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ISBN : 2070295826
Éditeur : Gallimard (23/10/1976)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 120 notes)
Résumé :
"C'est, en principe, une histoire de la folie qu'on enferme, du Moyen Âge au XIXe siècle ; c'est, plus profondément, à travers l'étude de cette structure qu'est l'internement, une tentative pour établir un dialogue entre folie et déraison ; c'est enfin une esquisse de ce que pourrait être "une histoire des limites - de ces gestes obscurs, nécessairement oubliés dès qu'accomplis, par lesquels une culture rejette quelque chose qui sera pour elle l'Extérieur." Maurice ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
celdadou
  14 juillet 2015
Je suis infirmière en milieu carcéral et en psychiatrie et il me semble inévitable de remettre des bonnes passes de psychiatrie pour comprendre les être humains.Je suis consciente que lorsqu'on dit psychiatre ....;on nous prend pour des fous alors que tout un chacun dans sa vie aurait besoin d'un psychiatre ...La vie n'est simple pour personne et on peut a toute moment faire un épisode dépressif si nous prenons de névrosés lambda comme nous.
La publication de Histoire de la folie, la thèse de doctorat de Michel Foucault, constitua un véritable événement intellectuel, et rares ont été les livres de philosophie à avoir fait couler autant d'encre. Ce que cherche à montrer Foucault, c'est qu'il n'y a pas une seule réaction possible à la folie et que le regard que l'on porte sur elle dépend de la culture dans laquelle elle s'inscrit. le fou n'a pas toujours été considéré comme un « malade mental ».
Foucault esquisse donc les grandes étapes du rapport de la raison à la folie à partir de la fin du Moyen Age jusqu'à la naissance de l'asile au xixe siècle en s'appuyant sur des matériaux divers .
La création de l'Hôpital général à Paris en 1656 est un événement historique capital qui marque l'ère du « grand renfermement ». Désormais, le fou est interné aux côtés des oisifs, des délinquants et des marginaux dans des centres qui visent à isoler et à faire travailler ceux qui pèsent comme une charge pour la société.
L'autre événement clé de cette histoire de la folie est alors la libération des enchaînés de l'hôpital Bicêtre en 1793 par Philippe Pinel.
Le fou n'est plus guère avec les délinquants : il va se trouver enfermé mais seul.
Particulièrement critique à l'égard de la psychiatrie, Foucault lui reproche de n'être qu'un monologue de la raison sur la folie
Foucault qui obligea toute une génération à réévaluer la psychiatrie et à entendre à nouveau la voix des fous, bien assourdie dans notre société.
De nos jours les hôpitaux psy sont vidés ..les patients sont dehors et comme ils sont perdus ou en rupture de soins et bien ils se retrouvent en prison ....si un schizophrène dangereux est traité ..tout se passe bien , sans traitement il peut tuer et fait la une du journal ....c'est une honte mais une journée de prison ne coute rien tandis qu'un journée d'hospitalisation psy ce n'est pas donné.
Pour lire ce livre il faut des notion de psy.
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Chri
  06 octobre 2017
Michel Foucault nous embarque avec la Nef des Fous, la peinture de Jérôme Bosch (vers 1500), pour un long voyage au bout duquel on pourrait aussi bien tomber sur la scène du célèbre film "Vol au-dessus d'un nid de coucou" où le personnage interprété par Jack Nicholson, interné à l'asile, organise une virée rocambolesque avec les autres internés.
Cette histoire est une boucle autour de la liberté insaisissable des fous, à travers l'ordre social et moral encore à oeuvre à la « libération » des fous par Pinel à Bicêtre et à La Salpêtrière (et par Tuke en Angleterre).
La pensée médicale n'est que secondaire dans cette histoire alors même que ces évènements de la fin du XVIIIème sont considérés comme l'origine de la psychiatrie. Et même en prolongeant jusqu'à Freud, Michel Foucault veut montrer que « si le personnage médical peut cerner la folie, ce n'est pas qu'il la connaisse, c'est qu'il la maîtrise ».
La philanthropie est également secondaire. La solidarité humaine, primaire à toute société, est canalisée par la conscience bourgeoise dans une assistance publique minimale (idée promue notamment par un certain Dupont de Nemours). Il n'y a que des morales closes à l'oeuvre. Celle des Quakers, dans le projet de Tuke, est dépeinte comme une abomination. Les résultats qui tiennent du «quasi-miracle » paraissent évidemment douteux : la « guérison spontanée de la folie n'est peut-être que sa secrète insertion dans une artificieuse réalité ».
Mais le pouvoir du « positivisme » des « légendes de Pinel et de Tuke » se comprend peut-être mieux quand on songe aux terribles conditions d'enfermement au XVIIème siècle, le siècle du « rationalisme » de Descartes, qui marque une « coupure essentielle entre raison et déraison, dont l'internement n'est que l'expression institutionnelle ». C'est qu'à cette époque on enferme pêle-mêle les fous, les libertins, les indigents, les chômeurs, les homosexuels, etc… « Cette société qui devait un jour désigner ces fous comme des "aliénés", c'est en elle d'abord que la déraison s'est aliénée »
Il faudra du temps pour que ce domaine de la « déraison » se vide et laisse la folie toute seule, « objectivée », mais pour autant « l'asile des fous de Tuke et Pinel n'est qu'un rééquilibrage des formes de conscience de l'âge classique ». C'est pourquoi Foucault va observer précisément tout le long de ce livre, les opérations de ces différentes formes de conscience : critique, pratique, énonciative et analytique. Les problèmes soumis à la conscience sont toujours les mêmes : la peur, de devenir fou ou d'être assailli par les fous, la responsabilité, notamment dans les affaires criminelles, l'assistance et le traitement médical.
L'analyse est abondamment nourrie de témoignages d'époque et d'extraits d'oeuvres littéraires. Ce sont autant d'invitations à explorer plus loin : l'Eloge de la folie (Erasme au XVIème siècle), Don Quichotte (Cervantes, XVIIème), Le Neveu de Rameau (Diderot, XVIIIème), les oeuvres de Sade (XVIIIème), etc..
Antonin Artaud et Nietzsche jouent un rôle bizarre dans ce livre, leur nom est répété de nombreuses fois sans commentaire ou presque, comme un leitmotiv. Mais on devine le problème.
« Quel est donc ce pouvoir qui pétrifie ceux qui l'ont une fois regardé en face, et qui condamne à la folie tous ceux qui ont tenté l'épreuve de la déraison ? »
Je reste perplexe devant cette étrange fascination pour « la ruse et le triomphe de la folie » et devant un tel scepticisme envers le pouvoir humain de compassion et de solidarité.
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Fx1
  06 octobre 2014
Opus captivant à plusieurs titres .
En premier lieu c'est un pur régal sur le plan de la langue française et de son utilisation .
De telles phrases mises au service d'une réflexion sur ce qu'est la folie , cela ne pouvait qu'étre passionant .
Si l'on ne comprend pas tout , l'on à quand méme une réflexion trés profonde sur les liens que la socièté et la folie on , sur le rapport entre les deux , ect.
Si le tout avait était un peu plus facile d'approche le livre y aurait gagné de nombreux lecteurs , un peu rebutés par la grande complexité de l'ensemble .
Passionant mais trop ardu .
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ibn-nanard
  07 avril 2012
Michel Foucault. “Histoire de la folie à l'âge classique”. La première moitié du livre est passionnante, elle raconte l'histoire de la conception de la folie et de la pauvreté d'abord au Moyen Âge, où pauvreté et folie apparaissaient familièrement dans le paysage humain, comme venant d'un autre monde, côté tragique de la folie (Bosch, Brueghel, Dürer... il en restera toujours quelque chose avec Nietzsche, Van Gogh, et surtout Artaud); puis à la Renaissance, avec Brant, Erasme, Rabelais et la tradition humaniste, où la folie est prise dans l'univers du discours, et Montaigne peut considérer qu'on en est tous atteint et qu'elle touche à la sagesse; enfin à l'âge classique où la pensée rationnelle fait de la folie une maladie mentale qu'elle classe au même rang que la pauvreté en en faisant une affaire de police, de désordre.
La deuxième partie est plus psychanalytique, et j'ai vite laissé tomber.
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michfred
  01 février 2015
Un essai essentiel pour comprendre comment le culte de la rationalité, né au XVIIème siècle classique a définitivement mis les "fous" hors des contrevenants à la loi, à l'ordre et aux règles de vie commune, avec lesquels ils étaient jusque là confondus,- on les mettait en prison avec les criminels- pour les exclure doublement, en les mettant à l'asile. Après Descartes, les gens frappés de déraison ont été non seulement enfermés mais rejetés hors du monde de la rationalité.
Privés de leur être social et de leur humanité.
Un livre passionnant pour comprendre aussi tous les grands textes classiques
.Un Foucault lumineux et convaincant!
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
ChriChri   29 septembre 2017
Le vieux village de Gheel qui, depuis la fin du Moyen-Age, témoignait encore de la parenté, maintenant oubliée, entre l’internement des fous et l’exclusion des lépreux, reçoit aussi dans les dernières années du XVIIIe siècle une brusque réinterprétation…A Gheel, selon le tableau qu’en trace Jouy, « les quatre cinquièmes des habitants sont fous, mais fous dans toute la force du terme, et jouissent sans inconvénients de la même liberté que les autres citoyens…Des aliments sains, un air pur, tout l’appareil de la liberté, tel est le régime qu’on leur prescrit, et auquel le plus grand nombre doit, au bout de l’année, sa guérison ». Sans que rien dans les institutions ait encore réellement changé, le sens de l’exclusion et de l’internement commence à s’altérer : il prend lentement des valeurs positives, et l’espace neutre, vide, nocturne dans lequel on restituait autrefois la déraison à son néant commence à se peupler d’une nature à laquelle la folie, libérée, est obligée de se soumettre. L’internement, comme séparation de la raison et de la déraison, n’est pas supprimé ; mais à l’intérieur même de son dessin, l’espace qu’il occupe laisse apparaître des pouvoirs naturels, plus contraignants pour la folie, plus propres à la soumettre dans son essence, que tout le vieux système limitatif et répressif.

("Des fous qui vivent chez l'habitant", une page web étonnante : http://lavventura.blog.lemonde.fr/2017/07/05/les-fous-qui-vivent-chez-lhabitant/)
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petitourspetitours   15 juin 2012
Jamais la psychologie ne pourra dire sur la folie la vérité, puisque c'est la folie qui détient la vérité de la psychologie
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hupomnematahupomnemata   14 février 2014
Le fou est désormais tout à fait libre, et tout à fait exclu de la liberté. Jadis il était libre pendant l'instant ténu où il se mettait à perdre sa liberté, il est libre maintenant dans le large espace où il l'a déjà perdue.
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BouteyalamerBouteyalamer   05 mars 2016
Entre le verbe et l’Image, entre ce qui est figuré par le langage et ce qui est dit par la plastique, la belle unité comment se dénouer ; une seule et même signification ne leur est pas immédiatement commune. Et s'il est vrai que l'image a encore la vocation de dire, de transmettre quelque chose de consubstantiel au langage, il faut bien reconnaître que, déjà, elle ne dit plus la même chose ; et que par ses valeurs plastiques propres la peinture s'enfonce dans une expérience qui s’écartera toujours plus du langage, quelle que puisse être l'identité superficielle du thème.
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cursivecursive   04 juillet 2012
Le symbole de la folie sera désormais ce miroir qui, sans rien refléter de réel, réfléchirait secrètement pour celui qui le contemple le rêve de sa présomption.
La folie n'a pas tellement affaire à la vérité et au monde, qu'à l'homme et la vérité de lui-même qu'il sait percevoir.
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Videos de Michel Foucault (64) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Foucault
"La folie a une histoire, le fou a une fonction dans la société." Lorsque Michel Foucault publie sa thèse, "Histoire de la folie à l'âge classique", il met en perspective le rôle du fou dans la société depuis le Moyen âge.
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