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EAN : 9791037714138
168 pages
Le Lys Bleu Editions (23/09/2020)
4.5/5   4 notes
Résumé :


Sophie Chrizen est l’anagramme de schizophrénie. Qui soigne le mieux la maladie, est-ce réellement le psychiatre ? L’auteure se met en scène mais dresse également un portrait lucide et critique de la prise en charge des malades, évoquant ses vingt années de maladie, mais également son brillant parcours d’étudiante. À la fois roman et autofiction, Un étrange univers embarque le lecteur de manière très romanesque dans un environnement mal connu et pris... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
kielosa
  26 janvier 2021

Remarques préliminaires :
Ce livre, publié en septembre 2020, est une reprise de l'ouvrage de juin 2018 intitulé "L'étrange univers du schizophrène" qui a reçu 11 critiques favorables et 8 citations sur Babelio. Outre le titre, ce sont seulement l'éditeur et la couverture qui ont été changés. Signalons que le premier éditeur a fait faillite mettant l'auteure dans une situation pénible.
Je me permets d'attirer votre attention sur l'excellent billet de notre amie Cathy, Jmlyr sur Babelio, du 8 février 2019.
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En 1997, Sophie qui a 20 ans est amené par ses parents chez une psychiatre en consultation pour des plaintes qui forment "un cocktail de paranoïa, d'angoisses et d'hallucinations auditives". La jeune fille elle-même n'est guère enthousiaste par cette initiative et lorsque la psychothérapeute ouvre la conversation par un qu'est-ce qui vous amène ici, Sophie ? La réponse "en un éclair" sonne : "Mes parents".
Cette première consultation se termine par la prescription du neuroleptique Jespèridone et la demande d'une affection longue durée à la sécurité sociale, car apparemment ces symptômes délirants indiqueraient une schizophrénie.
Mais qui est cette Sophie Chrizen, dont le nom est l'anagramme de "schizophrénie" et qui a adhéré à Babelio sous l'avatar de SophieChrizen en 1 mot, en 2017 ?
Notre amie, originaire de Cannes, est titulaire d'une licence de biochimie, et est ingénieure Prévention Sécurité Environnement, spécialisée dans le domaine de la santé et la sécurité au travail (diplôme d'État ESAIP Angers). Elle est aussi psychopraticienne experte dans le développement de la pensée positive et de la réduction de stress par entre autres la méditation, le yoga, la lecture et l'écriture thérapeutiques. (Source : psychologue.net).
Le dialogue qui s'instaure entre notre Sophie et sa psychiatre imaginaire est à la fois original et instructif. Nous apprenons beaucoup en 166 pages sur les maladies mentales, différentes thérapies et les psychothérapeutes, sans oublier l'aspect médication.
Il ne faut pas des connaissances préalables ou approfondies pour apprécier pleinement les efforts de Sophie Chrizen visant une conception plus équilibrée, sereine et humaine d'un secteur qui fait peur aux non-initiés et sur lequel hélas les histoires fantaisistes et farfelues sont légion.
Il suffit d'une saine curiosité pour laisser Sophie s'expliquer clairement dans cet "étrange univers".
En plus, l'auteure ne mâche pas ses mots. À un certain moment (à la page 23) à propos des frais de psychothérapie, elle note : "Un nouveau schizo pris en charge, c'est dix ans de vacances au soleil !"
Elle se moque également des "séminaires" organisés par des sociétés pharmaceutiques pour des psys à des endroits exclusifs comme l'île Saint-Barthélemy dans les Antilles françaises, dans un hôtel 5 étoiles pour une semaine avec tout le confort et luxe imaginables.
Il est vrai que le prix de certains médicaments dans le domaine des psychotropes est plutôt ou même parfois carrément exorbitant.
Dans un bref message du 9 janvier dernier, Sophie Chrizen mentionna la publication d'une suite au présent ouvrage. J'espère sincèrement pour nous tous qu'elle trouve le temps d'achever cette oeuvre très prochainement.
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collectifpolar
  07 novembre 2021
Tout commence dans le cabinet d'une psychiatre où Sophie entre suivie de ses parents. Au collège et au lycée, elle fût une très bonne élève, personne ne se rendait compte de rien mais il y avait déjà des prémices de la maladie. Elle connut tôt le mélange d'herbe et d'alcool. Elle décrit des parents démunis devant les problèmes de leur adolescente. Elle perd parfois le sens de la réalité. Elle prend peur devant les catastrophes du monde annoncées au journal. Elle imagine le présentateur s'adressait à elle entre deux drames. Il l'accuse. Elle se sent responsable de ce qui se passe dans le monde.
L'auteur se met à la place du soignant mais raconte également son histoire par l'intermédiaire du soigné. Elle nous décrit un tableau très amer du monde des psychiatres, où tel ou tel labo promet à coup de pub marketing et de cadeaux que son traitement est mieux que celui du voisin. Elle soulève le problème des rendez-vous donnés à des personnes qui ne sont pas malades.
Sous traitement et malgré une grande fatigue, Sophie a conscience par moment que quelque chose ne va pas. Elle n'a goût à rien, le bruit et l'agitation l'angoissent. Elle se sent pénétrée par d'autres. Elle se pose des questions sur sa santé mentale. Elle va en cours si elle arrive à se lever et n'a pas d'amis.
Lors des toutes premières visites chez sa psy, Sophie émet l'idée d'arrêter son traitement pour des solutions plus saines comme la sophrologie ou des tisanes. C'est une attitude classique de déni chez les schizophrènes. Les médicaments seraient des barrières chimiques qui arrangent tout le monde sauf le patient.
Le protocole des psy exige qu'ils n'écoutent que d'une oreille et qu'ils bloquent tout sentiment d'empathie au risque de tomber malade eux aussi. Ils doivent être hermétiques aux maux et aux mots. Bien après des séances, Sophie est décidée à être une bonne patiente et à tout faire pour s'en sortir. Mais quand elle parle d'un sujet qui ne plait pas à sa psy, cette dernière lui répond qu'elle ne va pas bien et elle change son traitement tout simplement. Plus le temps passe, plus Sophie ne comprend pas le bien-fondé et ces séances l'énervent. Plus j'avance dans ma lecture, plus je suis comme Sophie, je ne comprends pas le sens, du moins je ne vois pas le positif. L'auteur nous explique qu'elle a du mal à comprendre le rôle de la psy qui n'est pas vraiment défini. Elle a l'impression de faire tout le travail et que la docteure n'est là que pour prendre l'argent à la fin et qu'elle n'a rien fait, à part une prescription médicale.
Un passage que j'ai trouvé tout particulièrement ironique mais dont je n'ai pas vraiment été surprise c'est lorsque Sophie a une absence de règles, la gynécologue lui dit « arrêtez les cachets… »
Je ne savais pas que quelqu'un atteint de schizophrénie pouvait continuer et réussir des études ; c'est ce que Sophie fait ou du moins essaye malgré de grosses difficultés à suivre les cours et un traitement de plus en plus fort, comme quoi il est sans doute adapté.
L'auteure se sent comme une coquille vide, ne plus pouvoir être soi-même, que les médocs l'en empêchent. Je me doutais que les patients atteint de schizo se sentaient mal mais pas autant qu'elle le décrit. Elle parle de souffrance, ce qui est un mot très fort. Elle nous dit que tout leur pèse, les autres comme la solitude.
Elle nous donne également la vision d'une psychiatre frustrée qui se rend compte qu'elle n'écoute plus pendant la séance, sa vocation la quitte car elle ne voit pas d'amélioration chez ses patients. Elle se met à se prescrire son propre traitement et à l'accompagner parfois d'alcool. On oscille entre les deux, qui est réellement celle qui va mal ? La psy ? La patiente ? Où est la réalité ? Où est la maladie ? La folie ? Où et comment s'arrête la normalité ?
Et puis un jour, les parents de Sophie demandent son internement. Elle a conscience que sa mère veut l'aider, qu'elle sent sa haine et sa souffrance. Je ne peux qu'imaginer la détresse et le désarroi de la famille sans oublier que cette détresse est encore bien plus grande chez la personne malade. Sophie est dans un état second, perdue, elle entend des voix, ne fait pas de différence de suite sur ce qu'elle entend et les personnes qui lui parlent réellement, comme ses parents par exemple.
Je trouve cela dommage que sous prétexte que le patient soit majeur, la famille soit plus ou moins tenu à l'écart du parcours de soin. Sophie vit, voit, entend, croit avoir fait des choses qui sont pourtant irréelles. Elle nous explique qu'elle a l'impression de capter des ondes, comme une antenne radio ; comme si il n'y avait plus de frontières entre son imaginaire et la réalité. Je me demande comment l'auteur a fait pour comprendre tout cela. Je connais une personne qui souffre de schizophrénie et elle n'est absolument pas dans cet état d'esprit, beaucoup moins lucide, moins consciente de ses réels problèmes. Cela dépend-t-il de qui on est au départ, de la personnalité de chacun et de la force de caractère que nous possédons ? Ce qui l'aida aussi beaucoup c'est sa motivation. Toutes les personnes atteintes de schizophrénie ne réagissent pas pareil. D'autres baissent les bras. Sophie réussit même à se trouver un travail quelques temps.
Avec les années, un lien semble tout de même se tisser avec la psy.
Alors qu'elle reprend et poursuit ses études, elle pense qu'elle saura gérer, elle décide de se débarrasser de sa camisole chimique et part en vacances avec des amis aux sports d'hiver. le récit de l'auteur en est terrible.
Il existe très rarement des cas de rémission, une des conditions essentielles est d'être au sein d'une famille équilibrée. Heureusement pour l'auteure, sa famille est proche, essaye de comprendre, de déceler les signes pour prévoir et agir sur les crises. Malheureusement, les amis de ses parents prennent du recul peu à peu. L'humain dans toute sa splendeur…
Ce n'était pas toujours évident de suivre ce livre car l'auteure passe d'elle-même à la psy ou du passé au présent. C'est une lecture à faire au calme, posée car elle nous amène à la réflexion. C'est une lecture complexe, sans doute comme le cerveau de Sophie par moment. Je savais que ce que j'allais lire risquer d'être lourd dans le sens vais-je comprendre ? Vais-je savoir retranscrire ce que l'auteur écrit ? Sophie est très courageuse de se livrer ainsi et j'invite ceux qui ont un proche souffrant de cette maladie à lire ce livre afin d'avoir un autre regard. Il me semble que le monde de la psychanalyse est un monde fermé, obtus et étriqué. Qu'il faille à tout prix que les malades rentrent dans des cases bien définies.
Je suis admirative de ce combat difficile que Sophie mène contre elle-même et face au monde entier.
Lien : https://collectifpolar.com/
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Humanity
  21 novembre 2021
Le roman de Sophie Chrizen nous plonge dans un monde à la fois saisissant, imprévisible, bizarrement drôle parfois, effrayant, sincère et plein d'espoir.
Peu de personnes vivant avec une singularité psychique ont écrit avec autant d'acuité le monde de la psychiatrie dans lequel elles se sont retrouvées prisonnières. Pour les lecteurs qui ne seraient pas familiers du monde de la psychiatrie, la violence de l'internement pourra paraître quelque peu surprenante.
L'autrice a fait le choix judicieux de narrer l'histoire selon deux points de vue : Sophie la torturée égarée dans sa folie face à sa jeune psychiatre diplômée depuis peu, se moquant de sa confrérie et faisant preuve d'auto-dérision livrant une critique acerbe de cet univers.
Sophie en proie à ses délires terrifiants plonge en enfer.
« C'était plutôt très prétentieux de se croire à l'origine de tout, ou alors courageux, voire téméraire. Peut-être fou ou tout simplement absurde. Mais elle en était sûre, tous ces événements avaient un lien de cause à effet direct avec son propre comportement, ou ses idées. Elle vivait les viscères à l'envers dans l'effroi même de penser ou d'agir, au risque de pouvoir engendrer de nouveaux désastres. Ses sorties les plus anodines étaient devenues terrifiantes. Elle pouvait lire dans les pensées des gens. Ce qui était le plus difficile, c'était qu'elle ne percevait que les pensées négatives, les zones les plus sombres de ses congénères. »
La psychiatre ne se fait aucune illusion sur les perspectives qui attendent Sophie.
« La maladie elle-même était un mystère. Ce que je savais déjà, c'était que la dégradation venait de toute façon avec le temps. À l'origine, nous la nommions pudiquement « délires psychotiques » mais nous savions qu'elle dériverait vers une schizophrénie accompagnée de dépression, de paranoïa, d'angoisses, d'idées suicidaires… »
L'autrice apporte un regard sans concessions sur la psychiatrie qui surdose les patients par crainte de dérapages, qui les anesthésient grâce à une camisole chimique, des neuroleptiques surpuissants qui affaiblissent le système nerveux, afin de garantir le gommage des symptômes et de rassurer la société. Les psychiatres travaillent avec la peur au ventre lorsqu'ils « essaient » tel ou tel médicament ne sachant pas à l'avance comment va réagir l'organisme. Par peur de la possible violence du patient, la société interdit au psychiatre de prendre le risque de sous-doser les patients. Et eux s'interdisent toute compassion bienveillante lui préférant une herméticité protectrice vis-à-vis des maux de leurs patients.
L'autrice tout au long du récit s'emploie à décrire la profonde divergence entre le but que s'est fixé la psychiatre de corriger des comportements inappropriés, de supprimer les ressentis, sans distinction, positifs, négatifs évitant ainsi l'aggravation de la psychose, de lisser le caractère, d'aider Sophie à ne pas exprimer systématiquement tout ce qu'elle pensait, de lui apprendre à suivre les règles sociales, de se tenir à l'écart et à l'inverse le souhait de Sophie de s'affranchir de la tutelle de la psychiatrie.
A l'âge de vingt ans, Sophie avait l'impression d'en avoir quatre-vingt-dix ! Incapable de communiquer avec le commun des mortels, sans espoir, la dépression et la solitude s'installent.
L'autrice décrit un univers où après leur hospitalisation, les patients très affaiblis, amorphes, mis au ban de la société, se retrouvent en consultation chez leur psychiatre libéral qui, ironiquement, doit réparer les dégâts causés par les psychiatres eux-mêmes.
La psychiatre de Sophie essaie alors d'élargir le champ des solutions thérapeutiques : « Je me lançais dans l'étude théorique de la bibliothérapie, l'art thérapie, la médecine chinoise, les remèdes de grand-mère, la philosophie, la psychologie, la spiritualité, la pensée positive, le développement personnel, la méditation pleine conscience, l'hypnose, la transe chamanique, la neuroplasticité, l'Ayahuasca, la cocaïne, l'alcool. Autant de disciplines qui devaient me permettre de comprendre mieux le cerveau et son fonctionnement. »
Grâce à une famille bienveillante emplie d'amour malgré les maladresses et le manque d'informations de la part des soignants, Sophie s'obstine et se bat pour s'extirper de l'enfer de l'univers psychiatrique, des violents protocoles thérapeutiques et essaie tant bien que mal de tenir à distance ces voix qui bataillent dans sa tête.
Ses études universitaires s'en trouvent fortement perturbées Sophie ne suivant que quelques cours magistraux, son énergie étant employée essentiellement à l'apaisement de ses démons.
« J'essayais de ne plus subir mon handicap mais de le transcender pour en faire une force. Je pensais que les choses n'arrivaient pas par hasard et j'étais résolue à leur trouver un sens, un dessein, et à guérir. L'injustice régnait partout dans notre modèle, et en matière de santé mentale la lutte des classes était cruelle, les probabilités de survie étant décuplées pour les familles dites équilibrées. J'avais scientifiquement d'autant plus de chance de rémission ou au moins d'adaptation que la mienne était stable, aisée et cultivée.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
collectifpolarcollectifpolar   07 novembre 2021
Je lui tendis l’ordonnance et me levai pour signifier la fin de notre entretien, les raccompagnant bras ouvert vers la porte de sortie.
Je le savais, il y avait de bonnes chances que ses symptômes délirants dérivent en schizophrénie. De leur persistance et de leur chronicité dépendrait l’établissement du pronostic. Les bases du syndrome étaient là : hallucinations, délires. Le choc qu’engendrait l’annonce de la prise en charge psychiatrique et la puissance destructrice des pilules auraient vraisemblablement raison de la force de guérison de Sophie. D’elle ou de sa maladie, je ne misai pas sur elle. Je ne dis rien de mes points de vue pessimistes. J’avais déjà mentionné que ses comprimés seraient à prendre à long terme, probablement à vie, et qu’il serait dangereux de les interrompre ou de les supprimer.
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SophieChrizenSophieChrizen   12 octobre 2020
" De toute façon, je ne comprenais pas pourquoi j'étais suivie par cette psychiatre. Rien que le terme " être suivie" me faisait peur. C'est flippant d'être suivie ! J'étais suivie et pourtant, dans mon rétroviseur, jamais je ne l'avais remarqué. C'était un suivi des plus discrets. Parfois, j'y croyais : un véhicule derrière moi, un passant qui empruntait la même route, me faisaient croire, que oui, j'étais suivie. Je me perdais pour essayer de les semer, et constatais au final qu'ils n'étaient pas après moi. "
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HumanityHumanity   19 novembre 2021
C’était plutôt très prétentieux de se croire à l’origine de tout, ou alors courageux, voire téméraire. Peut-être fou ou tout simplement absurde. Mais elle en était sûre, tous ces événements avaient un lien de cause à effet direct avec son propre comportement, ou ses idées. Elle vivait les viscères à l’envers dans l’effroi même de penser ou d’agir, au risque de pouvoir engendrer de nouveaux désastres. Ses sorties les plus anodines étaient devenues terrifiantes. Elle pouvait lire dans les pensées des gens. Ce qui était le plus difficile, c’était qu’elle ne percevait que les pensées négatives, les zones les plus sombres de ses congénères. Dans son monde nouveau, son corps ne
la protégeait plus, comme s’il s’était métamorphosé en pâte de verre. Elle devenait un homme de cristal transparent et fragile. Ainsi, elle était à la merci des regards impudiques et voyeurs qui prenaient plaisir à pénétrer au plus profond d’elle-même. C’était déconcertant et désagréable d’avoir le sentiment de ne plus
connaître d’intimité. Transpercée par leurs regards, violée par leur lubricité, salie par leur jugement silencieux qu’elle pouvait entendre. Brûlée par leur curiosité, souillée par leur jalousie, abîmée par leur colère. Traversée de toutes parts comme si sa peau ne filtrait plus. Elle ne pouvait plus rien cacher. Son monde était devenu sombre, catastrophiste, mauvais ; un véritable enfer dans lequel il lui était impossible de vivre.
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SophieChrizenSophieChrizen   12 octobre 2020
Les fous avaient la faculté de voir juste, ils débusquaient l'injustice partout ou elle se cachait, les aberrations de notre société leur paraissaient parfois tellement gigantesques qu'ils avaient du mal à comprendre comment les "normaux" s'y conformaient sans aucune sorte de rébellion.
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HumanityHumanity   19 novembre 2021
C’était le lieu de tous les possibles, de tous les « pourquoi pas ? » Un lieu hautement philosophique comme il n’en existe plus aujourd’hui. Un lieu où les prophéties grecques, les pythies, les chamanes messagers, la médiumnité faisaient encore partie du sens commun. Autant de disciplines bannies de nos sociétés occidentales, marginalisées, dénigrées, au profit de la science surpuissante et qui se manifestaient pourtant en eux comme une évidence. C’était ça la folie : rouvrir des dossiers que la civilisation mercantile avait volontairement mis de côté ? Être en décalage avec son temps ? Paradoxalement, c’était une enclave nécessaire à la bonne santé du reste de la population. Une entité à part, retranchée mais bien réelle.
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