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EAN : 9782277227854
160 pages
Éditeur : J'ai Lu (04/01/1999)
3.24/5   162 notes
Résumé :
Des histoires qui racontent le blues des amours déçues ou ignorées.
Et des hommes qui souffrent " l'ennui, le désespoir, le mépris, et l'infinie désillusion " que leur inspire la vie... Mais c'est parce que l'amour qui les hante se refuse à eux que les personnages de Djian se cuirassent d'indifférence ou de certitudes. Au fond d'eux-mêmes, ils sont comme les crocodiles, " des animaux sensibles sous leur peau dure ". L'univers de Djian, fait de rudesse, de vio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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marion_b
  12 août 2013
A 16,18 ans j'avais lu tout Djan. J'étais une fan absolue.
Et puis en grandissant, petit à petit je me suis détachée de lui, comme on se détacherai de son premier amour. Je ne sais pas vraiment pourquoi, je crois que quelques titres m'avaient un peu déçus. Avec le temps, j'ai tout simplement arrêté d'acheter ses livres.
(Sur babelio je n'ai pas rentré tous les bouquins que j'ai lu de lui, tout bonnement parce que je ne m'en souviens pratiquement plus .A part deux de ses titres phares, a l'époque je les avais vu en film des dizaines de fois).
Aujourd'hui plusieurs de ses ouvrages sont là dans ma bibliothèque et j'ai envie de les relire, comme on relirait de vieilles lettres d'amour.
Ces nouvelles de Crocodiles sont à l'image de ma relation à l'auteur. Les premières mon éclaté et j'ai retrouvé avec plaisir la verve aiguisé de cet écrivain de génie, les dernières m'ont un peu moins plu. En tous cas largement assez pour m'avoir donné envie de le redécouvrir.
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HORUSFONCK
  18 novembre 2016
J'avais lu "Assassin", de cet auteur.
Longtemps est passé.
Et puis j'ai lu Crocodiles, comme on mange les chocolats d'une (petite) boîte.
L'ensemble m' a plu, et je lirai d'autres Djian, dans pas trop longtemps.
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myriampele
  26 avril 2013
Ces cinq nouvelles m'ont rappelé à quel point j'ai follement aimé lire Philippe Djian, auteur que j'ai depuis un peu délaissé à la suite d'une déception! Mais j'ai retrouvé cette écriture pragmatique, cinglante, à l'ironie féroce. Derrière chaque personnage se cache un être angoissé, manquant de confiance mais dans l'attente d'amour. Et ça se termine souvent de façon tragique!
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VincenzoMontella1986
  24 mars 2020
Djian c'est la recherche. Un damné de la quête. Un écrivain qui tente et qui réussi. Crocodiles est un recueil de nouvelles qui possède cette qualité de proposer une flopée d'histoires différentes, sans que la qualité faiblisse, sans que l'intensité ; l'attention (la tension) du lecteur est maintenu tout le long et l'intérêt accru pour la nouvelle à venir. Celle qui vient peut-elle être mieux ? Celle qui vient peut-elle nous surprendre ? A la seconde question, on peut affirmer qu'à défaut de nous surprendre toujours, l'auteur toujours s'emploie à tisser la trame d'une structure qui donnera au lecteur l'occasion d'y voir de l'ingéniosité, de l'équilibre et mieux encore du virtuose. Djian est un virtuose qui ose. Il ose le style, le travail permanent de la recherche qui donneront aux lecteurs un échantillon du talent de Djian. Ce que j'aime chez cet auteur, c'est l'art créatif de sa prose et quoi qu'il en dise, la qualité de ses histoires voire de ses intrigues. Lire Crocodiles, vous assurera de la découverte. Et c'est déjà beaucoup. A la première question, on peut affirmer encore que la qualité s'exprime de la résonance qu'une histoire opérera à travers vous.
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Epictete
  13 février 2014
Philippe Djian a un style d'écriture bien particulier : serré, dense, parfois un peu ampoulé malgré les nombreux dialogues intégrés au texte. Mais ce qui est le plus particulier ici, ce sont les personnages, toujours un peu paumés , torturés, mis face à des situations qui vont bousculer leur vie.
Ces cinq nouvelles n'échappent pas à la règle.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   24 octobre 2010
La rivière était haute et nerveuse. Les berges sifflaient et de petits tourbillons glougloutaient éperdument à la surface avant d'être balayés et ramenés dans les rangs. Je sentais la terre trembler sous mes pieds, je sentais l'euphorie du courant et j'en étais tout réjoui et comme paralysé d'émotion. J'aimais cette rivière. Je sentais mon coeur battre chaque fois que je l'approchais. Je comptais parmi les plus belles choses de ma vie le simple fait de m'asseoir à ses côtés, la regarder, l'écouter, sous le soleil, sous la pluie, qu'elle fût calme ou exaspérée, limpide ou noire comme de l'encre, je connaissais ses humeurs, ses chants, ses sortilèges, elle me parlait, me réconfortait ou me plongeait dans de sombres états d'âme, elle dansait comme un ange ou se dandinait comme une infâme putain, j'avais passé des heures et des heures avec elle, les yeux fixés dans ses reflets, alanguis ou rougis de larmes ou fiévreusement écarquillés lorsque le jour tombait et qu'un dernier rayon déclenchait la plus étonnante et hiératique symphonie que je pouvais imaginer, certainement oui j'éprouvais à son égard un amour véritable.
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art-bsurdeart-bsurde   26 août 2014
Noé riait. Nous avions les cheveux au vent. Je lui jetai quelques coups d’œil consécutifs tandis qu'une rangée d'arbre zébrait le soleil et stroboscopait ma vision. "Au fond, lui dis-je, ça m'arrange que tu ne parles pas." Je ne savais pas si il m'écoutait mais ça n'avait pas une réelle importance. Mes paroles s'envolaient, des lambeaux de paysage se superposaient indifféremment. "Et je te trouve très bien comme tu es. Tu sais, la plupart des gens ne disent pas ce qu'ils pensent, alors à quoi bon ... ?" Aussitôt descendus en ville, il me donna la main.
Je ne me souvenais pas qu'un enfant m'eût approché de près ou de loin, au cours de ma vie. Je n'avais pas d'avis très particulier sur eux, sinon qu'il fallait leur consacrer du temps et pour moi, cela réglait immédiatement la question.
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art-bsurdeart-bsurde   27 août 2014
Je devais donc agir avec précaution et maitriser la violence des sentiments qui me harcelaient. Car ils me harcelaient, me tourmentaient véritablement et la vie ne m'avait pas préparé pour un tel combat. J'étais désarmé, je ne connaissais pas de riposte à ces coups dont me lardait un démon invisible, je brandissais une garde pathétique et dérisoire à travers quoi le moindre assaut passait. La seule victoire que jusqu'à présent j'avais heureusement remporté était celle du silence. Mes affres ne m'avaient pas arraché un seul mot, pas une grimace que je n'eusse étranglés si ils étaient dans les parages. Et je souriais et plaisantais comme à l'accoutumée, m'enjouais de leur simple compagnie, malgré quelques éclairs de lucidité.
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araucariaaraucaria   20 mars 2014
La solitude m'avait toujours semblé être un fardeau naturel et finalement bien moins terrible qu'on se l'imaginait. Je n'attendais plus rien de la vie. La mort ne m'effrayait pas. Il me restait encore quelques bons livres sous la main et il y avait encore de beaux saumons en perspective, mais rien qui ne me retenait vraiment. Cette idée que ma dernière heure approchait n'éveillait aucune amertume en moi. Je n'étais pas pressé mais je ne souhaitais aucun sursis. Je n'aurais pas su qu'en faire.
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raynald66raynald66   21 février 2015
Vieillir veut dire aussi perdre de plus en plus ce qui nous était promis quand nous étions jeunes, surtout l'inconnu

(John Cassavetes)
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Découvrez le deuxième épisode du tout nouveau podcast des éditions du Masque : Conversation dans le noir. Chaque jeudi, nous vous proposons une conversation téléphonique entre éditrice et auteure, à écouter sur l'ensemble de nos réseaux sociaux. Dans cet épisode, Nathalie Sauvagnac se livre dans une conversation très touchante autour de la norme, des marges, mais aussi de son roman Les Yeux fumés et de la littérature en temps de confinement. Nous vous souhaitons une bonne écoute !
Extrait lu : https://www.editions-jclattes.fr/sites/default/files/webmaster/lyf.pdf Oeuvres citées : Colette Philippe Djian Virginie Despentes Claire Castillon Charles Bukowski Salinger Boris Vian Kate Tempest
CRÉDITS : Conversation dans le noir est un podcast des éditions du Masque. Réalisation : Paul Sanfourche. Générique : Longing - Joachim Karud.
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