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ISBN : 2707319686
Éditeur : Editions de Minuit (07/09/2006)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 51 notes)
Résumé :
La première fois que Crab fut pris pour un éléphant, il se contenta de hausser les épaules et passa son chemin. La deuxième fois que Crab fut pris pour un éléphant, il laissa échapper un geste de mauvaise humeur. La troisième fois, enfin, devinant que ses ennemis avaient comploté de le rendre fou, il ceintura vivement l'insolent et l'envoya valser à dix-huit mètres de là... Tel est Crab, dont ce livre voudrait rapporter quelques gestes remarquables et que l'on verra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
MarianneL
  20 août 2013
Ce court livre de 1993, le cinquième roman d'Eric Chevillard, écrit en fragments, souvent illogiques, se trouve au croisement des histoires pour enfants, de la poésie, de l'absurdité, de Bouvard et Pécuchet, du grand éclat de rire.
Créature improbable, Crab, le héros de ce livre, est un être idiot, fantasque et féerique. Il est décalé, gêné de son corps, il se contredit, - un véritable être humain en somme -, même s'il se mélange souvent au règne animal.
Lire Chevillard est un remède sûr au désespoir de la vie ordinaire.
Choisir une citation est tâche difficile, et tellement facile… Toutes les phrases du livre méritent des étoiles.
«Crab se serait bien passé de cette langue en cire. Comment voulez-vous vivre avec une langue en cire ? Il doit faire sans cesse attention à ce qu'il mange. Ainsi, pas de boissons chaudes pour Crab, pas de tisanes, pas de café. Et pourtant la question de l'alimentation n'est pas la plus préoccupante – pas de viandes fumantes non plus, bien évidemment, ni de gratinées, des mets simples servis frais (légumes, fruits), crémeux ou pâteux de préférence (fromages mous, flans), mais Crab trouve à se nourrir -, sa principale inquiétude concerne le durcissement inéluctable de sa langue. Afin de le ralentir, Crab est obligé de parler continuellement, quitte à ne rien dire d'intéressant – et comment tiendrait-il sans répit son auditoire suspendu à ses lèvres ? Il y a inévitablement des moments creux dans son discours, des baisses de rythme, de fâcheuses répétitions. Si Crab était enfin libéré de cette contrainte, il pourrait enfin n'intervenir qu'à bon escient, on mesurerait mieux l'importance de ses rares paroles, ses observations judicieuses seraient réputées telles, son avis ferait autorité. Seulement, il ne faut pas y compter. Que Crab se taise et sa langue aussitôt se figera définitivement dans sa bouche. Il parle donc, il dit n'importe quoi, une chose et son contraire, que l'éléphant devrait se vêtir de daim, et on s'imagine qu'il délire, tandis qu'il lutte contre la mort.»
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tiri_noiret
  18 octobre 2017
Je relis ce bijou de la littérature contemporaine et ne cesse de m'émerveiller. Livre protéiforme comme son personnage Crab qui n'a ni traits humains, ni forme définie; a-t-il seulement survécu à sa naissance ? Mais il ne s'agit pas pourtant de lui faire dire n'importe quoi, bien au contraire, c'est absolument et très exactement tout et son contraire qu'il faut exprimer à son propos pour rester tout à fait précis.
Ce n'est pas sans méthode que Crab évolue dans l'existence; comme son homonyme, il progresse de façon latérale en examinant ses semblables parce qu'il a bien du mal à se reconnaître lui-même. Drame du stade du miroir diront certains alors que moi j'y vois surtout se débattre un être de papier explorant le monde des possibles littéraires.
Mais Crab existe bel et bien puisqu'il meurt à plusieurs reprises, comme ce livre qu'il me faudra reprendre souvent afin de parvenir à faire le tour de cette nébuleuse romanesque. Je suis bien tenté d'en faire un de mes livre à emporter sur l'île déserte.
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yv1
  08 août 2012
Ce livre n'est pas un roman tel qu'on l'entend habituellement avec un début un développement et une fin. C'est plutôt une suite de petites histoires, d'anecdotes plus ou moins longues, des sortes de mini-nouvelles -voire très mini- avec le même personnage principal presqu'unique, mais qui en fait n'est jamais le même, ou alors le même mais qui aurait vécu plusieurs vies, parfois ressemblantes parfois totalement opposées, vides, longues, mornes, vives, sanglantes, sexuées ou vierges de tout rapport, crues, violentes, totalement creuses, insipides, inintéressantes pour quiconque même pour Crab soi-même !
Tout n'y est pas de même intérêt : des longueurs, des paragraphes plus plats, moins cinglants, mais au détour d'un passage plus calme, on lit des aphorismes ou des phrases qui valent un arrêt de réflexion
Humour absurde, j'adore ! Mais il n'y a pas que cela dans ce bouquin. C'est un exercice de style. Eric Chevillard s'essaie à faire de belles phrases chiadées, à jouer sur les mots et les expressions et avec eux. Il écrit, se lit, se relit, réécrit, s'écoute écrire et le résultat est là, réussi. Il a du talent, une patte évidente pour tenir son lecteur jusqu'au bout de son raisonnement aussi absurde ou décalé soit-il. Et il ne faut rien passer trop vite sous peine de rater un passage à retenir, une formule, une phrase, un paragraphe, un assemblage de 2 ou 3 mots.
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Sivoj
  11 février 2017
Crab représente toute l'humanité : il est grand et petit, vieux et jeune, gros et maigre, timide et extravagant, bête et intelligent, vivant et mort, c'est un original et un discret homme moyen, tout et son contraire ; il n'est personne en particulier ; il est tout le monde. On ne parle pas de Nébuleuse pour rien dans le titre ; Crab est un personnage flou, informe, nébuleux. Mais la nébuleuse est aussi le fruit de la mort d'une étoile ; elle contient tous les éléments nécessaires à en créer une autre, avec peut-être un système solaire avec des planètes et de la vie ; la nébuleuse, à la fois mort et vie, contient en elle toutes les possibilités futures, dont celle de l'humanité et de ses multiples discordances entre individus et ses contradictions à l'intérieur même de chaque individu. Oui, le titre est bien trouvé ; Crab, parodie de l'Homme, tient bien de la nébuleuse.
C'est une version surréaliste des Tropismes de Nathalie Sarraute, croisés avec les délires abstraits d'Italo Calvino, dans lesquels des petites habitudes, des évènements courants, des pensées secrètes, ou des scènes de relations humaines, vont se transformer en anecdotes oniriques que rien ne dépasse en humour et en imagination.
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Alexmotamots
  20 août 2009
La première fois que Crab fut pris pour un éléphant, il se contenta de hausser les épaules et passa son chemin. La deuxième fois que Crab fut pris pour un éléphant, il laissa échapper un geste de mauvaise humeur. La troisième fois, enfin, devinant que ses ennemis avaient comploté de le rendre fou, il ceintura vivement l'insolent et l'envoya valser à dix-huit mètres de là...
Tel est Crab, dont ce livre voudrait rapporter quelques gestes remarquables et que l'on verra ainsi avec un peu de chance plier le ciel comme un drap ou se tuer par inadvertance en croyant poignarder son jumeau, puis devenir torrent pour mieux suivre sa pente. A moins évidemment qu'il ne se terre plutôt tout du long dans son antre obscur, s'agissant de Crab, on ne peut rien promettre.
Mon avis :
lu dans le cadre de la Méga liste, j'avais choisi ce titre car il me disait quelque chose...
Je l'ai lu en diagonal, il ne sera pas inoubliable pour moi, trop surréaliste pour moi, sans doute.


Lien : http://motamots.canalblog.co..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   13 novembre 2009
D'un autre côté, Crab n'est pas de ceux qui disent : - On ne saurait comparer telle et telle chose. Il ne voit pas ce qui pourrait l'empêcher de comparer par exemple un chien et une aiguille. Rien de plus facile au contraire que de relever leurs différences, avantages respectifs et qualités particulières, et autres caractéristiques de taille, de poids, de volume, etc., qu'il lui suffit ensuite de confronter et de mettre en balance, alors Crab tranche avec autorité en faveur du chien ou de l'aiguille, du soleil ou du cendrier, de la haine ou de l'orange, de la campagne ou du parapluie, de l'exil ou de la lecture, de certain philosophe ou du plomb....
S'il est parvenu à la conclusion que le chien supplantait l'aiguille, dans l'absolu, que le chien est globalement supérieur à l'aiguille, et qu'il doit recoudre un bouton, Crab utilise le chien.
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tiri_noirettiri_noiret   18 octobre 2017
Crab commença donc à raturer des phrases du manuscrit, des passages en-
tiers insensés ou médiocres, ou déjà lus ailleurs, il coupa largement, jeta au feu des monceaux de pages indignes de lui, épargnant ici ou là un mot, une
phrase, puis raturant encore, taillant là-dedans aux ciseaux, déchirant des liasses et des liasses de feuilles, pour finalement ne conserver que le meilleur du manuscrit original, une centaine de pages nécessaires, extraites éblouissantes de cette somme obscure, compacte, indéchiffrable de considérations banales et de délires enchaînés, absolument, c'est bien ainsi que Crab a écrit son livre - en fait, il ne croit pas que l'on puisse procéder autrement.
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LprieurLprieur   31 décembre 2015
Et parce qu'il est inadmissible, continue Crab, que les moules occupent un tel territoire sans en tirer meilleur parti: elles couvrent nos côtes comme autant de petites chaussures vernies déposées précautionneusement sur les rochers par des poupées qui marchent, mais ne savaient pas nager et ne reviendront jamais de leur tragique baignade – on appelle aujourd'hui méduses leurs jolies jupes multicolores à la dérive. Malheureusement non. Cette illusion ne résiste pas à l'examen. L'autopsie révèle que les moules abritent toutes dans leurs coquilles ce même bonbon mou, ce haricot pourri, cette noix de beurre rance, cette fiente de tortue, une bouchée suspecte et bien vite écœurante, recrachée avec sa minuscule et si vivace étrille.
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LprieurLprieur   31 décembre 2015
On ne sera plus déçu désormais en ouvrant une moule, on y trouvera bel et bien un œil, gris, bleu, vert ou noisette, cette fameuse surprise du premier regard en revanche sera préservée.

Parce qu'il est idiot, selon Crab, d'enterrer les morts avec leurs deux yeux comme neufs, mais si fragiles, tout en veillant à les dépouiller de leurs bijoux – pierres et métaux nés de la terre qui pourraient y séjourner à nouveau sans dommage -, alors même que l'on céderait avec empressement toute cette pacotille pour garder intact et à jamais vivant le regard amical qu'ils posaient sur nous.
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brigetounbrigetoun   13 novembre 2009
- Voici le chantier de ma maison. Je n'ai pas attendu la fin de travaux pour m'y installer, puisqu'elle est habitable, j'ai emménagé hier. Comme vous voyez, le plus gros est fait, ajoute Crab qui désigne pourtant un vaste terrain nu dépourvu de toute trace d'habitation. Mais à ceux qui s'en étonnent et tentent de lui démontrer que la construction de sa maison n'a toujours pas commencé, il réplique : - L'entrée et la sortie y sont, toutes les fenêtres aussi, grandes ouvertes, le reste est un luxe dont je me passe très bien.... Puis s'étend à même le sol, à même le ciel, et s'endort.
Crab est le dernier sage, son corps sans désirs n'a d'autre projet que vieillir, vieillir sans trêve et jusqu'au bout.
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