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ISBN : 2246813352
Éditeur : Grasset (03/05/2017)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Le révérend Simeon Pease Cheney est le premier compositeur moderne à avoir noté tous les chants des oiseaux qu’il avait entendus, au cours de son ministère, venir pépier dans le jardin de sa cure, au cours des années 1860-1880. Il nota jusqu’aux gouttes de l’arrivée d’eau mal fermée dans l’arrosoir sur le pavé de sa cour.
Il transcrivit jusqu’au son particulier que faisait le portemanteau du corridor quand le vent s’engouffrait dans les trench-coats et les pè... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Pachy
15 juin 2017
« Ce jardin qu'on aimait » était toute sa courte vie. Eva Rosalba Vance Cheney, que son mari, le révérend Simeon Pease Cheney ne chasser de sa mémoire. Elle est morte, juste après avoir mis au monde leur fille, Rosemund.
Cet homme sera le premier compositeur à avoir noté (notes musicales) les sons du jardin de la cure ; répertoriant ainsi tous les chants des oiseaux. Aussi le bruit des gouttes qui s'échappent du robinet et qui éclatent dans l'arrosoir à moitié plein ou encore la sonorité du souffle dans les vêtements pendus au portemanteau du corridor.
Pour la nature, cet homme d'église avait délaissé Dieu.
Saint homme. Saint homme qui chassa sa fille arrivée à vingt-huit ans avec des mots très durs. Il la chasse parce qu'il ne supporte pas sa beauté, supérieure à la ressemblante beauté d'Éva. Il la chasse parce qu'elle est morte à cause d'elle en naissant et tuant sa mère. Elle n'emporte que sa valise, un oiseau blessé dans sa cage (un symbole) et les bijoux de sa prime enfance (naissance, baptême, communion).
Mais Rosemund, il l'aime il finira par lui prouver et aura un geste pour elle qui sera à n'en point douter une libération pour lui.
Ne suis-je pas en train de prendre le risque de vous en dire trop ? Une bonne partie constitue la quatrième de couverture. Cette quatrième ne parle pas de la poésie des textes de Pascal Quignard. Sous sa plume toute est douceur ; caresse des mots ; magie des phrases. Est-ce un roman ? Est-ce pièce théâtrale ? Une poésie ? C'est tout cela à la fois. Son écriture ressemblance à son phrasé. Écouter parler Pascal Quignard c'est écouter la nature, c'est se laisser porter par les mots qui sortent de sa bouche.
« Tous les matins du matins du Monde ». Souvenez-vous. Rares sont les personnes qui avaient pas entendu jouer de la « viole de Gambe » pour la première fois lorsqu'Alain Corneau en fit un film. Monsieur de Sainte Colombe, Marin Marais qui entraient, inconnus, dans notre univers. Depuis l'engouement pour cet instrument méconnu est retombé mais nous savons, malgré nous, qu'il existe. C'est là toute la magie de Pascal Quignard : nous amener en douceur à la découverte.
Ce jardin qu'on aimait nous rappelle tant ces matins du Monde « Monsieur de Sainte Colombe ne se consola pas de la mort de son épouse. Il l'aimait. C'est à cette occasion qu'il composa le Tombeau des regrets. ».
Pascal Quignard ressemble à ses livres ou, plus exactement, ses livres lui ressemblent, ses personnages ont sa sagesse et sa voix.
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metreya
03 juin 2017
Dans l’introduction de son ouvrage, l’auteur nous précise que le seul compositeur à s’être inspiré de cette musique étrange des sons naturels fut Antonin Dvorak qui composa un quatuor à cordes, le n°12, en prenant des « notes » des oiseaux qui peuplaient les arbres et les roselière du révérend Cheney. C’est donc peu dire que le vénérable ecclésiastique n’eut que très peu d’audience. C’est en particulier ce que rapporte le court ouvrage : c’est la fille du Révérend, Rosemund, vieille fille professeure de chant, de piano et de violoncelle, qui publia à titre posthume les pages et les portées que son père avait noircit en transcrivant les sons quotidiens qu’il entendait dans son jardin, dans sa maison, dans sa tête.
Ecoutez les premières notes du quatuor de Dvorak, et vous entendez bien les oiseaux qui pépillent. C’est la musique naturaliste, celle qui avait déjà été mise à l’honneur par exemple par Vivaldi.
Mais en fait le livre de Pascal Quignard n’est pas un livre de musique ou même un livre de musicien. On entend très peu les sons. C’est avant tout un livre d’un amour figé par la mort, celui que le révérend Cheney portait et porte toujours, jusqu’à sa propre extinction, à son épouse chérie, Eva Rosalba, morte en couches à 24 ans en donnant naissance à sa fille Rosemund.
Durant leur mariage très court, la jeune épousée passait son temps dans son jardin, le jardin de la cure, qu’il vente, qu’il neige, elle était toujours dehors. Pour honorer la mémoire de sa défunte, Cheney décide de passer aussi du temps dans le jardin et surtout d’y écouter les sons, les bruits qui lui rappellent son amour perdu.
La fille née de cet amour, le révérend la chasse une fois adulte, car elle lui rappelle trop sa mère, qui elle n’a pas survécu. Elle devient professeure de musique. La vie du révérend tourne alors autour de deux obsessions : son épouse morte et la musique qu’il écrit et qu’il tente de faire publier, sans succès.
Voilà pour l’histoire, la trame. Mais ce n’est absolument pas le plus important dans le livre de Pascal Quignard. Le plus important et le plus déroutant est la forme. Le livre est court, 170 pages. Ce n’est pas à proprement parler un roman, c’est plutôt un livre qui déambule entre la poésie, le théâtre et le scénario. Les chapitres sont en réalité des scènes, avec très peu de personnages, dont le révérend Cheney, sa fille, le fantôme de sa femme et un récitant. Le passage des dialogues entre chacun des personnages n’est pas évident à suivre pour le lecteur.
La forme peut être très décourageante, très difficile à aborder. Ce fut le cas pour moi. Au final, je ne saurais dire si j’ai aimé ou non ce livre, petit et étrange, parcouru d’une mélancolie dépressive et d’une tristesse profonde. La mort, l’abandon, la solitude sont bien plus présentes que la musique, la joie qu’elle peut procurer, la sensibilité qu’elle amorce. De toute façon, ce livre fait partie d’une œuvre plus large que ce simple moment de littérature et il est à considérer dans cette globalité, celle d’un homme qui écrit et qui construit petit à petit sa propre musique.
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andy86
20 juin 2017
C'est la première fois que je lis un livre de Pascal Quignard, auteur pourtant célèbre de Tous les matins du monde, et prix Goncourt 2002 pour les Omres errantes.
Dans ce jardin qu'on aimait tant n'est pas un roman, plutôt une pièce de théâtre avec des didascalies particulières, permettant d'imaginer le contenu du livre sur scène.
L'accroche de ce livre est qu'il met en avant le révérend Simeon Pease Cheney, passionné par les sons du quotidien (chants des oiseaux, goutte d'eau dans un seau, bruit de la gouttière etc.) qu'il a retranscrit en note de musique.
Intéressant! Sauf qu'en réalité, dans ce roman, on ne parle pas beaucoup de la musicalité et des sons. le sujet principale est l'amour inconditionnel, passionnée et unique du révérend à sa défunte épouse, morte en couche. Amour presque malsain, car il rejette sa fille, celle qui a tué son amour.
Ce qu'il en ressort c'est que la fille du révérend, Rosamund, a eu un père assez absent, qui se moquait de son existence, et pourtant elle a tout fait pour que le seul livre de son père soit publié. L'amour filiale regorge de secret.
Un livre assez particulier, de par sa forme et son sujet, assez triste, déprimant, mais à la fois beau et poétique. C'est très étrange. Une fois en main, il m'a été assez difficile de le lâcher.
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shmileblik
12 mai 2017
C'est l'histoire d'un révérend qui collecte des sons, mais étrangement, ce n'est pas de cela dont on nous parle.
C'est d'amour dont il s'agit, de nostalgie, et peut être aussi de désamour. le tout enveloppé de lumière.
Est ce une fiction, un poème, une pièce de théâtre? Un peu tout cela à la fois, mené avec une grande simplicité.
Une écriture et une approche singulières pour nous décrire un personnage qui du l'être tout autant.
SP
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Les critiques presse (3)
Bibliobs09 juin 2017
Livre sur la musique d'avant la musique et sur l'éternité de l'amour, «Dans ce jardin qu'on aimait» devrait être bientôt, du moins on l'espère, une de ces performances des ténèbres où, dans le rôle du pasteur des oiseaux, Pascal Quignard, désormais familier des corbeaux, des chouettes effraies et de la scène, devrait être parfait.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro09 juin 2017
C'est une prose chuchotée dans la pénombre, un chant d'adieu où s'éveillent des oiseaux, un tombeau fait de saynètes qui sont autant d'ariettes, tirées de l'oubli. Nous sommes chez Pascal Quignard, qui vient de publier un de ses meilleurs livres.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama17 mai 2017
Pour se distraire, un veuf éploré a composé un catalogue de chants d'oiseaux. Il inspire à Quignard une bouleversante cantate.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (5) Ajouter une citation
PachyPachy14 juin 2017
Les anciens habitants de la finlande, ou de Thulé, ou du Nord Canada, ont pour habitude de dire "Quand la glace est mince il faut marcher très vite"
(p.117)
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PachyPachy13 juin 2017
lLes rêves ne sont pas seulement des désirs qui se libèrent des contraintes du jour,
ou qui trompent la faim que l'on peut ressentir au coeur du sommeil et qui menaceraient de l'interrompre,
ou qui éconduisent dans le gosier la soif.
(p.69)
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shmileblikshmileblik12 mai 2017
C’est vrai, je suis souvent absent à ce que tu vis. Je vais même te dire, mon enfant, tu es mon enfant mais cela ne m’intéresse pas. Ta vie n’est pas ma vie. C’est elle, ma vie ! Je l’aime. Je ne veux pas rater son souvenir. Je suis sous son regard.
Je ne veux pas laisser mourir sa mort.
Elle était si joyeuse, si déterminée, si indépendante, si puissante.
Si longue, si élancée, si belle !
Je la protège peut-être, tu sais. Je la soutiens.
Tu sais, je pense que je la fais vivre plus longtemps que sa vie !
+ Lire la suite
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metreyametreya03 juin 2017
Elle a relevé ses cheveux sous le chapeau de paille.
Au bout du jardin,
là où croissent les saules, les coudriers mêlés d’aubépine,
là où les pieds trébuchent dans les menthes,
à un mètre ou à un mètre et demi de l’étang,
en présence de la famille,
a été versé l’urne.
Dans l’étang,
il a jeté sa femme.
L’époux a fait couler doucement sur l’eau les cendres de celles qu’il aimait,
il a versé son regard,
il a répandu son souffle,
il est monté sur le canot arrimé par une chaîne à la rive,
en élevant sa main il a éparpillé sa vie encore tiède, son corps encore presque intact sur la surface grise au-dessus de l’eau sombre,
près de la rame noire.
+ Lire la suite
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shmileblikshmileblik12 mai 2017
Dans l’étang
il a jeté sa femme.
L’époux a fait couler doucement sur l’eau les cendres de celle qu’il aimait,
il a versé son regard,
il a répandu son souffle,
il est monté sur le canot arrimé par une chaîne à la rive,
en élevant sa main il a éparpillé sa vie encore tiède, son corps encore presque intact
sur la surface grise au-dessus de l’eau sombre
près de la rame noire.
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Vidéo de Pascal Quignard
Que faire contre la maladie ? Comment les livres peuvent-ils aider à traverser sereinement cette épreuve ? Les écrivains Pascal Quignard, auteur de «Performances de ténèbres» et Rosa Montero, qui publie «La Chair», apportent leurs réponses, optimistes, à cette douloureuse question. Egalement invité de la Grande Librairie, Christophe André explique comment la méditation peut changer une vie. A leurs côtés sur le plateau, le professeur Pierre Delion, qui milite pour une psychiatrie humaine, et Patrizia Paterlini-Bréchot, auteur de «Tuer le cancer», participent au débat.
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