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ISBN : 2246813352
Éditeur : Grasset (03/05/2017)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Le révérend Simeon Pease Cheney est le premier compositeur moderne à avoir noté tous les chants des oiseaux qu’il avait entendus, au cours de son ministère, venir pépier dans le jardin de sa cure, au cours des années 1860-1880. Il nota jusqu’aux gouttes de l’arrivée d’eau mal fermée dans l’arrosoir sur le pavé de sa cour.
Il transcrivit jusqu’au son particulier que faisait le portemanteau du corridor quand le vent s’engouffrait dans les trench-coats et les pè... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  09 juillet 2017
Texte hybride, alliant théâtre et récit, écriture sublime.
C'est Peau d'âne dans une version moins féérique : un père chasse sa fille unique, lorsqu'elle atteint l'âge de sa mère à son décès, en suite de couches. La jeune femme est une image en miroir de ce que fut sa mère et la souffrance est trop profonde pour l'homme.
C'est en reclus qu'il va se consacrer à une tâche pour le moins originale : transcrire en musique les sons du jardin, de ce jardin qui fut celui de son épouse. Immortaliser les sons quand le visage aimé n'est plus visible et chasser l'incarnation de l'aimée qui redonne vie à la défunte et détruit le souvenir volontairement figé.
C'est un texte profondément poétique, lent ,lourd des chagrins portés, simple dans sa forme et complexe dans ses émotions, alternant des dialogues de théâtre et un récit. Et le résultat est une musique qui se substitue à celle que l'auteur évoque et que l‘on entend pas, celle que le révérend tente de capturer dans son décor, pour combler le vide d'une absence mortifère.

Le texte est court et c'est tant mieux car un développement plus étoffé sur le même mode eut constitué un risque de décourager le lecteur.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Commenter  J’apprécie          630
Herve-Lionel
  25 août 2017
La Feuille Volante n° 1168
Dans ce jardin qu'on aimait – Pascal Quignard – Grasset .
C'est un roman étonnant que nous offre Pascal Quignard, étonnant et déroutant. Dans la préface, il nous présente le révérend Simeon Cheney, un pasteur vivant dans l'état de New York, dans un presbytère isolé et qui a, de 1860 à 1880, noté tous les chants d'oiseaux qu'il avait entendus dans le jardin de sa cure, mais aussi tous les bruits qu'il percevait, des gouttes qui s'écoulent sur le pavé d'une cour, le bruit que fait le vent d'hiver qui s'engouffre dans les pèlerines suspendues à un portemanteaux. Cette technique sera reprise plus tard par Dvorák et Olivier Messiaen.
L'auteur mêle au texte une sorte de pièce de théâtre où le lecteur apprend qu'Eva, l'épouse du révérend est morte en couches à l'âge de 24 ans en donnant naissance à Rosemund, sa fille unique. Or il adorait sa femme mais son mariage a été éphémère et il ne s'est pas remarié. Sa fille a maintenant 28 ans et Siméon la congédie pour ne pas la voir vieillir parce qu'elle ressemble trop à sa mère. C'est un geste étonnant puisque rien dans l'attitude de sa fille ne motive cette exclusion de la maison. C'est très judéo-chrétien que de vouloir se culpabiliser soi-même ou accuser les autres, surtout que dans son cas Simon, lors de l'accouchement, a préféré sacrifier la vie de la mère. Son père est-il devenu fou ou lui reproche-t-il de vivre alors que sa mère est morte en la mettant au monde ? Siméon est tellement révolté par l'injustice qui le frappe qu'il en conçoit une sorte de haine pour sa fille, prétendant ne l'avoir jamais aimée, ne pas avoir voulu qu'elle naisse ; il reproche même à sa fille ses cris de nourrisson après la mort de sa femme. Rosemund part donc et tente de se marier, mais en vain. Elle reviendra auprès de son père pour ses dernières années.
Ce que je retiens, le livre refermé, c'est d'abord la langue de Pascal Quignard, toujours aussi pure et poétique. Ce texte, comme bien d'autres, est un bon moment de lecture. Je note également que le pasteur Simeon est un homme d'église mais qui, dans son malheur et dans son deuil, ne trouve pas de consolation en Dieu qu'il a pourtant choisi de servir. Il n'y a pas dans sa bouche la moindre prière pour le repos de l'âme d'Eva qu'il croit revoir en hallucination ou en rêve, il n'y a pas d'allusion à la résurrection des morts ni à la vie éternelle qui sont pourtant des arguments chrétiens. Seul le silence lourd de la mort s'étend sur la vie du révérend et quand son tour viendra il ne laissera pas Dieu accompagner son trépas. Il finira même par négliger son ministère et ses fidèles. Il ne trouvera un apaisement que dans la nature, dans le chant des oiseaux de son jardin qu'il note et en conçoit un livre qu'il tente vainement de faire publier. Là aussi Dieu est absent de sa démarche et il ne se tourne pas vers lui pour adoucir la douleur qu'il ressent à chaque refus. C'est un peu comme si, ayant volé, en le transcrivant, le chant des oiseaux, il était puni, comme l'ont été Adam et Eve, exclus du Paradis. Tout au plus rattache-t-il son travail à l'oeuvre divine en prétextant que les oiseaux n'ont pas, eux, été bannis du Jardin d'Éden, mais cela paraît un peu artificiel. Ce travail, qui est celui de sa vie, il n'en verra pas la publication de son vivant et sa fille s'attachera, comme un honneur qu'elle rend à la mémoire de son père, à le publier à ses frais. C'est un peu comme si le malheur s'était attaché aux pas de cet homme pendant toute sa vie, comme une malédiction.
© Hervé GAUTIER – Août 2017. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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metreya
  03 juin 2017
Dans l’introduction de son ouvrage, l’auteur nous précise que le seul compositeur à s’être inspiré de cette musique étrange des sons naturels fut Antonin Dvorak qui composa un quatuor à cordes, le n°12, en prenant des « notes » des oiseaux qui peuplaient les arbres et les roselière du révérend Cheney. C’est donc peu dire que le vénérable ecclésiastique n’eut que très peu d’audience. C’est en particulier ce que rapporte le court ouvrage : c’est la fille du Révérend, Rosemund, vieille fille professeure de chant, de piano et de violoncelle, qui publia à titre posthume les pages et les portées que son père avait noircit en transcrivant les sons quotidiens qu’il entendait dans son jardin, dans sa maison, dans sa tête.
Ecoutez les premières notes du quatuor de Dvorak, et vous entendez bien les oiseaux qui pépillent. C’est la musique naturaliste, celle qui avait déjà été mise à l’honneur par exemple par Vivaldi.
Mais en fait le livre de Pascal Quignard n’est pas un livre de musique ou même un livre de musicien. On entend très peu les sons. C’est avant tout un livre d’un amour figé par la mort, celui que le révérend Cheney portait et porte toujours, jusqu’à sa propre extinction, à son épouse chérie, Eva Rosalba, morte en couches à 24 ans en donnant naissance à sa fille Rosemund.
Durant leur mariage très court, la jeune épousée passait son temps dans son jardin, le jardin de la cure, qu’il vente, qu’il neige, elle était toujours dehors. Pour honorer la mémoire de sa défunte, Cheney décide de passer aussi du temps dans le jardin et surtout d’y écouter les sons, les bruits qui lui rappellent son amour perdu.
La fille née de cet amour, le révérend la chasse une fois adulte, car elle lui rappelle trop sa mère, qui elle n’a pas survécu. Elle devient professeure de musique. La vie du révérend tourne alors autour de deux obsessions : son épouse morte et la musique qu’il écrit et qu’il tente de faire publier, sans succès.
Voilà pour l’histoire, la trame. Mais ce n’est absolument pas le plus important dans le livre de Pascal Quignard. Le plus important et le plus déroutant est la forme. Le livre est court, 170 pages. Ce n’est pas à proprement parler un roman, c’est plutôt un livre qui déambule entre la poésie, le théâtre et le scénario. Les chapitres sont en réalité des scènes, avec très peu de personnages, dont le révérend Cheney, sa fille, le fantôme de sa femme et un récitant. Le passage des dialogues entre chacun des personnages n’est pas évident à suivre pour le lecteur.
La forme peut être très décourageante, très difficile à aborder. Ce fut le cas pour moi. Au final, je ne saurais dire si j’ai aimé ou non ce livre, petit et étrange, parcouru d’une mélancolie dépressive et d’une tristesse profonde. La mort, l’abandon, la solitude sont bien plus présentes que la musique, la joie qu’elle peut procurer, la sensibilité qu’elle amorce. De toute façon, ce livre fait partie d’une œuvre plus large que ce simple moment de littérature et il est à considérer dans cette globalité, celle d’un homme qui écrit et qui construit petit à petit sa propre musique.
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Pachy
  15 juin 2017
« Ce jardin qu'on aimait » était toute sa courte vie. Eva Rosalba Vance Cheney, que son mari, le révérend Simeon Pease Cheney ne chasser de sa mémoire. Elle est morte, juste après avoir mis au monde leur fille, Rosemund.
Cet homme sera le premier compositeur à avoir noté (notes musicales) les sons du jardin de la cure ; répertoriant ainsi tous les chants des oiseaux. Aussi le bruit des gouttes qui s'échappent du robinet et qui éclatent dans l'arrosoir à moitié plein ou encore la sonorité du souffle dans les vêtements pendus au portemanteau du corridor.
Pour la nature, cet homme d'église avait délaissé Dieu.
Saint homme. Saint homme qui chassa sa fille arrivée à vingt-huit ans avec des mots très durs. Il la chasse parce qu'il ne supporte pas sa beauté, supérieure à la ressemblante beauté d'Éva. Il la chasse parce qu'elle est morte à cause d'elle en naissant et tuant sa mère. Elle n'emporte que sa valise, un oiseau blessé dans sa cage (un symbole) et les bijoux de sa prime enfance (naissance, baptême, communion).
Mais Rosemund, il l'aime il finira par lui prouver et aura un geste pour elle qui sera à n'en point douter une libération pour lui.
Ne suis-je pas en train de prendre le risque de vous en dire trop ? Une bonne partie constitue la quatrième de couverture. Cette quatrième ne parle pas de la poésie des textes de Pascal Quignard. Sous sa plume toute est douceur ; caresse des mots ; magie des phrases. Est-ce un roman ? Est-ce pièce théâtrale ? Une poésie ? C'est tout cela à la fois. Son écriture ressemblance à son phrasé. Écouter parler Pascal Quignard c'est écouter la nature, c'est se laisser porter par les mots qui sortent de sa bouche.
« Tous les matins du matins du Monde ». Souvenez-vous. Rares sont les personnes qui avaient pas entendu jouer de la « viole de Gambe » pour la première fois lorsqu'Alain Corneau en fit un film. Monsieur de Sainte Colombe, Marin Marais qui entraient, inconnus, dans notre univers. Depuis l'engouement pour cet instrument méconnu est retombé mais nous savons, malgré nous, qu'il existe. C'est là toute la magie de Pascal Quignard : nous amener en douceur à la découverte.
Ce jardin qu'on aimait nous rappelle tant ces matins du Monde « Monsieur de Sainte Colombe ne se consola pas de la mort de son épouse. Il l'aimait. C'est à cette occasion qu'il composa le Tombeau des regrets. ».
Pascal Quignard ressemble à ses livres ou, plus exactement, ses livres lui ressemblent, ses personnages ont sa sagesse et sa voix.
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shmileblik
  12 mai 2017
C'est l'histoire d'un révérend qui collecte des sons, mais étrangement, ce n'est pas de cela dont on nous parle.
C'est d'amour dont il s'agit, de nostalgie, et peut être aussi de désamour. le tout enveloppé de lumière.
Est ce une fiction, un poème, une pièce de théâtre? Un peu tout cela à la fois, mené avec une grande simplicité.
Une écriture et une approche singulières pour nous décrire un personnage qui du l'être tout autant.
SP
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Les critiques presse (4)
LePoint   10 juillet 2017
Le révérend Cheney a retranscrit tous les chants des oiseaux qu'il avait entendus. Quignard nous raconte ce compositeur moderne et se livre à travers lui.
Lire la critique sur le site : LePoint
Bibliobs   09 juin 2017
Livre sur la musique d'avant la musique et sur l'éternité de l'amour, «Dans ce jardin qu'on aimait» devrait être bientôt, du moins on l'espère, une de ces performances des ténèbres où, dans le rôle du pasteur des oiseaux, Pascal Quignard, désormais familier des corbeaux, des chouettes effraies et de la scène, devrait être parfait.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   09 juin 2017
C'est une prose chuchotée dans la pénombre, un chant d'adieu où s'éveillent des oiseaux, un tombeau fait de saynètes qui sont autant d'ariettes, tirées de l'oubli. Nous sommes chez Pascal Quignard, qui vient de publier un de ses meilleurs livres.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   17 mai 2017
Pour se distraire, un veuf éploré a composé un catalogue de chants d'oiseaux. Il inspire à Quignard une bouleversante cantate.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
shmileblikshmileblik   12 mai 2017
C’est vrai, je suis souvent absent à ce que tu vis. Je vais même te dire, mon enfant, tu es mon enfant mais cela ne m’intéresse pas. Ta vie n’est pas ma vie. C’est elle, ma vie ! Je l’aime. Je ne veux pas rater son souvenir. Je suis sous son regard.
Je ne veux pas laisser mourir sa mort.
Elle était si joyeuse, si déterminée, si indépendante, si puissante.
Si longue, si élancée, si belle !
Je la protège peut-être, tu sais. Je la soutiens.
Tu sais, je pense que je la fais vivre plus longtemps que sa vie !
+ Lire la suite
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metreyametreya   03 juin 2017
Elle a relevé ses cheveux sous le chapeau de paille.
Au bout du jardin,
là où croissent les saules, les coudriers mêlés d’aubépine,
là où les pieds trébuchent dans les menthes,
à un mètre ou à un mètre et demi de l’étang,
en présence de la famille,
a été versé l’urne.
Dans l’étang,
il a jeté sa femme.
L’époux a fait couler doucement sur l’eau les cendres de celles qu’il aimait,
il a versé son regard,
il a répandu son souffle,
il est monté sur le canot arrimé par une chaîne à la rive,
en élevant sa main il a éparpillé sa vie encore tiède, son corps encore presque intact sur la surface grise au-dessus de l’eau sombre,
près de la rame noire.
+ Lire la suite
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SharonSharon   17 juillet 2017
Il suffit d'un cri
pour qu'il y ait une prière !
Pour que l'invocation s'élève il suffit d'un sanglot qu'on étouffe
dans les petites plumes de canard et les duvets des oies qui ont été fourrés dans l'oreiller
ridicule compagnon de la nuit solitaire.
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shmileblikshmileblik   12 mai 2017
Dans l’étang
il a jeté sa femme.
L’époux a fait couler doucement sur l’eau les cendres de celle qu’il aimait,
il a versé son regard,
il a répandu son souffle,
il est monté sur le canot arrimé par une chaîne à la rive,
en élevant sa main il a éparpillé sa vie encore tiède, son corps encore presque intact
sur la surface grise au-dessus de l’eau sombre
près de la rame noire.
Commenter  J’apprécie          20
Herve-LionelHerve-Lionel   25 août 2017
Les morceaux de mon existence se craquellent exactement comme se craquellent les paragraphes sur la page d'un livre qu'on refuse.
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Videos de Pascal Quignard (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Quignard
Paris, XVIe siècle. Au mois de mars, a lieu dans le quartier du Marais un prestigieux concours de chant. Bernon l?Enfant, à la voix cristalline, suscite admiration et jalousie, surtout de son concurrent le plus mortel...
Conte de Pascal Quignard Dessins de Gabriel Schemoul
En savoir plus sur "Le chant du Marais": http://editionschandeigne.fr/livre/le-chant-du-marais/
Site des éditions Chandeigne: http://editionschandeigne.fr/
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