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ISBN : 2253170550
Éditeur : Le Livre de Poche (01/11/1998)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 207 notes)
Résumé :
Ordonné chevalier en récompense de sa bravoure, Jehan de Montpéril n'en est pas moins réduit, pour gagner sa vie, à escorter les voyageurs sur les routes dangereuses. C'est ainsi qu'il est amené, sur les pas de l'étrange moine Dorius, trafiquant de reliques, au château d'Ornan de Guy où surviennent de tragiques événements...
Les morts se multiplient au milieu des festins de noces. Les tournois se changent en traquenards. Les mares du pays alentour sont empois... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  18 avril 2014
Ne connaissant pas du tout cet auteur, c'est avec bienveillance que j'ai commencé ma lecture. Pourtant, même avec la meilleure volonté du monde, il a bien fallu me rendre assez vite à l'évidence, ce roman n'est pas un roman historique et si je consens à y voir un polar, je ne vois pas du tout l'utilité de l'avoir situé au Moyen-Age.
Ecrit à la fin des années 90 au moment où l'engouement du public pour l'époque médiévale et tout ce qui a trait aux chevaliers est en plein essor, ce roman semble une complaisance envers un lecteur qui voudrait "tâter du Moyen Age" mais sans pour autant le connaître. Résultat : sous couvert d'une vulgarisation pédagogique, l'auteur enchaîne les clichés et voudrait bien convaincre ses crédules lecteurs qu'un peu d'historien sommeille en lui mais c'est un leurre.
D'abord auteur de science-fiction, si j'en crois ce que j'ai lu, Serge Brussolo se plaît semble-t-il dans l'approximation et l'anachronisme et parfois il envoie du lourd, on croirait presque entendre le guide estival d'un château paumé qui voudrait à la fois faire de l'esprit pour animer sa visite et étaler sa pseudo-science pour paraître crédible. Ce qui donne un truc assez indigeste qui contraint le lecteur un peu soucieux de véracité historique à lever le sourcil plus d'une fois sous le coup de l'incrédulité. Un simple exemple : Jehan (le héros), voyant passer devant lui un condamné au bûcher qui vient d'être atrocement torturé, partage avec le lecteur son ressenti hautement opportun : "Il lui trouva une sale mine". Hum, mais encore ? Quelle mine est censé avoir un homme brisé par la douleur et qu'on mène à la mort ?
Bref, cet exemple n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan et plus on avance dans le récit et plus l'auteur se lâche, ne faisant plus aucun effort pour soigner le contexte. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard s'il ne cite aucun lieu, aucune date, aucun fait (exceptées les Croisades mais inutile de chercher laquelle, il suffit de savoir que c'était du côté d'une certaine Jérusalem et contre des Infidèles) ni aucun roi qui puissent situer son récit sur la frise chronologique de l'histoire de France parce que s'il le faisait, ça l'obligerait à se documenter et à faire un travail de fond alors que, de cette manière, il suffit de dire qu'on torture les innocents, qu'on mange avec ses doigts sur des "tranches de pain" (dixit, super niveau de lexique, non ?) , que les hommes d'Eglise sont tous des raclures de bidet, que les pucelles sont mariées à treize ans, qu'un chevalier possède une épée, une armure et un destrier (sans blague !) et que les médecins sont des charlatans pour que le peuple soit content et se croit érudit sur la période. Ne manque que l'huile bouillante ! Vraiment, merci Mr Brussolo pour ce degré zéro d'érudition.
L'aspect polar, le seul qui reste quand on a fait son deuil du roman historique, est complètement prévisible, je suis désolée d'avoir à le dire, au risque de blesser certains lecteurs mais franchement, les pièces du puzzle se mettent en place toutes seules les unes après les autres sans que le lecteur ou le héros ait à se triturer les méninges. Les indices et les témoignages tombent à point nommé, tout droit du ciel, comme c'est commode ! et totalement dénué d'intérêt...
Non, vraiment, si Serge Brussolo voulait par ce roman donner une illustration de l'obscurantisme médiéval, franchement, je me demande qui il a pu convaincre qui n'ait déjà su tout ce qu'il se complaît à étaler dans les pages de ce pseudo roman historico-policier.
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Pavlik
  09 septembre 2017
Attention : faites lire cette critique à un goûteur avant de la consommer !
Pour ma première incursion dans l'univers de Brussolo, je ne suis pas déçu. "Le Château des Poisons" est un polar médiéval fort réjouissant. Il est ici important de souligner que ce roman n'est pas, à proprement parler, un roman historique, et je ne crois pas d'ailleurs que l'auteur n'ai jamais eu cette intention lorsqu'il l'a rédigé.
Jehan de Montpéril fut fait chevalier par un concours de circonstances improbable, lui qui était bûcheron. Mais de chevalier, il n'a que le titre, étant fort désargenté et, par conséquent, sous-équipé. Mais Jehan possède pour lui une carrure impressionnante et il a acquis, avec le temps, la "science des routes". Il s'est donc fait routier et escorte divers personnes à bon port, sur des routes pleine de ce rude caractère typiquement médiéval. Un beau jour, le voilà qui est chargé de convoyer un moine "gras à lard", au château du seigneur d'Ornan de Guy qui s'apprête à convoler en juste noce avec la (très) jeune, et néanmoins fort désirable, Aude de Chanterelle. En chemin se greffe la troublante Irana, troubadour de son état. La joyeuse troupe arrive bientôt en vu des murailles du castel et, si l'atmosphère est à la fête, il ne faut pas longtemps pour que des événements inquiétants se produisent...
Atmosphère : voici justement un des maître mot de cette histoire. Car, si de la vérité historique on peut affirmer allègrement que Brussolo s'en tamponne les gonades avec une patte d'ours, il s'y entend néanmoins pour créer et entretenir une atmosphère "médiévale". Comme dirait un pote, ça sent la poutre et la vieille pierre. L'enchaînement des divers péripéties auxquelles est confronté Jehan se fait sans temps morts et le style vif, et empreint d'une certaine violence "rentrée", adopté par l'auteur fait merveille (le tout allègrement assaisonné de locutions latines, l'atmosphère c'est d'abord une histoire de mots).
Je ne suis pas un grand spécialiste des polars mais, peut-être que certains d'entre eux, sourcilleux, pointilleux, tatillons, bref empreints d'une rigidité orthodoxe, trouveraient à redire (et les mêmes tatillons du roman historique s'allieraient avec eux).
Personnellement l'aspect "enquête" m'a paru plutôt rondement mené, même si Jehan de Montpéril ce n'est pas Guillaume de Baskerville et son credo est plutôt de se faire balader par les événements. Mais armé d'une éthique, il faut le dire assez inhabituelle pour un gueux, et, malgré les restes d'une éducation paysanne rustre, faisant preuve d'un anticléricalisme fort réjouissant, il n'a pu que susciter ma sympathie.
En bref, si vous aimez le moyen-âge, avec les yeux d'un môme (et pas seulement ceux d'un universitaire) et que les polar vous plaisent (mais pas seulement pour la précision millimétrique de coucou suisse de l'intrigue), alors ce bouquin est pour vous.

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LePamplemousse
  14 décembre 2015
Les romans de Brussolo sont souvent courts (250-300 pages en moyenne) mais pas besoin de plus de pages pour saisir une atmosphère, et pour que l'histoire soit intéressante.
Dans cette première aventure mettant en scène le chevalier Jehan de Montpéril, nous le suivons, accompagnant un moine jusqu'à un château où un mariage doit être célébré.
Mais de vilaines choses vont se produire...
L'histoire démarre assez rapidement et nous plonge dans un moyen-âge parfaitement reconstitué, où la religion et les superstitions ont un rôle essentiel dans la vie de tous les jours.
Le chevalier Jehan est assez sympathique et plutôt intelligent, même s'il a parfois du mal à discerner la réalité quand autant de phénomènes étranges semblent arriver.
Une bonne petite aventure sans prétention qui tient bien la route, avec des rebondissements en pagaille.
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Itenarasa
  25 janvier 2014
Péril en la demeure
Recruté pour prêter main forte aux chevaliers, Jehan Montpéril ne s'attendait certainement pas à être reconnu pour son courage par le seigneur de Solpierre et adoubé (on m'a soufflé le terme, chuut) chevalier dans la foulée. Peu après, armé de ce seul titre, Jehan acceptera d'escorter le moine Dorius, porteur de reliques sacrées, jusqu'au château d'Ornan de Guy où doit être célébré le mariage du baron. Rejoints par Irana la troubadour, Montpéril qui déjà succombe aux charmes de la belle, se voit dans l'obligation de tenir tête à Dorius qui voudrait bien s'en débarrasser. Arrivés au château, les festivités du mariage se voient rapidement gâchées par un affreux empoisonnement. Et alors que suspicion, malédiction et fausses croyances se propagent dans les esprits aussi vite que le poison se répand sur la ville, Jehan va à nouveau s'opposer à Dorius et partir en quête du véritable meurtrier. L'enquête ne sera pas sans péril et surprises...
Première incursion dans le monde de monsieur Brussolo ! Je la dois au thème "poison" de la dernière rencontre du club de lecture de Lyon et au prêt consenti par Abracadabra. POuf ni une ni deux dans mes mains ^^ Dois-je ajouter que ce livre aurait dû être lu pour cette rencontre? J'ai abordé cette lecture en mode escargot mais ce qu'il faut retenir c'est que j'ai fini par dévorer ce petit roman de fantasy "policière".
Il paraît que ce Château des poisons n'est pas le meilleur de l'auteur. Eh bien il m'a bien plu, bien plus que ce que présageait les premières pages en fait. Elle est bien pensée l'intrigue et surtout elle se tient jusqu'au bout ! Je dois le reconnaître, je n'ai pas vu venir la révélation finale de cette "enquête" et son épilogue. Bernée j'ai été comme notre Jehan (enfin je l'ai été à moitié on va dire).
Parlons un peu de notre narrateur. le tout beau, tout neuf chevalier Jehan de Montpéril. Ce sont les circonstances qui font de cet homme ordinaire le type même du héros décalé. Certes il est courageux et combatif mais il est surtout un chevalier inexpérimenté et pas du style à mettre la donzelle dans son lit au premier coup d'oeil. A part ça, j'ai bien aimé suivre le cheminement de ses idées et spéculations quant au potentiel meurtrier du Baron Ornan de Guy. Au plus près de ses pensées, on finit par s'attacher à ce grand gaillard et mon petit coeur de midinette aurait bien aimé le voir conclure avec Irana la trobairitz. Jehan de Montpéril est un homme mature, humain, peut-être même un tantinet trop brave. Il est honnête et plus futé qu'on pourrait le penser -je vous dis pas où il a caché l'objet qui lui permettra de se sortir d'un trèèèèès mauvais pas... Coincé entre le paganisme et le catholicisme de son époque, peu crédule face à Dorius, il ne prend pas ses dires pour paroles d'évangile et ça, je dois dire que ça m'a bien plu. Sus au moine!
Mais l'intrigue du Château des poisons ne serait rien sans les autres personnages.
A commencer par le moine Dorius. Arriviste qu'il n'en peut plus, en voilà un qui a su se faire détester d'emblée. Entre ces propos misogynes -ok, c'est l'époque qui veut ça, mais quand même!- et sa manie de tout diaboliser -ok, c'est sa fonction qui veut ça, mais quand même! bis repetita- Pour un homme d'église, bah il ne m'a pas du tout inspiré confiance le type. Moi perso je ne me serais jamais confessée à un type pareil. Roux en plus! Ouais faut toujours se méfier des roux, encore plus quand ils sont moines! (it's a joke, je n'ai rien contre les roux... :D ). Mais je dis ça, je dis rien hein, n'empêche il pue le Dorius...
Vient ensuite Irana la charmante et charmeuse trobairitz. Qui est-elle vraiment? Que sait-on d'elle réellement si ce n'est sa compétence aux chants mélancoliques des amours déçus? Rien à vrai dire. Elle est mystérieuse et semble en savoir bien plus qu'elle n'en dit... Elle serait pas rousse elle aussi? Dorius ne peut pas l'encadrer. Je ne vous raconte pas les propos qu'il tient à son sujet... Non mais allo, t'es un homme d'église et tu hais ta prochaine comme ça toi? pfft les cathos n'étaient déjà plus ce qu'ils étaient.
En tout cas, notre Irana s'est mise "easy" Jehan dans le corset (oui parce que la poche pour une nana à cette époque je trouve que ça l'fait pas) ^^.
Y a aussi Aude et Robert et quelques autres pélos.
Bref, il est tard, ça fait 2 jours que je m'endors sur mon article alors vous me pardonnerez si j'abrège. Mais ne vous y trompez pas j'ai passé un VRAI bon moment avec cette histoire et, s'il venait à vous tomber entre les mains, vous m'en direz tant sur cette fin à moult rebondissements.
Le langage d'époque, l'état d'esprit des gens, leur crédulité, l'ambiance moyenâgeuse sont fort bien rendus. Certains propos valent leur cargaison d'or (c'est la fête dans cet article, les dictons sont revus à la sauce Quel bookan!).
Lien : http://quel-bookan.hautetfor..
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seb76
  10 mai 2013
Une histoire d'empoisonnement sur fond de campagne hantée par une bête, et tout cela, à l'époque médiévale, au temps des chevaliers et des châteaux-forts !!
C'est le second roman que je lis de cet auteur et j'ai beaucoup aimé. Il m'a fait inévitablement pensé à la légende de la bête du Gévaudan.
Tous les ingrédients sont réunis pour passer un agréable moment de lecture et quel talent a l'auteur pour rendre l'environnement étouffant, mystérieux.
Le seul bémol est le dénouement un peu rapide et simple ; après ces rebondissements, j'aurais aimé une résolution plus "fine" ! Dommage, mais ça n'enlève rien à l'attrait de l'histoire.
J'aime beaucoup l'écriture et le style...
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
PavlikPavlik   02 septembre 2017
Un vieux reste de superstition paysanne le poussait à faire confiance aux reliques. Il n'ignorait pas que c'était une erreur. La magie n'existait que dans les fables merveilleuses des légendes bretonnes de la Table ronde. Aujourd'hui le monde était vieux, dégagé de la nuit des anciennes croyances. Sans doute ne parviendrait-on plus à inventer davantage de machines ou de remèdes ? Tout était connu, et les clercs étaient les premiers à proclamer qu'on arrivait au bout du savoir humain. Chercher à comprendre encore plus aurait relevé du péché, car ç'aurait été entrer par effraction dans le domaine du divin.
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PavlikPavlik   30 août 2017
Jehan détestait les clercs en robe de bure, tous gras à lard, qui vivaient plus longtemps que le pauvre monde. Des profiteurs monnayant fort cher leur savoir et leurs tours de passe-passe théologiques auprès de tous ceux qui avaient les moyens de s'acheter une conscience de nouveau-né.
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PavlikPavlik   27 août 2017
Jusqu'à présent, il avait toujours considéré les chevaliers comme une race à peine humaine. Des centaures. Des hommes nés pour détruire, qui ne connaissaient qu'un seul geste : donner la mort. Gens de fer, gens de destruction, hommes couverts de mailles d'airain qui ne savaient que couper bras, têtes...et se seraient trouvés bien en peine de fabriquer une paire de sabots ou un pot de terre.
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PavlikPavlik   30 août 2017
Les moines aimaient le diable bien plus qu'ils ne le prétendaient car c'était sur sa présence, supposée permanente, que reposait tout leur pouvoir.
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PavlikPavlik   24 mars 2017
Il se dit que Lancelot ou Perceval aurait refusé l'or des marchands, mais il n'était ni Lancelot ni Perceval. Il était Jehan de Montpéril, l'ancien bûcheron devenu chevalier errant par la force du fer et du sang.
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Videos de Serge Brussolo (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Serge Brussolo
ATG#94 : le Retour de Brussolo
Serge Brussolo fut l’un des premiers invités de l’ATG ! Pratiquement 7 ans plus tard, Serge écrit toujours d’excellents romans mais c’est pour une plongée dans un passé plus lointain qu’il est de retour : la Rome antique !
Misteur D, encadré par L.U.D.M.I. et Lord Ton Père, ont écouté religieusement le professeur Serge Brussolo qui nous a emporter vers les rives du Tibre.
J’espère que vous serez aussi passionnés que nous le fûmes et merci encore à Serge pour ce moment de pur bonheur !
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