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EAN : 9782707328618
141 pages
Editions de Minuit (05/03/2015)
3.39/5   54 notes
Résumé :
Voici venue l’heure du verdict, l’heure des révélations. Albert Moindre est mort et il découvre l’au-delà, ce qu’il en est, ce qui s’y passe. Sommes-nous vengés ? Sommes-nous punis ? À quoi ressemble le Royaume des cieux ? Ce témoignage de première main apporte des réponses à nombre de nos interrogations anciennes. On le lira si ces questions nous tourmentent, pour être fixés une bonne fois.
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Y a-t-il une vie après la mort ? On n'en sait rien, mais ce n'est pas une raison pour ne pas écrire dessus. Comme d'autres avant lui, Eric Chevillard relève le défi avec la mort d'Albert Moindre, homme quelconque qui se voit propulsé dans ce qui ressemble au purgatoire après avoir été percuté par une fourgonnette de livraison.
Débarrassé de la sensation, du mouvement et du poids de la gravité, Albert n'a pas pour autant abandonné son moi intérieur, ce qu'on appelle l'esprit. Il observe, regarde ce qui s'offre à lui. Serait-ce l'occasion d'accéder aux vérités essentielles et aux mystères les plus impénétrables de la condition humaine ? Pas vraiment. Là où d'autres auteurs engageraient leur héros dans une série d'événements ou de questionnement métaphysiques de nature à guider sa conscience vers une paix de l'âme, E. Chevillard adopte une position différente.
Sous des abords méditatifs, ce roman ne raconte en fin de compte rien de plus que ce qu'il montre. Il y a bien en permanence une introspection immédiate du fait de sa condition nouvelle, l'idée d'atteindre le sens de sa propre vie pour qui sait l'entrevoir. Mais avec une plume tonique, l'auteur préfère déconstruire la dimension spirituelle ou métaphysique au profit d'une lecture légère et superficielle. C'est drôle, distractif le temps d'un voyage en train.
C'est en fait le genre de roman dont on ne sait pas quoi dire, ça se lit sans surprise, ni déplaisir non plus.
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A force de se cogner aux limites du roman, Eric Chevillard s'aventure dans l'au-delà.

Albert Moindre, personnage conformiste, banal sans doute, velléitaire peut-être, ingénieur de maintenance des ponts transbordeurs depuis vingt-cinq ans et poète à ses heures perdues, est mort percuté et «dénoyauté» sur la chaussée par une camionnette de livraison de l'entreprise «Olives & dattes».

«La mort nous offre au moins cette satisfaction d'achever quelque chose, se dit Albert. Même les moins entreprenants, les hésitants, les nonchalants, les apathiques, les velléitaires ont suffisamment de suite dans les idées pour arriver jusque-là.»

Il se retrouve, mort mais néanmoins conscient et terriblement perplexe, dans une salle d'attente incongrue qui a tout du hall d'une gare de province ou d'un modeste cabinet médical. Conduit au bureau des élucidations, poste d'observation panoptique des vies humaines, rien ne lui sera épargné des détails de sa vie sur terre, dans une énumération hilarante où les événements vécus, les occasions manquées, les épisodes cruciaux ou anodins de sa vie se succèdent, déferlante de micro-récits d'une précision maniaque que rien ne semble pouvoir endiguer.

«-Jamais un ragot, tout est vérifié. Tu t'es promené toute la matinée du 2 avril 2007 avec une miette de croissant collée à ton pantalon. Neuf personnes l'ont remarquée. Elle est tombée comme tu traversais la place Wilson. Deux pigeons se la sont disputée. Une fourmi a emporté le dernier morceau. Ton ami Franck Surger, en diverses occasions, a affirmé dans ton dos que tu étais 1) un pleutre, 2) un faux frère, 3) un naze, 4) un prétentieux, 5) un vrai connard, 6) un frustré. Mais il éprouvait vraiment de la sympathie pour toi. Il a dit aussi un jour que tu étais 7) un brave type dans le fond. Repoussant, mal habillé, érotico-angoissant, ce sont là les mots de Juliette Escolier.»

Personnage éthéré, qui tente par moments de tester les limites de sa condition, en esquissant quelques mouvements, à l'insu de son créateur pense-t-il, Albert Moindre peut ensuite à son tour observer tous les événements de la terre tel un être omniscient : une musaraigne blottie au fond d'une anfractuosité au Macchu Picchu, sa fille Sidonie musardant aux puces de Saint-Ouen, une cigogne sans pattes, une otarie poreuse, un innocent qui creuse un tunnel pour se glisser dans la prison … À nouveau le texte ivre s'emballe, avalanche de paysages, caravane des animaux, actions et trahisons du moindre être humain, et puis déraille, nous faisant rire et douter de tout.

L'auteur tord le nez à son histoire, à son personnages et au langage, dans cette nouvelle et brillante tentative d'épuisement du roman, et réincarne le roman mort dans un corps à nouveau fringant, profond et ludique. Éric Chevillard nous prouve que le paradis existe, il est contenu dans ses livres.
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N°1779– Septembre 2023

Juste cielEric Chevillard – Les éditions de Minuit.

Même si sous nos latitudes nous faisons semblant de l'oublier, nous sommes mortels et Albert Moindre, homme très ordinaire, quoique ingénieur de maintenance des ponts transbordeurs, n'a pas échappé à la règle, percuté par une camionnette de livraison. Nous ne sommes donc que de passage sur cette terre, mais quid du moment de notre mort, de la fin de cette comédie quid du moment et des circonstances ? Destin ou liberté, et l'après ? Que devenons-nous une fois morts ? Y-a-t-il une vie après ?Le christianisme a des réponses, souvent relayées par la création de quelques peintres réellement épouvantés ou certainement stipendiés par L'Église d'alors pour obtenir des conversions basées sur la crainte de l'enfer. Nous avons sans doute tous une idée sur la question, même si la réponse que nous y apportons est de plus subjectives et évidemment invérifiable. Nous ne sommes pas beaucoup plus avancés et nos certitudes en la matière ne pèsent décidément pas lourd. Notre auteur imagine donc un improbable dialogue entre Albert Moindre, mort de son état, et un éventuel portier de cette vie éternelle qui à la fois lui révèle les réponses aux questions qu'il a pu se poser de son vivant et remet en cause certaines vérités qu'il croyait établies. Ce lieu incertain ressemble à une sorte de purgatoire, même si nous savons que de c'est une invention de cette religion pour ne pas décourager les plus dubitatifs. Il paraît que dans cet hypothétique ciel, on y retrouve ceux qu'on a aimé sur terre, à condition que cet amour n'ait pas été trahi, et pourquoi pas les autres ? Tout cela paraît bien incertain, quant au résultat de tout cela ?
Chevillard, toujours tenté par le verbe un peu déjanté s'attaque à ce thème qu'il vaut mieux ne pas aborder en famille si on veut un repas apaisé. Il est décidément incorrigible, il faut qu'il déraille, se perde parfois dans des détails au risque de perdre aussi son lecteur et si on n'y prête attention, le voilà parti et il se laisse emporté par son imagination et tant pis pour pour ceux qui ne suivent pas ! Et j'ai toujours l'impression d'en faire partie.
Je poursuis quand même ma lecture, toujours aussi friand de son style jubilatoire, partagé entre la curiosité et l'étonnement, peut-être aussi parce qu'il fait partie du paysage littéraire et que, si je veux pouvoir en parler, il me faut au moins l'avoir lu.
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Bof bof et re-bof. Un libraire me l'avait présenté comme L'Auteur français du moment. Je suis restée sur ma faim.

J'ai trouvé cet heureusement bref roman anecdotique, -l'auteur place son héros dans le purgatoire après qu'il ait été victime d'un accident de la route-. Mais l'histoire ne dépasse pas le fait divers et reste dans les détails secondaires. La sauce n'a pas pris en ce qui me concerne.
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Qui ne s'est jamais demandé ce qui se passait une fois qu'on venait de mourir ? Éric Chevillard propose de nous le raconter à travers le personnage d'Albert Moindre. Il vient de succomber d'un accident de voiture et s'étonne d'avoir encore une conscience dans l'au-delà… Il se met à raconter ce qu'il voit et ce qu'il « vit »….
Une fois le livre refermé, un sentiment mitigé m'habite. Je suis déçue, je m'attendais à une fin différente (promis je ne vais rien spoiler), à une vraie plongée dans un « ailleurs ». Mais hélas, ma soif d'imagination est restée inassouvie. Je n'ai pas été assez embarquée dans l'histoire de l'auteur, même si au début c'est assez tentant et l'oeil est relativement neuf. Mais de fil en aiguille, c'est trop… comment dire… plat.
Malgré tout quelques surprises, un récit éloigné des clichés (paradis = anges blancs ; enfer = flammes avec des diablotins cornus à queue) qui tente de nous montrer qu'on existe dans l'au-delà débarrassé de son enveloppe charnelle (pour ne citer que ça). Des moments drôles, un style assez soutenu mais il a manqué l'étincelle.

Difficile d'être plus prolixe sur ce livre dans dévoiler l'intrigue et ses ficelles.
Lisez-le ! Après tout, tout le monde est concerné par la mort alors autant essayer d'imaginer ce qui pourrait advenir après le trépas !
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critiques presse (2)
Bibliobs
29 avril 2015
Avec un art brillant et urticant où il excelle, une désinvolture qui est le meilleur accès au séjour des âmes, et des informations de première main, Eric Chevillard (...) décrit la vie quotidienne des trépassés.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation
09 mars 2015
Vous l’apprendrez, comme tout le reste, en lisant Juste ciel et, comme son personnage, vous ne serez pas déçu du voyage.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
-Tu voulais des réponses aux grands mystères, contente-toi de celle-là : les morts ne peuvent adresser de signes aux vivants.
-Le lendemain de la mort de mon grand-père, j'avais quatorze ans, il n'y avait pas un souffle de vent, j'ai fixé la branche d'un acacia et je lui ai demandé de l'agiter doucement s'il m'entendait : elle a bougé !
-Puis ton cousin Antoine, caché derrière l'arbre,a cessé de le secouer et a rejoint les autres en rampant dans l'herbe. Vingt ans plus tard, il a eu la tentation de te l'avouer mais, voyant que tu pleurais en lui racontant l'histoire, il a préféré se taire.
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Sans doute les âmes étaient-elles orientées dès leur arrivée vers de petites unités distinctes, en fonction de critères précis. Quels étaient-ils ? Encore un mystère. Les amateurs d’énigmes seront aux anges.
Or il y était et ne l’était pas. Il pensa d’abord qu’il pouvait s’agir d’un classement au mérite qui entérinait les hypothèses des théologiens, ce qu’il en restait du moins dans les rudiments de catéchisme que sa mémoire avait conservés. Mais, à la réflexion, ça ne tenait pas. Là encore, ils auraient été plus nombreux dans son groupe, les modestes pécheurs de son acabit devaient constituer le plus gros du contingent quotidien des trépassés. Albert Moindre ne s’était pas illustré par sa piété ni par sa grande moralité. Il en convenait, il avait failli à bien des commandements ; sa vie ne ferait jamais l’objet d’un chapitre nouveau de La Légende dorée. Il ne bousculerait pas la hiérarchie des saints. D’un autre côté, il ne s’était rendu coupable d’aucun crime digne de ce nom, d’aucun préjudice grave. Ses exactions manquaient
d’ambition, ou de moyens, mais enfin, les faits étaient là qui plaidaient plutôt en sa faveur. (p. 15-16)
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- Albert il faut qu'on parle.
- Crois-tu Palmyre ? Sais-tu qu'en ce moment même, à cet instant, des mandrills errent dans l'ombre rose d'une savane, une vieille dame s'écroule morte dans la rue, une sauterelle vert amande effectue un bond, une bille roule sous un buffet, une stalactite de glace se détache d'un piton, une chèvre met bas, un adolescent fait l'aveu à ses parents de son homosexualité, une vague se brise sur un rocher, un grain de riz choit sur un col, une pièce de puzzle irrémédiablement s'égare, une bourrasque emporte un toit, un poète trouve une rime, une corde de guitare casse, un cycliste se fracture la clavicule, un incendie se propage aux étages, (...) un marteau s'abat, en ce moment même aussi Palmyre, et d'ailleurs à chaque instant, tout cela reste vrai.
- Notre couple, Albert...
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La beauté des rencontres, une vulgaire affaire de phéromones : ce sont ces substances volatiles qui font se pâmer nos amoureuses au balcon, et non le madrigal ou la sérénade qui montent vers elles dans la nuit, c'était bien la peine de peiner si longuement sur l'ouvrage et de brosser la lune depuis le matin.
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Mais les supputations délirantes de ses semblables au sujet de l'au-delà, le séjour céleste, le puits des Enfers, toutes ces représentations fabuleuses excitaient vaguement sa curiosité. A force, bien sûr, on avait envie de savoir ce qu'il en était. Même si le néant constituait effectivement la seule et implacable réponse aux rêveries exaltées des hommes, Albert Moindre espérait jouir d'un instant de lucidité encore pour en fait le constat avant de s'y dissoudre.
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Videos de Éric Chevillard (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Éric Chevillard
«Bêtes de littératures» avec Éric Chevillard Hérissons, orangs-outans, tortues, flamants roses, insectes… Les bêtes peuplent les livres d’Éric Chevillard. S’interrogent à cette occasion les enjeux de la présence d’animaux, et par là d’altérités non humaines, dans la littérature. Comment rendre compte, avec l’écriture, d’intensités animales au-delà de l’allégorie ou de la fable ? Donner vraiment la parole aux animaux, est-ce pour autant se couper du symbolique ? Et l’humour dans tout cela ? L’entretien sera ponctué d’une lecture d’extraits de «Zoologiques» (Fata Morgana, 2020). - Modération : Sandra de Vivies La Fondation Jan Michalski, le 11 septembre 2021
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