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ISBN : 2743624884
Éditeur : Payot et Rivages (03/04/2013)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Être soi-même se révèle parfois une faute, ou une erreur. Il y a une grande différence. La faute est impardonnable, très souvent. L'erreur est rectifiable, si on a le temps pour soi. Ma mère ne paraissait pas vouloir accorder ce temps à mon père, ni lui pardonner."

La disparition troublante d'un homme va changer le regard que ses amis portent sur eux-mêmes, perturber l'équilibre déjà fragile d'une petite communauté qui voit son existence contrariée p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
encoredunoir
  23 avril 2013
Cela faisait un moment que l'on attendait le nouveau roman de Pascal Dessaint, depuis le bal des frelons, l'écrivain se faisait attendre. le revoilà donc, dans une collection « blanche », cette fois. Il faut dire qu'avec Maintenant le mal est fait, Dessaint, s'il conserve une atmosphère bien sombre ne s'aventure pas du côté du polar ni du roman noir stricto sensu.
C'est à nouveau un roman choral que nous offre aujourd'hui Pascal Dessaint qui quitte le Sud-Ouest et le Nord pour s'aventurer en Normandie, près de la mer. C'est là qu'un groupe d'amis quadragénaires se trouve confronté à la mort de l'un des leurs. Et d'essayer de comprendre, chacun à sa manière, avec son regard, ses propres désirs, sa façon d'appréhender la vie, comment ils en sont arrivés là.
Homme, femme, adolescente, Dessaint se glisse tour à tour dans la peau de chacun avec aisance et délicatesse pour broder autour de ses thèmes de prédilection : la nature, omniprésente, fragile mais encore vivace, la marche parfois destructrice du progrès quand il n'est porté que par la seule ambition et la recherche aveugle du profit, et, surtout, les relations entre les gens, la manière dont elles peuvent se tendre, dont les liens se distendent parfois, comment elles peuvent être douloureuses, décevantes ou enrichissantes. La vie quoi… dans une société en crise qui manque de plus en plus d'argent mais qui veut consommer (ce qui donne lieu à une formidable scène de pillage de porte-conteneurs) dans laquelle on peine parfois à trouver sa place.
De prime abord grave, désenchanté, pour tout dire très peu primesautier, si on le compare à son précédent opus, ce roman de Pascal Dessaint, pour peu que l'on gratte un peu se révèle toutefois moins désespéré qu'il en a l'air. Sans illusion sur la nature humaine, il démontre un véritable amour de l'auteur pour les humains et pour la nature. Et l'on se dit que sous l'aspect indéniablement mélancolique que laisse apparaitre ce roman dès son titre, Pascal Dessaint est sans doute un incorrigible optimiste.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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JenniferW
  03 juillet 2013
Imaginez un homme d'âge mûr, de taille moyenne et dans la norme esthétique. Son corps est d'une symétrie presque parfaite, sa peau est lisse, son teint est rose : il est d'une quasi-perfection banale et l'on ne pourrait douter de sa bonne santé. A présent, imaginez qu'une lame acérée s'enfonce dans cette chair aussi tendre que délicate et la tranche profondément. Un sang poisseux et sombre s'en écoule, un liquide malodorant et impur qui emporte dans son sillon des déchets humains difformes et abîmés. Cet homme, apparemment sain de corps, était en réalité malade. Rongé de l'intérieur, il pourrissait lentement.
La plume de Pascal Dessaint est à la fois ce poignard meurtrier, ce couteau de boucher et ce scalpel chirurgical. Avec précision et habileté, il tranche vivement dans l'apparente perfection de l'existence de ses personnages ; avec ferveur et passion, il en perce l'illusion, la déchire de ses mains et l'encre se déverse sur les pages comme une coulée de sang. C'est alors qu'il extrait de cette ouverture béante une immonde vérité, toute gluante et asphyxiante et qui se répand en 256 pages de puanteur infecte.
"Les amis sont parfois plus redoutables qu'un corde pour se pendre."

Les personnages de ce roman sont amis et si on les croisait dans la rue, on les devinerait assurément fraternels, aimables et jovials. On envierait certainement leurs clins d'oeil malicieux et cette rivalité enfantine qui ne les quitte probablement jamais, puis on jalouserait le caractère tendre et taquin de cette petite bande d'amis que l'on imagine multipliant des paris aussi stupides que nostalgiques de leur jeunesse commune. Surtout, on regretterait de ne pas faire partie de cette joyeuse troupe qui semble si sincèrement avoir l'habitude de s'entraider, de se soutenir et de s'aimer. Voilà la vision saine, fraîche et colorée que ces êtres de papier donneraient à voir de leurs rapports et de leur attachement mutuel.
Maintenant le mal est fait tranche dans cette vision idyllique de l'amitié. le geste est brutal, inattendu et douloureux.
En effet, Pascal Dessaint a choisi d'exhiber l'incapacité honteuse de l'être humain à faire preuve d'une loyauté sincère ou de bons sentiments constants : en résulte un roman indécent et très sombre, puisqu'il explore la noirceur de l'âme. Tour à tour, les individus qui forment cette bande d'inséparables perdent leur masque et, au cours de chapitres qui alternent les points de vue, chacun confie ses émotions, ses pensées et ses mensonges. Ainsi, s'il y a autant de narrateurs que de personnages, il y a aussi ce narrateur invisible et muet dont la main assemble ces détestables confessions et les agence tel une accusation contre les travers de l'Homme.
L'histoire se nourrit de sentiments amers de jalousie, de regards envieux et laissent entendre le persiflage d'infâmes langues de vipères qui profitent de l'absence d'un des leurs pour épancher joyeusement leurs rancoeurs. le roman multiplie les petites trahisons entre amis et, encouragée par une consommation d'alcool démesurée, l'amitié nourrit l'inimité jusqu'au dégoût de l'autre.
Pascal Dessaint traite son récit très efficacement et sa maîtrise des mots est évidente, d'ailleurs il doit être un homme attentif et quelque peu philosophe car son texte regorge de petites phrases bien pensées que l'on a envie de surligner et de retenir tant elles sont vraisemblables et écrites avec justesse. Cependant, l'accumulation de ces agréables tournures syntaxiques et intelligentes réflexions, couplée à tant de peines, de chagrins et d'attitudes déplorables, donne au roman un côté artificiel dénué de charme : force est de constater que l'on ressent les mécanismes d'écriture et la volonté de faire passer différents messages au lecteur. Pascal Dessaint force le trait, et l'on s'ennuie de ce roman en dégradés de gris qui ne véhicule que de tristes sentiments, de pénibles situations et des déceptions de plus en lourdes.

Dans ce roman tragique, chaque être semble sombrer dans son âme. L'espoir n'y a pas sa place, pas plus que le rêve ou la poésie, et alors que certains sont au bord de toucher le fond, d'autres trouvent la délivrance dans la mort. Les personnages évoluent dans un profond accablement et leur univers n'est qu'alcool, sexe, violence, suicide, trahisons et autres perfidies. Ces êtres sont désenchantés et se complaisent dans une amitié artificielle, ainsi que dans une vie qui n'est que duperie et désolation. Maintenant le mal est fait, malgré qu'il soit très bien écrit, est un roman abominablement triste dont je ne recommande pas la lecture.

Je vous invite à découvrir des extraits de ce roman sur mon site internet dédié à la littérature !
Lien : http://www.reveries-litterai..
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Emil
  07 mai 2013
Une écriture simple et soignée pour ce roman social. Une histoire d'amitié fragile sur fond de nature, d'écologie, de progrès. Des femmes et des hommes qui à chaque chapitre expriment leur point de vue et leur ressenti suite au suicide de l'un d'eux, font la force de ce roman.
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critiques presse (1)
LeFigaro   07 juin 2013
L'auteur toulousain revient avec Maintenant le mal est fait, un roman nocturne et mélancolique dans lequel un groupe d'amis se retrouve confronté à la mort de l'un des leurs.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   19 mai 2013
Il noya son échec dans un armagnac XO et prétendit qu’il était sûrement moins pénible de marcher sur des chemins escarpés que d’amener des trous du cul à une certaine grâce artistique. La vie est souvent mal faite et il risquait fort, d’ailleurs, de retrouver un jour au nombre de ses clients un des attardés mentaux qui lui avaient pourri l’existence.
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rkhettaouirkhettaoui   19 mai 2013
On n’accuse pas ainsi un homme que l’on est supposé aimer. Mais j’étais sûrement trop jeune pour deviner les raisons cachées, soupçonner la faute qu’il avait pu commettre. Mon père n’était sans doute, seulement, que lui-même. Être soi-même se révèle parfois une faute, ou une erreur. Il y a une grande différence.
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rkhettaouirkhettaoui   19 mai 2013
La Nature nous surprend et nous subjugue, car elle se révèle un théâtre où les acteurs ne sont pas forcément à leur place mais nous ravissent par un certain sens de l’improvisation.
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rkhettaouirkhettaoui   19 mai 2013
La faute est impardonnable, très souvent. L’erreur est rectifiable, si on a le temps pour soi. Ma mère ne paraissait pas vouloir accorder ce temps à mon père, ni lui pardonner.
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rkhettaouirkhettaoui   19 mai 2013
La Terre n’était presque rien dans le grand tout, et ce presque rien, nous les hommes, prétendument humains, sensibles et avisés, nous étions en train de le foutre en l’air !
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Videos de Pascal Dessaint (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Dessaint
Pascal Dessaint - Un homme doit mourir : roman noir
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