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ISBN : 2864322536
Éditeur : Verdier (07/05/2003)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :

" C'est à peine s'ils commentèrent la nouvelle quand ils l'apprirent au village, quand le soir attablés à boire leur anis au café de l'Eglise ils évoquèrent la fin prochaine de celui qu'ils n'avaient jamais aimé [...]. Il était loin le temps où lui et sa famille, ceux d'en haut comme nous les appelions, faisaient l'objet de leurs conversations, et ils s'abstinrent de rappeler les vieilles histoires, le mys... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
michelekastner
  01 mars 2015
L'histoire d'une famille retirée et solitaire, un père autoritaire et réservé, réfugié dans le silence, une mère trop tôt disparue, les trois filles qu'une grande affection unit, l'attente et l'espoir d'une vie plus exaltante, les premiers temps de liberté, les premiers émois, avant le désastre, la guerre va bouleverser la vie paisible et figer le temps. Beaucoup de poésie, une écriture exigeante (elle n'est pas sans me rappeler Sylvie Germain dans l'exploration de l'intime) et des textes magnifiques, lumineux, lu avec bonheur, à voix haute.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   13 février 2015
Venir à mon tour m'enfermer dans cette demeure dont la vie paraissait absente, et où tout baignait dans cette atmosphère si confinée et délicate que c'était comme si le moindre souffle allait faire s'envoler, se volatiliser tout ce qui se trouvait là (cette maison où le malheur - l'attente, la crainte puis le souvenir du malheur - ou d'une autre façon que le malheur, cette chose indéfinissable et crépusculaire, cette atmosphère de crainte, d'incertitude et d'inachèvement, avaient imprégné chaque mur, chaque objet, tandis que peu à peu et comme si c'eût été normal, tout le reste avait cédé du terrain, reculé comme devant l'ennemi sur un champ de bataille tout un front d'armée, pour un jour ne plus laisser place qu'à ce qui y était permis, adapté au terrain en quelque sorte comme les végétaux qui ne poussent que dans certaines conditions - car n'était-ce pas cela, n'était-ce pas dans des demeures et des familles comme celles-là que se cultivaient les espoirs déçus et les chagrins, les renoncements et les vastes gâchis?) chaque jour mettre mes pas dans les leurs, refaire étape par étape le chemin parcouru jusqu'à entrevoir parfois au passage ce qu'elles n'avaient ni vu ni seulement soupçonné, comprendre un jour l'incroyable et lente progression de ce qui allait devenir leur destin, n'était pas exempt de danger : pire qu'une obsession ou un ressassement, l'irrésistible avancée dans ce qui, croyais-je, avait été leurs pensées, leurs espoirs et leurs craintes, n'allait-elle pas à mon tour m'en révéler la fascinante et redoutable attraction ?
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michelekastnermichelekastner   13 février 2015
Quand la vieille servante parle de cette époque-là, c'est avec hésitation et même réticence, car ce sont les derniers mois avant que ce qui faisait leur vie ne se disperse, n'éclate comme une bulle de savon, un ballon d'enfant pris dans les ronces ou bien un flacon rempli d'eau gelée oublié sur le rebord d'une fenêtre, de ces choses éphémères dont elles sentaient et redoutaient la fragilité, au plus profond d'elles-mêmes toutes ces incertitudes et le manque de confiance grandissant, sans parler de la crainte vague et inavouée qui lentement avait gagné sur la tranquillité, comme les eaux montantes d'un fleuve peu à peu et sans qu'on y puisse rien se répandent dans la plaine. Cette époque très brève, où jour après jour, et sans avoir l'air de s'en étonner elles (dont la vie en apparence si peu différente de celle qu'elles avaient jusque-là s'écoulait de la même et paisible manière, aussi dépourvue que la plus recluse des existences de ces histoires dont peuvent parler les autres) comprenaient que les choses autour d'elles, lentement et sans retour se défaisaient.
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michelekastnermichelekastner   13 février 2015
Alors comment auraient-elles su lui parler de sa mère autrement qu'en lui montrant certains jours des photos, des habits ou bien, oubliés, relégués dans un coffre ou le tiroir d'une armoire, une poupée sans bras ni cheveux, ou des osselets jaunis qui soudain à être manipulés répandaient autour d'eux une odeur douceâtre et vaguement écoeurante. Comment auraient-elles su lui parler d'autrefois autrement qu'en lui montrant les traces de sa mère, la chambre où elle avait grandi, sa mère enfant, puis adolescente et déjà c'était la guerre, et cette histoire vécue loin d'elles toutes et de sa désapprobation à lui, seule dans le silence d'un amour mille fois interdit. Et fallait-il que ce fût difficile pour que le silence pour toujours tienne lieu de tout. Et l'absence.
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michelekastnermichelekastner   13 février 2015
Peut-être simplement n'avaient-elles pas pris garde au temps qui passait. Elles avaient cru à la lenteur ; il y avait tant d'années devant elles, s'il fallait attendre elles attendraient, et pas plus que s'il s'était agi du temps nécessaire à la venue des saisons ou aux convalescences, elles ne s'en trouvèrent à s'en inquiéter.
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Video de Michèle Desbordes (2) Voir plusAjouter une vidéo

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