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Gaston Renondeau (Autre)Hélène de Sarbois (Autre)
EAN : 9782070708475
210 pages
Éditeur : Gallimard (02/01/1987)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Une femme de l'aristocratie nippone doit quitter pendant la guerre son hôtel particulier de Tokyo pour aller vivre modestement dans un petit chalet de montagne. Sa fille, Kazuko, mobilisée, travaille la terre. Son fils, Naoji, revient de la guerre intoxiqué par la drogue. Le frère et la sœur se durcissent contre le malheur des temps et clament leur révolte et leur désespoir. Tels sont les "gens du Soleil couchant" (lancée par Osamu Dazai, cette expression a fait for... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  23 janvier 2019
Soleil couchant, c'est le titre de ce roman mais c'est également une expression qui s'applique à l'aristocratie japonaise, en déclin après la Seconde guerre mondiale. Certains possèdent des titres de noblesse mais pas tous n'ont le raffinement, le ton, le maintien, tout ce qui symbolise et représente un aristocrate. Mais les temps sont durs et certains, s'ils possèdent toutes les qualités requises, n'ont plus les moyens financiers qu'ils avaient. C'est le cas de la famille de Kazuko. Cette jeune femme au tournant de la trentaine, divorcée, éprouvée par des amours malheureux ou incompris, est retournée vivre chez sa mère malade dont elle s'occupe dans le plus grand dénuement. le père est décédé il y a un certain temps. le frère Naoji est revenu de la guerre drogué et alcoolique, lui soutirant de l'argent.
J'aime beaucoup les romans qui dépeignent les fins de règne, quand des gens s'accrochent aux traditions propres à des époques révolues. Soleil couhant est exactement cela. Sans argent ni qui que ce soit pour accorder de la valeur à leur noblesse, Kazuko et sa famille sombrent dans la déchéance. Ils sont malmenés par une vie qui ne leur fait plus de place, qui n'a plus de sens pour eux. Cette histoire, c'est aussi celle de l'auteur lui-même, Osamu Dazai. le parcours de Naoji ressemble au sien (aristocrate, mère malade, études délaissées, alcool) et ses préoccapations le rejoignent (les pensées suicidaires). Et il y a aussi un peu de Kazuko en lui, je suppose. Tous des âmes sensibles.
Justement, il se dégage du roman Soleil couchant une grande sensibilité, tellement qu'on ne peut en vouloir aux personnages pour les choix qu'ils font. Leur histoire, c'est celle de beaucoup de Japonais aux prises avec le poids des tradition, le choc d'une société en mutation, la quête de l'amour et, surtout, le désespoir d'une génération. Touchant ! Un roman fascinant et pertinent pour comprendre je Japon de l'après-guerre.
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Murasaki
  25 septembre 2019
"Le mont crépitant", recueil de contes remaniés par Osamu Dazai, m'avait intriguée et j'avais regretté qu'il manque un peu de confidences sur le vécu de l'auteur pendant la guerre, sur ses sentiments, etc... Dans "Soleil couchant" je suis servie, les deux protagonistes - un frère et une soeur, aristocrates ruinés - s'épanchent par le biais de conversations, lettres, écrits personnels et pensées. Les deux réflexions suivent leur chemin jusqu'au dénouement - dont je ne dirai rien. Nous sommes dans ce roman, à l'intersection de deux Japons, celui d'avant et celui d'après la guerre et nos héros font partie de cette classe de la société qui ne trouve plus sa place dans ce pays. Les deux personnages sont des êtres à l'esprit élevé, bien que certains de leurs actes semblent le démentir, on sent la complexité de leur réflexion, de leurs aspirations, et un peu de naïveté parfois. J'ai beaucoup aimé l'exploration de ces âmes, cette délicatesse et cette précision dans l'écriture. le texte est très beau, je suppose donc que la traduction est fidèle à la version originale. On devine, à travers ces personnages de fiction, la sensibilité de l'auteur. Juste un petit bémol : c'est un roman que je ne conseillerai pas pour faire connaissance avec la littérature japonaise, car il y a certains petits détails déconcertants qui auraient mérité une petite note de bas de page pour les expliquer. Je pense par exemple à ce personnage féminin : Chie, que sa patronne appelle Chieko, ajoutant le suffixe Ko qui marque la familiarité avec une jeune fille ou une enfant. Petit détail, il est vrai mais il aurait mérité une explication ; il y en a d'autres et ça peut être rebutant quand on n'est pas habitué. D'ailleurs, le sujet en lui-même, ce Japon entre mort et résurrection, s'adresse à mon avis à des lecteurs motivés. Pour ma part, j'ai beaucoup aimé, et surtout j'ai été très touchée par ce roman qui m'a un peu rappelé "Nuages flottants" de Fumiko Hayashi, autre roman tragique du Japon d'après-guerre.
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lauredanse
  29 avril 2013
Une famille d'aristocrates se voit ruinée à la fin de la seconde guerre mondiale. « Tels sont les gens du Soleil couchant » (lancée par Osamu Dazai, cette expression a fait fortune au Japon, au point de qualifier aujourd'hui, jusque dans les dictionnaires, les membres déchus de l'aristocratie) (extrait de la quatrième de couverture). Elle doit se résoudre à quitter sa luxueuse maison pour déménager dans un chalet de montagne plus sobre. Cette famille est composée de la mère et de Kazuko, la fille. « A présent, Mère était ruinée. Elle avait tout dépensé pour nous, pour Naoji et pour moi-même, sans nous refuser un yen, et elle était forcée de quitter la maison où elle avait passé tant d'années, pour entreprendre une vie de misère dans un pavillon, sans la moindre servante. » le père est mort dix ans auparavant et le fils, parti dans les îles du sud pacifique n'a pas donné de nouvelles. Jusqu'au jour où l'oncle Wada leur apprend qu'il est toujours en vie et qu'il va revenir une fois qu'il sera désintoxiqué de toutes ses drogues. En effet Naoji est un drogué et ce depuis longtemps.
C'est vraiment très dur pour la mère de partir ainsi : « Je vais à Izu parce que tu es avec moi, parce que j'ai charge de toi. (…) – Et que feriez-vous si vous ne m'aviez pas ? demandai-je malgré moi. Mère fondit en larmes. – Je n'aurais rien de mieux à faire que de mourir. Je voudrais mourir dans cette maison où ton père est mort. » Kazuko, la narratrice, comprend alors le désespoir « Pour la première fois de ma vie, je réalisai quel enfer horrible, lamentable et sans espoir de salut représente la ruine. » Les débuts sont difficiles, Kazuko provoque un incendie sans le vouloir et c'est pour elle un terrible déshonneur. Elle aurait pu mettre le feu à tout le village alors de maison en maison elle va présenter ses excuses et remettre une liasse de billets. Elle ira travailler dans les champs, elle a été mobilisée, et Naoji reviendra. Mais que de façon ponctuelle car il ira ensuite régulièrement à Tokyo pour s'alcooliser avec un certain Monsieur Uehara Jirô, auprès duquel il contractera des dettes. Kazuko rencontrera cet homme une fois et elle tombera amoureuse de lui. Cependant cet homme l'ignorera sans répondre à ses lettres. La mère a des problèmes de santé et petit a petit son état se dégradera.
Dans ce roman très bien écrit, on nous parle du désespoir humain, de la condition de ces aristocrates déchus avec la seconde guerre mondiale, où l'aristocratie prendra un sacré coup de scalpel. Comment se comporter, comment vivre lorsqu'on perd son statut, sa richesse. Comment se recréer des repères quand les valeurs ne sont plus les mêmes et que tout ce que nous connaissions s'envole en fumée. Comment vivre avec la peur de l'avenir ? La force de garder certaines traditions de noblesse. On y parle aussi du désir vital pour une femme d'avoir un enfant et de tout ce qu'elle est prête à faire, aussi par amour. Ici on trouve toute la volonté de vivre de Kazuko et de sa croyance en l'avenir et tout le désespoir de son frère. Une souffrance de vie. La jalousie entre un frère et une soeur. Une écriture qui dépeint parfaitement le trouble de cette période difficile et transitoire au Japon, les émotions des personnages, leurs malaises et leurs préoccupations.
Et sans dire de qui il est, il faut savoir que dans ce roman est écrit un testament qui est, selon moi, une merveille d'écriture et qui relate parfaitement les errances mentales et la guerre intérieure d'une personne. On retrouve aussi dans ce roman l'expression parfaite de la déchéance physique pour certains mais aussi l'amour tortueux, l'amour plein, l'amour assouvi, l'amour secret ou encore l'amour platonique. L'amour familial est, de même, très présent dans cette histoire. Et tout ceci dans une société en pleine mutation. Cette histoire écrite par Osamu Dazai est forte de signification quant à un pan de l'histoire du Japon. C'est un livre de dramaturge, il est à prendre comme tel, une lecture très intéressante d'après moi. La plume y est parfois poétique et parfois violente. On y perçoit toute le tumulte, les tourments et la souffrance de cet auteur, suicidé alors qu'il n'avait pas encore 40 ans. Mais ici une personne essaie de s'en sortir, une raison de vivre non négligeable, mais je ne peux vous en dire plus…
Lien : http://madansedumonde.wordpr..
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Sharon
  13 décembre 2015
Soleil couchant est un très beau roman, sur la fin d'une époque et d'une caste. Kazuko, sa mère, son frère, sont des aristocrates et n'ont plus leur place dans la société japonaise, en train de se reconstruire après la seconde guerre mondiale. Non parce qu'ils n'ont plus les privilèges auxquels ils avaient droit, mais parce que plus personne ne reconnait leur raffinement culturel, leur extrême sensibilité. Il faut dire aussi que les enfants ont été littéralement broyés, soit par leur expérience d ela guerre (Naoji) soit par leur expérience de l'amour (Kazuko). Si le garçon perd pied, dans cette société qui n'a plus de place pour lui, la fille fait face et croit encore en un avenir possible.
Soleil couchant : un roman simple, à l'écriture ciselé, à lire pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur le Japon d'après guerre.
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lacazavent
  06 mai 2012
C'est un très beau roman sur la fin d' une époque, et la fin d' une société. le conflit des deux générations celle de la mère et de ses enfants face aux changements de leur époque est peint avec un soin tout particulier par petite touche. La fin est inexorable, on ressens bien vite qu' elle sera dramatique. C'est un récit qui nous confronte à des sentiments pour le moins différents. Autant il peut y avoir dans l'écriture une tendresse, une délicatesse, autant le texte se fait parfois violent tant le décalage des valeurs tant les contrastes entre une vie fidèle aux traditions, un monde bouleversé par la défaite japonaise et une vie d'artiste avec ses errances sont important.
Un roman emblématique, la formule « soleil couchant » est semble-t-il passé dans le langage courant, très intéressant et riche d'enseignement dont le propos à mon sens va bien plus loin que l' incarnation et le récit d' un moment d'évolution de la société japonaise
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
lauredanselauredanse   29 avril 2013
Je me demande si nous sommes à blâmer, après tout. Est-ce notre faute si nous sommes nés aristocrates ? Simplement parce que nous sommes nés dans cette famille, nous sommes condamnés à passer notre vie entière dans l’humiliation, les excuses et l’abaissement, comme tant de Juifs.
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art-bsurdeart-bsurde   10 octobre 2013
Ces gens avaient des torts. Mais peut-être, comme il en est pour mon amour, peut-être ne pouvaient-ils se maintenir en vie qu'en vivant de cette manière. Si il est vrai que l'homme, une fois qu'il est né au monde, doit d'une façon ou d'une autre continuer à vivre, peut-être l'apparence qu'il revêt afin d'en venir à bout, même si sa vie est aussi laide qu'elle le parait, peut-être cette apparence ne doit-elle pas inspirer le mépris. Vivre sa vie. Vivre. Entreprise d'une effroyable immensité, devant laquelle on ne peut que suffoquer d'appréhension.
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lauredanselauredanse   29 avril 2013
Sensation de désespoir, comme s’il était absolument impossible de continuer à vivre. Des vagues douloureuses battent sans cesse sur mon coeur, comparables aux nuages blancs qui, après un orage, courent avec frénésie sur le ciel. Une terrible émotion – dirai-ji une appréhension ? – me tord le coeur et ne le lâche que juste à temps, rend mon pouls arythmique et me coupe le souffle. Par moments, tout devient brumeux et noir devant mes yeux et je sens la force de tout mon corps s’échapper par le bout de mes doigts.
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art-bsurdeart-bsurde   10 octobre 2013
J'étais également assoupi quand je sentis que quelqu'un étalait doucement une couverture sur moi. J'ouvris les yeux tout grands et la vis assise, tranquille, sa fille entre ses bras, devant la fenêtre, se découpant sur le ciel bleu clair propre aux soirs d'hiver à Tokyo. Son profil pur, une esquisse tracée avec l'éclat d'un portrait de la Renaissance tranchait sur l'arrière-plan bleuâtre du ciel lointain. Ni coquetterie ni désir ne s'étaient mêlés à la gentillesse qui l'avait poussé à jeter une couverture sur moi. Peut-on ranimer le terme "humanité" pour qualifier pareil moment ? Elle avait agi sans presque se rendre compte de ce qu'elle faisait, naturel avait été son geste de sympathie pour un autre et, à présent, elle fixait du regard le ciel lointain, dans une atmosphère d'immobilité exactement pareille à celle que dégage un tableau.
Je fermai les yeux. Je me sentis submergé par une vague d'amour et de désir. Les larmes filtrèrent entre mes paupières et je tirai la couverture jusqu'au-dessus de ma tête.
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SachenkaSachenka   21 janvier 2019
Je sais que l'aristocratie n'est plus ce qu'elle était ; mais, si de toutes manières elle doit périr, je souhaite qu'elle tombe aussi élégamment que possible.
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Video de Osamu Dazaï (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Osamu Dazaï
Ryoko Sekiguchi Patrick Honoré le Club des gourmets et autres cuisines japonaises. Traduire. Où Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré tentent de dire de quoi est composé "Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises", présenté par Ryoko Sekiguchi, et comment a été traduit du japonais ce recueil de Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun?ichirô Tanizaki traduits par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré, à l'occasion de sa parutuion en #formatpoche aux éditions P.O.L et où il est question notamment de la traduction à deux mains, de Patrick Chamoiseau et de mangas,et des mots pour dire la nourriture et la cuisine. "Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais?! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Tanizaki, Dazai, Kafû du XIIe siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine."
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