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EAN : 9782226447883
336 pages
Albin Michel (19/08/2020)
3.58/5   65 notes
Résumé :
« Je n’avais pas envie d’un mai 68, mais d’une simple révolution individuelle qui me sortirait du marasme généralisé. Je me sentais dévoré par ce cadre pesant fait de postures, de fausses polémiques et de vraies lâchetés. »

Nicolas est un jeune étudiant de gauche qui rêve d’ascension mais déteste les élites. Usé par la solitude et l’hypocrisie ambiante, il se jette corps et âme dans son histoire d’amour avec Harry, un activiste d’extrême droite qui pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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Voici plus d'une dizaine de jours que j'ai fini ce livre et il m'était juste impossible de vous en parler… Il fallait que je digère, il fallait que je me relève. J'étais KO ! Cette histoire que nous raconte Tom Connan est incroyablement perturbante, touchante, on n'en ressort pas indemne.

Maintenant, je dois vous expliquer pourquoi, pourquoi j'ai eu l'impression de prendre un uppercut en pleine face et pourquoi en écrivant cette chronique j'ai froid dans le dos…

Dès les premières pages, on est plongés dans un monde qui se révèle brutal, trash, ou l'amour est parfois dénaturé et confondu avec le sexe – enfin le sexe sale, voir même un peu violent. L'écriture ultra-incisive de ce jeune auteur fait que toute notre société et même nos relations sont dépeintes avec brio. Ça transpire la haine, la rage, le ras-le-bol général, le petit peuple qui crève à petit feu… Bref, le lecteur se retrouve et y retrouve malheureusement le reflet actuel de notre société.

Le talent de Tom Connan est de faire passer le lecteur par toutes les émotions, tels des caméléons qui changent de couleur. du sourire au dégout, de la joie à la haine et même jusqu'à la nausée… C'est indescriptible à quel point cette histoire d'amour entre Nicolas et Harry parvient à les consumer, à les détruire et à les pousser à la faute… voire à l'impardonnable. Ici, on a bien la preuve qu'une relation toxique dévore, casse et met plus bas que terre une personne. C'est criant de vérité et on se reconnait tellement bien en Nicolas que l'on ne peut pas ne pas avoir les tripes nouées.

J'ai absolument tout aimé dans cette histoire, que ce soit la relation bancale de Nicolas et d'Harry, l'exploration des franges politiques radicales dans cette société qui atteint un point de non retour. Tout est réuni pour nous donner une belle correction et nous clouer au sol.

Inutile de vous préciser que je conseille, reconseille et sur-conseille ce roman.

Lien : https://ogrimoire.com/2020/0..
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Une écriture incisive, trash et brutale, comme un reflet de la société actuelle que l'auteur dépeint avec brio. Une histoire d'amour entre deux hommes passionnante de par le chaos qu'elle habite. Un roman brutal, criant de vérités politiques et humaines à découvrir au plus vite !
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Un roman qui met très clairement en avant le mal-être des jeunes dans notre société. Ils n'en espèrent plus grand chose et c'est vraiment ce qui m'a interpellée et touchée. L'amour et l'homosexualité ont bien sûr une très grande place dans ce livre et cette peur d'avouer ses préférences sexuelles à ses proches est encore tabou surtout par peur, la peur de décevoir.

Il y avait encore une espèce de blocage entre nous, et sa beauté froide me terrorisait. Lorsque son regard bleu était rivé sur moi, je me sentais scanné.D'ailleurs, je baissais souvent les yeux en sa présence. Comme par soumission.

Au travers de cette relation charnelle et toxique, j'ai découvert un auteur qui m'a emporté par son écriture à la fois incisive et posée, emprunte de mots dont je ne connaissais parfois même pas la signification. J'aurais vraiment envie de le rencontrer lors d'une séance de dédicace ou dans un salon car quelque chose me dit qu'il a encore beaucoup à dire et j'espère que "radical" lui permettra de de se faire un nom dans le monde littéraire.
Lien : https://pausepolars.wordpres..
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Nicolas, le narrateur, est issu de la classe moyenne et a perdu son père très jeune. Etudiant à Sciences Po, il est ancré dans une gauche vraiment sociale qu'il estime disparue tout en détestant le Parti socialiste et les lâchetés sociales-démocrates. Il rencontre Harry, jeune homme de la classe populaire adepte des thèses de l'ultra-droite, participant actif au mouvement des gilets jaunes, qui va le fasciner et devenir son amant. ● Je dirais que les deux premiers tiers voire les trois premiers quarts du livre sont tout à fait passionnants, même si l'on y sent un peu trop l'influence de Houellebecq et si les passages théoriques abondent, pourtant pas déplaisants à lire. La relation homosexuelle des deux protagonistes permet la convergence tant redoutée entre la gauche mélenchoniste et l'extrême-droite, la première se faisant bouffer par la seconde. ● Mais même dans cette première partie du livre, le changement qui vient bouleverser les idées du narrateur n'est pas toujours très bien rendu. Il aurait fallu plus de nuances dans le récit de cette métamorphose et une progressivité mieux maîtrisée. ● Dans cette première partie, l'influence qu'a l'identitaire sur le gauchiste reste encore à peu près crédible. Mais cela se gâte après ; la vraisemblance s'effondre jusqu'à une fin catastrophique. ● Si la visée de l'auteur était de dégoûter le lecteur des thèses d'extrême-droite, je ne suis pas certain de sa réussite, car il développe beaucoup plus d'arguments favorables à ces opinions que le contraire, et ce n'est pas la fin très maladroite et grand-guigolesque qui va faire changer d'avis le lecteur. ● du côté de l'écriture, le style classique me semble en décalage avec le sujet, qui aurait demandé une écriture plus avant-gardiste et percutante. Beaucoup d'événements nouveaux sont introduits dans des phrases au plus-que-parfait de façon assez gauche.
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"Noir c'est noir... il n'y a plus d'espoir". C'est ce qu'on se répète au fil des pages de Radical, du début à la fin, la boule au ventre et la petite goutte de sueur en équilibre au coin du sourcil!

Parce que la plume bien trash de Tom Connan ne se contente pas de nous entraîner dans les bas-fonds de la pensée humaine, qu'elle nous lacère aussi pas mal la panse durant les 325 pages du roman, j'ai parfois eu besoin de faire des pauses pour me rincer l'esprit et la bouche. Tellement d'amertume, de colère, de pensées désabusées... Et puis tout le monde en prend pour son grade hein!! Des bourgeois à Maître Gims en passant par les politiques bien pourris et même... Indochine?! Bref, si t'as le moral en berne ces derniers temps, attends peut-être un peu avant de démarrer ta lecture!

Parce que suivre Nico, étudiant de gauche à Sciences Po, qui va se soumettre corps et âme à Harry, jeune nationaliste radical installé depuis peu à Versailles, c'est loin d'être de tout repos. Et autant le savoir, si les scènes de sexe en direct live comme si tu y étais ne te mettent pas trop trop à l'aise, bah... là tu vas vraiment virer au rouge tomate toutes les 15 pages!

Mais la vache, qu'est-ce que j'ai aimé ce livre. Qu'est-ce que j'ai aimé cette description sans concessions d'une société totalement folle, au bord de l'implosion. Il y a de quoi réfléchir et repenser notre système qui conduit tout un monde droit dans le mur.

Seul petit bémol: la fin est un peu trop rapide, comme "expédiée". Mais à part ça... ouch!! 😨

Et qu'il est important de rappeler à quel point les extrêmes, le populisme ont toujours conduit au pire... qu'on ne vienne pas nous dire qu'on ne savait pas. Car cette fois personne ne le croira!
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critiques presse (2)
LaPresse
05 octobre 2020
C'est un récit cru, direct et assez méthodique.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Culturebox
26 août 2020
A 24 ans, Tom Connan, un jeune Parisien, raconte l’histoire d’un étudiant en quête de sens, au singulier et au pluriel.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Ma génération ne savait plus aimer. Nés après la chute du mur de Berlin et ayant grandi avec Facebook, YouTube et Snapchat, nous n'avions connu qu'un monde où les relations sentimentales constituaient une sous-catégorie du marché global, régi par la compétition, la loi de l'offre et de la demande, et le prix d'équilibre - qui correspondait à notre valeur d'échange. La brutalité des rapports amoureux, de l'étape de la séduction jusqu'à la rupture, nous paraissait banale, comme les fluctuations du prix de l'essence ou les délocalisations d'usines en Bulgarie. La chose était intégrée à nos esprits, et nous pratiquions quotidiennement une comparaison de la valeur résiduelle de la "relation" dans laquelle nous étions avec ce que nous pouvions éventuellement avoir de mieux sur le marché - un mec avec une meilleure gueule, une fille avec de plus gros nichons, ou simplement moins chiante, une personne avec un plus fort pouvoir d'achat, susceptible de nous payer plus de gins to' le samedi soir, bref, quelqu'un de plus rentable. Pour cette raison, il était usuel, pour ne pas dire systématique, de continuer à utiliser les nombreuses applications de rencontres pendant le déroulement de la relation, quand bien même celle-ci nous satisfait. À la manière d'un trader qui préfère avoir 25% de rentabilité plutôt que "seulement" 20%, nous restions sans cesse aux aguets, soucieux de ne pas gâcher une seconde de notre temps avec une personne inférieure à ce que nous pourrions obtenir. Nous étions tous de fins économistes, à l'heure du big data et de la blockchain.
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La plupart de mes condisciples et des maîtres de conférences qui nous faisaient cours – des sortes de chargés de TD à peine améliorés –préféraient théoriser jusqu'à en vomir sur la démocratie « représentative », qui avait l'immense avantage de confier les rênes du pouvoir aux sachants, c'est‑à-dire à eux. Ces gens avaient l'intime conviction, jamais assumée clairement, qu'ils étaient le plus à même de savoir ce que le peuple voulait, ils étaient persuadés que la masse des citoyens était constituée de débiles ignorants, xénophobes et fascistes. Alors ils ne pouvaient pas supporter ces Gilets jaunes, ils les détestaient, ils les dépréciaient, autant qu'il était humainement possible de le faire.
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"Regarde même le Branco, ce type est pas net avec son brûlot weird et son obsession pour Gabriel Attal, on nage en plein délire ! » Je n’étais effectivement pas fan du personnage de Juan Branco, dont le verbe, maîtrisé, avait des accents sensationnalistes et, chose ô combien insupportable, grandiloquents. Je n’accordais pas beaucoup de crédit aux écrivains engagés, fussent-ils jeunes et sincères dans leur démarche. Je respectais surtout ceux qui se coltinaient les basses œuvres, dangereuses et peu valorisantes : les hommes d’action. Branco n’était pas l’un d’eux. C’était un intellectuel indigné, comme moi, mais lui avait quelque chose que je n’avais pas : l’argent.
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La France était devenue un pays sinistre, où les boutiques de luxe et la haute gastronomie servaient de cache-misère à une économie en déclin, pendant que les classes moyennes fusionnaient avec les catégories populaires pour former une masse protubérante.
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Dans les relations, plus rien n'était garanti au-delà de quelques semaines : ni le désir, ni l'attirance, ni évidemment la fidélité. Les gens étaient devenus des espèces de bêtes intransigeantes, incapables de se projeter, et intolérantes
à toute déception.
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Vidéo de Tom Connan
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/tom-connan-pollution-53283.html Sa vie semblait toute tracée. Bon élève et enfant modèle, il intègre les grandes écoles pour parfaire un cursus qui doit l'amener vers un avenir professionnel assuré. Mais, en intégrant HEC, Tom Connan découvre surtout un monde dont il sent diablement étranger. Non, décidément, cette vie n'est pas faite pour lui. de cette expérience étudiante dans laquelle il ne se reconnait pas, il publie un premier livre « le camp » qui dénonce l'hypocrisie du système, la vacuité de cet enseignement hors sol, l'individualisme des étudiants et leur rivalité. Bien qu'auto-publié, le texte est largement relayé et remarqué par la critique. Très vite, les éditions Albin Michel propose à Tom Connan de publier son second titre « Radical ». Là encore, s'inspirant de sa propre expérience, Tom Connan évoque l'histoire d'amour impossible entre deux garçons, l'un des deux étant dans l'extrémisme politique et imposant à son amant une relation toxique et destructrice. Avec la violence de du sujet et la qualité de l'écriture, « Radical » est salué par la critique. Mais le jeune auteur ne s'arrête pas là. Parallèlement à l'écriture, il s'essaie à la création artistique sous diverses formes comme l'art digital ou la musique et porte un regard ciselé et générationnel en tant que chroniqueur pour Sud Radio et le magazine TecknikArt. En 2022, poursuivant sa démarche littéraire, Tom Connan publie ce nouveau roman « Pollution » dont la couverture interpelle, voire dérange. Alors que la France sort d'un premier confinement, David fait le choix de quitter Paris. Anéantie par la crise sanitaire, sa boîte va fermer, il est au chômage et n'en peut plus de ses 20m2 en banlieue. Il choisit d'aller donner un coup de main dans une ferme du Cotentin en échange du gîte et du couvert, ce que l'on appelle le woofing. Là, il est accueilli par Alex, le fils des fermiers, et rejoint par Inès, une influenceuse des réseaux sociaux qui veut raconter son quotidien dans cet univers rural. Bien vite, ce décor bucolique se transforme en un huis-clos oppressant. Au fil des pages, tel un thriller qui ne dirait pas son nom, le roman prend une autre dimension : pourquoi les parents d'Alex qui ont fait le choix d'un élevage bio doivent-ils s'absenter si souvent ? Pourquoi les bêtes du troupeau semblent-elle amorphes ? Sont-elle malades ? Cette centrale nucléaire, à quelques kilomètres d'ici, quel est son impact ? Et alors que le pays se remet difficilement de la crise sanitaire, jusqu'où ira le radicalisme politique qui semble envahir le pays ? Prenant pour toile de fond les évènements que nous avons vécus ces derniers mois, le roman de Tom Connan évoque des thèmes sociétaux qui font l'actualité : le retour, factice, à la nature, la crise sanitaire, l'invasion des écrans et des réseaux sociaux, la déliquescence du lien humain. le radicalisme politique, l'écologie… Le roman de Tom Connan fait froid dans le dos, nous dérange, nous interpelle, mais c'est un formidable roman d'anticipation qui nous pose les bonnes questions, nous bouscule dans nos certitudes, nous raconte une société à bout de souffle, la nôtre, et nous révèle les failles d'une jeune génération fragilisée et en manque de repères. Un roman coup de poing porté par une écriture addictive et percutante qui laisse entrevoir un auteur qui marquera son temps. « Pollution » de Tom Connan est publié chez Albin Michel.
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