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ISBN : 2070363597
Éditeur : Gallimard (27/03/1973)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 158 notes)
Résumé :
Le chauffeur n'avait plus le loisir de ralentir...
Immobile, le ventre à toucher le capot, les pieds joints, Fouquet enveloppa d'un mouvement caressant la carrosserie de la voiture qui filait contre lui ; un instant, il donna l'impression qu'il allait abandonner sa veste au flanc hérissé de l'auto, mais déjà celle-ci l'avait dépassé, et, coinçant son vêtement sous son bras, il libéra sa main droite pour saluer à la ronde les spectateurs qui s'exclamaient dive... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  12 juillet 2018
Si Antoine Blondin nous embarque d'emblée dans les rêves exotiques de Quentin qui revisite sans cesse ses virées de jeune appelé le long du Yang-tsé-kiang, c'est pour mieux nous prendre à revers : le décor est carrément franchouillard dans ce village de Normandie, où les messes dominicales disputent la vedette aux beuveries locales. La soixantaine désormais cantonnée dans un rôle d'hôtelier au Stella, Quentin a promis sobriété au nez et à la barbe du bourg. Pas vraiment le cas de Gabriel, seul client actuel du Stella, la trentaine en perdition dans ce village où il est venu espionner sa fille en pension, où il noie sa mélancolie de matador chez Esnault.
Une amitié naitra entre les deux, à la fois bourrue et empreinte de tendresse et de pudeur. Une amitié à la Gabin, le casting de l'adaptation ciné ne s'y est pas trompé (à moins que ma lecture en ait été influencée).
du franchouillard, de la picole, l'on pourrait croire à une musique de grosse fanfare. Il s'en dégage au contraire de la finesse, dans les sentiments et même le contenu des verres. Point de piquette mais un élixir, la verve singulière d'Antoine Blondin régale, c'est du haut de gamme bourré de délicatesse et de détresse poétique.
« Ce que les hommes se disent tient en peu de mots, pensa Fouquet. Depuis hier soir, j'ai un nouvel ami et nous n'avons pas échangé trois paroles sérieuses. Ce qui s'est établi entre nous vient de plus loin, la qualité d'une attitude le révèle, un regard l'illumine ; le reste est de la sauce. Cet homme pourrait être mon père. Et certes Quentin inspire le respect, mais il l'éclaire d'un jour nouveau. Ce qui est respectable chez les gens âgés n'est pas ce vaste passé qu'on baptise expérience, c'est cet avenir précaire qui impose à travers eux l'imminence de la mort et les familiarise avec les grands mystères. »
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gill
  22 novembre 2012
Albert Quentin ne descendra plus le Yang-Tsé-Kiang une nuit sur deux.
Il a commencé à sucer des bonbons, quelques temps après qu'il eut décidé de cesser de boire, et a dû, les premiers temps se cramponner à son bureau de la réception, surtout quand l'heure de l'apéritif ramenait les hommes au Stella, l'hôtel-restaurant qu'il tient avec Suzanne, sa femme.
A la suite d'un bombardement meurtrier, en 1944, sur la petite ville normande de Tigreville, il a joué sa destinée dans un serment d'ivrogne : "Si je rentre dans mon hôtel, si Suzanne à la tombée du jour rallume l'enseigne..."
Lorsque dix ans plus tard, sa soif calmée, le café a périclité, les affaires de l'hôtel marchent plutôt bien.
Gabriel Fouquet vient de Paris et s'installe à l'hôtel.
Il est venu voir sa fille, en pension à Tigreville, qu'il veut ramener à Paris et, chaque soir, boit plus que mesure, noyant sa détresse d'avoir manqué son mariage et sa vie de père, d'avoir gâché irrémédiablement son destin.
Le couple d'hôteliers le prend en amitié et s'inquiète pour lui, jusqu'à ce moment où Albert, oubliant son fameux serment, prenne avec lui une cuite fameuse dont Tigreville se souviendra toujours...
Ce roman est une fiction puissante et délicate à la fois, truculente et fine. le talent d'Antoine Blondin fait de ce récit une histoire sensible et humaine où se rencontrent deux colosses pleins de trop de vie et qui pourtant, fragiles, sont égarés dans la vie, comme ces singes qui en Orient, désemparés par les grands froids, descendent jusqu'à la ville....
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lecassin
  14 décembre 2011
"Un singe en hiver", est, pour ma part, le summum de l'oeuvre… Celui après quoi tout semble fade. Et puis : qui n'a pas lu « Un singe en hiver » l'a forcement vu ; adapté au cinéma par Henri Verneuil avec Jean Gabin, Jean Paul Belmondo et Noël Roquevert. le thème : la tentation alcoolique.
Albert Quentin est un vieux buveur repenti, fidèle à son serment de renoncer à l'alcool (qui le transportait régulièrement dans son bateau descendant le fleuve jaune) si par bonheur il réchappe au bombardement particulièrement intense de ce 13 juillet 1944 sur Tigreville.
C'est le cas. Tout en respectant son serment, il vit paisiblement aux cotés de son épouse dans son hôtel, le Stella, sur la côte Normande quand…
Quand Gabriel Fouquet « débarque », lui-même alcoolique, en mal tendresse, à la recherche d'un regard de la part de sa fille interne dans un pensionnat de la ville. Fouquet, à l'instar de Quentin jeune, c'est un aristocrate de la chopine, un artiste. Point de Yang-tse Kiang, pour ce qui le concerne… mais l'Espagne, la corrida, le flamenco. Quentin tiendra-t-il ?
D'aucuns prétendent qu'Antoine Blondin ne s'est pas beaucoup fatigué pour imaginer les « espagnolades » de Fouquet, lui qui toréait les autos à l'aide de son veston en guise de muleta. Il reste qu'« Un singe en hiver » sent vraiment le vécu et l'auteur y développe une thèse qui n'appartient qu'à lui en matière d'alcoolisme : il y a ceux qui ont le vin petit, la cuite mesquine, bref, ceux qui ne méritent pas de boire… et les autres, plus rares, les artistes : ceux que l'alcool transfigure et transporte dans leur imaginaire obsessionnel.
Pour Blondin, foin des petits, des mesquins, avec Quentin et Fouquet, on est dans le haut de gamme, dans la haute picole - comme il y a une haute couture -, épique, noble, artistique … Ici, Monsieur, on n'est pas bourré, on est ivre, on n'est pas puéril, on est ardent.
Un chef d'oeuvre.
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Fleitour
  13 juin 2016
« Quentin Albert n'aurait pas admis de se faire l'esclave d'un caprice de femme.Quentin était un homme, un homme debout, saoul debout. »
« Sans raison apparente il avait déclaré, un soir « je m'arrête ».
Depuis Mr Quentin suçait des bonbons. 
Heureusement les vraies boissons étaient enfermées dans une chambre forte dont Suzanne sa femme possédait la combinaison !
L'arrivée de Gabriel Fouquet allait bouleverser sa vie.
Entre Gabriel et Quentin une amitié improbable s'installe, entre ce Jeune dandy de 35ans et l'ancien fusiller marin d'Indochine, qui devient l'ami, le frère, le papa...
Le déclic, la révélation, la voix outre tombe de Gabriel Fouquet ,Quentin Albert l'entend à travers les délires de son client Gabriel l'Ange imbibé d'ivresse et d'alcool qui lui distille les mots les plus suaves, les senteurs les plus fines, dans cette arène imaginaire, encore porté par les vapeurs de Jerez, tintées de miel aux épices de houblons, Gabriel pénètre dans le Chicuelo II, lui le toréador, va terrasser le taureau, « Yo so unico » .
« - le seul obstacle entre nous, disait-elle, c'est la boisson.
- Je boirai l'obstacle. »
Leur amitié est scellée, elle ne fera que s' amplifier au gré des sakés, calvas, bières, Lilets liqueurs, poursuivant une symphonie faite de rondes et de croches jusqu'aux plus purs sanglots.
« Car vous souffrez, je l'ai bien compris.De quoi ? de la soif... »
 « Ne me dites pas le contraire : l'alcool c'est le salut dans la fuite, la liberté, l'état de grâce...et pour finir une belle saloperie. » . 
« Et nous sommes là tous les deux, N'est ce pas merveilleux , mon vieux « papa » ! Arrosons cela ».
Leur amitié est tout autant nourrit de leurs fantômes, que de leur bordées éthyliques.
Fantôme de l'Espagne pour Gabriel où Claire est partie, l'Indochine où Quentin aura tout brassé, même ses blessures.
C'est aussi la Guerre et la recherche de son père pour Albert et C'est Marie sa fille pour Fouquet.
Pas à pas, de swing en virées, nos deux artistes vont nous attendrir de leur humanité.
Marie vit dans cette pension à deux pas mais il lui faudra du temps pour oser, « .Je venais voir ma fille, un point c'est tout. Je n'avais rien que de très simple à lui dire, et beaucoup de choses très compliquées à lui cacher ». Quentin rumine un passé qui le ronge, l 'amitié va peu à peu le voir sourire.
La fête se sera pour la fin, en apothéose, on est pas bourré on est ivre, on est ardent dans la démesure, car " Il ne faut pas cracher sur les cadeaux de la création, Dieu déteste cela."
"La boisson introduit une dimension supplémentaire dans l'existence, surtout s'il s'agit d'un pauvre bougre d'aubergiste comme moi, une sorte d'embellie, dont tu ne dois pas te sentir exclue d'ailleurs, et qui n'est sans doute qu'une illusion, mais une illusion dirigée..".
la commémoration de la Toussaint commence et tous les visiteurs étrangers sont là pour prier les morts, ceux du débarquement en Normandie, Gabriel et Quentin sur la plage, déclenchent alors dans la plus pure Ivresse le plus beau feu jamais vu dans le ciel de Tigreville.
Antoine Blondin est un sacré singe en hiver.
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Herve-Lionel
  26 juillet 2014
N°769 – Juillet 2014.
UN SINGE EN HIVER – Antoine Blondin- Adaptation cinématographique d'Henri Verneuil (1962).
A quoi ça tient les serments d'ivrogne ! Albert Quentin, patron d'un hôtel-restaurant, ancien fusilier-marin en Chine pendant son service militaire a promis, pendant le bombardement de 1944 de Tigreville, une petite station balnéaire de la côte normande, de ne plus boire s'il en réchappait. C'était l'époque ou le service militaire était une période incontournable, un rituel initiatique. Si on ne l'avait pas fait on n'était pas un homme, c'est à tout le moins ce qu'on disait ! Quentin en a la nostalgie parce que ces années se confondaient avec l'alcool. Quentin est un homme de parole et il mène une vie tranquille aux côtés de Suzanne, sa femme, c'est à dire un quotidien dédié au régime sec, et ce pendant quinze ans. Il déserte même le café de son voisin. Mais voilà qu'un jeune publicitaire, Gabriel Fouquet, débarque un beau jour et s'installe dans l'hôtel de Quentin. Lui, il boit pour oublier l'échec de sa vie sentimentale avec Claire et l'alcool le transporte en Espagne où vit son amie, chacun son voyage ! Et d'ailleurs il vient à Tigreville voir sa fille, pensionnaire dans une institution. L'Espagne, il en rêve au point de parler aux incrédules clients du café de son soleil, de son flamenco, de ses taureaux et, joignant le geste à la parole va jusqu'à interrompre la circulation de cette petite ville en transformant la rue principale en arène. Sauf que, pour lui, les voitures sont autant de taureaux, ce qui déplaît à la maréchaussée. Pour Quentin, c'est le signal qu'il attendait depuis longtemps, il reconnaît en Fouquet un compagnon qui comme lui n'a « ni le vin petit ni la cuite mesquine », le délivre de la perspective d'une nuit passée en cellule de dégrisement et nos deux compères s'en vont arroser cela dans un bar un peu louche qui surplombe la ville « Les gastronomes disent que c'est une maison de passe et les vicelards un restaurant chinois. », indique-t-il en guide averti. Ils connaîtront ensemble deux jours d'ivresse conclus par un mémorable feux d'artifice improvisé sur la plage pour lequel Landru, un commerçant local, s'associe à eux pour lui aussi s'offrir son quart d'heure colonial.
Après cette « nuit d'ivresse » qu'ils illustrent en chantant la fameuse chanson « Nuit de Chine », ils reprendront chacun leur vie d'avant, Quentin en rentrant à l'hôtel et en allant, comme chaque année visiter la tombe de son père, Fouquet en emmenant avec lui sa fille. Dans le train qui les emmène vers leur destination respective, la petite demande à Quentin de lui raconter une histoire avant de prendre sa correspondance. Un peu tristement il conclut « En Chine, quand les grands froids arrivent, dans toutes les rues des villes, on trouve des tas de petits singes égarés sans père ni mère. On sait pas s'ils sont venus là par curiosité ou bien par peur de l'hiver, mais comme tous les gens là-bas croient que même les singes ont une âme, ils donnent tout ce qu'ils ont pour qu'on les ramène dans leur forêt, pour qu'ils trouvent leurs habitudes, leurs amis. C'est pour ça qu'on trouve des trains pleins de petits singes qui remontent vers la jungle ».
Je revois toujours ce film avec plaisir et émotion à cause du jeu des acteurs mais aussi des somptueux dialogues de Michel Audiard.
©Hervé GAUTIER – Juillet 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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critiques presse (1)
Liberation   14 juin 2011
Blondin le stendhalien y distribue ses doubles, à Paris, en Normandie, en Charente, comme des cailloux sur un chemin qui le ramène toujours au lieu perdu de son enfance.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
dumont33dumont33   21 septembre 2018
Ce qui est respectable chez les gens âgés n'est pas ce vaste passé qu'on baptise expérience, c'est cet avenir précaire qui impose à travers eux l'imminence de la mort et les familiarise avec de grands mystères.
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dumont33dumont33   21 septembre 2018
Ce que les hommes se disent tient en peu de mots, pensa FOUQUET. Depuis hier soir, j'ai un nouvel ami et nous n'avons pas échangé trois paroles sérieuses. Ce qui s'est établi entre nous vient de plus loin, la qualité d'une attitude le révèle, un regard l'illumine, le reste est de la sauce.
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dumont33dumont33   21 septembre 2018
Car je jure qu'au fond je préfère la santé aux mirages; mais la vie est abrupte parfois et il suffit de peu de chose pour la rendre plus maniable durant quelques minutes...
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dumont33dumont33   21 septembre 2018
Il y a du mysticisme dans l'extase d'un ivrogne contemplatif.
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dumont33dumont33   21 septembre 2018
Il faillit ne pas voir les deux gros pains sous le bras, même la plus jolie, qui y perdait un peu de prestige, mais gagnait en humanité.
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Antoine Blondin, rive gauche. Entretiens avec Pierre Assouline
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