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ISBN : 207012214X
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 438 notes)
Résumé :
« Décembre est un mois où les hommes se saoulent – tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s'enfuient, gémissent, meurent... »
"Oh..." raconte trente jours d'une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant.
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Critiques, Analyses & Avis (123) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
21 mars 2013
Certains esprits chagrins ne manqueront pas de déplorer qu'en un mois, il se passe beaucoup trop de trucs improbables dans la vie de Michèle.
A l'inverse de nombreux commentaires qui déflorent malencontreusement le sujet, je me garderai d'énumérer à mon tour les calamités, familières ou hors normes, qui jalonnent effectivement ces trente jours de la vie d'une femme. Et peu importe la vraisemblance car l'essence même du livre se trouve précisément dans ce conglomérat de péripéties et d'individus, comme un assemblage baroque unirait plusieurs existences en une seule pour permettre de mieux en appréhender le sens.
Fait rare, parait-il, Philippe Djian s'est glissé ici dans la peau d'un personnage féminin. Forte et vulnérable, prudente et impulsive, Michèle est paradoxale, intelligente, indépendante, libre et (donc) politiquement incorrecte. Son sacré tempérament ainsi que l'accumulation des tracasseries qui vont entraver son quotidien se révèlent rapidement addictifs. Djian n'y va pourtant pas avec le dos de la main morte… plaçant son personnage et ses névroses en équilibre perpétuellement instable, toujours à la lisière de l'implosion malencontreuse. Son écriture particulière ne s'embarrassant pas plus de détails superflus que de respirations ou d'un traditionnel découpage en chapitres, la narration se déverse d'une seule traite et nous cueille au finish sur un coup de théâtre corrosif et… percutant (c'est le mot).
L'histoire d' ''Oh...'' s'apparente à l'inexorable descente d'un rapide, de plus en plus tumultueux et parsemé d'écueils ; on finit par dégringoler du haut de ses chutes pour en ressortir à peu près indemne, sonné, rincé, achevant le voyage au fil d'un fleuve (presque) tranquille. Voilà pour moi l'illustration précise du déroulement de ce roman habile et troublant… Une chouette balade, qui secoue méchamment.


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Marple
19 avril 2014
Oh... oh zut, mes retrouvailles avec Djian sont un peu mitigées !
Nous nous sommes beaucoup aimés, avant, au temps de '37,2 le matin', de 'Sotos' ou de 'Lent Dehors', un peu comme Michèle et Richard dans 'Oh'. Puis, toujours comme Michèle et Richard dans 'Oh', nous nous sommes quittés, pour une sombre histoire de 'Doggy bag' qui ne passait pas. J'espérais donc que nous allions nous retrouver dans un grand 'Oh' de plaisir littéraire... mais en fait non, pas vraiment, dommage.
Le livre raconte l'histoire de Michèle avec ses hommes : son (pas tout à fait) ex-mari Richard, toujours là pour l'aider ou l'engueuler, son amant Robert qui ne la fait vraiment plus rêver, son fils Vincent qui la fait carrément flipper, son gentil voisin Patrick qui la fait vaguement fantasmer, son violeur qui l'a salement cabossée et son père qui l'a encore plus profondément traumatisée... Il y a quelques femmes aussi, mais leur rôle est moindre, elles semblent être là juste pour enfanter, mourir ou réconforter...
Aussi bizarre et déjantée soit-elle, l'histoire ne m'a pas dérangée, bien au contraire, et j'ai trouvé plutôt belles les relations avec Richard et Anna. En revanche, j'ai cherché en vain les tripes, le sang, le coeur qui font pour moi la force de Djian. Alors oui, il y a ses ingrédients habituels, du sexe à l'état brut, quelques personnages bien allumés et des situations compliquées, mais la magie n'opère pas, ça reste assez tiède... 
J'ai lu sans avoir le coeur retourné, les joues en feu ou envie de crier, bref sans les émotions et sensations fortes que j'attendais. Alors, même si ça reste efficace et agréable à lire, mon 'oh' est un peu déçu...
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rabanne
02 mars 2017
"Elle" est sur toutes les lèvres depuis sa sortie au cinéma et ses multiples récompenses, et c'est cette médiatisation (pas vu le film encore) qui m'a donné envie de lire le roman de Philippe Djian, que je ne connaissais pas.
Si Michèle peut déconcerter, elle ne peut laisser indifférente. Elle m'a touchée, cette femme, qui se débat au mi-temps de sa vie. Sans cesse sur le fil du rasoir, elle incarne un furieux mélange de force et de fragilité, de souffrance et d'impulsivité. L'événement violent qu'elle subit, elle l'affronte au point de le prendre à bras le corps, dans une dichotomie assez hallucinante, avec une tendance masochiste dérangeante, mais que l'on devine exutoire pour elle...
Un récit prégnant sur la violence du traumatisme (père maudit, viol), le poids de la culpabilité, l'abandon (divorce, mort), sur le masque des apparences, le vernis social, une certaine schizophrénie des personnages, sur la complexité de la sexualité, enfin.
Une plume ciselée, captivante. Juste la chute un peu abrupte et un petit peu décevante, pour le coup...
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le_Bison
19 septembre 2016
Oh… une femme vient de se faire violer, et continue de coucher avec son violeur dans des jeux sadiques à la limite de la bestialité bien pensante. Une affaire de pulsions, dirai-je et les pulsions, ça ne se commande pas, ça se vit. Et ça se pratique, viens ici, ma belle, que je te viole. Et après on fera peut-être l'amour. Mais ce n'est pas tout. Elle a aussi une liaison avec le mari de sa meilleure amie. Elle a un fils qui kidnappe le fils de sa petite amie, un ex-mari scénariste incompris, une mère qui a des amants trois fois plus jeunes qu'elle et un père en taule depuis trente ans pour avoir massacré une soixantaine de gamins dans un club Mickey. Voilà, je crois que je n'ai rien oublié du portrait de cette femme à la famille bien déjanté et à l'humour presque grinçant. « Elle » est un peu particulière dans son genre.
Ma première pénétration dans l'univers de Philippe Djian, que je n'avais fait qu'effleurer aux travers des textes musicaux de Stephan Eicher. 37°2 le matin, pas lu, et même pas sûr d'avoir vu le film, c'est que Béatrice Dalle m'a toujours indifféré, même pour sa scène de baise anthologique, il y a d'autres brunes nettement plus incendiaire et appétissante pour construire d'autres scènes de baise d'anthologie. Mais passons, bien, pas bien, tu te fous de ma réponse, tu veux juste savoir les détails de ces viols à répétition, de la froideur avec laquelle « Elle » prend les jeux de l'amour.
Je tourne les pages mais ne sais pas quoi penser d' « Elle ». Acide, cynique, folle, baisable, froide, glaciale, mais surtout une femme forte et indépendante. Même si je n'ai pas vu le film, encore, Michelle a, au fil des pages, les traits d'Isabelle Huppert. Je n'y peux rien, c'est mon inconscient qui lui a donné son double cinématographique. Et je crois que le duo s'adapte bien à ce roman, Isabelle est « Elle », « Elle » est Michelle. Et moi je me demande quand tu m'autoriseras à te violer, une nouvelle fois, plusieurs fois…
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Laurence64
01 février 2013
Oh oh oh! (Je fais echo au titre). Oh oh oh (je fais à present echo à la fin du livre). Oh oh oh (là, je peine). Oh oh oh donc. Oh oh oh dis-je.
Oh! Tout ça pour ça?
Il n'est pas du tout déplaisant ce dernier Djian puisque je l'ai lu en une journée, sans me rendre compte qu'il ne présentait pas de chapitres. Ceci expliquant peut-être cela. Allez savoir. Pas déplaisant mais pas particulièrement plaisant. Nanouxy, ma copine Babelio, me suggèrerait de dire: "je ne suis ni pour ni contre, au contraire!"
C'est un roman et il s'agit d'une histoire même si Philippe Djian raconte à l'envi qu'il ne raconte pas d'histoire. Une histoire qui grince entre moult personnages tragi-comiques. Une histoire avec chute. Mais une histoire peu crédible.
Michèle, bientôt quinquagénaire, a la parole. Séparée de Richard, mère d'un adolescent attardé de vingt-quatre printemps, elle se fait violer à son domicile. Notez bien qu'elle n'a pas été violée. Malgré la culpabilité que semble recouvrir la formule active et pronominale, Michèle ne juge pas l'évènement d'importance. Elle prend un bain, achète quelque bombe lacrymogène, commande un système d'alarme lorsque le violeur se re-manifeste mais ne se met pas davantage martel en tête. Elle poursuit sa collaboration professionnelle avec son amie Anna, persiste à la cocufier avec un Robert peu appétissant. Elle n'en finit pas de s'agacer sur le fiston qui reconnaît le bébé d'une grosse vache et d'un trafiquant de drogue arrêté quelque part. Elle s'énerve aussi contre sa septuagénaire de mère affublée de jupes courtes en cuir et d'un fiancé trentenaire. Elle s'entête à snober son vieux père qui moisit en prison pour avoir assassiné soixante-dix enfants dans un club Mickey. Accepte mal la nouvelle relation de son ex. Enfin, elle engage une danse mortifère avec le voisin banquier charmant et athlétique en qui elle reconnaît…
Au bout de cette histoire qui cumule les invraisemblances, perce pourtant quelque chose de nos malaises contemporains. Ce qui sauve le livre. Peut-être.
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Les critiques presse (5)
Culturebox15 novembre 2012
Un récit percutant, sans répit, dans lequel l'héroïne, victime d'un viol, s'enfonce dans une spirale de mort et de sexe.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro15 novembre 2012
Au fil d'un scénario bien séquencé, Djian dresse un tableau ultraréaliste du désarroi contemporain.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox11 septembre 2012
Djian réussit très bien à se mettre dans la peau d'une femme de 50 ans. On oublie que c'est un homme qui écrit. "Oh …" est un roman qui parle des vivants. La filiation, l'amour, le sexe, la mort. Djian aborde toutes ces questions charnellement, à travers la vie et les péripéties de ses personnages.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LePoint30 juillet 2012
Après la série Doggy Bag, puis Impardonnables, Incidences, Vengeances, "Oh..." remploie les ingrédients qui ont fait sa réputation. Pas (seulement) l'alcool, la mort et le sexe, mais l'art des brisures de rythme dans une langue sobre jusqu'à la froideur
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress06 juillet 2012
Les inconditionnels de Philippe Djian apprécieront de retrouver sa patte et son univers, où on baise, on fume et on boit pas mal - du vin blanc, des daiquiris, des gin tonic. Un roman enivrant, assurément !
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm25 avril 2017
J'ai honte de jouer à ce jeu mais la honte n'est pas un sentiment assez fort pour empêcher quoi que ce soit.
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Bruno_CmBruno_Cm25 avril 2017
Le Démon habite-t-il un corps vingt-quatre heures sur vingt-quatre ou ne l'investit-il que par instants ? Je me posais déjà cette question au sujet de mon père. Quelquefois je penchais d'un côté, quelquefois je penchais de l'autre, chaque fois persuadée que j'avais trouvé la bonne réponse.
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Bruno_CmBruno_Cm25 avril 2017
Quelle révélation. Aujourd'hui, avec le recul, je peux dire que la solitude est le plus beau cadeau du monde, le seul refuge.
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le_Bisonle_Bison15 août 2016
Non pas que je sois jalouse. Richard et moi sommes séparés depuis bientôt trois ans et j’ai aussitôt mis quelques femmes sur son chemin pour lui rendre l’épreuve du divorce aussi peu douloureuse que possible. Je ne suis pas jalouse, mais je ne suis pas non plus indifférente. Il y a beaucoup de femmes dans ce milieu, cet univers les attire, et il s’en trouvait toujours quelques-unes pour estimer qu’un scénariste qui avait eu deux ou trois succès et connaissait du monde tout en étant plutôt bien fait de sa personne valait qu’on s’y intéresse. Je ne voulais pas qu’elles soient trop intelligentes non plus, capables de dévorer un homme jusqu’à l’os, d’échafauder des plans machiavéliques. Je me méfiais de celles qui avaient des gros seins, mais aussi de celles qui avaient lu Sherwood Anderson ou Virginia Woolf.
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patatipatatapatatipatata06 mai 2013
«Maintenant parlons de choses sérieuses, dis-je. Vous voulez quoi pour Noël?»
Ils se regardent en gonflant les joues.
Je les aide : « Que diriez-vous, les enfants, d’une bonne machine à laver? Avec un nouveau-né, ça semble indispensable, non?» Ils me regardent comme si j’essayais de leur vendre un jambon.
«Un aspirateur? Une machine à coudre? Un robot Kenwood? Un four? Un lave-vaisselle? Une centrale vapeur? Un frigo?
- Je crois que je préfère un écran plat avec un abonnement aux chaînes payantes», déclare Josie.
- J’acquiesce. «Oui, mais mon conseil, vois-tu, serait d’aller au plus important...
- C’est ce que je fais, me coupe-t-elle. Après vient la chaîne stéréo et après le lecteur-enregistreur.»
Je souris en serrant fortement les mâchoires tandis que Vincent opine du chef.
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