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Andrea Cort tome 2 sur 3
EAN : 9782226453402
464 pages
Albin Michel (02/06/2021)
4.24/5   93 notes
Résumé :
En choisissant ses nouveaux maîtres, Andrea Cort a été bien récompensée : elle est devenue Procureure extraordinaire pour le Corps diplomatique de la Confédération homsap. Enfin libérée de la plupart des liens hiérarchiques, elle n’a plus à rendre compte de ses déplacements. Invitée par la famille Bettelhine – des marchands d’armes qui sont moralement complices de nombreux massacres et génocides –, elle se rend sur Xana. Andrea méprise les Bettelhines, mais la curio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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L'année dernière, Albin Michel Imaginaire s'est lancé dans la traduction d'un auteur américain quasi-inconnu dans l'Hexagone : Adam-Troy Castro.
Avec Émissaires des morts, un énorme volume de 720 pages comprenant un roman et quatre nouvelles, le public français a pu faire la connaissance d'une enquêtrice de la Confédération homsap (comprendre Homo Sapiens) du nom d'Andrea Cort. C'es ce personnage qui constitue le fil rouge de l'univers créé par l'américain et qui revient pour une nouvelle salve d'aventures avec La Troisième Griffe de Dieu qui regroupe le second roman du cycle et une longue nouvelle intitulée Un Coup de Poignard.
L'occasion de se replonger dans cette galaxie impitoyable et pleine de surprises guidée par la « Procureure extraordinaire pour le Corps Diplomatique de la Confédération homsap »…en personne !

Xana-Express
On ne change pas une équipe qui marche.
C'est un peu le mot d'ordre de ce second roman puisque La Troisième Griffe de Dieu reprend tous les mécanismes de son prédécesseur, à commencer par une enquête policière qui n'a pas grand chose d'originale dans sa structure narrative.
Cette fois, Andrea Cort se retrouve sur Xana, une planète contrôlée par la famille Bettelhine, des marchands d'armes intergalactiques dont l'Empire rivalise de puissance avec la Confédération homsap elle-même.
Évidemment, les Bettelhine sont loin d'être des saints et festoient sur les restes calcinés des planètes qu'ils contribuent à détruire, vendant des armes toutes plus terribles que les autres aux quatre coins de la galaxie.
Invitée par le patriarche de la famille en personne, un certain Hans Bettelhine, Andrea Cort n'a pas grande idée de ce qu'elle fait là. Mais voilà qu'à peine arrivée au port orbital, deux assassins se jettent sur elle armés d'une arme que l'on avait pas vu depuis des milliers d'années : une Griffe de Dieu.
Embarquée à bord du « Carrosse Royal », un ascenseur spatial de luxe de la famille Bettelhine, un nouveau meurtre survient et les quinze survivants sont bloqués dans le vide spatial tandis qu'Andrea se met au travail : qui est l'assassin parmi eux ?
Comme on le constate à la lecture de ce postulat de départ, La Troisième Griffe de Dieu a bien du mal à cacher au lecteur son classicisme absolue qui lorgne de façon évidente vers du Agatha Christie — on pense immédiatement au Crime de l'Orient Express — et qui va d'ailleurs suivre un parcours identique sur la façon de résoudre l'énigme. L'issue, elle, ne sera heureusement pas du tout la même.
Andrea Cort va donc trier les hypothèses, passer les suspects en revue pour raccrocher les wagons, interroger un par un les passagers (ou presque) et terminer, dans la grande tradition des récits d'Hercule Poirot, par une exposition méticuleuse et suffisante de la solution au problème.
L'amateur de polar traditionnel sera ravi, d'autant plus qu'il faut bien l'avouer, Adam-Troy Castro possède un don évident pour ce genre d'exercice de style qu'il avait déjà exploité dans le précédent roman.
Mais cela peut-il suffire à transformer La Troisième Griffe de Dieu en un ouvrage de science-fiction recommandable ?

Tout l'Univers
Comme toujours, la réponse est à chercher autour de cette enquête principale à la trajectoire rigide et cliché. Adam-Troy Castro se sert de l'enquête d'Andrea Cort pour étoffer de manière impressionnante son univers et lui donner une épaisseur toujours plus importante. On pénètre ainsi les rouages de la famille Bettelhine et leur sale petit business construit sur le massacre de masse intergalactique. L'américain explore toujours plus avant les recoins sombres de la galaxie humaine, laissant à l'écart cette fois les nombreuses races extra-terrestres pour en faire un objet de décorum et se concentrer sur des problématiques éminemment humaines, à savoir la responsabilité, la morale, le libre-arbitre et le poids des origines.
Petit à petit, Andrea Cort va recoller les morceaux que lui offrent chacun des témoins. Ce sera l'occasion pour le lecteur d'en savoir davantage sur certains évènements tragiques de l'histoire galactique, de l'oeuvre génocidaire de Magrison et de sa Fugue en passant par le destin tragique de Deriflys dévasté par les Bettelhine (de façon indirecte) sans oublier le drôle de jeu des IA-Sources dont les objectifs mystérieux continuent de briser moult existences.
L'enrichissement de l'univers devient l'un des moteurs fondamentaux de l'intrigue et l'on avance dans le roman autant pour découvrir l'identité de l'assassin que pour en apprendre davantage sur cette galaxie décidément impitoyable et ronger par un capitalisme débridé cette fois au service des armes et de la destruction de masse.

Le bruit des armes
Profitant de son unité de lieu et de temps, remplaçant le train par l'ascenseur spatial et les coups de couteaux par des coups de griffes, Adam-Troy Castro s'intéresse au fond aux implications morale des personnes impliquées de près ou de loin dans le sinistre commerce des Bettelhine. Réflexion sur le Diable lui-même, lui donnant une certaine morale (comme l'auto-limitation pour éviter de scier la branche sur laquelle ils sont assis) et des règles compréhensibles (mais diaboliques, forcément), Adam-Troy Castro donne à réfléchir sur la notion de « mal nécessaire ». de même, peut-on laisser un libre-arbitre total à des personnes qui seraient capables de mettre en danger un tel numéro d'équilibriste mortel ? Et surtout, où doit-on positionner le curseur moral sur les mesures de rétorsions à prendre ? Peut-on se dire justicier quand on utilise des méthodes qui ne différent en rien de celles utilisées par ceux que l'on considère comme le Mal ?
On le voit bien ici, ce sont les considérations morales qui l'emportent finalement sur le simple exercice de style policier, profitant de l'occasion pour creuser toujours et encore plus le personnage d'Andrea Cort.
Narratrice de l'aventure, elle représente certainement l'un des maîtres atouts d'Adam-Troy Castro qui déploie un formidable talent pour la nuancer et l'incarner, entre sa façade de « garce froide » et ses nombreux doutes liés à ses origines et son traumatisme originel désormais archi-connu. Sa relation avec les Porrinyard continue d'ailleurs de passionner, confirmant que le concept d'« inseps » (deux individus fondus en une seule entité) reste l'une des meilleures trouvailles de l'auteur.
Pour finir, Adam-Troy Castro réserve quelques surprises de taille à son lecteur et parachève une nouvelle plongée passionnante dans son univers qui recycle les poncifs du roman policier pour offrir au lecteur un univers toujours plus fouillé et dense.

D'une efficacité redoutable malgré le classicisme de son intrigue à la Agatha Christie, La Troisième Griffe de Dieu se paye le luxe d'étoffer un univers déjà particulièrement dense pour en discuter les implications morales et humaines.
Andrea Cort s'affirme comme l'un des personnages de science-fiction les plus intéressants de ces dernières années et l'on espère sincèrement la retrouver pour de nouvelles enquêtes dans un troisième volume aussi réussi que celui-ci.
Lien : https://justaword.fr/andrea-..
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Ce second tome de la série propose un roman et une nouvelle.

1. le roman

Nous retrouvons Andrea Cort, l'ancienne avocate du Corps diplomatique, accompagnée des Inseps Oscin et Skye (deux corps qui partagent le même esprit). Officiant maintenant pour les IA, Andrea a été invitée par le chef de l'influente famille Bettelhine à venir sur sa planète Xana, sans qu'elle en connaisse la raison. Or les Bettelhine sont plus puissants que la Confédération homsap — les États d'êtres humains — et surtout ils ont fait fortune grâce aux armes qu'ils inventent et qu'ils vendent à tous ceux qui les réclament.

Dès son arrivée sur la station spatiale Indolente, point d'accès en orbite autour de Xana, Andrea est la cible d'une tentative d'attentat. L'assassin s'est servi d'une « griffe de dieu », arme mortelle utilisée seize mille ans plus tôt par la race des K'centowtens. Attendue sur la planète, Andrea est conviée par un binôme de frère et soeur Bettelhine à ne pas prendre l'ascenseur spatial destiné au tout-venant, mais plutôt le carrosse royal, engin luxueux que la famille réserve à ses invités. Peu de temps après le départ, le carrosse qui transporte une quinzaine de personnes arrête inexplicablement sa descente et un des voyageurs est assassiné avec une autre griffe de dieu…

Andrea, rompue aux enquêtes délicates et bénéficiant d'un statut à part, mène les investigations dans ce huis clos alors que les communications sont coupées avec l'extérieur. le roman a été comparé à certains livres d'Agatha Christie, et effectivement on y retrouve des éléments typiques : presque tout le monde est un potentiel suspect, de nombreux personnages cachent un passé honteux, et l'enquêtrice avance au fil de déductions parsemées dans le récit… Mais à cela s'ajoute la personnalité si particulière d'Andrea Cort, marquée par une enfance où, à huit ans, elle a participé à une folie collective dégénérant en génocide, puis elle fut enfermée et éduquée par le Corps diplomatique qui l'a asservie pendant des années (rappelons que dans l'univers créé par Adam-Troy Castro, des humains doivent des décennies de services à des compagnies ou au Corps diplomatique, quand ils ne sont pas tout simplement la propriété de ces organisations). Devenue une femme revêche, Andrea a évolué au fil des nouvelles et des romans, jusqu'à sa rencontre avec les Inseps Oscin et Skye qui semblent l'adoucir un peu. Un tout petit peu, n'exagérons rien.

Même si l'essentiel du roman se déroule dans le carrosse royal arrêté au-dessus de Xana, l'auteur continue à nous faire découvrir un univers sombre, où sont inventées des armes si effroyables que les Bettelhine eux-mêmes se refusent à les vendre, où des gourous lancent la destruction de planètes entières, et où l'esprit humain peut être manipulé grâce à des technologies qui permettent un esclavage mental.

Même si l'enquête est gérée de manière relativement classique, nous découvrons d'autres facettes de cette galaxie où les relations entre les États et les compagnies comme celle des Bettelhine sont complexes, et où les IA — présents bien avant la civilisation humaine — mènent leurs propres luttes (cf. conclusion d'Émissaires des Morts). le récit s'aventure vers des liens complexes au sein de la famille Bettelhine, non seulement maîtres de la planète Xana, mais aussi acteurs de poids dans cet univers.

L'ensemble est un roman qui mêle avec brio une « enquête à la Agatha Christie » et un cadre de space opera sombre, fascinant par l'équilibre des pouvoirs en jeu, et inquiétant par les technologies développées.

Pour chipoter (parce qu'il m'arrive de chipoter), j'ai trouvé dommage que l'auteur cache au lecteur des informations connues du narrateur (le personnage qui nous parle) : c'est une ficelle maladroite parfois utilisée dans les romans policiers où l'inspecteur nous dit qu'il a deviné quelque chose, sans nous dire ce que c'est parce-qu'il-faut-ménager-le-suspens. Il n'en reste pas moins qu'on est impatient de découvrir la solution, comme tout bon polar qui se respecte, solution qui aura un impact sur Andrea.

2. la nouvelle :

Un an après les événements décrits dans le roman, Draïken, personnage évoluant sous couverture, surveille Andrea. Mais il se fait repérer par celle-ci et les Inseps Oscin et Skye. Cette nouvelle d'environ 60 pages est mouvementée, et introduit un nouvel acteur dans la série, dont le passé le pousse à pourchasser ceux qui manipulent mentalement. L'éditeur nous indique que l'auteur a depuis écrit d'autres nouvelles où il apparaît, et j'ai très envie de connaître la suite des histoires de Draïken, et de savoir dans quelle mesure il influencera la quête d'Andrea !

Lien : https://feygirl.home.blog/20..
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Andrea Cort, tome 2. Un roman et une nouvelle pour continuer à découvrir ce fascinant personnage. Et quoi de mieux qu'un huis clos spatial pour comprendre vraiment la personnalité des personnages ? C'est en tout cas ce qu'offre La troisième griffe de Dieu, un roman passionnant et bien ficelé, où les protagonistes sont coincés dans un ascenseur entre le port orbital Indolente et la surface de la planète Xana suite à un « incident technique ». Et la mort rôde, comme l'on dit souvent. Il faudra à Andrea Cort tout son célèbre esprit de déduction pour démêler l'écheveau complexe de cette intrigue aux multiples ramifications. Et tenter, ainsi, de sauver sa vie et celle de ceux qui, avec elle, restent suspendus à un fil.

Agatha Christie dans l'espace
Ce roman (paru en V.O. en 2009) a une facture extrêmement classique. À part pour l'introduction et la conclusion, nous sommes en plein huis clos. Un meurtre, plusieurs protagonistes et des inimitiés à n'en plus finir. Les ingrédients habituels des enquêtes policières auxquelles la célèbre autrice britannique et bien d'autres nous ont habitués. Andrea Cort et son/ses amant(s), Oscin et Skye Porrinyard, sont bloqués dans la cabine d'un ascenseur spatial reliant, donc, le port orbital Indolente à la surface de la planète Xana. Planète appartenant à la richissime famille Bettelhine, qui a bâti sa fortune et son influence sur le commerce d'armes de destruction en tous genres. Suite à un arrêt brutal et inexpliqué, tout ce petit monde se trouve enfermé dans l'espace, les volets clos, sans moyen de contact avec l'extérieur. Même la liaison privilégiée d'Andrea avec les IA semble interrompue. Ce qui est pour le moins surprenant : problème technique important ou volonté de ses nouvelles maîtresses de la laisser, comme souvent, parvenir à la solution par ses propres moyens ? En tout cas, Andrea se trouve donc de facto propulsée comme enquêtrice en chef dans ce lieu clos, alors qu'un premier décès survient peu après l'arrêt. le compte à rebours est enclenché. Andrea parviendra-t-elle a éviter la poursuite des meurtres ? Et à découvrir le fin mot de l'histoire ?

Andrea Cort, toujours la même ?
Elle revient et elle n'est pas contente ! Euh… en fait, si. Plutôt. Pas totalement, mais, on part de loin avec elle. Grâce à la présence des Porrinyard, Andrea s'ouvre (un peu) aux autres. Elle en vient à laisser de côté ses habituelles rebuffades, ses réactions sèches et violentes qui lui ont valu son surnom de « garde ». Je ne dirai pas que l'on ne la reconnaît pas au début du récit, mais elle s'écarte du personnage abrupt auquel elle nous avait habitué. Heureusement, elle en est consciente, comme le signalent ses nombreuses remarques aux lecteurs, signalant ses différences de comportement. Et c'est tant mieux, car l'intérêt central de ce roman n'est pas l'intrigue, sympathique, mais prévisible, efficace, mais convenue. La pièce centrale de cet ouvrage, c'est encore le personnage d'Andrea Cort, qui doit gérer les nombreux changements intervenus voilà une année dans sa vie. Et ceux qui vont la frapper de plein fouet dans La troisième griffe de Dieu. Car Adam-Troy Castro, au fil de ses histoires mettant en scène son héroïne fait radicalement évoluer le personnage. Les changements qui la frappent ne sont pas juste cosmétiques, ils l'obligent à faire des choix réels qui ont une influence marquante sur son existence et la direction qu'elle prend.

Une critique du capitalisme
Même si ce n'est pas le propos principal de l'auteur, on ne peut s'empêcher de noter l'impressionnante salve contre les puissants qui profitent de leurs richesses pour asservir non seulement des personnes, mais aussi des pays, voire des mondes entiers. Tous les défauts de l'humanité sont multipliés avec l'agrandissement de la sphère d'influence humaine. La famille Bettelhine, à la fortune monstrueuse, et malgré quelques membres légèrement attachants, offre le parfait exemple du bloc de personnages que l'on aime détester. Adam-Troy Castro nous offre sur un plateau, de façon parfois un peu caricaturale, des querelles de pouvoir aux conséquences tellement gigantesques qu'elles en sont presque inimaginables. C'est peut-être un peu beaucoup, mais cela marque les esprits. Et augmente la force nécessaire à Andrea Cort pour résister à une telle puissance. Capital dans une affaire qui traite, entre autres, du libre arbitre et de nos possibilités ou non de réaliser des choix, de mener une vie « libre ».

Un coup de poignard (A Stab of the Knife, 2018)
Suite au roman La Troisième griffe de Dieu, qui date de 2009, l'éditeur a ajouté cette nouvelle mettant en scène à nouveau Andrea Cort et les Porrinyard, mais, surtout, un nouveau personnage, développé dans de nombreux autres récits, Draiken. D'ailleurs, cette fois-ci, l'histoire nous est narrée de son point de vue à lui. On découvre donc nos personnages habituels à travers les yeux d'un tiers. Amusant changement d'optique, qui ne suffit pas à rendre ce texte vraiment intéressant. Il vaut surtout pour la rencontre de deux mondes différents, procédé habituel dans les séries. Par contre, l'histoire est assez basique et manque souvent de rythme. Sa lecture n'est pas déplaisante, mais décevante par rapport au reste du cycle.

La troisième griffe de Dieu est un nouveau récit prenant et qu'il est difficile de lâcher une fois ouvert. Même si je l'ai trouvé moins puissant que le premier tome des aventures d'Andrea Cort, il reste néanmoins d'une grande efficacité et vaut largement le détour. Et donne vraiment envie de lire la suite de ce parcours original. Et là survient un problème : comme les ventes du premier tome, Émissaires des morts, sont à ce jour décevantes, l'éditeur risque de ne pas faire traduire La Guerre des Marionnettes, ultime volume de cette trilogie. Comme je ne lis pas en anglais, vous imaginez ma détresse. J'espère donc de tout coeur qu'un miracle va se produire et, qu'à l'occasion de la sortie de ce deuxième opus, les ventes du premier décolleront et nous permettront de suivre la fin des aventures d'Andrea Cort dans la langue de Molière dans des délais raisonnables. Elle le mérite… et nous aussi.
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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Le crime du Carrosse Royal

Un meurtre, un huis clos, une enquêtrice. Pas de quoi se relever la nuit. Alors, qu'est-ce qui fait que je me suis relevé, moi ?

Rassure-toi, je n'ai pas la gastro et je préfère, car au vu des effets d'une griffe de Dieu, je n'aurai pas fait le fier. Une griffe des dieux, c'est une arme redoutable, ancestrale dont je vous laisse la surprise de découvrir ses effets et qui prend tout son sel avec un soupçon de torture sadique.

Une autre torture, c'est Andrea Cort, l'enquêtrice, une "garce insupportable" toujours désagréable même si la rencontre de l'amour a adouci ses angles. Mais les chiens ne font pas des chats, et replacer la dans un cadre idéal, un meurtre, et voilà que le caractère ressort... Toujours flanquée de sa paire d'inseps, un couple de fusionnés 3.0 qui est en fait une seule personne avec deux corps, dont on se demande comment ils font il fait pour ne pas prendre ses jambes à son cou.
Ce tome est l'occasion de comprendre un peu mieux la personnalité de tout ce petit monde et surtout leur évolution.

Agatha Christie est morte, vive Adam-Troy Castro !

N'étant plus de première fraîcheur, j'ai lu avec délectation de nombreux épisodes des aventures d'Hercule Poirot et Miss Marple. Las, depuis quelques années, l'autrice ne sort plus rien. Alors voici un Christie-like tout à fait recommandable et sûrement plus au goût du jour que les enquêtes de l'Anglaise. Voici donc un polar kicékilafait (copyright Apophis) qui se passe dans un univers SF qui n'est pas là que pour le décorum, comme avec le concept de servitude volontaire revue et corrigé 3.0 assez effrayant.
Les traditionnels interrogatoires dessinent cet univers futur, un monde injuste, la loi de l'offre et de la demande où seul le profit a le droit d'existence même s'il est synonyme de massacre ou de génocide.

Les marchands d'armes sont-ils de grands méchants ?

Non Monsieur, ce sont juste des entrepreneurs qui vendent leur produit comme les autres. Accuse-t-on les vendeurs de marmites de participer au génocide des homards ? Non. Alors pourquoi serait ce différent pour eux ? Ils ont une famille comme toi et moi, des enfants et pensent à leur avenir. Quant à embaucher des génocideurs talentueux : pourquoi les laisser aux mains des génies du Mal ? Pensez à ces pauvres scientifiques allemands orphelins qui ont pu être sauvés des griffes du Mal pour aider les grandes puissances ?
Toutes ces interrogations traversent le roman, sans étalement théorique, bien intégré dans l'intrigue.
Ici, les Bettelhines ne sont pas des hors-la-loi, ce sont eux la Loi. Une sorte d'entreprise multinationale multiplanétaire régnant sur ses sujets et façonnant le monde depuis sa maison mère, une planète entière.

Stop ou encore ?

Tout cela te donne envie, mais tu n'as pas envie de te lancer dans une nouvelle série. Mais comme chez la reine du polar, tu peux picorer selon tes envies et choisir de commencer par le tome dont le pitch te sied le plus.Ce second livre est tout aussi distrayant que le premier, et je pense plaidera autant aux amateurs de SF comme aux autres.
Comme un Wilson ou un Scalzi, Castro semble me faire le même effet à chaque nouveau livre : un véritable plaisir de lecture intelligent. Vivement le tome 3 !

Une nouvelle clôt le livre, ou apparaît un nouveau protagoniste et c'est avec ses yeux que nous voyons Andrea Cort et ses insepts. L'occasion d'introduire un élément qui fera d'autres apparitions par la suite...
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Ayant passé un excellent moment avec le premier tome des aventures d'Andrea entre nouvelles et romans, j'avais hâte de replonger dans cet univers si singulier revisitant les polars d'Agatha Christie à la sauce SF.

Dans ce deuxième tome composé cette fois tout d'abord d'un long roman éponyme et suivi d'une courte nouvelle achevant le tome, nous retrouvant Andrea et les Porrinyard pour une nouvelle enquête de haut vol. Après les hauteurs d'habitats suspendus la dernière fois, place à un ascenseur orbital cette fois comme le met en scène la très belle couverture signée Manchu dont je suis définitivement fan avec ces belles teintes bleutées et son souci du détail que je vous laisse découvrir.

Nous retrouvons donc avec plaisir la plume entraînante et vive d'Adan-Troy Castro, qui pense à son lectorat et facile à celui-ci les retrouvailles avec Andrea et ses missions grâce à de nombreux passages bienvenus nous rafraichissant la mémoire. J'en fus ravie ! J'ai adoré retrouver le ton cinglant d'Andrea, sa vive intelligence, sa relation complexe avec les Porrinyard et le chic qu'elle a pour se mettre dans les pires situations.

Ce fut à nouveau un plaisir de retrouver une ambiance à la Agatha Christie avec ce huis clos où l'héroïne se retrouve vite à devoir déduire qui est un meurtrier parmi ceux qui l'entourent. L'auteur maîtrise à merveille les romans de l'autrice, on le sent, et il sait réutiliser les mêmes ingrédients que la reine du crime et du mystère pour les insuffler dans sa série pourtant de SF.

Cette fois, Andrea devenue Procureure extraordinaire pour le Corps diplomatique de la Confédération homsap est enfin libérée de la plupart des liens hiérarchiques qu'elle avait autrefois. Elle n'a plus à rendre compte de ses déplacements. Invitée par la famille Bettelhine – des marchands d'armes qui sont moralement complices de nombreux massacres et génocides –, elle se rend sur Xana. Andrea méprise les Bettelhines, mais la curiosité est plus forte : elle aimerait savoir ce qu'ils lui veulent. A peine arrivée au port orbital, des assassins tentent de l'éliminer avec une arme extraterrestre vieille de 15 000 ans : la troisième griffe de Dieu. Une arme aux effets effroyables. Tout s'enchaine alors et ce n'est que le début d'une suite de tentative de meurtres dans des lieux tous plus exotiques les uns que les autres pour s'achever dans un ascenseur spatial.

En dehors de l'enquête rondement menée par Andrea, qui avec l'aide de ses gardes du corps, va interroger l'ensemble des personnes présente dans l'ascenseur, nous allons être confrontée dans ce tome à une vaste histoire de famille. En effet, les Bettelhines sont au coeur de toute cette histoire. Ce sont eux qui ont fait venir Andrea, ce sont eux qui dirigent sur Xana et c'est eux qu'on semble également menacer. J'ai beaucoup aimé l'ensemble des secrets qu'ils cachent et qui se dévoilent au fil des pages, de ceux très personnels à ceux plus vastes qui traitent des dérives dans l'utilisation de découvertes scientifiques pour transformer des gens en esclaves. C'est une intrigues vraiment passionnante et fascinante à suivre.

Andrea, elle, fait du Andrea. Elle gratte, agace, blesse mais enquête et déduit les bonnes réponses. Son trio avec les Porrinyard me séduit toujours autant. C'est vraiment l'un des éléments de la saga qui me plait le plus car on y parle à la fois du besoin de deux individus de se fondre en un sans qu'il y ait forcément une connotation sexuelle ou sentimentale, mais aussi de la liberté d'aimer au-delà des petites cases qu'on connait. Ils forment un très beau couple plein d'ouvertures et de possibilités et les Porrinyard font vraiment du bien à Andrea. Ils sont vraiment sa planche de salut, son phare dans la tempête. Dans chacune des histoires, on sent leurs liens se resserrer et leurs sentiments s'imposer un peu plus.

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Le roman fut donc à nouveau un excellent moment de lecture où l'auteur manie à merveille les codes classiques du roman policier et du drame familial en les insérant dans un univers de SF très bien pensé, où il y a peu de traits saillants mais où ceux-ci sont parfaitement maîtrisés.

La nouvelle qui lui fait suite est plus anecdotique. Elle semble être conçue pour créer un lien, une respiration, une pause entre les tomes 2 et 3. On y voit, à travers le regard d'un mercenaire (?), les conséquences de l'aventure qui vient d'avoir lieu sur la vie tranquille que voudrait avoir mais n'a pas Andrea. Mais surtout, on y retrouve sa belle relation trouble et forte avec les Porrinyard et on nous embarque peut-être vers un futur nouveau voyage.

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Deuxième plongée dans l'univers d'Andrea et deuxième aventure qui me conquiert. J'adore l'ambiance mise en scène par l'auteur, sa plume, les personnages qu'il a écrit mais également l'univers sobre mais complexe avec de beaux traits saillants appartenant à la SF. Il fait preuve d'une très belle maîtrise dans l'écriture d'un récit qui se veut divertissant et profond à la fois.
Lien : https://lesblablasdetachan.w..
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critiques presse (1)
Syfantasy
22 juin 2023
Une nouvelle fois sous forme d'enquête contre la montre, l'auteur confirme que la recette marche avec toujours autant d'efficacité que dans le premier volume, et Albin Michel Imaginaire nous gratifie aussi d'une petite nouvelle de quelques 60 pages introduisant un personnage récurrent dans l'univers de Andrea Cort : Draiken, un enquêteur du Corps Diplomatique.
Lire la critique sur le site : Syfantasy
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Ces gens-là vendaient tout ce dont leurs clients avaient besoin pour s'entretuer. Ils ne s'embarrassaient ni de scrupules ni de retenue. Le bien ou le mal leur semblaient des notions complètement étrangères. On ne comptait plus le nombre de mondes que des luttes intestines avaient conduits à l'auto-annihilation ou renvoyés à l'Âge des Ténèbres, avec le concours des produits Bettelhine. Et si les ruines fumaient encore, ils entraient en scène et offraient de reconstruire, en échange d'une participation majoritaire dans tout ce qui renaîtrait des cendres.
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Les tyrannies et les dictatures étouffent parfois si bien leurs peuples, que le chaos, né des rancœurs et des haines longtemps muselées, survient immédiatement à la disparition de la source de la répression.
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Règle numéro un : un bon menteur croit toujours à ses propres bobards, ne serait-ce que pendant les quelques secondes nécessaires pour les proférer.
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Je n’étais pas la première à remarquer que, dans leur cas, l’invitation à « aller se faire foutre » n’était pas une insulte, mais une suggestion raisonnable, qu’ils accueillaient en expliquant qu’ils pouvaient s’en sortir tout seuls, merci.
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Bravo à Hans Bettelhine. Xana, le monde-siège de sa société, venait de battre le record de l’intervalle le plus court entre le moment de mon arrivée et le premier attentat contre moi. Je dois bien l’avouer, ça se bouscule au portillon. Généralement perçue comme une garce plutôt odieuse, je n’ai souvent besoin que d’une conversation pour me faire un ennemi à vie.
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