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ISBN : 2911188985
Éditeur : Allia (23/04/1999)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 23 notes)
Résumé :
J'ai toujours cru que lorsqu'un homme se met dans la tête de venir à bout d'un projet quelconque et qu'il ne s'occupe que de cela, il doit y parvenir malgré toutes les difficultés ; cet homme deviendra grand vizir, il deviendra pape, il culbutera une monarchie pourvu qu'il s'y prenne de bonne heure.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Alzie
  21 août 2017
Au petit matin du 26 juillet 1756 le chef de la police inquisitoriale de la Sérénissime escorté de trente à quarante archers cueille un fêtard au débotté en sa résidence vénitienne : Giacomo Casanova séduisant trentenaire et fier gaillard de 1,87m. Il est conduit en gondole – en chemise à dentelle et galant habit « non pas comme un homme qui sait d'aller en prison, mais comme on va aux noces ou au bal » –, sous les plombs du Palais ducal où il est enfermé séance tenante sans autre forme de procès. Il en ressort quinze mois plus tard, costume identique juste un peu défraîchi, après les péripéties d'une fuite mémorable passée à la postérité en français et devenu un des sommets du récit d'évasion. Casanova n'a jamais su, ni vraiment voulu savoir, lorsqu'il revint en grâce des années plus tard, les raisons de cet emprisonnement arbitraire dont certains historiens débattent encore. Ses moeurs, ses amitiés franc-maçonnes ou ses pratiques cabalistiques ? Peut-être… La littérature retient, elle, le récit de cette cavale splendide, extravagante et romanesque de bout en bout. Un coup de maître souvent narré oralement par son auteur, probablement un peu enjolivé ce dont on le remercie, écrit trente deux ans après les faits, avant "Histoire de ma vie", alors que l'aventurier libertin trop souvent caricaturé s'est assagi en devenant bibliothécaire de l'électeur de Bohême à Dux. Publié la première fois à Leipzig en 1788 le livre fait rapidement le tour d'Europe et sa lecture que je recommande absolument, plus de deux siècles après et tout préjugé laissé de côté quant à Giacomo, reste pour le coup et encore aujourd'hui un moment de lecture inégalable à la saveur intacte.
Mon seul regret serait d'avoir autant tardé à m'y plonger. Vivante et directe l'écriture "chantournée" si alerte de Casanova, on imagine la plume courant sur le papier, est une vraie découverte. On se prendrait même à entendre le conteur, vif et enflammé, tout au long du fil narratif tendu vers son unique objectif : se libérer et si possible joyeusement (une seule respiration entre deux parties très denses et point de chapitres). Si l'écriture est en capacité de suggérer la langue elle révèle aussi le tempérament et l'esprit de l'auteur dans un XVIIIe siècle décrié et pourtant passionnant qu'illustrent ses réflexions et les multiples dialogues entretenus avec les personnages : son gardien Lorenzo en premier lieu et ses différents compagnons d'infortune et de cachots (un valet de chambre, deux ecclésiastiques et un espion). Ici l'intelligence résiste à la bêtise et le talent de l'écrivain éclate autant que l'esprit du libre penseur. L'action souvent hilarante (Casanova simule et joue la comédie avec maestria pour parvenir à ses fins libératrices) malgré le contexte d'enfermement, l'art de ménager le rebondissement, les subtiles digressions, les stratagèmes et entourloupes débridés tiennent en haleine et ne font jamais défaut dans l'organisation de cette fuite insensée où Casanova et un complice encombrant finissent après moult ruses et quelques percées spectaculaires au travers du toit du Palais, par emprunter pour en sortir l'escalier monumental de son entrée, comme s'ils s'y étaient négligemment égarés !!!! Au-delà de la solitude ressentie, des moments de désarroi, de torpeur ou de rage contenue contre les trois inquisiteurs d'État dans la première partie, rien n'entame jusqu'à la fin du récit l'énergie trépidante de celui dont le véritable ennemi fut sans doute l'ennui. Casanova affirme un goût du bonheur et de la liberté vers lesquels on ne peut que se sentir irrésistiblement porté. On n'enferme jamais un esprit, je ne sais plus qui l'a dit.
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bswoessner
  23 janvier 2016
Un excellent livre dans lequel Casanova raconte comment il a été jeté en prison à Venise en 1755, cela du jour au lendemain, sans audience et sans raison explicite, alors qu'il était âgé de 30 ans. Il nous fait découvrir la société de son époque, ses compagnons de cachot, son gardien et enfin sa fuite spectaculaire, longuement préparée. Il s'agit d'un récit authentique (et d'ailleurs plein d'italianismes) vraiment passionnant, plein d'humour et d'intelligence, et qui donne envie de se plonger immédiatement dans les mémoires du même auteur.
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Lismonde
  03 octobre 2014
non seulement lu cette histoire fameuse dont le récit a permis à Casanova d'entrer dans toutes les cours d'Europe mais nous lui avons consacré toute une émission à France Inter - "Chroniques sauvages" de (feu) Robert Arnaut
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alielocor
  18 mai 2015
Après avoir fuit la prison de Venise, prouesse qu'il fut le premier à réussir, Casanova doit encore fuir le territoire de la République vénitienne.
Livre d'aventure pour tous publics. Cet extrait de ces mémoires est accessible à tout le monde.
Ce récit est bien sûr rocambolesque, mais ce qui est très intéressant, c'est de retrouver le vocabulaire et le phrasé de l'époque.
L'histoire, bien que romancée, est vraie car des écrits ont été retrouvés concernant entre autres les réparations du toit qui ont dues être faites.
Je recommande très vivement.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AlzieAlzie   17 août 2017
En qualité de grand libertin, de hardi parleur et d'homme qui ne pensait qu'à jouir de la vie, je ne pouvais pas me trouver coupable ; mais en me voyant malgré cela traité comme tel, j'épargne au lecteur tout le détail de ce que la rage, la fureur, le désespoir m'a fait dire et penser contre le despotisme qui m'opprimait. La noire colère cependant et le chagrin qui me dévorait et le dur plancher sur lequel j'étais ne m'empêchèrent pas de m'endormir : ma nature avait besoin du sommeil, et lorsque l'individu qu'elle anime est jeune et sain, elle sait se procurer ce qu'il lui faut sans avoir besoin de son consentement.
Première partie (p. 29)
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AlzieAlzie   28 août 2017
Celui de survivre au dépérissement de nos membres et à la perte de ce dont notre individu a besoin pour son bien être est un grand malheur, car la misère ne peut dépendre que du manque du nécessaire ; mais si ce malheur survient quand on est vieux, il ne faut pas s'en plaindre, puisque si l'on a enlevé nos meubles, on nous a laissé du moins la maison. (p. 9)
Avant-propos
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AlzieAlzie   16 août 2017
Trente-deux ans après l'événement, je me détermine à écrire l'histoire d'un fait qui me surprit à l'âge de trente, nel mezzo del cammin di nostra vita [au milieu du chemin de notre vie (Dante)]. La raison qui m'oblige à l'écrire est celle de me soulager la peine de la réciter toutes les fois que des personnes dignes de respect ou de mon amitié exigent ou me prient que je leur fasse ce plaisir. Il m'est arrivé cent fois de me trouver après le récit de cette histoire quelque altération dans la santé, causée ou par le fort souvenir de la triste aventure ou par la fatigue soutenue par mes organes en devoir d'en détailler les circonstances. J'ai cent fois décidé de l'écrire, mais plusieurs raisons ne me l'ont jamais permis : elles sont toutes disparues aujourd'hui à l'aspect de celle qui me met la plume à la main. (p. 9)
Avant-propos
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AlzieAlzie   18 août 2017
Les nuits éternelles de l'hiver me désolaient. J'étais obligé de passer dix-neuf mortelles heures positivement dans les ténèbres, et dans les jours de brouillards qui, à Venise, ne sont pas rares, la lumière qui entrait par le trou de la porte n'éclairait pas assez mon livre. Ne pouvant pas lire, je tombais un peu dans la pensée de mon évasion, et une cervelle toujours occupée dans une même pensée parvient facilement aux confins de la folie. Je contemplais comme un souverain bonheur celui de posséder une lampe à huile, et ma joie fut grande lorsque, après avoir pensé à me la procurer par ruse, j'ai cru d'en avoir trouvé les moyens. (p. 69 - 70)
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brigetounbrigetoun   25 avril 2010
Mon seul plaisir était celui de me repaître de projets chimériques, tous tendant au recouvrement de ma liberté sans laquelle je ne voulais pas de la vie. Je lisais toujours Boèce ; mais j'avais besoin de sortir de là, et dans Boèce je ne trouvais pas le moyen ; j'y pensais toujours parce que j'étais persuadé de ne pouvoir le trouver qu'à force de penser. Je crois encore aujourd'hui que lorsque l'homme se met dans la tête de venir à bout d'un projet quelconque, et qu'il ne s'occupe que de cela, il doit y parvenir malgré toutes les difficultés : cet homme deviendra grand vizir, il deviendra pape...
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