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EAN : 9782070360710
513 pages
Éditeur : Gallimard (07/04/1972)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 132 notes)
Résumé :
Un an avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le hasard réunit à Cambridge quatre étudiants, trois Britanniques et un Français. Un cinquième, français aussi, deviendra leur historiographe, le témoin et le confident de leurs vies chaotiques dans les pires épisodes de la guerre froide.

Le roman tient son titre d'une vision poétique, bref répit dans le Londres pilonné par les Allemands. La mort y frappe à l'aveuglette et Georges Saval s'évade pour ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  10 janvier 2019
Michel Déon excelle quand il s'agit de faire traverser l'Histoire avec un grand H à son héros, ou à ses héros, comme ici.
Tout commence alors que la seconde guerre mondiale est devenue une évidence ; les années 30 finissantes, Cambridge… Quatre jeunes gens se lient d'amitié : Georges, le français, Cyril, Horace et Barry, les britanniques. Un « groupe » de jeunes plus ou moins hétéroclite − tels « les hussards » auxquels Déon a été assimilé, à son corps défendant − dont le point commun et ciment, semble leur professeur Dermot Dewagh.
Et Sarah ? la femme de Georges : une femme comme il s'en trouve tant dans l'oeuvre de Déon ; élégante, libre, sulfureuse.
Des personnages qui traverseront plusieurs guerres, de la seconde guerre mondiale à la guerre d'Algérie… La guerre froide… et le monde dans tous les sens : Georges a rejoint Horace dans les services secrets.
Le monde… Il faut dire que chez Déon, il y a toujours un personnage en filigrane : le cadre. Que ce soit le New Forest et ses « Poneys sauvages » au sud de l'Angleterre, ou la Grèce, l'Italie, Aden, l'Irlande, le cadre participe grandement à la saveur de la prose de l'auteur…

Un pavé, le premier de l'auteur d' « Un taxi mauve », autre pavé et du « Jeune homme vert », dont la structure narrative joue astucieusement entre le narratif « pur » et l'épistolaire, comme si la forme devait s'accorder avec les personnages, amis comme l'huile et le vinaigre dans la vinaigrette…
Un Déon sans amitié virile ? Connais pas. Une amitié virile traversée par quelques femmes libres, attachantes, attirantes… somptueuses…
Une lecture ancienne, une de mes premières de Déon, dont il me reste des souvenirs d'un style incomparable.
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Nuageuse
  17 janvier 2017
Je profite de l'annonce de la mort de Michel Déon pour me plonger dans son oeuvre. J'en avais entendu parlé avant mais sans me pencher sur son oeuvre.
Chose faite avec Les Poneys sauvages.
Le livre est principalement axé sur la vie de Georges Saval, ami de l'auteur, journaliste de son métier qui l'à entraîné dans les renseignements et l'espionnage. Georges Saval est un journaliste qui veut faire entendre la vérité : pendant la seconde guerre mondiale, pendant celle d'Algérie... mais on etouffera ses articles.
Autour de lui gravite des personnages plus ou moins attachants avec qui il n'a pas forcement gardé contact : Barry et Ho alias Horace rencontrés en Angleterre auprès du professeur Dermot Dewagh, à qui il écrira jusqu'à la mort de ce dernier et habitera dans sa maison, Sarah, sa femme, bien qu'elle ne vit plus avec lui et a de nombreux amants, ils ont eu un fils : Daniel et d'autres personnages plus ou en moins en filigrane.
L'auteur/narrateur est présent quand il raconte ses souvenirs : la venue de Horace et Cyril (mort jeune sur une plage à Dunkerque) à Florence où ils ont volé un tableau, sa rencontre avec Barry sur une île grecque, ...
Michel Déon est un conteur et j'ai vraiment eu l'impression d'être à cette époque (que je n'ai pas connue) et avec ses personnages.
Je vais commencer Un Taxi mauve pour ne pas quitter sa plume de sitôt !
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jmb33320
  02 décembre 2018
C'est pour moi un premier contact avec l'oeuvre de Michel Déon que cette lecture. J'en ressors plutôt admiratif de son style mais vraiment réservé sur ses convictions et sa vision de l'humanité. le narrateur de ce roman me semble être un pur reflet de l'écrivain lui-même, ce qui nous vaut trop souvent de bien détestables remarques, qui m'ont heurté.
Quatre jeunes hommes se lient d'amitié dans le Cambridge de la fin des années 1930, un français, Georges et trois britanniques Cyril, Horace et Barry. Enfin, deviennent amis c'est vite dit car chacun a sa part d'opacité et on ne peut pas dire qu'ils forment un groupe uni. Ce qui est certain c'est que cette année passée à Trinity College, et les liens qu'ils ont noués, les suivront tout au long de l'âge adulte. Deux autres personnages auront beaucoup d'importance dans le récit, le narrateur et un de leur professeur d'université, Dermot.
Roman paru en 1970 (prix Interallié), « Les poneys sauvages » m'a paru très bien construit. Sur le fond en revanche il est le reflet de son époque de parution, encore marqué par les fantômes des années trente, de la seconde guerre mondiale et de la guerre froide alors encore virulente.
Les personnages féminins n'ont guère le beau rôle ou bien sont traités avec beaucoup de misogynie, à l'exception de celui de Sarah, femme très libre, insaisissable amante. Si elle trouve grâce aux yeux du narrateur c'est parce qu'elle est dotée d'un caractère semblable à ceux des hommes. Elle ne s'embarrasse de rien ni de personne, à commencer de l'enfant qu'elle a eu de Georges et dont elle ne voulait pas.
Je comprends mieux les polémiques qui ont suivi la mort de Michel Déon, au sujet de sa sépulture à Paris. Visiblement ses textes n'ont rien perdu de leur caractère urticant. Ce n'était pas une lecture plaisante et je n'ai pas envie de poursuivre avec un autre de ses romans. Mais je lui reconnais du style.
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TableRonde
  06 juin 2016
J'aime beaucoup Michel Déon.
j'aime sa plume, sa manière si personnelle à évoquer ses souvenirs, à décrire des paysages.
Si je devais donner une préférence, c'est aux Poneys sauvages qu'elle irait, sans aucun doute. Pourtant j'ai lu ce livre il y a bien longtemps, mais il reste en moi comme un souvenir de lecture un peu rare, en fait beaucoup trop rare.
Nul doute qu'un jour je rouvrirai ce livre (alors que je ne suis enclin à ce type d'exercice). Je doute qu'il me vienne à tomber des mains.
J'ai des images encore très précises du Yémen, d'Irlande bien sûr.
J'ai vu avec surprise qu'un lecteur de Babelio ait pu mettre une seule étoile à l'un de ses romans. Bien sûr il en a tous les droits, mais même pour un roman mineur, Déon ne peut pas mériter qu'une seule étoile.
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Marcuyttendaele
  09 novembre 2019
J'avais aimé ce livre il y une quarantaine d'années. Je l'ai relu. Bien sûr, il est admirablement écrit. Michel Déon a la justesse d'écriture des excellents romanciers et on se plait à sa balader dans le monde l'après-guerre, essentiellement en Europe. Les personnages sont bien ceux de l'époque, marquée de manière indélébile par la guerre froide. Entre, pour certains, et en particulier le narrateur, un dilettantisme un peu daté et, pour d'autres, la recherche d'un idéal et d'un sens à l'existence, il y a finalement un propos sur l'errance. Après la guerre, il n'y a plus la guerre et plus rien n'est simple. Il n'en demeure pas moins que la lecture demeure fastidieuse, lassante parfois et que le lecteur éprouve, à la marge, un sentiment de rendez-vous manqué.
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   12 février 2015
Si vous écrivez : » trois années austères », j’ai l’impression que vous effacez le sourire de Joan, ses lèvres pâles et la voix enrouée qui me la fit aimer. Nous nous échappions pour les week-ends, prenant les trains du Hampshire. A Calgate, un tilbury nous attendait, conduit par une extraordinaire vieille ancienne écuyère de cirque qui fumait la pipe. Elle prétendait avoir été la maîtresse d’Edouard VII au début du siècle, ce qui n’aurait pas été une performance extraordinaire si elle n’y avait pas ajouté Léopold II de Belgique. Les deux s’étaient succédé dans son lit, à Paris, un même après-midi et miss Rose Huntington, en le racontant, demandait chaque fois dans son français charmant nourri d’un argot démodé : « En connaissez-vous beaucoup d’autres qui aient attelé à deux rois un même jour ? » . Ce passé galant autorisait Rose à nous donner – foin d’hypocrisie – une chambre unique dans son auberge de la New Forest perdue parmi les bois où galopaient des poneys sauvages. Il me suffit de soulever encore en pensée la fenêtre à guillotine pour revoir au petit matin la brume argentée de la clairière, le ciel blanc au dessus des arbres et, broutant l’herbe éclatante de rosée, les poneys aux long poils humides, brillants comme de la soie. Le souffle retenu, je restais immobile, buvant l’air froid jusqu’à ce qu’un des poneys m’aperçût et se mît à hennir. Alors le troupeau redressait la tête dans ma direction, et après un court frémissement de l’échine, trottait vers la lisière de la forêt où il s’arrêtait encore quelques secondes avant de disparaître.
– J’ai froid ! disait Joan.
Je baissais la fenêtre et gagnais, glacé, le lit où reposait mon amie, nue et tiède, la nuque à plat sur le matelas, les yeux grands ouverts.
– Vous allez attraper la mort! répétait-elle chaque fois.
– Joan, ce sont les premiers poneys sauvages que je vois et peut-être les derniers. Nous allons vers un monde où il y aura de moins en moins de poneys sauvages.
– Ce n’est pas une raison pour attraper la mort.
Ce fut elle qui l’attrapa ou plutôt la mort qui la rattrapa et la pulvérisa dans la grosse Rambler vert olive qu’elle conduisait à Londres pour un quelconque état-major.
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lecassinlecassin   02 septembre 2017
Le jour de mon départ, nous nous sommes longuement serré la main. Ce n'est pas un de ces imbéciles qui vous broient les phalanges pour vous faire croire à leur franchise. Non il préfère un chaud contact, paume contre paume, l'enveloppante caresse de l'amitié. On ne lui échappe pas. Sa méfiance naturelle une fois évanouie, son regard dit tout. Figurez-vous que je suis très fier de lui avoir plu, d'avoir été, du moins en certaines circonstances, à sa hauteur. Il m'a fait don d'un peu de son courage et auprès de lui, j'ai retrouvé ma qualité d'homme. Naturellement, il était tard aux yeux des autres, aux yeux de Daniel surtout, mais je ne quête plus d'autre approbation que la mienne.
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enkidu_enkidu_   20 juin 2017
Le communisme était encore, en cette année 51, la seule tentation logique et raisonnable depuis la fin de la guerre dont il sortait grand vainqueur, auréolé d’un prestige immense volé en majeure partie aux obscurs héros de la lutte souterraine et aux combattants sans étiquette des maquis. Certes, le communisme forçait la note, mais il y était obligé au niveau des militants pour recouvrir du voile de l’oubli la criminelle collusion avec l’Allemagne. Pour les uns, il relevait le flambeau du nazisme vaincu dont la disparition laissait comme une horrible nostalgie dans le cœur des révolutionnaires. Pour les autres, il refusait le monde aveuli qui avait permis cette dernière guerre. Rien ne pouvait être pire que l’angoisse et la peur dans laquelle nous avions vécu. Rien. Et on ne nous proposait que de vieilles solutions où le matérialisme s’appelait bien-être. Matérialisme pour matérialisme, celui du communisme avait au moins le mérite d’être franc et inspiré par l’enthousiasme et la fraternité. Évidemment, il ne fallait pas trop regarder du côté des dirigeants, de vieux routiers bouffis et despotiques, prompts à se renier, ni du côté des intellectuels prodigues du sang des autres, mais tous les jeunes militants – la jeune vague – débordaient de force, de vie, d’ardeur et de générosité ; et même si cette générosité s’avérait terriblement partiale, si elle ne servait que les victimes communistes et couvrait d’un monceau d’ordures imbéciles les victimes du communisme infiniment plus nombreuses, elle était encore de la générosité. Nous le savions bien que les vieilles structures craquaient et qu’il fallait les remplacer. Mais devait-on se confier aux technocrates qui préparaient, au nom de la morale, un monde d’une amoralité parfaite, ou aux communistes qui préparaient au moyen de l’amoralité un monde moral qu’ils prétendaient parfait ?

Oui, jamais la tentation n’avait été aussi forte qu’en ces années et si à quelques-uns nous butions alors, c’était à cause d’une idée surannée, une vieille lune qui s’éloignait, l’idée de la Liberté. Elle avait opposé Proudhon à Marx. Marx lui-même en avait souffert à l’intérieur de son propre système au point qu’on voyait la liberté apparaître dans les écrits de jeunesse, disparaître dans Le Capital, resurgir dans l’exaltation de La Commune de Paris, puis mourir, étouffée au nom des nécessités de l’action, dans La critique du programme de Gotha. Naturellement, Marx était un fourre-tout, une auberge espagnole, mais il avait eu la prescience du poids terrible que pèserait sur nous la société moderne industrielle. Nous lui rendions cette justice qui en vaut bien d’autres, et sous son nom nous reconnaissions que les militants étaient unis par une enthousiaste et profonde fraternité. « Camarade » restait le plus beau titre dont on pouvait saluer un homme.
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Nastasia-BNastasia-B   03 décembre 2014
- La justice immanente ? Qui t'a parlé de ça ? [...]
- Vous me désapprouvez ! dit-il avec une telle déception dans la voix que j'en fus bouleversé.
- Non et oui. Il est juste que tu défendes ta maman même si tu ne la connais presque pas, et il faudra toujours que tu la défendes, mais tu ne dois pas faire justice toi-même.
- Pourquoi ?
- La loi le défend.
- La loi n'est pas juste.
- La loi est une transaction entre la Justice et l'Injustice. Nous en avons besoin pour vivre en paix.
- Je ne mange pas de ce pain-là.
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jmb33320jmb33320   30 novembre 2018
Le soir ils prirent le train pour Newhaven, puis le bateau pour Dieppe. A minuit, après la douane, Sarah demanda un hôtel. Elle voulait coucher là. Ils passèrent trois jours dans une chambre immense au lit de cuivre. La fenêtre donnait sur la plage et la mer où traînaient encore des péniches de débarquement criblées d’obus et des carcasses de chars. Les mouettes viraient devant leur fenêtre avec des cris plaintifs d’enfants blessés qui les éveillèrent le matin. Ce n’était plus les poneys de la New Forest que Georges contemplait après l’aube, mais le vol lent des oiseaux sur un fond de mer verte mêlée au ciel gris.
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