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Jean-Claude Hémery (Traducteur)Martine Vallette-Hémery (Traducteur)
ISBN : 226700982X
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 33 notes)
Résumé :
" ET POURQUOI SCENES DE LA VIE D'UN FAUNE?
- Parce que la vie n' est pas un continuum. Mais une succession de moments, de conscience, de scintillements, d'éclairs. Donc, quelque chose comme Instantanés de la vie d'un faune. Mais sans doute également à cause des célèbres Scènes de la vie d'un propre à rien du poète romantique Eichendorff.
Le lecteur aura rectifié de lui-même. De même, il aura reconnu au passage les citations tronquées de Suétone (Ces. X... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
nathalie_MarketMarcel
  07 juin 2013
On sent dans le livre la force de la vie, de la sexualité, de la chair dans un monde en proie à la destruction. Schmidt décrit une réalité en marche dans un climat de train-train quotidien (la guerre dans les blagues de bureau), d'aveuglement collectif. Il fait ainsi le récit d'une visite à la Kunsthalle au temps de la politique artistique en se moquant de cet art officiel. Il livre à la fin la description cauchemardesque d'un bombardement où les « tracts de pierre » volent dans les airs. Comme souvent le narrateur semble pleutre mais c'est en réalité un fin stratège qui vit dans une permanente stratégie de dissimulation face aux contrôles collectifs (famille et administration). Il s'organise ainsi un coin de paradis à l'écart du feu de la guerre et de la bêtise de la société, au fond de la forêt.
Schmidt est un amoureux de l'art et de la culture, qu'il veut protéger, c'est surtout un grand amoureux des mots, qu'il manipule avec jubilation.
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JimmyCz
  10 juin 2017
C'est un livre difficile à lire. La structure mi théâtrale mi chroniques est délicate à appréhender.
Le vocabulaire riche et les immenses références culturelles sont également complexes. L'auteur veut que ce livre nous demande des efforts, du moins l'impression est donnée. L'on doit s'intégrer à l'univers comme on s'intègre à un groupe de personnes. On doit capter une pensée comme elle est pensée. C'est délicat.
C'est délicat mais c'est génial. Oeuvre bourrée de causticité que n'aurait pas reniée un Desproges, Oeuvre intellectuelle exigeante certes mais qui nous nourrit et nous permet d'exister au travers de l'ouvrage. C'est un livre qui décrit le nazisme, l'avènement d'un pouvoir autoritaire en ne dénonçant pas mais en prenant une position d'opposant. Opposition à l'ignorance par la culture, opposition au drame par l'humour, opposition à la haine par l'indifférence, opposition à l'hystérie par la lucidité.
C'est un livre qui est une étape dans mon vécu de lecteur. Ce fut pour moi une lecture nécessaire.
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Charybde2
  07 octobre 2014
D'une ironie cinglante et d'une richesse condensée, le grand écart intérieur d'un déserteur secret de la société bourgeoise nazie.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/10/07/note-de-lecture-scenes-de-la-vie-dun-faune-arno-schmidt/
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critiques presse (4)
Liberation   18 novembre 2013
Scènes de la vie d’un faune(1953) appartient à la première partie de l’œuvre de Schmidt, qui gravite autour de l’Allemagne du nazisme et de l’après-guerre. Nicole Taubes qui a pris la succession de Claude Riehl en offre ici une nouvelle et décoiffante version à la hauteur du défi.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   10 novembre 2011
On peut être désarçonné par cette langue si libre et ces paragraphes qui débutent en italique - comme un classement d'archives. Mais Schmidt livre bientôt assez de clés pour entrer dans son incroyable système littéraire et sa puissante vision du monde, obsédés par l'espace, l'Histoire et la destruction.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   02 novembre 2011
A la manière d'un saint Jean sans foi ni loi, Arno Schmidt dit notre apocalypse. Etrangement jouissive dans l'épouvante. Parce que le romancier féru de calcul mental et de photographie croit passionnément aux pouvoirs de l'écriture. Et nous fait magiquement partager sa transe.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeMonde   16 septembre 2011
L'humour et le burlesque endiablent ce récit d'un bout à l'autre, jusqu'au délire, quelquefois, sans jamais échapper cependant à la maîtrise de l'auteur qui tient à deux mains la bride de son cheval cabré puis fait corps avec lui comme un centaure.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   07 octobre 2014
À Bergen-Belsen : (comme SS, il avait été affecté au personnel du camp, ce gros porc). "Ah, là-bas, ils travaillent tous, faut voir ça !", sourire hargneux maison de maître : "Les Juifs." Une pause. Il rapprocha la fiche de ses yeux bleu-bouffi ; mais fallait que ça sorte : "Et s’ils mouftent – au poteau" – ?!!? – : "Au gibet spécial."
Rien ! Je ne sais rien ! J’me mêle de rien ! (Mais il y a une chose que je sais : Tous les politiques, tous les généraux, tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, commandent, donnent les ordres, sont des pourris ! Sans exception ! Tous ! Je me rappelle encore très bien les grands pogroms ; j’oublierai pas la fois où les types de la SA, chez le Dr fränkel, ont fracassé à coups de hache sa machine à écrire et les cris aigus de son piano quand ils le lui ont balancé par la fenêtre, le poussant au suicide ! : Mais viendra le jour, messieurs les salopards. Et malheur à celui qui "vous donne une nouvelle chance" !)
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Charybde2Charybde2   07 octobre 2014
Ma vie ? ! ; n’est pas un continuum ! (pas seulement qu’elle se présente en segments blancs et noirs, fragmentés par l’alternance jour, nuit ! Car même de jour, chez moi, c’est pas le même qui va à la gare ; qui fait ses heures de bureau ; qui bouquine ; arpente la lande ; copule ; bavarde ; écrit ; polypenseur ; tiroirs qui dégringolent éparpillant leur contenu ; qui court ; fume ; défèque ; écoutelaradio ; qui dit "monsieur le Sous-préfet" : that’s me !) : un plein plateau de snapshots brillants.
Pas un continuum, pas un continuum ! : tel est le cours de ma vie, tel celui des souvenirs (de la façon qu’un spasmophile peut voir un orage la nuit) :
Flash : une maison nue de cité ouvrière grince des dents dans la broussaille d’un vert toxique : la nuit.
Flash : des faces blanches qui zyeutent, des langues dentellent au fuseau, des doigts font leurs dents : la nuit.
Flash : membres d’arbres dressés ; gamins poussant leur cerceau ; des femmes coquinent ; des filles taquinent à corsage ouvert : la nuit.
Flash : pauvre de moi : la nuit !!
Mais moi, dire que ma vie m’apparaisse comme le fleuve majestueux d’une chaîne de production, ça non, je peux pas dire ! (et les raisons).
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valaflebuvalaflebu   06 décembre 2011
La fenêtre à guillotine se rebella en claquant dans son cadre ; le soleil vidait son pus au-dessus de la forêt ; un garçon de ferme bleu labourait la terre gluante. Une herse faisait la harpe (un non-sens absolu, acoustiquement parlant !) : « Êtes-vous bien conscient, Herr Peters, que tout ça peut finir par nous apporter la guerre ? » Mais il n’avait pas connu la Grande Guerre et grattait l’occiput de sa tête dure, l’air buté : « Le Führer ne veut pas la guerre ! »
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   07 juin 2013
(Je n’aime pas les régions montagneuses : pas plus le dialecte pâteux de leurs habitants que leur terrain plein de boursouflures, leur tectonique baroque. Pour moi, un paysage doit être plat, étal, sur des kilomètres, la lande, la forêt, les prairies, la brume, le silence.)
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Charybde2Charybde2   07 octobre 2014
SA, SS, soldats, JH, et cœtera : les gens ne sont jamais aussi insupportables que lorsqu’ils jouent aux soldats. (Ça leur prend, on dirait, périodiquement, une fois tous les vingt ans, comme le paludisme, et même plus souvent, ces temps-ci.) Finalement, ceux qui commandent c’est toujours les pires, c’est-à-dire : les supérieurs, les chefs, les directeurs, les présidents, les généraux, les ministres, les chanceliers. Un type bien aurait honte d’être un supérieur !
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