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EAN : 9782081430419
160 pages
Editions Arthaud (24/04/2019)
3.71/5   7 notes
Résumé :
« Au fil de l’ascension, une belle montagne, sur l’autre versant de la vallée, se révéla progressivement dans toute sa masse et m’apparut comme un cône gigantesque : elle "prit forme" tandis que je m’élevais, son dessin d’ensemble ne me devenant perceptible que quand j’eus atteint une certaine altitude. Voici l’intérêt de prendre de la hauteur : la forme du monde, cachée pour le passant des fonds de vallée, nous apparaît miraculeusement à mesure que nous montons. El... > Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
cedratier
  23 février 2020
« La forme du monde » Belinda Cannone (Arthaud, 142 petites pages)
Deux parties dans ce petit opuscule.
Belinda Cannone évoque d'abord ce que représente pour elle la marche en montagne. Lien avec la nature, fatigue régénératrice, ressourcement, gout de l'effort gratuit qui distingue l'humain de l'animal. « Je retrouve mon mode habituel de pensée, du sensible à l'intelligible »
« Marcher n'est pas qu'une activité physique puisque mon esprit s'y déploie autrement. »
Ses découvertes, enfant puis adolescente, de la montagne sont émouvantes, avec aussi ce besoin de partager parfois « Regarde, regarde, dit-on à qui nous accompagne, avec l'espoir secret et informulé de lui faire porter avec nous le fardeau de la beauté. » Et aussi la marche comme besoin essentiel de solitude, qu'elle a du mal à satisfaire malgré ses envies, une peur irraisonnée la retenant souvent de partir seule. Quelques belles réflexions autour de l'orgueil des humains qui pensent dominer la nature, n'ayant pas conscience qu'ils en sont juste partie prenante, du temps qui se déploie autrement dans l'exercice de la marche, de la jouissance de soi. Et, fidèle à elle –même, la question du désir qui définit l'être humain plus que celle du besoin.
Dans toute cette première partie, sans écrire un « grand » livre, Belinda Cannone nous offre une belle promenade sensible et réfléchie sur la marche en montagne. Car « la beauté est la forme du monde. »
J'ai trouvé plus anecdotique la seconde partie qui évoque, avec force citations, trois livres, dont « Regain » de Giono (qui m'a néanmoins heureusement rappelé à quel point la langue de cet auteur est magique). J'ai trouvé les deux autres, dont l'évocation de ce que procure la marche à Simone de Beauvoir à partir de ses souvenirs dans « La force de l'âge », sans grand intérêt.
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Dianouche
  31 octobre 2019
Première lecture de Belinda Cannone, suite à une émission sur France Inter cet été sur la marche.
Un peu perplexe après la fermeture de l'ouvrage...
Une première partie douce, poétique, intime..
..Où je mets des mots sur des sensations éprouvées en montagne et ailleurs aussi :
-La forme du monde (j'adore !)
-La beauté, et cette notion de fardeau de la beauté
-Le plaisir dans l'effort
-Le sentiment océanique
-L'impermanence
-L'intensité, et l'énergie de vie
-Le pouvoir de se déplacer librement
-L'isolement et le silence
- L'émerveillement immédiat, sans mise en condition
..Où j'ouvre mes perspectives sur des notions non vraiment explorées
- le monde comme maison commune, ou la planète un bien commun, où les intérêts entrent en conflit avec la propriété privée
- Les entités naturelles qui peuvent être considérées comme sujet de droit dans la constitution, et défendable pour leur dégradation
- L'effort est le propre de l'homme, aucun animal ne se livre à d'efforts inutiles ou pour jouir des sensations du corps
- Tous les êtres vivants dépensent joyeusement leur énergie pour fêter la vie qui bât en eux
- L'homme est une création du désir, et non du besoin (Bachelard).
Une deuxième partie qui retranscrit des extraits de lectures montagnardes qui me laissent coite.
Je n'y ai pas trouvé la joliesse de la première partie.
Et me suis même demandée si Madame Cannone a eu besoin d'abréger l'ouvrage.
Ce n'est qu'une perception personnelle, qui ne demande qu'à être partagée.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
zenzibar zenzibar   20 septembre 2019
Baguenauder dans les alpages ... l'image ne convient guère. Monter est parfois rude et cheminer dans les pierriers ne va pas sans péril.

Mais je voulais distinguer la randonnée de cette autre pratique, l'alpinisme, qui ne m'intéresse guère car elle contrarie ce que je recherche dans la marche : un état flottant qui, quoique incluant l'effort, reste assez doux et régulier pour que mon esprit soit libre de vagabonder. Le marcheur est un être pensif. Pas l'alpiniste, tout entier concentré sur la difficulté à vaincre. Je dois cependant reconnaître que. j'aime la folie de ces « conquérants de l'inutile », d'autant qu'à ma modeste façon je me sens· des leurs.

J'ai toujours vu une proximité entre leurs paris dangereux et l'activité des écrivains. Celle-ci peut être utile : contrairement à la gratuite conquête d'un sommet tibétain, la littérature espère transformer le monde - disons. Mais qu'elle réussisse à avoir cet effet n'est rien moins qu'assuré et je me dis parfois que, si mon talent n'est pas à la hauteur de mon désir - ce que je ne saurai probablement jamais-, j'aurai peut-être passé mon existence à une activité très vaine, alors que tant de plaisirs et de ~gratifications diverses étaient à ma .portée. Dans l'alpinisme, on peut perdre la vie.

Dans la littérature, si lente et requérant tant de temps, on peut dilapider sa vie. Bref. (p. 54 et 55)
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zenzibar zenzibar   20 septembre 2019
J'aime d'ailleurs passionnément, dans la montagne, l'impression de fraîcheur et de propreté, de pureté même qui s'en dégage. Ces tapis d'herbes et de plantes basses, ces sentiers moelleux, ces rochers décorés de lichens, ces ruisseaux clairs et l'air délicieux me donnent le sentiment d'avancer dans un monde préservé du désastre causé « en bas» par notre hubris et notre désinvolture.

D'où l'inquiétude sourde, à Chamonix, devant la rétractation des glaciers perceptible d'une année sur l'autre - confirmation que même dans cet ultime havre la nature subit les conséquences de notre irresponsabilité. (p.52)
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zenzibar zenzibar   20 septembre 2019
Bien sûr, il n'y a pas une forme mais des formes diverses qui, ailleurs qu'en montagne, sont presque toujours invisibles - souterraines.

Mais voici ce que j'essaie d'exprimer par ces mots de « forme du monde » : habituellement, nous marchons sur le monde et, qu'il soit plat ou vallonné, nous le percevons (si nous prenons le temps d'y songer) comme une surface amorphe qui soutient nos pieds.

Tandis qu'au cours de l'ascension, ses figures se révèlent, extraordinairement variées, et nous prenons conscience que le monde a une forme. (p.42-43)
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Le désir est-il le nouveau nom de l'amour ? L'écrivaine et essayiste Belinda Cannone nous parle des métamorphoses de l'amour dans son dernier ouvrage, "Le nouveau roman de l'amour" (Stock).
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