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EAN : 9782070709847
156 pages
Gallimard (04/05/1987)
3.51/5   42 notes
Résumé :
À quel moment de son existence un homme découvre-t-il que la perte des jouets de sa vie - une canne d'alpiniste, une statuette de corail - l'affecte plus que la perte de la femme aimée ? Et a-t-il vraiment perdu ces objets ou ne l'ont-ils pas plutôt quitté comme on abandonne un navire en détresse avant qu'il sombre ? Gilbert Audubon est un homme sain que la vie a gâté, qui aime les plaisirs autant que les risques et les efforts, et qui rêve d'amours au dessin parfai... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Peteplume
  28 juillet 2021
Je ne connaissais rien de l'auteur si ce n'est le nom qui me semblait célèbre. N'ayant rien lu de lui, j'ai d'abord voulu combler une lacune dans ma culture. D'entrée de jeu, j'ai été horripilée par le style ampoulé et le vocabulaire choisi par ce qui m'a paru une forme de pédanterie. Et le personnage m'a été tout à fait antipathique, son côté Vielle-France et prétentieux, son donjuanisme, tout m'exaspérait et je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il d'agissait d'un récit partiellement autobiographique. Je reconnais cependant, a posteriori, beaucoup de qualité littéraires à l'écrivain et, même s'il m'a beaucoup agacée, je pense retourner visiter sa production pour me faire une idée moins parcellaire. À suivre, donc…
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laurentmone
  21 août 2016
Ce livre très concis est d'un grand intérêt. L'auteur évoque l'histoire d'une rupture sentimentale mais sans verser dans le pathos. Bien au contraire. le personnage porte une regard plein de bienveillance. Et sa vision du monde est très réconfortante.
L'auteur fait vivre le récit avec intelligence. La surprise est au détour de chaque page. Malgré l'apparente noirceur du récit, on prend beaucoup de plaisir. La description de la nature et l'ancrage dans une réalité humaine nous parle. Michel Déon réussit à nous proposer une histoire intéressante dans un style qui n'appartient qu'à lui.
Le monde selon Michel Déon vaut le détour.

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lecassin
  03 mars 2012
Un homme, au soir de sa vie bien remplie fait l'expérience de la solitude. A un moment où les souvenirs s'érodent, où les visages des disparus s'estompent, Gilbert Audubon constate avec une sérénité doublée de fatalisme que les objets, à l'instar des souvenirs, eux aussi, finissent par quitter le navire... Perdus ? En fuite ?
Michel Déon nous livre à travers ce court roman, les inquiétudes tendres et nostalgiques d'un quasi septuagénaire gâté par la vie qui voit s'enfuir ses souvenirs, tels des rats quittant le navire, engagé qu'il est dans "la montée du soir"...
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ADAMSY
  16 juin 2014
L'auteur raconte les quelques jours d'un homme : celui-ci perd d'abord une canne lors d'une ascension en montagne, il retrouve un corail cassé par terre (dans lequel il voyait une fouine) et pour finir, son chien casse un plat ancien venant de sa famille. Il tenait à ces différents objets et sa pensée est obnubilée par la perte de ceux-ci. Quand il apprend que sa maîtresse qu'il adore l'a quitté pour un autre homme complètement inintéressant, il reste indifférent à la nouvelle, mais ne comprend pas sa propre réaction. Il finira par réagir et recherchera l'affection de sa femme puis d'une autre femme de connaissance. Elle tient une auberge au pied de la montagne où il se rend de temps en temps pour ses promenades en solitaire. Puis la souffrance apparaît sous toutes ses formes...
De ces quelques jours, l'auteur en fait un roman ! C'est passionnant et très bien écrit.
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Wyoming
  27 avril 2018
Magnifique roman de Michel Déon sur la solitude, le détachement progressif, ou pas, des objets inanimés que l'on aime et qu'il faudra quitter. Beaucoup de nostalgie quant aux souvenirs du héros du livre, nostalgie hélas transmissible au lecteur par le talent mélancolique de Michel Déon. Accepter le fatum, que c'est dur!
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
fanfan50fanfan50   26 novembre 2018
Le 31 décembre au soir, Gilbert est allé presque à contrecoeur chez les Z. qui ont exceptionnellement invité Rhadamanthe. Ils se sont tous assis par terre devant le feu de bois de la cheminée. Une inconnue, dont il n'a d'abord pas compris le nom, mais qui s'est révélée par la suite être Angèle Quelque Chose, a placé un pouf à côté du sien. Ils ont peu parlé, échangé des cigarettes et du feu. Gilbert s'étonnait qu'elle fut l'exact négatif de Marie : cheveux blonds et yeux noirs, une peau mate contre une peau blanche qui résistait à tous les bronzages. De temps à autre, Angèle passait la main sur la tête de Rhadamanthe affalé entre eux. Si, à cette occasion, leurs mains se sont rencontrées une fois, c'est bien tout, et par inadvertance. Un moment, une jeune femme a dit quelque chose sur les hommes et Angèle s'est tournée vers Gilbert pour murmurer : "Les idées générales sont un réservoir inépuisable d'idioties." A minuit, au cours des embrassades, Gilbert a su dans la seconde où sa joue a rencontré la joue d'Angèle, où ses lèvres l'ont effleurée qu'il venait d'entrer aveuglément dans une zone de totale insécurité : il aimait.
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CielvariableCielvariable   13 janvier 2019
Vient un moment de la vie – mais lequel ? il diffère pour chacun, très tôt pour les uns, très tard pour les autres, parfois jamais pour de rares élus comblés, mourant les mains, la mémoire et le cœur pleins –, vient donc un moment de la vie où nous nous apercevons que les amitiés, les amours, les sentiments et jusqu'aux mots et aux noms que nous croyons perdre par une sorte de maladresse déprimante, en réalité nous quittent d'eux-mêmes, animés d'une sournoise volonté de fuite.
+ Lire la suite
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ADAMSYADAMSY   16 juin 2014
Disparaître n'est rien, mais ne pas laisser de traces, si vaines soient-elles, est une intolérable punition. or, qu'abandonner derrière soi, de plus durable que des larmes _ même à supposer qu'elles soient sincères _ , si ce n'est des objets : les uns enfantins comme un vieil ours mité, un bol ébréché, un plumier laqué, un foulard de boy-scout, une médaille de sauvetage ; les autres rappelant des conquêtes, comme une rose de sable du désert mauritanien, un edelweiss du pic du Midi maintenant séché entre deux plaques de verre, et, en particulier, une formation madréporique pêchée en mer Rouge, une étrange figure, rose sous l'eau, blanchie à l'air, qui représente selon un certain angle quand Gilbert est assis dans son fauteuil, une fouine dressée sur ses postérieurs, la gueule de profil, l'oeil noir, l'oreille courte ?
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lecassinlecassin   03 mars 2012
Vient un moment de la vie - mais lequel ? il diffère pour chacun, très tôt pour les uns, très tard pour les autres, parfois jamais pour de rares élus comblés, mourant les mains, la mémoire et le cœur pleins -, vient donc un moment de la vie où nous nous apercevons que les amitiés, les amours, les sentiments et jusqu'aux lieux et aux mots que nous croyons perdre par une maladresse déprimante, en réalité nous quittent d'eux mêmes, animés d'une sournoise volonté de fuite.
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CielvariableCielvariable   13 janvier 2019
Quelques arbres gisaient encore bloqués par des éperons rocheux dans une mêlée confuse, noyés qui, en un moment de terreur, se sont agrippés les uns aux autres, entrelaçant leurs branches. Plusieurs hivers de neige ont blanchi les troncs dont la teinte délavée rappelle celle du bois vomi par la mer sur les plages. D'autres sapins, en basculant. ont soulevé des mottes de racines maintenant mortes, énormes nœuds inextricables de tentacules, têtes de méduses pétrifiées.
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Vidéo de Michel Déon
Des messages portés par les nuages : lettres à des amis Jean d'Ormesson Jean-Luc Barré, Martin Veber Éditions Bouquins
Recueil de lettres reflétant la grande diversité des correspondants de l'écrivain français : Marguerite Duras, Michel Déon, Raymond Aron, Jacques de Lacretelle, Jean-François Brisson, Roger Callois, Jeanne Hersch, Claude Lévi-Strauss, Simone Veil, Michel Debré, entre autres. Un dévoilement des jugements littéraires de l'auteur, de ses admirations, de son intimité et de son engagement d'écrivain. ©Electre 2021
https://www.laprocure.com/messages-portes-nuages-lettres-amis-jean-ormesson/9782221250051.html
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