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EAN : 9782234088917
180 pages
Stock (19/01/2022)
3.75/5   20 notes
Résumé :
Nous sommes le 5 novembre 2019 et je m’apprête à passer la nuit seul dans la Grande Galerie de l’Évolution du Muséum d’Histoire naturelle de Paris.
Cette perspective est-elle si effrayante ? Je n’ai pas l’intention de laisser ma peau aux taxidermistes du muséum ! Ils ont assez à faire avec l’éléphant de mer. Je suis sans doute le seul de la bande au contraire qui ne risque rien dans les heures à venir. Sont réunies ici les conditions de la plus parfaite sér... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Kickou
  09 septembre 2022
« Pour ressusciter les espèces éteintes, mieux que l'incertain clonage cellulaire, ne serait-il pas judicieux de s'en remettre à la poésie ? » p.70
Dans le cadre de la collection Ma nuit au Musée, Éric Chevillard passe la sienne dans la Grande Galerie de l'évolution du Muséum d'Histoire Naturelle. Il est volontaire, c'est lui qui a choisi ce lieu. le voila donc qui déambule avec sa torche électrique au milieu de cette faune empaillée, de ces animaux disparus. Que fait-il, Éric Chevillard lors de sa déambulation nocturne ? Il digresse, il rêvasse, il cogite et poétise.
Je ne sais pas exactement ce qui me plait chez ce bonhomme, mais c'est à chaque fois un enchantement pour moi de le lire. Est-ce parce qu'il y a, chez lui, plus de questions que de réponses ? Plus de doutes que de certitudes ? Est-ce son ironie vacharde quant à l'humanité ? Est-ce son autodérision d'écrivain incompris ? Ou sa fierté d'écrivain singulier ? Est-ce sa poésie et son extrême imagination ? Ou son écriture impeccable ? ...
Ici, il passe du coq à l'âne ( !) pour me causer d'animaux disparus, tout en évoquant notre propre finitude. Il compare les écrivains (lui en particuliers) à ces bêtes naturalisées. Dans le faisceau de sa lampe, il en profite pour se remémorer la maison de vacances de son enfance (métaphore de notre belle planète ?). Il me parle technique de taxidermie. Et me fait connaitre Mathias Mayor, ce médecin « génie visionnaire », qui au 19ème siècle, eu l'idée de l'empaillage humain. Il s'étonne de la diversité animale. Il s'émeut de l'émeu et s'attendrit du wallaby. Il se voit en dernier homme sur l'Arche en train de sombrer. Il a l'optimisme fatal et la résignation joyeuse.
P.167 « C'est une consolation. Puis je tiens à ma mélancolie. Elle ne serait pas mienne si elle attristait aussi les autres ». Elle m'attriste moi aussi, Éric. Alors merci, pour le partage.
Allez, salut.
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NicolasDurand
  06 août 2022
Belle surprise.
Dans cette collection "Ma nuit au musée" chez Stock, collection que j'apprécie, tout en la trouvant inégale, je voudrais L'Arche Titanic d'Éric Chevillard.
(note : j'ai beaucoup acheté et lu de Ma nuit au musée, avec pourtant des hauts et des bas, j'ai mis du temps à comprendre mon fort attrait pour cette collection intéressante mais irrégulière. En fait, c'est un mélange de jalousie et de vie par procuration... j'adore les musées, j'adore la nuit, j'adore le calme... j'adorerais donc être à la place de ces auteurs à vivre une nuit dans le musée de mon choix !!).
Donc L'Arche Titanic est une belle réussite. Chevillard réussit à nous faire tourner les pages de plaisir tout en glissant des concepts complexes en biologie et éthologie mais sans artificialité, sans effet "Wikipédia" (impression que j'ai de plus en plus avec certains auteurs n'ayant qu'un vernis scientifique et régurgitant très mal des pages Wikipédia dans leurs romans...).
Chevillard nous fait sourire aussi. On visualise très bien ce qu'il est en train de vivre et le livre se lit quasiment d'une traite.
Je conseille et encore plus aux amoureux de la collection Ma nuit au musée lancée par Stock.
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chartel
  12 février 2022
Dans la collection Une Nuit au musée, aux éditions Stock, je demande Chevillard!
Nulle surprise en découvrant que cet infatigable défenseur de la cause environnementale a choisi le Muséum d'histoire naturelle de Paris comme point de départ à ses méditations. Éric Chevillard a ainsi passé une nuit dans la Grande Galerie de l'évolution entouré des spectres désolés des espèces disparues ou en voie d'extinction afin de lancer une énième et dérisoire alerte face aux ravages de l'anthropocène. Il est d'ailleurs remarquable que ce muséum ait vu le jour lorsque le rouleau compresseur de l'ère industrielle se mit en branle. Comme si nous savions déjà que notre insatiable besoin de consommer exigerait le sacrifice de quelques malheureux voisins. Mais au rythme où vont les choses, la planète Terre deviendra peut-être un muséum du vivant disparu.
Bref, par son sens toujours aiguisé de l'ironie et sa verve poétique, Chevillard réussit quand même et malgré tout, même un tout petit peu, même si cela peut apparaître cocasse et ridicule, à nous donner à croire à un réveil de l'humanité.
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MargueriteRite
  16 février 2022
Cette collection qui voit un.e auteur.e passer la nuit dans un musée est intrigante en soi et riche de mystères à découvrir. Avec Chevillard on est pas déçu.es, il nous entraine dans les galeries de l'Evolution et nous voilà à deviser autour d'un dodo, que dis-je d'un dronte. Et tout y passe, le statut d'auteur, celui du quinquagénaire, la triste habitude des humains à dépecer et faire disparaitre les plus faibles que soi...
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   26 avril 2022
Le prolifique écrivain a passé une nuit inspirée parmi les créatures empaillées du Muséum.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   31 janvier 2022
L’Arche Titanic agit comme un révélateur sur toute l’œuvre d’Eric Chevillard. En déambulant parmi les animaux empaillés, l’écrivain maintient son goût pour la dérision, qui est aussi chez lui un appétit pour le dérisoire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   24 janvier 2022
Auteur malicieux et critique incendiaire […] en néo-Noé, il veut sauver de l’oubli les espèces menacées et la littérature de la médiocrité.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
KickouKickou   01 août 2022
J’ai bien plutôt embarqué sur l’arche de Noé.
Aurais-je été choisi entre tous les hommes pour représenter l’espèce, seul garant de sa survie ?
Je fais le compte de mes qualités.
Et de mes défauts (...)
Les plus remarquables caractéristiques de notre espèce, la bipédie, le cerveau volumineux, les membres bien découplés, la vision binoculaire (...), mais encore l’opportunisme, la goinfrerie omnivore, l’agressivité belliqueuse, la cupidité, l’égoïsme, le rire désespéré et diverses névroses incurables.
Ainsi bien sûr que le langage articulé et même péremptoire, favorisé par un léger prognathisme.
À moi de veiller sur ce trésor.

p.21
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fanfanouche24fanfanouche24   27 mai 2022
On m'a confié un gros talkie-walkie PTI.Je dois pouvoir joindre à tout moment le service de sécurité (...)
-PTI...?
-Protection du travailleur isolé.
-Ah ? Mais tous les écrivains devraient en être équipés en permanence ! (p.17)
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LaureaimelireLaureaimelire   20 mars 2022
Mais je n'ignore pas que le papier est fabriqué à partir du bois. L'écrivain est ce pompier pyromane qui écrit dans la sciure Walden ou La Vie dans les bois et chante les frondaisons assis sur une souche. La bibliothèque fut une forêt. Nous avons broyé et déchiqueté les troncs. Nous n'avons gardé que quelques planches pour les rayonnages - comme nous avions débité le prunier, après avoir cueilli tous ses fruits, pour construire l'armoire aux confitures. Je résume : l'arbre est abattu et transformé en livre, le singe meurt qui ne pouvait vivre dans ses branches, après quoi il ne reste plus qu'à pilonner le livre. L'homme est un monastère paradoxal. Je ne lui confierai pas mes filles.

*

Des voix me réveillent. Des voix sonores venues d'Afrique.
Je ne rêve pas.
Ces femmes matinales sont là pour le ménage. L'une d'elle chante en tournant son balai entre les grands animaux momifiés de la savane parisienne.
Est-ce une allégorie de ce monde ?
Je n'aurais pas osé l'inventer. C'est trop gros.
Et trop confus. C'est comique et désespérant.
C'est pourtant vrai.

Il y a un homme aussi, le seul homme de l'équipe, qui passe la serpillère en reculant, comme pour effacer ses traces.
Ce qui est effectivement la meilleure chose à faire.
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AlbertineVinteuilAlbertineVinteuil   06 février 2022
Je progresse en cherchant mes mots dans la galerie souterraine, dans le labyrinthe des grottes, dans la forêt primitive comme si le compteur de mon pavillon avait disjoncté pendant une partie de Scrabble, c’est ridicule. Je dois réveiller mes instincts endormis de chasseur-cueilleur, ressusciter l’Apache, le trappeur, au moins le petit scout toujours prêt.
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chartelchartel   09 février 2022
Or toute mort est suspecte. Souvent, il y a un assassin. C'est pour lui que le mort revient, pour se venger, pour hanter au moins la conscience coupable de son meurtrier.
Ce mort qui revient : un remords.
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Vidéo de Éric Chevillard
«Bêtes de littératures» avec Éric Chevillard Hérissons, orangs-outans, tortues, flamants roses, insectes… Les bêtes peuplent les livres d’Éric Chevillard. S’interrogent à cette occasion les enjeux de la présence d’animaux, et par là d’altérités non humaines, dans la littérature. Comment rendre compte, avec l’écriture, d’intensités animales au-delà de l’allégorie ou de la fable ? Donner vraiment la parole aux animaux, est-ce pour autant se couper du symbolique ? Et l’humour dans tout cela ? L’entretien sera ponctué d’une lecture d’extraits de «Zoologiques» (Fata Morgana, 2020). - Modération : Sandra de Vivies La Fondation Jan Michalski, le 11 septembre 2021
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