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ISBN : 226805280X
Éditeur : Les Editions du Rocher (27/01/2005)

Note moyenne : 3.19/5 (sur 18 notes)
Résumé :
"Sans but, j'ai pris la direction de la gare, où j'ai acheté un sucre d'orge à un marchand ambulant, que j'ai donné à mon fils, puis, l'idée me traversant l'esprit, j'ai acheté un ticket pour kichijôji et je suis montée dans un train.
là, me tenant à une poignée, je regardais vaguement une affiche suspendue au milieu de l'allée, quand j'ai vu le nom de mon mari. c'était une publicité pour une revue dans laquelle il publiait un long essai intitulé françois vil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
nebalfr
  31 août 2017
Critique de l'édition Sillage (2017).
DAZAI OSAMU OU L'OBSESSION SUICIDAIRE

Aujourd'hui, je m'en vais vous parler d'un très, très petit livre – une nouvelle d'une cinquantaine de pages très aérées. le challenge sera donc de ne pas vous infliger un article plus long que le livre dont il traite (aha).

Dazai Osamu est un des plus grands écrivains japonais du XXe siècle. Pour autant, je n'en savais rien il y a peu encore, ou du moins son nom ne me disait-il rien… En fait, je n'ai vraiment fait attention à ce personnage qu'à partir de ma lecture de la Mort volontaire au Japon, de Maurice Pinguet. Dans cet important et édifiant essai, l'auteur consacre un certain nombre de pages à ces écrivains nippons contemporains qui se sont donnés la mort. Les cas, mettons, d'Akutagawa Ryûnosuke, Mishima Yukio ou Kawabata Yasunari sont bien connus et documentés, mais il y en a beaucoup d'autres – et celui de Dazai Osamu a quelque chose de fascinant ; sans doute, d'une certaine manière, parce que l'auteur exprimait lui-même cette fascination pour le suicide (fascination que je partage, je ne vais pas prétendre le contraire), mais au point où la mort volontaire tenait chez lui de l'obsession – et régulièrement sous la forme du shinjû, tel un héros tragique des Tragédies bourgeoises de Chikamatsu (ce qui a pour le coup quelque chose de plus qu'inquiétant, car se pose alors la question de sa responsabilité dans les gestes suicidaires de ses compagnes).

Cette obsession remonte au plus tard au suicide, motivé par une « vague inquiétude », d'Akutagawa Ryûnosuke, en 1927. Celui qui ne s'appelle pas encore Dazai Osamu mais toujours Tsushima Shuji est alors âgé de 18 ans, et l'auteur encore jeune de Rashômon, etc., était son idole, aussi est-il très affecté par cette nouvelle. La suite de sa vie, tumultueuse par ailleurs, sera traversée de part en part de tentatives de suicide infructueuses, jusqu'à ce que l'auteur parvienne enfin à se donner la mort, en 1948, à l'âge de 38 ans. La première tentative a semble-t-il lieu le 10 décembre 1929, quand le jeune homme, étudiant guère assidu, à la veille d'examens qu'il savait ne pas être en mesure de réussir, engloutit des somnifères ; il survit pourtant, et, pour l'anecdote, réussira ses examens l'année suivante. Toutefois, en octobre de la même année, sa complexe vie sentimentale l'amène à passer à nouveau à l'acte : s'étant enfui avec Oyama Hatsuyo, une geisha, aux cris d'orfraie de sa famille aristocrate qui l'a aussitôt « exclu », le jeune homme fait la rencontre d'une hôtesse de bar encore adolescente ; tous deux, pourtant des inconnus l'un pour l'autre ou peu s'en faut, font un double suicide par noyade – tant pis pour la geisha, bizarrement laissée de côté. Shuji survit, à l'évidence, récupéré par des pêcheurs… mais pas la jeune femme ; la police s'interroge sur la responsabilité de notre futur auteur (qui l'accable, d'une manière ou d'une autre), mais sa famille revient aussitôt sur son « expulsion » pour clore discrètement l'affaire… et Shuji épouse presque aussitôt Hatsuyo, avec cette fois la bénédiction des siens ! Lesquels obtiennent certes qu'il se calme un peu (notamment sur le plan politique, car le jeune aristocrate fricotait avec les marxistes japonais). La tentative suivante a lieu le 19 mars 1935, par pendaison – nouvel échec. Peu après, Dazai Osamu doit être hospitalisé en psychiatrie, non pas en raison de sa dépression (marquée) ou de son obsession suicidaire, mais parce qu'à la suite d'une opération chirurgicale il a développé une addiction pour un dérivé de la morphine ; mais, pendant son internement, son épouse Hatsuyo commet l'adultère avec le meilleur ami de l'écrivain… Lequel l'apprend, confronte son épouse – et c'est une nouvelle tentative de double suicide ! Les amants contrariés, en fait guère amoureux à ce stade, avalent ensemble des somnifères, mais survivent tous les deux ; le divorce ne tarde guère (et Dazai se remarie presque aussitôt...). Une dizaine d'années s'écoule, marquées par une carrière littéraire brillante (même pendant la guerre, fait très rare) associée à une vie quotidienne dissolue et décadente, où l'alcoolisme occupe une place essentielle ; la vie sentimentale de l'auteur demeure par ailleurs très complexe, et, ai-je l'impression, impulsive. Enfin, le 13 juin 1948, c'est un nouveau et ultime double suicide : l'auteur et sa maîtresse, pour qui il a quitté subitement femme et enfants, se noient ensemble dans un aqueduc en crue. le corps de l'écrivain est retrouvé le 19 juin seulement – ironiquement, la date de son 39e anniversaire.

Mais cette obsession, sans surprise, imprègne aussi l'oeuvre de l'écrivain. Dès ses tout premiers textes, vers le milieu des années 1930, le suicide figure parmi ses thèmes de prédilection. Plus globalement, son approche pessimiste de la vie comme de la littérature doit être relevée, qui insiste notamment sur des personnages dont l'existence est devenue insupportable, mais qui, ainsi que lui-même, « se ratent » à chaque tentative d'en finir – peut-être parce qu'ils sont de toute façon trop apathiques pour souhaiter concrètement mourir ?

La Femme de Villon, nouvelle datant de 1947, soit un an avant la mort de l'auteur, en témoigne – une nouvelle souvent considérée comme faisant partie des plus grandes réussites de Dazai (et qui a connu plusieurs éditions françaises, au passage), dans cette brève période de l'immédiat après-guerre qui a correspondu à son apogée, et durant laquelle il a également écrit ses deux romans les plus célèbres, Soleil couchant et La Déchéance d'un homme (lequel ne paraîtra qu'à titre posthume).

LA FEMME ET SON ÉCRIVAIN D'ÉPOUX

Le récit est à la première personne, et notre narratrice est une certaine Mme Otani, âgée de 26 ans, mariée, avec un enfant très fragile. le récit est immédiatement contemporain de sa publication, et nous sommes donc en pleine occupation américaine.

Mme Otani vit dans des conditions passablement miséreuses et dures – elle fait les frais de l'alcoolisme de son mari, un sale bonhomme haineux et violent… Mais elle n'avait pas idée de sa déchéance : un couple furibond vient toquer à leur porte, accusant M. Otani de vol ; le soûlard menace ses accusateurs avec un couteau, et prend la fuite sans demander son reste. Sa femme ne comprend pas bien ce qui se passe, et invite ses visiteurs à lui expliquer de quoi il retourne. Il se trouve qu'ils tiennent un débit de boisson, que M. Otani fréquente de longue date, mais il a accumulé bien trop de dettes, et, tout récemment, il a même glissé ses sales pattes dans la caisse !

Mme Otani n'est finalement pas surprise – la turpitude de son époux était visible, et il ne ramenait certes pas d'argent à la maison, c'était plutôt le contraire... Mais elle prend l'affaire à la légère et même à la rigolade, avec un naturel tel que les accusateurs de son époux éclatent de rire avec elle. Sur un coup de tête teint de mensonge (initialement du moins), la jeune femme va offrir de travailler pour les créanciers de M. Otani, afin de les rembourser et de gagner de quoi survivre avec son enfant. Car les liens sont plus que distendus avec son époux – l'écrivain, qui vient de signer un article sur François Villon, et qui continue de fréquenter l'établissement où elle travaille désormais, bras dessus bras dessous avec d'autres femmes. Ceci dans un monde frontalement sordide, voire redoutable, mais qu'il s'agit d'accepter avec une indifférence nécessaire, et même souriante, en fait, au milieu des drames.

L'AUTOBIOGRAPHIE REPORTÉE

Dazai Osamu est souvent considéré comme étant le plus grand représentant du genre littéraire japonais watakushi shôsetsu (ou shishôsetsu), où l'auteur est lui-même le protagoniste, d'une certaine manière à mi-chemin entre l'autobiographie et l'autofiction. Ce genre a ses codes – et, à vrai dire, Dazai Osamu les a semble-t-il si souvent détournés que certains commentateurs ont supposé qu'il faudrait en fait relativiser voire contester l'assimilation de l'auteur à ce courant littéraire.

D'une certaine manière, je suppose que La Femme de Villon en témoigne. M. Otani est clairement une transposition de l'écrivain lui-même – ce qui n'apparaît pas dès le début : à vrai dire, que cet ivrogne violent vivant dans la misère noire soit un écrivain a probablement quelque chose de surprenant, presque choquant, au tout début. Mais tout colle : l'extraction aristocratique aussi bien que l'alcoolisme, la francophilie (le choix de faire allusion à François Villon, grand poète et franche canaille, colle assurément au personnage, ou en tout cas aux représentations que l'auteur s'en fait) comme les adultères à répétition, la reconnaissance de ses contemporains ne le préservant pas de la misère, et, bien sûr, l'obsession de la mort, et plus précisément du suicide, ou plus précisément encore de sa tentative (pp. 49-50) :

– Tu me diras peut-être que j'ai une grande gueule, mais je ne désire qu'une chose : crever ! J'y pense depuis longtemps. Si je meurs, je suis sûr que tout le monde sera content. Mais je n'y arrive pas. Quelque chose de bizarre, une espèce de dieu terrible, me retient.
– C'est que tu as encore du travail.
– du travail ! C'est de la blague ! Il n'est pas question de chefs-d'oeuvre, pas plus que de rossignols ! Est bon ce que les lecteurs approuvent, mauvais ce qu'ils réprouvent. Exactement comme l'air qu'on respire : on l'aspire, on l'expire. Ce qui me fait peur, c'est qu'il y a un dieu quelque part dans l'univers. Il y en a un, n'est-ce pas ?
– Pardon ?
– Il y en a un, non ?
– C'est trop fort pour moi !
– Je te comprends !

Plus tard, à la lecture d'une critique de ses écrits, il s'explique un peu plus (p. 57) :

– Bon ! Encore un autre qui dit du mal de moi ! Il me traite de faux noble et d'épicurien. Il n'y est pas du tout ! Il aurait dû écrire : un épicurien qui a peur de Dieu !

Mais justement : Otani/Dazai n'est pas le narrateur, c'est l'épouse d'Otani qui endosse ce rôle. du coup, la dimension autobiographie/autofiction demeure, mais non sans une certaine mise à distance – et c'est un procédé très bien vu, parce que, paradoxalement peut-être, il favorise l'implication du lecteur. Cela tient éventuellement à ce que Mme Otani est bien plus sympathique que son mari – d'autant qu'en se projetant de la sorte, l'auteur peut charger la barque dans son autoportrait en forme d'accusation… Surtout, cela affecte le ton de la nouvelle – car il s'adapte aux manières de Mme Otani.

Mais, immédiatement après le passage que je viens de citer, c'est bien Mme Otani qui a, si j'ose dire, le dernier mot, et conclut ainsi la nouvelle, « sans manifester de joie particulière » (précision sans doute importante) :

– Monstre ou pas, peu importe ! L'essentiel, c'est de vivre !

Chute qui ne manque sans doute pas d'ironie...

(SUR)VIVRE DANS L'INDIFFÉRENCE

La Femme de Villon est une nouvelle passablement déconcertante – et son ton y est pour beaucoup ; en même temps, d'ailleurs, qu'il bénéficie à la lecture, car les manières finalement légères de Mme Otani, souriantes souvent, rieuses même parfois, impliquent le lecteur dans le récit, qui coule tout seul, en lui faisant ressentir une forte empathie pour la narratrice.

Ce qui est étrange, c'est que cela se produit justement parce que Mme Otani, elle, ne semble pas en mesure de s'autoriser ce genre de sentiments – comme un mécanisme de protection contre un monde trop cruel.
En fait, le tableau est indubitablement sordide et terrible, envisagé « objectivement », et les sentiments de l'auteur à ce propos ne font guère de doute. La vie dans ce Japon occupé, juste après le traumatisme de la défaite, n'a certes rien de paradisiaque : la bicoque croulante des Otani et l'avenir incertain de leur enfant, les misères du marché noir, l'alcoolisme et la criminalité… et en arrière-plan la déchéance ultime de l'esprit nippon, l'humiliation globale enfin, mais tout particulièrement celle de l'aristocratie.

Mais Mme Otani semble très bien s'en accommoder – souriante, elle se sacrifie en permanence pour simplement survivre (et, avec un peu de chance, son enfant survivra avec elle !). S'agirait-il d'une forme d'émancipation, de sa part ? En tout cas, l'indifférence de son époux, elle fait avec, de même – il lui faut devenir indifférente à tout pour traverser cette nouvelle année. Jamais une plainte. Tout. Va. Bien.

Et ceci alors même que les choses deviennent on ne peut plus glauques. Bon, parler de SPOILER est probablement absurde dans pareil contexte, mais je vais lâcher le morceau sur les dernières pages de la nouvelle, hein, alors...

Mme Otani travaille donc pour les créanciers de son époux, elle fait la serveuse – inévitablement, cela lui vaut bien des mains au panier, etc. Qu'importe… En fait, elle présente les clients sous un jour plutôt positif, malgré tout ; même son époux, en fait : leur séparation semble gommer progressivement l'image de l'ivrogne, et il devient vraiment à ses yeux l'écrivain qu'il revendique être.

Mais, à la fin de la nouvelle, cette dimension du récit en vient à soulever l'estomac du lecteur – quand Mme Otani rapporte comment elle a été violée par un jeune homme qu'elle hébergeait, admirateur disait-il des écrits de son époux : dans son récit, ce crime horrible est traité on ne peut plus prosaïquement, comme n'importe quel détail du quotidien – cela m'a fait penser à ces livres de raison médiévaux où les bons bourgeois glissaient entre une entrée comptable et une allusion météorologique la nouvelle du décès d'un de leurs enfants, en une ligne sans fioritures, avant de passer à autre chose : tout au même niveau. Voici ce que ça donne ici (p. 55) :

D'une voix basse et plaintive il a murmuré :
– Excusez-moi, j'ai un peu trop bu !
Il s'est allongé sur le plancher et j'étais à peine rentrée dans ma chambre que je l'ai entendu ronfler.
De bon matin, cet homme m'a prise à la sauvette.
Ce jour-là, sans rien changer à mon comportement extérieur, je suis allée au restaurant de Nakano, comme toujours avec mon enfant ficelé dans le dos.

On peut, j'imagine, relever l'adjectif « extérieur » ; mais Mme Otani se rend donc à son travail, car « ça n'est pas une raison », et elle s'émerveille même bientôt des reflets du soleil sur le verre à saké de son mari, auquel elle ne se confie certainement pas.

Finalement, c'est peut-être là que se joue la nouvelle, dans cette nécessité de l'indifférence pour survivre en ce monde terrible – ou du moins de l'indifférence feinte, dans une société où l'évocation de la douleur et de la misère est répréhensible : un Japon en ruines, égaré dans l'anomie généralisée, et dont la devise pourrait être « Marche ou crève ».

Il y a sans doute bien d'autres choses dans cette nouvelle, dont nombre me sont probablement passées sous le nez. Mais l'efficacité du texte ne fait en tout cas aucun doute. Ce petit livre est certes fort cher, et je n'irais pas non plus jusqu'à prétendre que cette Femme de Villon est impérissable et indispensable, mais du moins la nouvelle a-t-elle attiré mon attention, et il me faudra revenir sous peu à cet auteur, probablement avec La Déchéance d'un homme, qui patiente depuis trop longtemps dans ma bibliothèque de chevet.
Lien : http://nebalestuncon.over-bl..
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leslivresdecamille
  07 mai 2015
François Villon est le nom d'emprunt -je suppose – de M. Otani, un célèbre poète japonais, artiste torturé, alcoolique et coureur de jupon. Sa femme, la narratrice, Mme Otani, sait très peu de chose sur lui. Femme au foyer, elle essaie de subvenir tant bien que mal à ses besoins et ceux de leur fils chétif tandis que son mari multiplie les absences. Son indifférence face à la misère de sa famille est sidérante. Lorsqu'un soir, ce dernier rentre ivre mort, il est poursuivi par un couple de restaurateur auprès de qui il a contracté une belle dette. S'enfuyant une nouvelle fois, en menaçant de mort ses créanciers, il laisse le couple face à sa femme qui essaie de comprendre les griefs reprochés à son mari. Pleine de solitude, mais aussi de sollicitude, cette dernière va s'employer à rembourser la dette de son mari…
Mon avis: Cette sombre nouvelle écrite par Osamu DAZAI (1909-1948) en 1947, soit un an avant son suicide, est, selon l'éditeur, son dernier texte majeur inédit en français. Osamu DAZAI était un homme torturé, suicidaire, morphinomane, issu d'une génération ayant perdu la guerre. Ne pas intégrer la biographie de l'auteur dans ce texte serait une erreur à mon sens: j'ai le sentiment qu'il extériorise son mal être dans ses écrits, certainement quand il était lucide.
« les hommes ne connaissent que le malheur. Ils luttent sans cesse contre la peur. » page 56. « j'ai envie de mourir à un point que tu n'imagines pas. Depuis que je suis né, je ne pense qu'à la mort. » page 57. Confidences de M. Otani à sa femme.
M. Otani dit François Villon, poète de profession, ne se rend pas compte qu'en se détruisant, il aspire sa famille sur son passage. Si il se laisse aller vers le néant, sa femme s'accroche, elle, même lorsqu'il n'est pas là pour la protéger. La vie, la souffrance, la mort. Les sentiments prononcés à demi-mots propre à la pudeur japonaise, veulent dire beaucoup, et un regard posé sur la souffrance de l'auteur, pour lui-même, peuvent-ils être considérés comme une tentative de vie avant le point final?
Un très beau texte.
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ericbo
  20 juin 2017
Nouvelle assez terrifiante ayant pour cadre le Japon de l'immédiat après-guerre. Une jeune femme raconte la vie misérable qu'elle endure avec son fils de 4 ans, à cause de l'alcoolisme et des turpitudes de son mari. Laissant peu de place pour les sentiments, les personnages sont tous englués dans leurs démarches pour survivre.
Une remarquable peinture de cette époque.
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Errant
  05 décembre 2018
Amour aveugle, abnégation totale, masochisme pervers, sublime indifférence ou subtile résilience, comment qualifier le comportement de cette femme affublé d'un mari courailleur, alcoolique et totalement irresponsable autant comme mari que comme père ou même simple citoyen? Vouloir effacer ses dettes de beuveries alors qu'il la néglige grossièrement et qu'elle n'a même pas les ressources pour nourrir convenablement son enfant m'est complètement incompréhensible. Est-ce l'absurdité de ce comportement qu'a voulu ici illustrer l'auteur ou est-ce l'étrangeté du destin qui fera en sorte que tout, ou presque, s'arrangera à la satisfaction de tous les protagonistes de cette brève nouvelle? Curieuse lecture d'un auteur que je ne connaissais pas; bizarre, mais je ne suis toujours pas certain de le connaitre maintenant!
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PascalOlivier
  12 juillet 2015
Les éditions du Rocher ont publié en 2005 une courte nouvelle de l'écrivain japonais Osamu Dazai (1908-1948) intitulée "La femme de Villon", écrite en 1947. La belle couverture (une estampe de Kajiwara) et le format du livre sont une élégante invitation à la lecture de ce texte désanchanté.
Raconté à la première personne, le récit nous présente Mme Otami, la femme d'un poète devenu voleur et alcoolique. On devine une personne malheureuse, résignée, sans avenir. Mais les égarements nocturnes de son mari vont bizarrement lui permettre de trouver une place dans la société, celle d'une serveuse dans le restaurant où son mari a laissé une belle ardoise. Mais la vie étant ce qu'elle est, Mme Otami comprendra dans sa chair que tout a un prix...
L'écriture est belle mais enduite d'un pessimisme assez terrifiant. La société japonaise est très codifiée, complexe à appréhender, et la force du récit est de nous faire ressentir cela à partir d'une histoire somme toute banale mais qui recèle en son sein les abîmes de la nature humaine.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ericboericbo   20 juin 2017
Depuis que je suis né, je ne pense qu'à la mort. Et pour tout le monde, ce serait bien mieux que je le sois. Cela ne fait aucun doute. Mais malgré tout, je n'arrive pas à mourir. Il y a quelque chose d'étrange et de terrifiant, comme un dieu, qui ne veut pas me laisser mourir.
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ericboericbo   20 juin 2017
J'ai pris mon fils, l'ai déposé dans la pièce du fond pour qu'il s'amuse tout seul et je me suis mise d'arrache-pied à la tâche. Mon fils est habitué depuis toujours à jouer seul, aussi ne nous dérangeait-t'il absolument pas. En outre, peut-être parce qu'il est stupide, il n'est pas intimidé par les étrangers et il souriait à cette femme. Pendant que j'étais sortie pour aller chercher à sa place des produits de rationnement destinés à la maison, elle lui a donné des boîtes de conserve américaines pour qu'il joue avec, ce qu'il a fait gentiment en effet, les tapant et les roulant dans un coin de la pièce.
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flou_mflou_m   15 mars 2013
Le lendemain à l’aube, cet homme m’a forcée avant que j’aie le temps de faire quoi que ce soit. Ce jour-là, mon fils sur le dos, je suis néanmoins allée au travail comme si rien n’était arrivé. Mon mari était en train de lire le journal à une table, une coupe de saké posée devant lui. Les rayons du soleil matinal donnaient sur la coupe, et j’ai pensé que c’était très joli.
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ericboericbo   20 juin 2017
Pourtant la vie humaine est un enfer, qui apporte plus de mal que de bien, comme on dit, et c'est tout à fait vrai, un petit bonheur est toujours accompagné d'un malheur plus grand. Celui qui, sur trois cent soixante-cinq jours, connaît une journée sans le moindre souci, ou ne serait-ce qu'une demi-journée, est un homme heureux.
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Video de Osamu Dazaï (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Osamu Dazaï
Ryoko Sekiguchi Patrick Honoré le Club des gourmets et autres cuisines japonaises. Traduire. Où Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré tentent de dire de quoi est composé "Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises", présenté par Ryoko Sekiguchi, et comment a été traduit du japonais ce recueil de Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun?ichirô Tanizaki traduits par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré, à l'occasion de sa parutuion en #formatpoche aux éditions P.O.L et où il est question notamment de la traduction à deux mains, de Patrick Chamoiseau et de mangas,et des mots pour dire la nourriture et la cuisine. "Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais?! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Tanizaki, Dazai, Kafû du XIIe siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine."
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