuses citées pour nous faire penser qu'il est leur égal. Ensuite parce que son parcours de jeune bourgeois gauchiste et les pseudo confidences ou confessions sur le caractère libéral de sa pensée n'ont que peu d'attrait (sauf censément pour lui). Le seul élément qui aurait pu être intéressant - la description des rapports conflictuels avec le père - apparaît dépourvu de sincérité et sert encore à l'étalage de la bouffissure du fils. Ecrire sur son père ou sa mère est dans l'air du temps, d'autres auteurs m'ont semble-t-il mieux réussi l'exercice que Pascal Bruckner.
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critiques presse (4)
LaPresse   11 juin 2014
Dans son nouveau livre très personnel, Pascal Bruckner rompt le silence et dévoile son enfance à l'ombre d'un père antisémite, nazi et violent. Un récit cru et difficile pour celui qui estime que la Seconde Guerre mondiale est le «grand roman familial français».
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   05 mai 2014
Dans Un bon fils (Grasset), Pascal Bruckner évoque son impossible père, pronazi et violent, dans un portrait sans pathos. Et sans fiel. Une famille "bilingue français-antisémite".
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   30 avril 2014
Pour la première fois, l'essayiste et romancier Pascal Bruckner parle de son père, qui battait sa femme et haïssait les juifs. Vertigineux.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Bibliobs   15 avril 2014
Presque quarante ans après son premier livre, l'auteur de «Lunes de fiel» signe enfin celui qui les explique tous. «Un bon fils» (Grasset, 18 euros) est un implacable précis de décomposition.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   18 octobre 2019
Le pire dans la vieillesse, ce n'est pas la diminution physique, c'est le dégoût de l'humanité. Combien commencent en subversifs pour finir en grincheux ?
Commenter  J’apprécie          130
Jean-DanielJean-Daniel   18 octobre 2019
Le monde est un appel et une promesse : il y a partout des êtres remarquables, des chefs d'oeuvre à découvrir.
Commenter  J’apprécie          91
IbooIboo   15 mars 2017
J'aime la volupté en philosophie et la philosophie en voluptueux. Je ne conçois pas le commerce des idées sans une dimension poétique et charnelle. Poser des questions sans réponse, répondre à des questions qui n'ont pas été posées, telle me semble la grandeur énigmatique de cette discipline, même si elle est dévoyée, trop souvent, par l'esprit de sérieux, qui fait obscur pour faire profond.
Combien en ai-je côtoyé, de ces professionnels du concept, qui ne peuvent beurrer une tartine sans citer Nietzsche ou Spinoza, de ces amis de la sagesse, blanchis sous le harnais, aussi agrégés que désagrégés, qui arrivent à la retraite, amers, ayant pris leurs élèves en grippe et rêvant trop tard d'un destin plus vaste ? Ils s'étaient crus au sommet de l'intelligence universelle, ils sont passés à côté de la vie. Chez eux l'esprit ne souffle plus. Ils savent parler de tout mais ils ne savent pas de quoi ils parlent. Les livres les ont nourris, les livres les ont tués.
Le merveilleux métier de professeur meurt dans le ressassement s'il n'est inspiré en permanence par une sorte de vibration missionnaire, s'il n'est pas l'art de capter les âmes, de soulever les coeurs.
J'admire les grands érudits, les aventuriers de l'esprit. Mais j'aime plus encore les penseurs défroqués qui peuvent déployer un raisonnement brillant et se montrer par ailleurs bons vivants, capables de se moquer d'eux-mêmes, de rire de la comédie sociale.
Malheur à qui se prend pour un souverain pontife, adopte la pose du mage ou du prophète. L'imposture le guette.
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claudine42claudine42   03 septembre 2014
Rien de plus difficile que d'être père : héros, il écrase de sa gloire, salaud de son infamie,ordinaire de sa médiocrité. il peut être aussi un héros médiocre, un salaud touchant. Quoiqu'il fasse, il a tort : c'est trop ou pas assez. Hier, il étouffait sa progéniture, aujourd'hui il pêche par son absence, tous les hommes de ma génération ont été des pères intermittents. Et quand il manifeste de la tendresse, on ironise sur sa féminisation, son ramollisssement. Je suis toujours ému de voir de jeunes ou moins jeunes papas jouer avec leurs petits dans les parcs, les langer, les nourrir, leur raconter des histoires,les couvrir de baisers. La famille contemporaine est un syndicat affectueux : tout se négocie du biberon à l'argent de poche, tout s'aplanit dans l'effusion sentimentale. Nous élevons nos enfants pour qu'ils nous quittent un jour et ils nous quittent quand nous avons plus besoin d'eux qu'eux de nous. La séparation n'en sera que plus déchirante. Un monde sans pères ne semble guère désirable, les familles monoparentales en sont la preuve, et il n'y a pas de bonnes mères dès lors qu'i n'y a que des mères......
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fanfanouche24fanfanouche24   08 juillet 2014
Le pire dans la vieillesse, ce n'est pas la diminution physique, c'est le dégoût de l'humanité. Combien commencent en subversifs pour finir en grincheux ? Rebelles à vingt-ans, poupons geignards à soixante-ans. Mon père m'a élevé dans l'exécration d'autrui, j'ai choisi de me vouer à la célébration. La célébration du monde et des êtres ne cessera jamais de me suffoquer. (p.219)
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Videos de Pascal Bruckner (86) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Bruckner
Retour en images sur la rencontre avec Pascal Bruckner, Alain Juppé et Manuel Tunon de Lara, animée par Jean Petaux, lors des rencontres du progrès à Latche 2019.
Notes de musique : © mollat
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