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EAN : 9782707343161
144 pages
Editions de Minuit (03/01/2017)
3.89/5   92 notes
Résumé :
Si Ronce-Rose prend soin de cadenasser son carnet secret, ce n’est évidemment pas pour étaler au dos tout ce qu’il contient. D’après ce que nous croyons savoir, elle y raconte sa vie heureuse avec Mâchefer jusqu’au jour où, suite à des circonstances impliquant un voisin unijambiste, une sorcière, quatre mésanges et un poisson d’or, ce récit devient le journal d’une quête éperdue.
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
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En cheminant avec Ronce-Rose, j'ai découvert la prose d'un auteur séduisant, précis et gracieux.
Ce fut un enchantement pour moi, que ce tour, ce circuit fléché et commenté du carnet par une drôle de petite fille.
Ronce-Rose, dont le prénom évoque la dualité de la naïveté et de la précocité, de l'argot et du langage châtié, de l'imaginaire et de la réalité.
Mâchefer n'est pas rentré, alors Ronce-Rose se met en route pour le rejoindre.
De cela elle ne doute pas.
Ronce-Rose croit voir Mâchefer dans chaque passant,...Et quoi de plus logique puisque Mâchefer, farceur professionnel, est un as du déguisement.
Ronce-rose verra Mâchefer à la télévision, mais ne le reconnaîtra pas...Enfin si... enfin, pas tout à fait, voire pas du tout.
Et puis il y a Scorbella la sorcière de l'histoire, celle qui rejoint le sol tant elle est courbée.
Et puis il y a le géant, l'ogre: c'est Bruce L ami de Mâchefer;.Vous savez, celui qui a secoué le sureau pour faire tomber le chat Rascal qui voulait boulotter de la mésange mais ne pouvait plus redescendre. Bruce était avec Mâchefer, à la télé.
Je n'en dirai pas plus, sur le suc de ce beau livre bref qui sut me captiver et m'emmener où il voulait.
Cependant, je donne une demi-étoile en moins pour le dernier paragraphe (note de l'éditeur) du livre... Qui est de trop, à mes yeux.
Et je remercie le libraire de Myriagone, à Angers, qui m'a convaincu d' emmener Ronce-Rose dans ma pile, puis de le lire.
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Ce livre je l'ai probablement choisi sur son titre, évocateur de conte. Et ce titre va bien à ce texte tout à hauteur d'enfant. Ronce-Rose, la narratrice, qui ne nous dit pas son âge, a dans les 6 à 8 ans, elle sait lire et écrire, est dotée d'une imagination débridée, d'une vision du monde très particulière et d'une langue (enfin, d'une plume) bien pendue. J'ai adoré les premiers chapitres, pleins de poésie simple et de trouvailles verbales. Puis je me suis lassée de ce moulin à paroles. Heureusement un événement dans la vie de Ronce-Rose vient relancer l'intérêt. le lecteur, adulte, a, de son côté, une idée de ce qui a pu se passer. Ronce-Rose, pas du tout. Elle part donc à la recherche de Mâchefer qui a disparu. Mais voilà que dans l'ensemble, à part dans quelques passages (à l'hôpital, dans les vignes ou dans le château) je me suis plutôt ennuyée, et en plus je ne voyais pas où l'auteur voulait nous mener. Et je n'ai pas apprécié la fin, pas à la hauteur de la plume ! Ronce-Rose évoque inévitablement Zazie dans le métro, mais aussi Room. D'excellents livres, mais sa quête à elle, à la fois maline, futée et pleine d'innocence et de naïveté se termine platement. L'épilogue ne compense pas cette impression que l'auteur n'a pas su comment finir son histoire. Dommage avec une histoire touchante et si bien écrite ! Je comprends que cela ne pouvait pas bien finir et qu'il n'a pas voulu que ça finisse très mal, comme dans la réalité, mais là c'est raté. Et d'autant plus avec l'ajout du bref épilogue qui ne fait qu'ajouter à ma perplexité.
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Le 39e livre d'Éric Chevillard est dans les librairies et nous offre à nouveau de plonger dans cette littérature du rien qui est aussi celle du tout, celle où le langage prévaut sur l'histoire, celle où la recherche du mot juste peut dynamiter le récit.
Après les les réflexions post-mortem d'Albert Moindre, spécialiste des ponts transbordeurs dans Juste Ciel, voici celles d'une petite fille baptisée Ronce-Rose. Si l'auteur n'a pas dû aller chercher très loin l'inspiration pour son héroïne, étant lui-même père de deux filles de six et huit ans, il a en revanche construit un scénario entre le roman d'initiation, le polar et le conte philosophique. Belle gageure relevée haut la main, notamment par le choix de laisser la parole à Ronce-Rose et à son journal intime. Car ainsi les trouvailles littéraires, la vision naïve – ou poétique – des choses peuvent éclore en toute liberté. C'est ce qu'il a expliqué à François Caviglioli dans l'Obs, dévoilant par la même occasion son projet: « Beaucoup de gens ne disent rien d'intéressant après huit ans, dit Chevillard. Ils ont eu ce génie, ces trouvailles un peu maladroites, mais l'ont oublié avec la maîtrise. L'écrivain est celui qui ne s'arrête pas à la panoplie des mots suffisants pour traverser la vie tranquillement. Il amène une contre-proposition. Je ne vois pas l'intérêt d'écrire un livre pour répéter ce que tout le monde dit déjà. »
Voici donc ce monde de Ronce-Rose – piquant comme la ronce, beau comme la rose – qui est à la fois le nôtre et, à travers le regard de la petite fille, une sorte de royaume de tous les possibles. À l'exemple de la profession de Mâchefer et de son ami Bruce, qu'elle détaille ainsi : « Quand Bruce vient dîner, ensuite habituellement ils partent sur un coup avec Mâchefer, c'est leur métier. Ils travaillent avec les banques, les bijouteries, les stations-service. Ne me demandez pas exactement ce qu'ils font, mais ils sont responsables d'un large secteur et ils couvrent une large zone géographique, si bien qu'ils restent parfois absents deux ou trois jours. Ils partent avec leur voiture de fonction qui change tout le temps et je ferme à clé derrière eux. Je ne dois ouvrir à personne. le monde est plein de brutes, dit Bruce. J'ai des provisions. de quoi tenir une semaine, mais il ne leur est jamais arrivé de partir si longtemps et il reste toujours plein de charcuterie quand ils rentrent. Tout est bon dans le cochon, c'est la seule parole d'évangile que j'aie jamais entendue sortir de la bouche de Bruce et elle y entre plus volontiers mais au moins il vit en accord avec sa foi. Il le dévore entier et il ne laisse pas d'orphelins. »
Très libre et beaucoup plus fûtée qu'on peut le croire de prime abord, Ronce-Rose est une autodidacte curieuse qui se destine à une prefession qu'elle a elle-même inventée : Ornithologue étymologiste.
C'est qu'elle aime beaucoup les expressions et les mésanges: « Toutes les expressions que je connais, c'est Mâchefer qui me les a apprises. Les autres choses aussi, parce que nous avons jugé préférable que je n'aille pas à l'école, voyez-vous. Mâchefer trouve que ce n'est pas un endroit pour les enfants. »
Avec une telle éducation, le lecteurs va se retrouver confronté à quelques mystères qui ne vont toutefois pas l'empêcher de comprendre qu'une sortie nocturne a mal tourné. Ronce-Rose découvre dans la vitrine d'un vendeur d'électro-ménager un sosie de Mâchefer sur tous les écrans de télévision avec ce titre «fin de cavale sanglante».
Dès lors quel sort est réservé à la petite fille ? Sa voisine, Scorbella la sorcière, va bien tenter de se transformer en bonne fée, mais cela ne suffira pas à ramener Mâchefer. Voilà donc notre héroïne partant à la recherche de l'homme de sa vie et de ces réponses si difficiles à trouver.
« Les questions les plus intéressantes, on n'a pas le droit de les poser. Mâchefer dit que les réponses me blesseraient, que 'en serais meurtrie comme une pêche dans un panier de coings et qu'il vaut mieux quelquefois ne rien savoir. Mais quand je tâte mon front, c'est dur, plus un coing qu'une pêche, mon pouce ne s'enfonce pas. Je l'ai dit à Mâchefer, que je préférais quand même connaître les réponses. Il m'a expliqué qu'il ne les avait pas toutes, que beaucoup de choses restaient mystérieuses. »
Lire Chevillard est à chaque fois s'offrir une belle récréation. Évadez-vous !
Lien : https://collectiondelivres.w..
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« C'est beau, moi je trouve ça beau, les choses qu'on voit, ce qu'il y a partout, c'est beau. » (p. 7)

Me référant au quatrième de couverture et aux étiquettes de Babelio, je m'attendais avec « Ronce-Rose » à lire un conte, d'autant plus que le titre m'en évoquait un autre de Grimm: « Blanche-Rose et Rose-Rouge », un petit livre que j'avais enfant et qui m'avait fait grande impression. S'il tient du conte, ce roman d'Éric Chevillard, un auteur que je découvre, s'avère tout autre chose. C'est à travers ce que Rose consigne dans son carnet que cette histoire se raconte. Lorsque Mâchefer - son père ? son tuteur ? – part sur un coup avec son complice Bruce et qu'il tarde plus que d'habitude à rentrer, Rose décide de partir à sa recherche. Elle semble bien jeune, ignorant tout des activités réelles de ce dernier et semblant s'aventurer dans le monde pour la première fois. Si ce qu'elle raconte paraît plutôt réaliste et m'a charmée de prime abord par son inventivité, un glissement semble s'opérer, c'est à tout du moins ainsi que je l'ai perçu, et il en a été de même avec mon intérêt, déclinant au fur et à mesure de ma perplexité. S'il n'y avait eu le paragraphe final, je ne sais pas ce que j'aurais compris de cette histoire, qui présente une écriture de grande qualité par ailleurs.
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Le carnet intime d'une petite fille, Ronce -Rose, qui nous raconte, avec ses mots à elle et ses réflexions d'enfant, sa vie quotidienne avec Machefer, qui apparement n'est pas son père mais plutôt la personne qui s'occupe d'elle. Elle dépeint ses voisins (une "sorcière " et un unijambiste : tant qu'a faire) et son environnement de façon enfantine et très drôle.
Mâchefer n'est pas un homme qui vit dans la légalité , il fait plutôt dans le cambriolage avec son copain Bruce, un grand gaillard qui passe beaucoup de temps chez eux.
Mais la vie s'organise cahin-caha, Mâchefer s'occupe d'elle d'une façon très délicate et très douce. Tout le monde trouve son compte dans cette vie atypique.
Ronce-Rose a pris l'habitude des absences de Mâchefer, qui revient toujours au bout de quelques jours. Sauf qu'un jour, celui-ci ne rentre pas.
Pas de souci, la petite fille se prépare un sac à dos et décide de partir à sa recherche. A la lecture de son carnet, nous comprenons assez vite que le casse a mal tourné et que Mâchefer ne rentrera pas.
Nous suivons les pérégrinations de Ronce-Rose dans une ville qu'elle ne connaît pas, elle décrit ses problèmes de petite fille, ses angoisses, ses rencontres. Elle se révèle être très débrouillarde.
Une lecture agréable grâce à la voix de cette petite fille et de sa vie si différente. Et une fin inattendue.
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critiques presse (1)
Actualitte
14 juin 2017
Nous avons cru, le temps de quelques heures, que nous ne rentrerions jamais chez nous. Quelle élégance !
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Et donc, je vais raconter un peu comment ça se passe. D’abord, je me réveille. Avant, bien sûr, je m’étais couchée mais je préfère raconter ça à la fin, sinon à force de remonter en arrière dans le temps je tomberai en pleine paléontologie. On les rencontre parfois, ces hommes préhistoriques, ils sont accroupis entre des ficelles tendues, ils creusent dans la boue. Nos mœurs ont bien changé. Je me réveille et Mâchefer me demande de quoi j’ai rêvé. Il veut savoir si j’ai rêvé de lui, en fait, mais comme je ne m’en souviens jamais j’invente. Les rêves aussi sont inventés, alors ça paraît vrai. J’aime bien mettre un crocodile pour que ça paraisse même terriblement
vrai et ça fait plaisir à Mâchefer parce qu’il me sauve la vie à chaque fois. Je le roule dans la farine du moulin à paroles. En fait, j’en donne quand même un peu.
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Et d'ailleurs, si je ne pouvais plus écrire "comme", je n'ai aucune idée de ce que j'écrirais. Parce que, moi, quand j'écris dans mon carnet, ce qui me plaît surtout, c'est ce qui vient après les "comme". Ce qu'il y a avant les "comme", ce sont toujours des choses que je savais déjà. Je n'ai même pas besoin d'écrire. Il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder, ou de les fermer et de se souvenir. Ce qui arrive après les "comme", par contre, quelle surprise à chaque fois, je ne m'attendais vraiment pas à trouver ça ici et je suis heureuse parce qu'en même temps, rien ne pouvait mieux tomber, rien n'aurait pu me faire plus plaisir. J'ai l'impression de vivre avant les "comme", mais de passer de l'autre côté quand j'écris dans mon carnet. Je ne suis pas sûre d'avoir le droit.
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C'est beau, moi je trouve ça beau, les choses qu'on voit, ce qu'il y a partout, c'est beau. Certaines de ces choses font plutôt rire, ça ne les empêche pas d'être belles aussi. Leur forme surtout, j'aime surtout la forme des choses, vous avez remarqué les formes qu'elles prennent ! Je ne pense pas seulement aux nuages. Vous avez déjà regardé une chaise ?
Mais les couleurs me plaisent aussi. Elles siéent aux choses de manière incroyable. Toujours la nuance qu'il fallait justement et parfois en plus la lumière vient se poser dessus. Je ne dis pas cela pour me vanter parce que je porte un nom de couleur. Ainsi parlerait l'orange, mais je ne suis pas un fruit. Ni une fleur, quoique mon nom soit aussi un nom de fleur. Ni Violette, ni Fuchsia, je m'appelle Rose. Mais Mâchefer par plaisanterie quelquefois, quand je l'escalade, m'appelle Ronce et c'est du coup le nom de ce buisson épineux et fleuri qui me va le mieux et que j'ai gardé, Ronce-Rose.
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La pluie du printemps, on sent qu'elle nous veut du bien. Elle commence par nous laver les cheveux. Après, elle forme des flaques dans lesquelles les enfants des autres aiment mettre les pieds tandis que je préfère y mettre mon visage avec du ciel autour. On dirait à la fois que je vole très haut et que je nage sous la terre, comme les, comme les, en fait toute seule. Peut-être que les grandes hauteurs et les grandes profondeurs se touchent au bout tant le globe est rond. C'est une découverte qui remonte au passé et qui fut très importante pour l'époque, même si elle est de peu d'utilité aujourd'hui.
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Et d'ailleurs, si je ne pouvais plus écrire "comme", je n'ai aucune idée de ce que j'écrirais. Parce que, moi, quand j'écris dans mon carnet, ce qui me plaît surtout, c'est ce qui vient après les "comme". Ce qu'il y a avant les "comme", ce sont toujours des choses que je savais déjà. Je n'ai même pas besoin d'écrire. Il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder, ou de les fermer et de se souvenir. Ce qui arrive après les "comme", par contre, quelle surprise à chaque fois, je ne m'attendais vraiment pas à trouver ça ici et je suis heureuse parce qu'en même temps, rien ne pouvait mieux tomber, rien n'aurait pu me faire plus plaisir. J'ai l'impression de vivre avant les "comme", mais de passer de l'autre côté quand j'écris dans mon carnet. Je ne suis pas sûre d'avoir le droit.
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