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Yves Gonzalez-Quijano (Traducteur)Faruq Mardam bayk (Traducteur)
ISBN : 2742769285
Éditeur : Actes Sud (03/09/2007)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 19 notes)
Résumé :

En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au-delà des souvenirs et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
mariech
  03 février 2013
Dans ce livre , Mahmoud Darwich évoque ses derniers jours à Beyrouth , juste avant de reprendre le chemin de l'exil .
Il nous parle des conflits , des disputes , des médisances entre les menbres de l'intelligenstia de la diaspora palestinienne au plus fort des bombardements sur Beyrouth , les critiques des Libanais qui leur demandent de quitter le pays avant que celui-ci ne soit complètement détruit par les bombardements israéliens , beaucoup leur demandent de renoncer à leur rêve ' la Palestine ' , rêve funeste à leurs yeux , rêve stérile qui n'apporte que le malheur .
Mais pour aller où si ce n'est que pour prendre le chemin d' un autre exil ?
L'auteur ose des comparaisons courageuses entre la politique qui déçoit et le football qui a le mérite de réunir les ennemis , il fait revivre le temps des croisades et nous montre l'incompatibilité entre Orient et Ocident mais cela jamais de manière manichéenne .
Quel doit être le rôle du poète dans ses moments où les bombes tombent de façon acharnée , où la bombe à implosion balaie des vies en quelques secondes ?
Qu'est-ce qui retient encore l'homme confronté au chaos ? le premier café de la journée , surtout quand il est parfumé à la cardamone , nous répond le poète .
Livre pleins de questionnements sur ces hommes qui ne peuvent se résoudre à l'oubli .
Très beau , lumineux , poétique .
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Meps
  07 avril 2018
Que peut faire un poète au milieu des bombardements ? Comment survivre à la guerre et à l'exil quand on a pour seul bouclier que ses mots ? C'est le sens de ce récit de Mahmoud Darwich, écrit à Beyrouth durant le siège israélien de la ville pour en déloger les réfugiés palestiniens.
Même si le récit prend pour cadre une journée sous les bombes, du réveil au crépuscule, n'y cherchez pas de façon sournoise une description factuelle de tous les moments que subissent des populations sous les bombes. Darwich nous parle de l'importance du café, de l'eau,nous décrit une mer pleine de menaces et d'espoir, nous parle d'amour beaucoup, de politique un peu, de football... C'est un poète coincé dans un lieu et un moment où les poètes ne servent à rien mais où ils ne renoncent tout de même pas à écrire parce que c'est la seule chose qu'ils savent faire. Les phrases sont belles, le sens de certaines se dérobe à notre esprit, mais est-ce que le sens est si important dans un monde insensé ?
Récit patchwork dans lequel il faut voir une ode aux mots qui sont les seuls à pouvoir garder la mémoire de ce que tout le monde cherche à oublier.
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Apoapo
  16 mars 2018
Je suis très déçu par cet ouvrage, qui devrait figurer le vécu et les pensées du grand poète palestinien, durant une journée d'août 1982 à Beyrouth, sous le feu des troupes israéliennes. L'incipit, repris dans l'excipit, est un rêve qui s'appose à un autre rêve en le complexifiant ; suivent des pages sublimes de description des bombardements et du désir de café du protagoniste, description particulièrement olfactive de cette boisson emblématique. La barre, placée très haut d'emblée, n'a pas empêché néanmoins une navigation à la dérive où se sont mêlés, sans aucune possible prédiction : les dialogues imaginaires – parfois de véritables polémiques voire des règlements de comptes avec des personnages désormais méconnaissables, quelques considérations politiques – non dépourvues d'intérêt, au demeurant, par ex. l'image des Palestiniens auprès des Libanais, mais fatalement très circonstancielles – ; des passages purement oniriques ; d'autres diversement elliptiques ; des pages vaguement érotiques – ou allusives dans ce sens – et enfin ce qui ressemblerait à la transcription en prose de poèmes et autres textes arabes classiques. En vain j'ai cherché, entre autres ancrages dans le vécu, la référence aux différents moments de la journée ou à des lieux ou événements précis.
L'écriture est belle. Mais cela n'a fait que m'énerver d'avantage : était-ce le moment, réel ou imaginé, de se livrer à des petitesses, controverses, esthétismes, hermétismes, propos contingents destinés à une intelligibilité éphémère, rêves de rêves, en liquidant, au bout de quelques très belles pages initiales, la description réaliste d'une journée de guerre ? La problématisation de la situation immédiate a-t-elle pu se limiter à la question de savoir si les Palestiniens quitteraient ou non Beyrouth ? La sublimation d'un instant dramatique ne peut-elle s'opérer que par une surabondance d'imaginaire, d'abstraction et de lyrisme ?
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
santorinsantorin   22 mai 2018
Est ce que j'ai pleuré ? J'ai évacué un flot de sel, le sel de ces sardines, mon unique nourriture depuis des jours. Les avions n'arrivent plus à m'effrayer, pas plus que l'héroïsme ne réussit à m'animer. Je n'aime personne, je ne hais personne, je ne veux personne. je ne sens rien, ni personne. Je suis sans passé ni avenir. Sans racines ni branches. Seul comme cet arbre abandonné sur un rivage ouvert au vent du large où se déchaîne la tempête. Je ne peux plus avoir honte des larmes de ma mère, frémir à la rencontre de deux rêves, nés au même instant, d'une même aube ...
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santorinsantorin   20 mai 2018
- Je ne sortirais pas car je n'ai nulle part où aller. Je ne sais où aller alors je resterai. Et toi ? ai-je demandé à F.
- Je reste, je suis libanais. C'est ici mon pays, où irais-je ?
J'ai eu honte de ma question, honte que Beyrouth soit devenue à ce point mon poème, le poème des sans-patrie. J'ai eu honte de pensées tellement confuses.
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santorinsantorin   19 mai 2018
La mer arpente les rues. La mer pend aux fenêtres et aux branches des arbres desséchés. La mer tombe du ciel et entre dans la chambre. Bleu, blanc, écume, vague. Je n'aime pas la mer, je ne veux pas de la mer parce que je ne vois ni rivage, ni colombe. Je ne vois dans la mer que la mer. Je ne vois pas de rivage. Je ne vois pas de colombe.
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gaillard1gaillard1   19 septembre 2010
Qui a dit de l'eau qu'elle est incolore, inodore et sans saveur ?... L'eau a une couleur que révèle la soif. L'eau a la couleur des chants d'oiseaux, le moineau en particulier, de ces oiseaux que n'affole pas cette guerre venue de la mer tant que demeure préservé leur morceau de ciel. L'eau a le goût de l'eau, cette odeur de l'air chaud, en fin d'après-midi, quand il s'élève des champs où se bercent les vagues lourdes des épis, le long d'étendues parsemées de zébrures sombres, pareilles aux ombres fugaces que laissent derrière elles les ailes des moineaux quand ils rasent les moissons. Car il ne suffit pas de voler pour être oiseau. L'une des pires choses de la langue arabe, c'est peut-être que l'avion - tâïra - soit le féminin de l'oiseau - tâïr. Les oiseaux poursuivent leur chant, affirment leur présence au milieu du fracas des bombardements maritimes. Qui a dit que l'eau est inodore, incolore et sans saveur? Qui a dit que l'avion est le féminin de l'oiseau?
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mariechmariech   03 février 2013
- Pourquoi nous demande-t-on maintenant de reconnaître Israël ?
-Pour votre salut , pour le salut du monde .
-Quand on se noie , on n'a pas envie que le courant soit plus fort . Quand on se brûle , on ne désire pas que les flammes soient attisées . Quand on est pendu , on ne souhaite pas que la corde soit solide .....
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Videos de Mahmoud Darwich (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mahmoud Darwich
Une belle dans Sodome, Mahmoud Darwich lu par par Odile HOW SHING KOY
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