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ISBN : 2707343161
Éditeur : Editions de Minuit (03/01/2017)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Si Ronce-Rose prend soin de cadenasser son carnet secret, ce n’est évidemment pas pour étaler au dos tout ce qu’il contient. D’après ce que nous croyons savoir, elle y raconte sa vie heureuse avec Mâchefer jusqu’au jour où, suite à des circonstances impliquant un voisin unijambiste, une sorcière, quatre mésanges et un poisson d’or, ce récit devient le journal d’une quête éperdue.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  14 mars 2017
Le 39e livre d'Éric Chevillard est dans les librairies et nous offre à nouveau de plonger dans cette littérature du rien qui est aussi celle du tout, celle où le langage prévaut sur l'histoire, celle où la recherche du mot juste peut dynamiter le récit.
Après les les réflexions post-mortem d'Albert Moindre, spécialiste des ponts transbordeurs dans Juste Ciel, voici celles d'une petite fille baptisée Ronce-Rose. Si l'auteur n'a pas dû aller chercher très loin l'inspiration pour son héroïne, étant lui-même père de deux filles de six et huit ans, il a en revanche construit un scénario entre le roman d'initiation, le polar et le conte philosophique. Belle gageure relevée haut la main, notamment par le choix de laisser la parole à Ronce-Rose et à son journal intime. Car ainsi les trouvailles littéraires, la vision naïve – ou poétique – des choses peuvent éclore en toute liberté. C'est ce qu'il a expliqué à François Caviglioli dans l'Obs, dévoilant par la même occasion son projet: « Beaucoup de gens ne disent rien d'intéressant après huit ans, dit Chevillard. Ils ont eu ce génie, ces trouvailles un peu maladroites, mais l'ont oublié avec la maîtrise. L'écrivain est celui qui ne s'arrête pas à la panoplie des mots suffisants pour traverser la vie tranquillement. Il amène une contre-proposition. Je ne vois pas l'intérêt d'écrire un livre pour répéter ce que tout le monde dit déjà. »
Voici donc ce monde de Ronce-Rose – piquant comme la ronce, beau comme la rose – qui est à la fois le nôtre et, à travers le regard de la petite fille, une sorte de royaume de tous les possibles. À l'exemple de la profession de Mâchefer et de son ami Bruce, qu'elle détaille ainsi : « Quand Bruce vient dîner, ensuite habituellement ils partent sur un coup avec Mâchefer, c'est leur métier. Ils travaillent avec les banques, les bijouteries, les stations-service. Ne me demandez pas exactement ce qu'ils font, mais ils sont responsables d'un large secteur et ils couvrent une large zone géographique, si bien qu'ils restent parfois absents deux ou trois jours. Ils partent avec leur voiture de fonction qui change tout le temps et je ferme à clé derrière eux. Je ne dois ouvrir à personne. le monde est plein de brutes, dit Bruce. J'ai des provisions. de quoi tenir une semaine, mais il ne leur est jamais arrivé de partir si longtemps et il reste toujours plein de charcuterie quand ils rentrent. Tout est bon dans le cochon, c'est la seule parole d'évangile que j'aie jamais entendue sortir de la bouche de Bruce et elle y entre plus volontiers mais au moins il vit en accord avec sa foi. Il le dévore entier et il ne laisse pas d'orphelins. »
Très libre et beaucoup plus fûtée qu'on peut le croire de prime abord, Ronce-Rose est une autodidacte curieuse qui se destine à une prefession qu'elle a elle-même inventée : Ornithologue étymologiste.
C'est qu'elle aime beaucoup les expressions et les mésanges: « Toutes les expressions que je connais, c'est Mâchefer qui me les a apprises. Les autres choses aussi, parce que nous avons jugé préférable que je n'aille pas à l'école, voyez-vous. Mâchefer trouve que ce n'est pas un endroit pour les enfants. »
Avec une telle éducation, le lecteurs va se retrouver confronté à quelques mystères qui ne vont toutefois pas l'empêcher de comprendre qu'une sortie nocturne a mal tourné. Ronce-Rose découvre dans la vitrine d'un vendeur d'électro-ménager un sosie de Mâchefer sur tous les écrans de télévision avec ce titre «fin de cavale sanglante».
Dès lors quel sort est réservé à la petite fille ? Sa voisine, Scorbella la sorcière, va bien tenter de se transformer en bonne fée, mais cela ne suffira pas à ramener Mâchefer. Voilà donc notre héroïne partant à la recherche de l'homme de sa vie et de ces réponses si difficiles à trouver.
« Les questions les plus intéressantes, on n'a pas le droit de les poser. Mâchefer dit que les réponses me blesseraient, que 'en serais meurtrie comme une pêche dans un panier de coings et qu'il vaut mieux quelquefois ne rien savoir. Mais quand je tâte mon front, c'est dur, plus un coing qu'une pêche, mon pouce ne s'enfonce pas. Je l'ai dit à Mâchefer, que je préférais quand même connaître les réponses. Il m'a expliqué qu'il ne les avait pas toutes, que beaucoup de choses restaient mystérieuses. »
Lire Chevillard est à chaque fois s'offrir une belle récréation. Évadez-vous !
Lien : https://collectiondelivres.w..
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artemisia02
  01 avril 2018
Le carnet intime d'une petite fille, Ronce -Rose, qui nous raconte, avec ses mots à elle et ses réflexions d'enfant, sa vie quotidienne avec Machefer, qui apparement n'est pas son père mais plutôt la personne qui s'occupe d'elle. Elle dépeint ses voisins (une "sorcière " et un unijambiste : tant qu'a faire) et son environnement de façon enfantine et très drôle.
Mâchefer n'est pas un homme qui vit dans la légalité , il fait plutôt dans le cambriolage avec son copain Bruce, un grand gaillard qui passe beaucoup de temps chez eux.
Mais la vie s'organise cahin-caha, Mâchefer s'occupe d'elle d'une façon très délicate et très douce. Tout le monde trouve son compte dans cette vie atypique.
Ronce-Rose a pris l'habitude des absences de Mâchefer, qui revient toujours au bout de quelques jours. Sauf qu'un jour, celui-ci ne rentre pas.
Pas de souci, la petite fille se prépare un sac à dos et décide de partir à sa recherche. A la lecture de son carnet, nous comprenons assez vite que le casse a mal tourné et que Mâchefer ne rentrera pas.
Nous suivons les pérégrinations de Ronce-Rose dans une ville qu'elle ne connaît pas, elle décrit ses problèmes de petite fille, ses angoisses, ses rencontres. Elle se révèle être très débrouillarde.
Une lecture agréable grâce à la voix de cette petite fille et de sa vie si différente. Et une fin inattendue.
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DOMS
  12 mai 2017
Ronce-Rose raconte son histoire chaque jour dans son journal. Elle écrit tout ce qu'il lui arrive dans la maison qu'elle partage avec Mâchefer, son père, et Bruce, un ami. Tous deux ont un étrange travail, en lien avec des stations-services, des bijouteries, des banques…. Ronce-Rose ne va pas à l'école, elle reste à la maison et cette situation lui convient, pourvu qu'elle ait chaque jour une culotte propre et son crayon pour écrire dans son journal. Jusqu'au jour où Mâchefer et Bruce ne reviennent pas, alors la vie de Ronce-Rose va changer, car comment et où peut-qui ne s'aventure jamais à l'extérieur.
Dans ce roman, il y a cette intrigue, comme un fil rouge qui tient le lecteur en alerte, mais il y a surtout le jeu d'Éric Chevillard avec les mots, le sens qu'on leur donne et surtout celui qu'il détourne. Car le vocabulaire devient un des éléments du récit, avec cet humour totalement décalé et en même temps tellement évident qu'on ne sait plus qui ne tourne pas rond !
Le roman est construit autour de Ronce-Rose. Et d'ailleurs, est-ce réellement une fillette ou est-ce mon interprétation ? En tout cas son univers est rempli de mésanges, d'un unijambiste à surveiller, de poissons d'or et de poésie dans un monde pourtant plutôt triste, surréaliste, désabusé. Voilà un roman qui nous fait réfléchir avec pas mal d'humour et de dérision.
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ChtiBaboun
  01 septembre 2018
Première lecture d'un livre d'Eric Chevillard avec Ronce Rose. C'est un euphémisme de dire qu'il est simple d'entrer dans l'univers du roman d'Eric Chevillard.
je n'ai rien lu de pareil jusqu'à maintenant hormis peut être Alice au Pays des Merveilles.
Nous sommes au centre d'un univers d'enfant dans lequel Ronce Rose se déploie. Elle même narratrice du livre nous confie son carnet secret et toutes ses réflexions. Elle vit avec Mâchefer et Bruce qui ont beaucoup à faire auprès des banques , des stations service et des commerces . Dans la maison d'en face , tel un échassier, un unijambiste pose question à Ronce Rose. Dans un sureau quatre mésanges chantent leur vie. Sur le trottoir passe Scorbella la sorcière.
Voilà l'univers dans lequel nous entraîne Eric Chevillard.
Il faut se laisser emporter par le texte , les personnages et surtout par le regard sur le monde de cette petite fille. ce n'est jamais enfantin . Bien au contraire.
Le monde est poétiquement au niveau des yeux de Ronce Rose. Les tournures de phrases , les jeux de mots accentuent cette impression.
tout cela semble irréel, mais c'est le regard d'un enfant entouré d'adulte.
Comme il est dit dans de nombreux articles sur ce livre, Eric Chevillard a voulu parler de la relation au père , de l'absence de la mère et du chemin de vie d'un enfant.
La fin étonnante du livre me donne une autre lecture de ce roman. Quelque soit l'idée que l'on se fait de ce roman Ronce Rose , il s'agit d'un magnifique moment de lâcher prise.

Lien : https://auventdesmots.wordpr..
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Noiramteram
  06 octobre 2017
Bon déjà le titre et la quatrième de couverture sont de vrais bonheurs :
Si Ronce-Rose prend soin de cadenasser son carnet secret, ce n'est évidemment pas pour étaler au dos tout ce qu'il contient. D'après ce que nous croyons savoir, elle y raconte sa vie heureuse avec Mâchefer jusqu'au jour où, suite à des circonstances impliquant un voisin unijambiste, une sorcière, quatre mésanges et un poisson d'or, ce récit devient le journal d'une quête éperdue.
Pour moi c'est une découverte, et toute récente je l'avoue. Voilà un écrivain qui me plait car il joue avec les mots et sans cesse avec le lecteur, il déplace tout, chamboule les codes et les figures de style, c'est un pur enchantement.
On traverse le livre en suivant des flèches où pointent les codes du roman, du conte, du polar, brassés avec insolence par une narratrice qui reste bien mystérieuse et protégée par son… éditeur. Où est passé Eric Chevillard ? Sont-ce ses filles qui parlent ? Où se passe l'enfance ? Où va t'elle ? Et avec qui ? Et l'écriture dans tout ça ? Comment avance t'elle ? Ronce-Rose questionne un peu tout ça à la fois. Elle nous emmène avec elle au présent, au délicieux présent qui ne calcule rien même si pour ne pas se perdre totalement elle finit par prendre la carte des contes… russes en l'occurrence. Ronce-Rose est partie à la recherche de Machefer et Bruce ses compagnons, elle va raisonner, flécher et pénétrer le monde à sa manière, avec un regard et un langage pratique, concret et tellement juste qu'il nous donne envie de nous lever de notre âge adulte pour aller la suivre chez les russes malgré l'inutilité de leur samovar. Phrase courte, analogies savoureuses, l'importance de "ce qu'il y a après le comme…", digressions, narration de chair ou chair de narration, on se perd et on se retrouve dans ce non roman « désinitiatique ». On en sort bien essoré par la fin, et conscient qu'on vient de découvrir une perle rare et un écrivain qu'on a hâte de suivre.
Coup de coeur!

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critiques presse (1)
Actualitte   14 juin 2017
Nous avons cru, le temps de quelques heures, que nous ne rentrerions jamais chez nous. Quelle élégance !
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   14 mars 2017
Et donc, je vais raconter un peu comment ça se passe. D’abord, je me réveille. Avant, bien sûr, je m’étais couchée mais je préfère raconter ça à la fin, sinon à force de remonter en arrière dans le temps je tomberai en pleine paléontologie. On les rencontre parfois, ces hommes préhistoriques, ils sont accroupis entre des ficelles tendues, ils creusent dans la boue. Nos mœurs ont bien changé. Je me réveille et Mâchefer me demande de quoi j’ai rêvé. Il veut savoir si j’ai rêvé de lui, en fait, mais comme je ne m’en souviens jamais j’invente. Les rêves aussi sont inventés, alors ça paraît vrai. J’aime bien mettre un crocodile pour que ça paraisse même terriblement
vrai et ça fait plaisir à Mâchefer parce qu’il me sauve la vie à chaque fois. Je le roule dans la farine du moulin à paroles. En fait, j’en donne quand même un peu.
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Alice_Alice_   25 février 2017
Et d'ailleurs, si je ne pouvais plus écrire "comme", je n'ai aucune idée de ce que j'écrirais. Parce que, moi, quand j'écris dans mon carnet, ce qui me plaît surtout, c'est ce qui vient après les "comme". Ce qu'il y a avant les "comme", ce sont toujours des choses que je savais déjà. Je n'ai même pas besoin d'écrire. Il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder, ou de les fermer et de se souvenir. Ce qui arrive après les "comme", par contre, quelle surprise à chaque fois, je ne m'attendais vraiment pas à trouver ça ici et je suis heureuse parce qu'en même temps, rien ne pouvait mieux tomber, rien n'aurait pu me faire plus plaisir. J'ai l'impression de vivre avant les "comme", mais de passer de l'autre côté quand j'écris dans mon carnet. Je ne suis pas sûre d'avoir le droit.
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Alice_Alice_   25 février 2017
C'est beau, moi je trouve ça beau, les choses qu'on voit, ce qu'il y a partout, c'est beau. Certaines de ces choses font plutôt rire, ça ne les empêche pas d'être belles aussi. Leur forme surtout, j'aime surtout la forme des choses, vous avez remarqué les formes qu'elles prennent ! Je ne pense pas seulement aux nuages. Vous avez déjà regardé une chaise ?
Mais les couleurs me plaisent aussi. Elles siéent aux choses de manière incroyable. Toujours la nuance qu'il fallait justement et parfois en plus la lumière vient se poser dessus. Je ne dis pas cela pour me vanter parce que je porte un nom de couleur. Ainsi parlerait l'orange, mais je ne suis pas un fruit. Ni une fleur, quoique mon nom soit aussi un nom de fleur. Ni Violette, ni Fuchsia, je m'appelle Rose. Mais Mâchefer par plaisanterie quelquefois, quand je l'escalade, m'appelle Ronce et c'est du coup le nom de ce buisson épineux et fleuri qui me va le mieux et que j'ai gardé, Ronce-Rose.
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Alice_Alice_   19 février 2017
La pluie du printemps, on sent qu'elle nous veut du bien. Elle commence par nous laver les cheveux. Après, elle forme des flaques dans lesquelles les enfants des autres aiment mettre les pieds tandis que je préfère y mettre mon visage avec du ciel autour. On dirait à la fois que je vole très haut et que je nage sous la terre, comme les, comme les, en fait toute seule. Peut-être que les grandes hauteurs et les grandes profondeurs se touchent au bout tant le globe est rond. C'est une découverte qui remonte au passé et qui fut très importante pour l'époque, même si elle est de peu d'utilité aujourd'hui.
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blanchenoirblanchenoir   02 février 2018
Et d'ailleurs, si je ne pouvais plus écrire "comme", je n'ai aucune idée de ce que j'écrirais. Parce que, moi, quand j'écris dans mon carnet, ce qui me plaît surtout, c'est ce qui vient après les "comme". Ce qu'il y a avant les "comme", ce sont toujours des choses que je savais déjà. Je n'ai même pas besoin d'écrire. Il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder, ou de les fermer et de se souvenir. Ce qui arrive après les "comme", par contre, quelle surprise à chaque fois, je ne m'attendais vraiment pas à trouver ça ici et je suis heureuse parce qu'en même temps, rien ne pouvait mieux tomber, rien n'aurait pu me faire plus plaisir. J'ai l'impression de vivre avant les "comme", mais de passer de l'autre côté quand j'écris dans mon carnet. Je ne suis pas sûre d'avoir le droit.
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