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EAN : 9782081443839
Éditeur : Editions Arthaud (20/02/2019)
Résumé :
"Ces lieux façonnent des gens un peu verticaux, austères et tenaces... C'est un fond dont je ne me suis jamais départie, et le travail d'écriture, depuis plus de vingt ans, m'y confronte constamment (...) ; ce nord du Cantal, ce pays perdu à mille mètres d'altitude, est fondateur ; et le sauvage n'est jamais loin ; il palpite sous l'écorce des choses."

Marie-Hélène Lafon a grandi dans une ferme isolée du Cantal, au coeur de la vallée de la Santoire, e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  06 avril 2020
"Ils me regardent quand je passe à -La Grande Librairie-...Leur fille est "dans le poste "!
Mon père me demande parfois comment marchent mes livres, de la même manière qu'il demanderait à un paysan du coin combien il a vendu sa vache. Pour eux, j'ai deux métiers, professeur et écrivain. En même temps, ils ont bien conscience que le matériau même de mes livres est leur monde, ce monde même dont ils m'ont toujours dit qu'il était déjà fini; ils savent qu'une trace s'est inscrite dans mes livres. "(p. 90)

Un volume d'entretiens , passionnant acquis sur les terres de l'auteure, dans le Cantal, alors que j'étais invitée chez des amis en septembre dernier (2019), entre Murat et Neussargues...Je l'ai lu d'une traite ce dimanche (5 avril 2020). Il a prolongé très heureusement un texte âpre que je viens de finir de cette écrivaine, "Les Derniers Indiens"... Cela m'a permise d'approfondir l'univers et la sensibilité de Marie-Hélène Lafon.

Marie-Hélène Lafon... répond au question de l'éditeur, Fabrice Lardreau, sur de multiples sujets: son enfance, les diverses influences de ses montagnes cantaliennes sur ses écrits, son travail d'écrivain, sur le célibat des paysans, restés seuls sur l'exploitation familiale, sur ce monde paysan finissant,les auteurs admirés, dont Faulkner, Julien Gracq, Bergougnioux, etc., l'austérité de la montagne, commune au travail de l'Ecriture… de très beaux passages sur la marche.

"C'est une déclaration d'amour évidemment. Déclaration d'amour à l'île
première. Les îles cependant, sont faites pour être quittées. On s'invente
ailleurs, on s'arrache. On le doit, on le peut, on le fait, on l'a fait, je l'ai fait.
Arrachement et attachement ne se séparent pas. " (p. 95)

Marie-Hélène Lafon y parle évidemment du décalage social, d'être selon
ses mots un "transfuge social"... comme Annie Ernaux, même si leur vécu
est autre ...Je retranscris un extrait qui est très explicite sur ce tiraillement
social... même si il existe une différence primordiale entre les deux femmes.
Marie-Hélène Lafon n'a jamais eu honte de son milieu paysan... bien au
contraire !

"Claire, le personnage de mon roman -Les Pays-, qui a une dimension
autobiographique assez explicite, franchit une limite que j'ai moi-même
franchie; issue d'une famille paysanne du cantal, elle devient professeure
de lettres classiques à Paris. Cependant, elle n'écrit pas. Il me semble que
l'acte d'écrire induit une séparation supplémentaire avec le milieu d'origine. (…) C'est un exercice de "haute solitude", comme on parle de "haute montagne".
J'ai le goût de cette haute solitude, de la jubilation et du vertige qu'elle
procure, liés pour moi à l'acte d'écriture, et pour pouvoir écrire le pays
premier, il faut en être parti." (p. 92)

Ce volume est complété fort judicieusement par des extraits de "Lectures
montagnardes", appréciées par l'auteure, débutant par la magnifique
chanson de Jean Ferrat "La Montagne", suivie de Alexandre
Vialatte, "Chronique des justes altitudes" (1967), Julien Gracq,
" Carnets du grand chemin" (1992), Jean Giono, "Ennemonde et
autres caractères" (1968), Luc Lang, " Au commencement du septième
jour" (2016), Philippe Jacottet, "A la lumière d'hiver, suivi de Pensées
sous les nuages" (1994)

Je ne voudrais pas oublier de louer l'austérité ou plus exactement
la sobriété de la maquette...très réussie, tellement évocatrice de la terre et de la nature… Une couleur brune égayée par le titre , le nom de l'auteure, ainsi qu'un dessin à l'encre violette...

Un moment de découverte précieux et très émouvant...J'aborderai désormais les textes de Marie-Hélène Lafon, avec une attention accrue...
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Commenter  J’apprécie          392
5Arabella
  29 avril 2019
La collection Versant Intime propose des entretiens avec des personnalités avec comme point commun la montagne. Marie-Hélène Lafon, née dans le Cantal, et qui évoque dans presque tous ses livres cette région, celle de la « moyenne montagne » , s'est prêtée au jeu. Elle revient donc à son parcours, que les lecteurs fidèles de ses livres connaissent, à la fois d'une façon plus personnelle, à la première personne, sans que des personnages fictionnels ne fassent écran, et sous l'angle de la montagne, de son importance, de sa signification intime. Même si bien entendu, le propos s'élargit rapidement, au rapport de l'homme à la nature, à son exploitation, mais aussi aux découvertes et rapports de l'auteur avec d'autres pays de montagne. Enfin elle parle aussi des écrivains de la montagne qui ont compté pour elle, et dans la deuxième partie du livre, elle en présente quelques uns avec des extraits de leurs textes : Vialatte (terriblement drôle), Giono, Gracq, mais aussi Jean Ferrat et quelques autres.
Même s'il s'agit d'entretiens, Marie-Hélène semble parler comme elle écrit, de cette façon précise, travaillée et si simple en apparence. Elle met en lien certains de ses livres avec ses expériences personnelles, mais ses romans étant tellement nourris de sa vie, et tout particulièrement de cette enfance dans le Cantal, que nous sommes vraiment en terrain connu. Les textes des autres auteurs sont tellement bien choisis et présentés, qu'on qu'une seule envie, s'y précipiter au plus vite.
C'est bien sûr un peu mineur, mais c'est un moment de lecture très agréable.
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Wyoming
  12 octobre 2019
La lecture de ces entretiens avec Fabrice Lardreau est un très bon moment de découverte de l'oeuvre de Marie-Hélène Lafon et de ces monts du Cantal, pays d'en haut, dont l'altitude ne dépasse pas 1000 mètres mais qui ont le qualificatif de montagne en ce sens qu'ils constituent la pâture d'été des vaches.
Marie-Hélène Lafon livre ses souvenirs d'enfance, ses découvertes dans la nature au fil des marches qu'elle a commencé à réaliser très jeune, ses perceptions écologiques très naturelles, quasiment innées, et puis son évolution culturelle vers les lettres, l'enseignement et l'écriture.
Ainsi, elle met en scène plusieurs membres de sa famille, la vie agricole et la désertion des campagnes, son besoin de venir dans ces monts du Cantal pour se ressourcer au contact d'une nature sauvage à peu près intacte encore.
Elle livre également sa vision passionnante de la lecture et de l'écriture, de cette démarche qui ne s'accomplit pas si facilement. Ses paroles sont emplies de sérénité et de réel talent littéraire. Elle évoque magnifiquement quelques auteurs qui l'ont marquée comme François Mauriac et Julien Gracq.
La fin du livre est constituée par des extraits de lectures montagnardes, allant de Ferrat à Giono, qui donnent au lecteur l'envie de découvrir ou de relire des textes superbement écrits dont l'intemporalité est garantie.
Une très belle lecture des mots simples et choisis de Marie-Hélène Lafon.
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jack56
  07 mars 2019
Dans ce livre d'entretiens avec Fabrice Lardreau, Marie-Hélène Lafon nous fait découvrir son Cantal natal. C'est avec la richesse de son écriture qu'elle nous y fait voyager, rencontrer les personnes qui y vivent isolées, la nature, la faune, la flore, etc. Mais elle nous permet aussi d'aller à la rencontre de son oeuvre, liée à cette région et de mieux la comprendre. C'est aussi la rencontre et la découverte d'autres auteurs amoureux de ces montagnes petites ou grandes avec des très beaux textes.
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allard95
  01 novembre 2019
Ce livre recueille un bref entretien avec Marie-Hélène Lafon, sur le sujet de la montagne. Sa montagne à elle est une petite montagne: à 1000 mètres seulement, sur les lieux de son enfance, dans le Cantal, chaîne volcanique qui ne culmine qu'à 1855 mètres…. On retrouve le parler précis, riche et aigu de l'auteure. Et cette lecture est à la fois très plaisante et instructive. C'est le texte d'une femme cultivée, qui a toujours une hauteur de vue appréciable, tout en parlant de choses simples: il faut la connaître, suivre ses livres, (romans et nouvelles), car elle est en train d'écrire, dans un style très personnel, des pages essentielles de la littérature française de ce début de siècle.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   05 avril 2020
(…) Les personnages de "vieux garçons" restés seuls dans la ferme familiale, incapables de quitter le village, abondent dans vos romans (notamment dans Le Soir du chien- ), ainsi que dans une nouvelle particulièrement poignante, "Roland"...

C'est en effet un thème lancinant pour moi, ces garçons étaient assis à côté de moi sur les bancs de l'école primaire (…) Ces vies me touchent, m'atteignent , de plein fouet. Ils sont restés au pied du mur, sur le carreau, vieillissant avec les parents, puis, plus tard, après la disparition des parents, mourant seuls devant la télévision, dans des cuisines jaunes, à la ferme. (p. 40)
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fanfanouche24fanfanouche24   06 avril 2020
Claire, le personnage de mon roman -Les Pays-, qui a une dimension autobiographique assez explicite, franchit une limite que j'ai moi-même franchie; issue d'une famille paysanne du cantal, elle devient professeure de lettres classiques à Paris. Cependant, elle n'écrit pas. Il me semble que l'acte d'écrire induit une séparation supplémentaire avec le milieu d'origine. (…)
C'est un exercice de "haute solitude", comme on parle de "haute montagne". J'ai le goût de cette haute solitude, de la jubilation et du vertige qu'elle procure, liés pour moi à l'acte d'écriture, et pour pouvoir écrire le pays premier, il faut en être parti. (p. 92)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 octobre 2019
Le fait d'avoir grandi au contact des "éléments" est-il un atout à vos yeux ?

(...) Ces lieux et ce milieu façonnent des gens un peu verticaux, austères et tenaces... C'est un fond dont je ne me suis jamais départie, et le travail d'écriture, depuis plus de vingt-ans, m'y confronte constamment. L'écriture, pour moi, n'est jamais un divertissement ; je ne cherche pas de sujets et n'exhume pas des histoires plus ou moins aimables auxquelles je donnerais un tour sympathique, habile, réconfortant. L'écriture est un exercice de vertige et de jubilation, profondément lié à ce noyau premier, séminal. C'est là que je vais chercher ,à l'os. Chaque auteur, il me semble, doit trouver son territoire, son "noyau dur", souvent lié, même si ça ne se voit pas forcément, au lieu et au milieu où il a commencé d'être. En ce qui me concerne, ce nord du Cantal, ce pays perdu à 1 000 mètres d'altitude, est fondateur; et le sauvage n'est jamais loin; il palpite sous l'écorce des choses (p. 72)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 avril 2020
Ils me regardent quand je passe à -La Grande Librairie-...Leur fille est "dans le poste "! Mon père me demande parfois comment marchent mes livres, de la même manière qu'il demanderait à un paysan du coin combien il a vendu sa vache. Pour eux, j'ai deux métiers, professeur et écrivain. En même temps, ils ont bien conscience que le matériau même de mes livres est leur monde, ce monde même dont ils m'ont toujours dit qu'il était déjà fini; ils savent qu'une trace s'est inscrite dans mes livres. (p. 90)
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5Arabella5Arabella   29 avril 2019
Cela signifie - et cette notion est très importante pour moi - que la montagne reste inaccessible durant toute une période, ce n'est pas un lieu pour l'homme, c'est un lieu pour autre chose, qui échappe, nous échappe.
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Vidéo de Marie-Hélène Lafon
En vue de la rentrée littéraire à venir lors de laquelle elle publiera son nouveau roman, Marie-Hélène Lafon envoie son soutien aux libraires touchés par la crise du covid-19. Retrouvez "Histoire du fils" le 20 août 2020.
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