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Anne Chareille (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253138013
125 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1995)
4.12/5   118 notes
Résumé :
Autrefois, le rossignol ne chantait pas la nuit.
C'est pour avoir manqué de périr, prisonnier de la vigne enroulée autour de lui tandis qu'il dormait, qu'il écoute désormais sa voix afin de rester en éveil. Lorsqu'en 1908 Colette publie ce recueil de textes brefs - dialogues de bêtes, évocations de la nature, méditations sur l'amour, la solitude, le passage du temps -, elle s'est séparée de Willy, son premier mari, définitivement résolue à imposer son indépen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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sabine59
  21 mars 2018
Ce recueil de textes qu'à sa publication Colette a appelé" mon dernier -né fait de pièces et de morceaux" présente en effet des fragments de vie, des instantanés.
Le livre s'ouvre sur la légende du rossignol , pris dans les sarments de vigne pendant son sommeil , et qui inspire le joli titre du livre, aux sons harmonieux.
Il regroupe des textes très variés , évoquant ses relations amoureuses, le music-hall mais aussi toute une chronique du quotidien: le dernier feu dans la cheminée, les vacances, les animaux familiers...
J'ai aimé plus particulièrement trois textes: " le dernier feu", ode poétique à la flamme envoûtante, " Nonoche", qui transcrit si bien la personnalité complexe d'une chatte, finement observée par Colette. Et " En baie de Somme", juste et magnifique évocation d'une région pleine de charme , que j'affectionne . L'auteure en saisit toutes les nuances, les jeux de lumière changeants sur l'eau." La baie de Somme, humide encore, mire sobrement un ciel égyptien, framboise , turquoise et cendre verte."
La plume précise, inventive, subtile, parfaite de concision et de choix judicieux des mots se reconnaît ici encore.
Ce kaléidoscope d'instants captés sur le vif est une merveille...
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Biblioroz
  31 janvier 2021
Au printemps, le sommeil du rossignol l'emprisonne dans les vrilles de la vigne alors son chant s'élèvera la nuit pour se tenir éveillé et ne plus être prisonnier de cette vigne qui ne cesse de pousser. C'est ainsi que l'on débute ce petit recueil, en savourant un moment de poésie cristalline dans ce chant pur du rossignol.
De petits textes brefs, très personnels, qui nécessitent donc de connaître un peu la vie de Colette pour comprendre et goûter pleinement ces subtiles petites réflexions qui semblent écrites sur le vif.
On y trouve, dans un pêle-mêle sans véritable cohérence, sa compagne du moment, ses amis à quatre pattes, son amour de la nature, la nostalgie de son enfance en Bourgogne, la vieillesse à venir, des instants passés en baie de Somme… de ce fait, ce recueil s'inscrit donc dans un registre profondément lyrique.
D'intérêt inégal en ce qui me concerne, j'ai beaucoup aimé les textes nostalgiques qui offrent de très beaux passages dans la nature de son enfance. Colette parle admirablement des matins d'hivers de sa Bourgogne qu'elle fait ressurgir dans sa rêverie du nouvel an, avec son visage d'enfant qu'elle aimerait tant retrouver.
Elle livre son coeur, les jours de grisaille, qui implore son pays avec de très belles métaphores « Il faut que je refasse le chemin, il faut qu'une fois encore j'arrache, de mon pays, toutes mes racines qui saignent… »
Elle utilise un dialogue entre chien et chat pour faire éclater son désir d'être libre ou nous présente avec un réalisme fascinant Nonoche, avec son poil aux trois couleurs, qui entend l'appel du Matou dans l'ombre du bois.
Les très courts instantanés en baie de Somme sont également magiques et vivants avec une partie de pêche qui n'a pas manqué de me faire sourire par son odeur de poisson ! L'éblouissement de la plage, l'onde de chaleur renvoyée par le sable et la pensée de Colette qui s'égare sont magnifiques.
Dans un registre plus léger, j'ai goûté aussi l'humour de Colette autour de son « amie convenable » Valentine qui se soucie tant du qu'en-dira-t-on.
De Colette j'avais adoré La Maison de Claudine. Ici, je n'ai pu saisir pleinement la totalité des textes, peut-être qu'ils exigeaient plus de connaissances sur la personnalité de l'auteure pour les appréhender totalement. Reste que l'on retrouve dans ces brèves nouvelles tout l'art d'écriture de Colette, une écriture aux sonorités hautement poétiques que l'on aime relire pour la beauté du style.
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Arimbo
  17 septembre 2021

Un délicieux recueil de petits textes, à peine des nouvelles, aux thèmes variés, d'inspiration essentiellement autobiographique, publiés en 1908 par Colette qui s'est séparée de son mari Willy.
Ces courts récits évoquent la nature, les amours de l'autrice, son amie Valentine, ses souvenirs de son passage au music-hall, ses animaux familiers, chattes, chiens, parfois dans des dialogues savoureux, ses vacances en Baie de Somme, d'une merveilleuse finesse et d'une délicate poésie.
Enfin, un texte le miroir offre l'occasion à Colette de faire le point sur sa vie, dans un dialogue avec son double Claudine.
Lire tous ces textes sans prétention, si remplis de poésie, de fantaisie, d'ironie bienveillante, de tendresse pour les animaux familiers qui sont mis au même plan que les humains, cela vous transporte dans un monde magique et vous réchauffe le coeur.
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PiertyM
  27 novembre 2018
Que du beau dans ce recueil! Les vrilles de la vigne est un ensemble de petits textes exquis, concis et vivants. La plume est d'une finesse inouïe, les thèmes sont exploités avec délicatesse, les mots ont une justesse comme dans une partition de musique, l'auteure met de son souffle dans les phrases, on la sent pleurer, sourire, soupirer, gronder, regretter, s'égayer, s'affectionner, s'affliger...
Une savoureuse lecture!
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Lune
  09 février 2011
Dans l'édition de 1965 du Livre de Poche, les "Vrilles de la Vigne" font suite à "Sido" paru en 1929. Textes que rien parfois ne relie si ce n'est le chant d'une prose poétique vigoureuse. Certains écrits biographiques nous situent Colette et distillent les thèmes désormais récurrents de l'enfance, paradis à jamais perdu, de l'amour, de la nature, des animaux... C'est une Ode à la Vie qui s'ouvre sur ces mots désormais célèbres : "Autrefois, le rossignol ne chantait pas la nuit. Il avait un gentil filet de voix et s'en servait avec adresse du matin au soir, le printemps venu." et se termine avec le non moins révélateur "Je ne connais plus le somme heureux, mais je ne crains plus les vrilles de la vigne."
Apparaît en filigranes, Missy, la bien-aimée de ces années. Dans ce livre poche, pudeur mal placée de l'époque ou coquille? :"Tu me donneras la volupté, penché sur moi..." alors qu'il faut lire : "Tu me donneras la volupté, penchée sur moi..." Les heures heureuses en Baie de Somme, avant le choix de la Bretagne, offrent quelques passages dignes du pinceau du peintre...
L'apparition d'une figure que l'on retrouvera : l'amie Valentine, prétexte à de savoureux portraits entre une Colette bien terrienne et une jeune femme évaporée, un peu geignarde, représentante d'une catégorie féminine creuse et émouvante.
Enfin cette rencontre entre Colette et Claudine, leurs similitudes, leurs différences et leur malaise.
Des paroles qui réchauffent : "Les larmes bienfaisantes... oui, oui, je connais le cliché! Je connais aussi le danger, l'enivrement des larmes solitaires et sans fin; - on pleure parce qu'on vient de pleurer, et on recommence; - on continue par entraînement, jusqu'à la suffocation, jusqu'à l'aboiement nerveux, jusqu'au sommeil d'ivrogne d'où l'on se réveille bouffi, marbré, égaré, honteux de soi, et plus triste qu'avant... Pas de larmes, pas de larmes!"
Et ces mots : "Attendre la guérison, la fin de l'amour. Vous souffrez beaucoup, mais il y a pis. Il y a le moment, - dans un mois, dans trois mois, je ne sais quand, - où vous commencerez à souffrir par intermittences. ...
... - Il y a pis. Il y a le moment où vous ne souffrirez presque plus. Oui! Presque guérie, c'est alors que vous serez "l'âme en peine", celle qui erre, qui cherche elle ne sait quoi, elle ne veut se dire quoi...
... - Jusqu'à? ...
- Jusqu'à la guérison, mon amie, la vraie guérison. Cela vient... mystérieusement. On ne la sent pas tout de suite. Mais c'est comme la récompense progressive de tant de peines... Croyez-moi! cela viendra, je ne sais quand... Une journée douce de printemps, ou bien un matin mouillé d'automne, peut-être une nuit de lune, vous sentirez en votre coeur une chose inexprimable et vivante s'étirer voluptueusement..."

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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
stcyr04stcyr04   08 juillet 2013
Enchantée encore de mon rêve, je m’étonne d’avoir changé, d’avoir vieilli pendant que je rêvais… D’un pinceau ému je pourrais repeindre, sur ce visage-ci, celui d’une fraîche enfant roussie de soleil, rosie de froid, des joues élastiques achevées en un menton mince, des sourcils mobiles prompts à se plisser, une bouche dont les coins rusés démentent la courte lèvre ingénue… Hélas, ce n’est qu’un instant. Le velours adorable du pastel ressuscité s’effrite et s’envole… L’eau sombre du petit miroir retient seulement mon image qui est bien pareille, toute pareille à moi, marquée de légers coups d’ongle, finement gravée aux paupières, aux coins des lèvres, entre les sourcils têtus… Une image qui ne sourit ni ne s’attriste, et qui murmure, pour moi seule : « Il faut vieillir. Ne pleure pas, ne joins pas des doigts suppliants, ne te révolte pas il faut vieillir. Répète-toi cette parole, non comme un cri de désespoir, mais comme le rappel d’un départ nécessaire. Regarde-toi, regarde tes paupières, tes lèvres, soulève sur tes tempes les boucles de tes cheveux : déjà tu commences à t’éloigner de ta vie, ne l’oublie pas, il faut vieillir !
Éloigne-toi lentement, lentement, sans larmes ; n’oublie rien ! Emporte ta santé, ta gaîté, ta coquetterie, le peu de bonté et de justice qui t’a rendu la vie moins amère ; n’oublie pas ! Vat’en parée,va-t’en douce, et ne t’arrête pas le long de la route irrésistible, tu l’essaierais en vain, – puisqu’il faut vieillir ! Suis le chemin, et ne t’y couche que pour mourir. Et quand tu t’étendras en travers du vertigineux ruban ondulé, si tu n’as pas laissé derrière toi un à un tes cheveux en boucles, ni tes dents une à une, ni tes membres un à un usés, si la poudre éternelle n’a pas, avant ta dernière heure, sevré tes yeux de la lumière merveilleuse – si tu as, jusqu’au bout gardé dans ta main la main amie qui te guide, couche-toi en souriant, dors heureuse, dors privilégiée… »
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BolinasBolinas   06 juin 2019
J'appartiens à un pays que j'ai quitté.
Tu ne peux empêcher qu'à cette heure, si épanouisse au soleil, toute une chevelure embaumée de forêts. Rien ne peut empêcher, qu'à cette heure, l'herbe profonde y noie le pied des arbres d'un vert délicieux et apaisant, dont mon âme a soif.

Viens, toi qui l'ignore, viens que je te dise tout bas, le parfum des bois de mon pays égale la fraise et la rose! Tu jugerais, quand les taillis de ronces y sont en fleurs, qu'un fruit mûrit on ne sait où, -là-bas,cic, tout près, - un fruit insaisissable qu'on aspire en ouvrant les narines. Tu jugerais, quand l'automne pénètre et meurtrit les feuillages tombés, qu'une pomme trop mûre vient de choir et tu le cherches et tu le flaires, ici, là-bas, tout près...

Et si tu passais en juin, entre les prairies fauchées, à l'heure où la lune ruisselle sur les meules rondes qui sont les dunes de mon pays, tu sentirais, à leur parfum, s'ouvrir ton coeur, tu fermerais les yeux, avec cette fierté grave dont tu voiles ta volupté, et tu laisserais tomber la tête lourde d'un muet soupir... Et si tu arrivais, un jour d'été, dans mon pays au fond d'un jardin que je connais, un jardin noir de verdure et sans fleurs, si tu regardais bleuir, au lointain, une montagne ronde où les cailloux, les papillons et les chardons se teignent du même azur mauve et poussiéreux, tu m'oublierais et tu t'assoirais là, pour n'en plus bouger jusqu'au terme de ta vie.
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DAFNEYDAFNEY   31 juillet 2019
Tu m'as donné les fleurs désarmées...Tu m'as donné, pour que j'y repose haletante, la place à l'ombre, sous le lilas de perse aux grappes mûres...Tu m'as cueilli les larges bleuets des corbeilles,, fleurs enchantées dont le coeur embaume l'abricot...Tu m'as donné la crème du petit pot de lait, à l'heure du goûter où ma faim féroce te faisait sourire … Tu m'as donné le pain le plus doré, et je vois encore ta main transparente dans le soleil , levée pour chasser la guêpe qui grésillait, prise dans les boucles de mes cheveux… Tu as jeté sur mes épaules une mante légère, quand un nuage plus long, vers la fin du jour, a passé , et que j'ai frissonné, toute moite, toute ivre d'un plaisir sans nom parmi les hommes , le plaisir ingénu des bêtes heureuses dans le printemps… Tu m'as dit : "Reviens...
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TaraxacumTaraxacum   23 janvier 2020
A fréquenter le chat, on ne risque que de s'enrichir. Serait-ce par calcul que depuis un demi-siècle, je recherche sa compagnie? Je n'eus jamais à chercher loin: il naît sous mes pas. Chat perdu, chat de ferme traqueur et traqué, maigri d'insomnie, chat de libraire embaumé d'encre, chats des crémeries et des boucheries, bien nourris, mais transis, les plantes sur le carrelage; chats poussifs de la petite bourgeoisie, enflés de moi; heureux chats despotes qui régnez sur Claude Farrère, sur Paul Morand, - et sur moi...Tous vous me rencontrez sans surprise, non sans bonheur. Qu'entre cent chats, elle témoigne, un jour, en ma faveur, cette chatte errante et affamée qui se heurtait, en criant, à la foule que dégorge, le soir, le métro d'Auteuil. Elle me démêla, me reconnut: "Enfin, toi!...Comme tu as tardé, je n'en puis plus... Où est ta maison? Va, je te suis...." Elle me suivit, si sûre de moi que le coeur m'en battait. Ma maison lui fit peur d'abord, parce que je n'y étais pas seule. Mais elle s'habitua, et y resta quatre ans, jusqu'à sa mort accidentelle.
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sabine59sabine59   07 janvier 2016
Si tu passais, en juin, entre les prairies fauchées, tu sentirais, à leur parfum, s'ouvrir ton coeur. Tu fermerais les yeux et tu laisserais tomber ta tête avec un muet soupir.Et si tu arrivais, un jour d'été, dans mon pays, au fond d'un jardin que je connais, si tu regardais bleuir, au lointain, une montagne ronde, tu t'assoirais là, pour ne plus bouger.
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Videos de Sidonie-Gabrielle Colette (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sidonie-Gabrielle Colette
Pour fêter dignement l'arrivée du printemps, la librairie Point Virgule vous propose une sélection d'ouvrages consacrés aux fleurs et aux jardins.
- Pour un herbier, Colette, illustré par les aquarelles de Raoul Dufy, Citadelles & Mazenod, 65€ - Les jardins de Weleda, Rouergue, 35€ - Le livre des fleurs, Pierre-Joseph Redouté, Taschen, 50€ - En fleur - Design floral contemporain, Phaidon, 39,95€ - Monet - Coffret l'essentiel, Anne Sefrioui, Hazan, 29,95€
La présentation de Pour un herbier est disponible sur la chaîne de Citadelles & Mazenod : https://www.youtube.com/watch?v=MN8I8...​
Celle de Les jardins de Weleda sur la chaine des éditions du Rouergue : https://www.youtube.com/watch?v=Lv0w6...​
Musique du générique d'intro par Anna Sentina.
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