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ISBN : 207275061X
Éditeur : Gallimard (16/11/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Qu’une adolescente paraisse et tous les regards des hommes sont sur elle.
Mais elle est étrange et ses yeux couleur cassis couvent des pensées qui la délivrent de toute coquetterie.
Vivant sa beauté comme une expérience intérieure, sa quête obstinée de poésie l’éloigne du destin des filles de son âge. Chaque initiation se change en révélation métaphysique.
Peu à peu émerge en elle une vision révolutionnaire de la femme dont le présent texte e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
oiseaulire
  14 février 2018
J'avais lu en 2013 le recueil "la nuit spirituelle" de Lydie Dattas, né d'une crise amicale : son ami Jean Genet, l'avait un jour, au cours d'une dispute, disqualifiée en tant que femme : les femmes vivent dans la nuit spirituelle et ne peuvent pas créer.
Cet incident l'avait jetée, elle qui se définissait essentiellement comme poétesse, dans un chagrin et un désarroi profonds. De sa détresse était né un beau texte sur la nuit spirituelle des femmes, inaptes par nature à la création et à la spiritualité.
Bien sûr elle ne souscrit pas à ce rôle de vase consacré à recevoir la liqueur séminale ou à celui de muse emprisonnée dans une chair interchangeable que seul l'artiste, le vrai, l'homme, pourrait sculpter à sa guise. On devine que Lydie Dattas lutte et se débat contre cette assignation à n'être que pâte à modeler, laquelle n’est formulée ni pour le bien de son sexe, ni pour celui de la poésie. Le chemin reste encore presque entièrement à défricher : sur la voie qui mène à l'orée de la nuit intérieure, le danger d'anéantissement guette à chaque pas. La poétesse doit inventer et explorer l'être-femme en poésie.
Dans ce nouveau recueil sorti en 2017 et intitulé "Carnet d'une allumeuse" Lydie Dattas traite du regard masculin concupiscent jeté par l'homme sur la femme-poète, regard qui assassine la poésie en elle et la réduit à n'être que chair prosaïque ; regard disqualifiant l'altérité et rejettant le compagnonnage en poésie.
Qu'on ne s'y trompe pas, Lydie Dattas est capable d'aimer, elle qui fut durant vingt années la compagne du poète Alexandre Romanès et sut développer son art auprès de lui. Mais elle entend défendre la légitimité de sa voix sans cesse menacée : car la poésie ne doit jamais être limitée dans son expression, prostituée, ou servir d'autres fins qu'elle-même. C'est la réduire qu'en faire un enjeu de pouvoir.
Ce livre ouvre ainsi un horizon nouveau à la création en y imposant l'autre voix humaine, la grande oubliée : témoin absent qui s'est signalé en creux au cours des siècles, ou en de fantomatiques apparitions ; marques flagrantes de l'incomplétude du premier sexe qui n'a pu à lui seul représenter que sa propre moitié de ciel. Le continent féminin recèle encore des terres non explorées. Quelques grandes et exceptionnelles défricheuses y ont déjà abordé : Sapho, Marguerite de Navarre, Emily Dickinson, Sylvia Plath, Valérie Solanas, Alejandra Pizarnik... Sans elles, et leurs descendantes, la poésie resterait un cri retenu.
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BillDOE
  18 novembre 2017
La beauté des mots, le plaisir de les lire...
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nonorella
  05 mars 2018
Titre provocateur qui m'a attirer l'oeil puis finalement l'adopter définitivement.
C'est un livre très court, moins de 100 pages, mais pourtant il est long à lire. La prose utilisé est dense et presque chaque phrase peut être une citation.
C'est un format poche plus abordable que les grands formats avec des prix parfois un peu trop élevé (on t'aime Gallimard). J'étais étonnée car je n'ai pas l'habitude de voir des Gallimard de cette taille, sauf pour les petits carnets qu'ils font. Mais là c'est bel et bien un livre que nous avons.
Plus qu'une histoire, c'est plusieurs petits textes en prose qui sont plus ou moins par ordre chronologique. de 13 à 17 ans environ. Beaucoup se situent vers 15 ans.
On ne sait pas vraiment ce qui se passe. Il n'y aura pas de début ou de fin, pas de fil conducteur. Ce seront surtout ses pensées et son amour des livres, sa révélation.
Ses pensées de femme dans la vie et ses débuts. Les premiers regards des hommes sur elle et les premiers conflits avec les femmes.
Les hommes ne feront que la désirer tandis que les femmes et elle ne s'entendront pas ou peu. Elles lui enseignent son « rôle » tout en la rejetant.
Ce livre rend accessible les défis qu'une jeune femme rencontre au début de la puberté, ce que son corps signifie pour elle et pour les autres sans que pour autant elle est son mot à dire.
Je trouve que c'est un pari réussi. En effet, on est vraiment pris dans le texte comme dans un roman et ce même si c'est parfois difficile de suivre entre les métaphores.
Elle a une certaine rage au fond d'elle qui l'a fait vibrer. Elle veut plus que les autres femmes et plus que ce que les hommes lui proposent. Elle veut vivre pour elle et selon elle.
Lien : https://lesrecitsdhecate.wor..
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   28 novembre 2017
L’abîme des femmes exige une vision neuve. Le trait infinitésimant leurs yeux cherchait son exégète : je me crus désignée pour ce haussement d’âme.
Est-ce elle-même qu’une fille admire dans la glace, ou bien la foudre qui traça son visage ? Ni les filles du Tonnerre montant sur le bûcher de la conscience, ni les poétesses russes faisant de leur cœur une cache d’armes n’avaient éclairé leur mystère.
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BillDOEBillDOE   18 novembre 2017
Le délice de se trouver jolie, si aucune charité n'y entre, n'est qu'un crime imbécile. Les filles sont la vitrine du monde. Que se passerait-il si elles décidaient de la faire voler en éclat pour exister, enfin ?
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rkhettaouirkhettaoui   28 novembre 2017
Mon drame n’est pas celui des femmes : c’est celui des penseurs, des voyants, des poètes. Ce sont leurs visions qui m’assaillent, leur foudre qui me tue. Le « je-ne-sais-quoi qui n’a plus de nom dans aucune langue » n’effleure pas les femmes, puisqu’il n’est que les hommes pour questionner la mort.
Penser pour une femme, quelle folie ! Cela commence par un accroc dans le velours noir de la nuit, par quoi entre l’eau sale des idées, ruinant le velours rose du cœur.
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rkhettaouirkhettaoui   28 novembre 2017
Je pense pour épargner aux filles l’erreur tragique de penser. Je ne prône pas leur ignorance mais leur connaissance de la nuit.
La première Ève est poétique et masculine. Elle porte en elle, farouche, l’évocation d’un absolu.
Telle la renarde apprivoisée, la fille savante perd son instinct. Hier, ses yeux surnaturellement clos voyaient le cœur des enfants plein du sang jaune des marguerites ! Aujourd’hui, jetant sur le firmament son profond châle noir hanté de roses pourpres, elle obscurcit les étoiles !
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BillDOEBillDOE   18 novembre 2017
Les filles sont des poèmes lus par des imbéciles.
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Videos de Lydie Dattas (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lydie Dattas
Lydie Dattas. Les Chemins de traverse (Les racines du ciel).
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