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EAN : 9782919547586
Editions Rue Fromentin (11/10/2018)
4.13/5   15 notes
Résumé :
Un matin, tu découvriras que la machine à café du bureau est cassée. Cela sera le premier des signes. A partir de cet incident, le monde (travail, couple, confort, consommation...) s'effritera, s'effondrera puis, tout simplement, disparaîtra. Tu devras alors quitter la ville moribonde et tout réapprendre, à commencer par la confiance que tu ressens ou inspire.

Décroître... ou crever ?

Un matin, un homme découvre que la machine à café d... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  27 août 2020
"Tu crèveras comme les autres" est un roman d'anticipation dont le narrateur interpelle le héros à la deuxième personne, et au futur de l'indicatif, pour lui prédire, au long des pages, son avenir inéluctable. Ce héros est un jeune homme contemporain d'une trentaine d'années dont l'univers, notre univers technologique, s'effondre totalement, comme dans Ravage de Barjavel. Et comme dans Ravage, le voilà contraint de fuir les villes devenues des pièges, et de "retourner à la terre", au travail des champs, afin de survivre. Mais Barjavel, quand il publia son roman en 1942, reprenait de manière assez optimiste l'idéal pétainiste de retour à la vie paysanne. Il faisait la morale aux citadins décadents, non aux paysans, par définition sains et purs, et le travail de la terre était le bien souverain. Rien de tel ici : le narrateur, impitoyablement, accuse son héros et son lecteur d'appartenir à une espèce humaine prédatrice et dont la vie parasitaire assassine la planète. Comme il est de tradition dans les récits post-apocalyptiques, la disparition de l'état provoque la guerre de tous contre tous, et la victoire des forts sur les faibles, comme dans Walking Dead. Victoire précaire, puisque les forts trouvent toujours plus forts qu'eux, jusqu'à ce que l'épuisement planétaire mette tout le monde d'accord. Bien sûr, on pense à l'autre roman français de la survie, Malevil de Robert Merle, mais Denis Cheynet exclut toute rédemption et toute sortie du drame : la guerre de tous contre tous est une boucherie sans but et rien ne trouve grâce dans ce roman, rien ne survit.
Quand l'épidémie du printemps 2020 a éclaté en Europe, il s'est trouvé un groupe d'écologistes anglais pour s'en réjouir et espérer que l'humanité disparaisse enfin, afin que la planète Terre ressuscite. Ce roman de Denis Cheynet me fait un peu penser à eux : si la protestation écologiste frappe juste quand elle vise l'absurdité de notre société de consommation, elle a des accents délirants et apocalyptiques quand elle condamne à mort la race humaine et appelle sa disparition. Cela se nomme millénarisme, folie chronique qui saisit les peuples à certains moments de leur histoire. Ce roman lui fait écho, mais dans un style implacable et sans excès de rhétorique : certaines pages font penser à Houellebecq, mais un Houellebecq conformiste qui se serait converti à l'idéologie dominante de notre temps, l'écologie pénitentielle.
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Evilmarmotte
  18 juin 2020
L'effondrement de la civilisation, décrit sans pincettes ni pudeur. C'est d'une noirceur abyssale, et le titre annonce la couleur. Pour les amateurs de récits apocalyptiques jusqu'au-boutistes.
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critiques presse (1)
Lexpress   26 novembre 2018
Tu crèveras comme les autres n'a pas du tout la lourdeur du "roman à thèse", même si son auteur milite en faveur de la décroissance depuis de longues années. Et, une fois le livre refermé, encore un peu sonné, voulant se désaltérer, on en serait presque surpris de se rendre compte que l'eau coule encore de notre robinet...
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   27 août 2020
De toute ta vie, tu n'auras jamais commis le moindre crime, tu n'auras jamais frappé personne ni volé autrui. Ton honnêteté aura été si exemplaire que, chaque fois qu'un commerçant se sera trompé en te rendant la monnaie, tu lui auras fait remarquer son erreur et lui auras rendu la somme correspondante. Tu auras toujours payé tes impôts ... Bref, ta vie de l'avant, bien que minable, aura été exempte de tout reproche et rien ne pourra justifier que tu sois tombé si bas.
Mais cela serait oublier que tous les crimes que tu n'auras pas commis à titre individuel, d'autres les auront commis pour toi afin de satisfaire ton petit confort égoïste. Tapis dans l'ombre, les services secrets auront tué pour servir les intérêts supérieurs de ton Etat, donc tes propres intérêts. Des multinationales, au nom desquelles tu possèdes un portefeuille d'actions confortable, auront corrompu des hommes d'Etat et soutenu des dictatures afin d'obtenir de l'uranium bon marché pour leurs centrales nucléaires. Des industries auront tourné à plein régime tout en polluant l'atmosphère et en produisant des tonnes de déchets pour produire tous ces objets que tu auras crus indispensables pour vivre.
Tu n'auras rien fait contre cela et c'est en cela que tu seras le plus coupable. En préférant fermer les yeux sur les conséquences de tes actes, tu auras été plus condamnable que le plus abject des criminels et tous ses complices réunis puisque eux au moins auront eu le courage d'assumer leurs choix...
p. 200
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   27 août 2020
Prendre des pilules pour maigrir alors que l'on mange trop, prendre des pilules pour avoir des érections, puis d'autres pour que ces érections ne fécondent pas les ovules de sa partenaire, prendre des pilules pour dormir et d'autres pour rester éveillé, tout cela n'a pas de sens et n'aura pas pu être réel. Consommer plus qu'il n'en faut pendant qu'un milliard d'humains crèvent de faim, brûler du pétrole pour faire tourner des automobiles à trois cents kilomètres à l'heure sur une piste en asphalte pendant que d'autres n'ont même pas de latrines pour faire leurs besoins, tout cela n'aura pas pu décemment exister.
p. 130
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   15 décembre 2018
Tu seras condamné à courir toujours et de plus en plus vite. Il te sera interdit de t'arrêter. Plus encore, il te sera interdit de cesser d'accélerer. (p. 16)
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Sbelma96Sbelma96   21 octobre 2018
Sans même t’en rendre compte, tu quitteras peu à peu le monde du travail et tu appuieras nonchalamment sur le bouton de ta souris pour surfer sur l’internet à la recherche de la destination de tes prochaines vacances. Sur les écrans autour de toi, des journaux sportifs, des recettes de cuisines, du matériel électronique, des photos des pyramides remplaceront peu à peu les tableaux d’analyse concurrentielle.
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