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EAN : 9782070122127
240 pages
Gallimard (11/02/2010)
3.18/5   372 notes
Résumé :
Une Fiat 500. Au volant, Marc. A côté de lui, sa plus jolie étudiante. C'est la nuit, ils foncent chez lui finir la soirée en beauté. Au petit matin, son goût prononcé pour les jeunes élèves de son cours d'écriture va soudain lui passer. A cause des routes de montagne ? Du néo-conservatisme ambiant ? Des crises de sa soeur ? Ou plutôt du charme des femmes mariées ? Marc ne saurait dire. Du moins, pour le moment.
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
3,18

sur 372 notes
A cinquante-trois ans, ce prof de fac n'a connu que de brèves aventures avec des étudiantes. Préférence pour la "chair fraîche" ? Facilité, puisque ces jeunes femmes font toujours le premier pas ? Plaisir d'être idolâtré d'emblée par ses maîtresses ? Pas si simple. le lecteur découvre peu à peu, avec un malaise grandissant, l'histoire de cet homme et de sa soeur, tous deux victimes de maltraitance dans leur enfance.

La plume de Djian est très agréable, ciselée, rythmée. L'auteur a de plus beaucoup de talent pour imposer une ambiance, en martelant des images : un campus, une ambiance tendue entre collègues, la montagne, la conduite périlleuse sur ces routes avec une petite Fiat, chaque cigarette savourée, la découverte de l'amour passion, les relations frère-soeur ambigues, la jalousie... Ses intrigues - mais je n'en connais que trois à ce jour - sont habiles, intenses, dérangeantes, et les fins époustouflantes, de celles qui donnent envie de tout relire d'un autre oeil.

La couverture me semble particulièrement bien choisie : pour la faille notamment et pour d'autres images que l'on découvre au fil du récit.

Unique bémol : l'effet "moustique", la petite question qui revient agacer de loin en loin. Je me demandais, lorsque le narrateur vilipende les auteurs français, si Djian avait la prétention de s'inclure dans la poignée des bons écrivains.
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Bien ficelé dans le glauque le plus total.

C'est qu'il sait bien s'y prendre, Djian, pour nous entrainer dans la crevasse abyssale d'un homme, la cinquantaine, prof de littérature appliquée, pas capable lui-même d'écrire. Un faible pour les étudiantes à la chair fraiche. Maltraité, ô combien !, dans son enfance, avec sa soeur, en compagnie de laquelle il vit dans une relation malsaine.
Et quand un jour, il se réveille aux côtés d'une étudiante … morte, l'engrenage s'installe, sans émotion apparente, sans explication détaillée.

Et qu'est-ce qu'il fume, ce prof ! Et puis il n'arrête pas de gloser sur les « bons auteurs » et les « auteurs médiocres ». Jaloux ? Certainement, de son chef de département également, qui lui a pris sa place…et sa soeur.

C'est sordide. C'est sinistre. C'est glauque. C'est bien ficelé.
2,5 étoiles parce que je m'y suis engluée. Au secours !
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Je me souviens de l'adaptation cinéma de "37°2 le matin" qui, à l'époque m'avais enthousiasmé. J'avais particulièrement aimé ce glissement de la passion vers la folie. Mais peut-être que cet enthousiasme tenait plus à l'interprétation de Béatrice Dalle et jean-Hugues Anglade et la mise en scène de Jean-jacques Beinex. Je n'ai jamais lu le livre. D'ailleurs, je ne m'étais jamais vraiment intéressé à cet auteur. Je dois la lecture de ce livre à une personne qui me l'a prêté, me disant que Djian était pour lui un des plus grands auteurs français actuels. Alors, allons-y.
Je dois dire que je m'attendais à autre chose. Je reste passablement déçu. OK pour ce prof de français qui a atteint la cinquantaine, qui vit avec sa soeur, qui ont tous deux subit des maltraitances dans l'enfance, ce prof donc, très émoustillé par ses jeunes étudiantes, qui d'ailleurs le lui rendent bien, puisqu'il est décrit comme un tombeur. le roman s'ouvre sur la découverte du cadavre de sa jeune maîtresse, au petit matin d'une nuit d'amour. Encore OK. Que le principal souci de ce monsieur soit de faire disparaître le corps sans plus d'émotion que de repenser au gâchis de cette fraîche beauté qui ne servira plus, met déjà assez mal à l'aise le lecteur, qui se serait attendu à un peu plus de considération pour cette jeune fille. Mais, pourquoi pas ? Encore OK. Là, en revanche, où ça ne va plus, c'est que ce personnage est de plus en plus improbable et donc aussi l'histoire qui va avec. Car le procédé se reproduira de la même manière avec un policier sur le bord d'une autoroute, subitement, atteint d'un infarctus. Et je passe sur l'incongruité de sa relation avec son supérieur, de sa relation amoureuse avec la belle-mère de la première jeune fille décédée, de l'insistance d'une autre jeune fille carrément érotomane... etc. Bon, Je sais que la vie réserve parfois de nombreuses surprises, mais il y a un moment où tout cela n'est plus crédible. Une intrigue romancée doit pouvoir avoir un semblant de réalité. Pourtant, de temps à autre, on peut croire au personnage de Marc. Pas à ses aventures, mais plutôt à son existence. Un homme de 53 ans qui se remet en question sur sa vie. Ça me parle. Et le fait d'être attiré par des jeunes filles, ou de mener une relation incestueuse avec sa soeur ne me choque pas plus que ça, dans la mesure où on en comprend les causes. C'est la vie ! Rien de glauque à cela. J'ai aussi bien aimé les petites réflexions négatives sur notre société, qui me semblent assez justes. Non, c'est l'ensemble, la construction du récit qui, à mon sens, ne tient pas.
Et puis, cette manie de dénigrer à ce point les auteurs français est assez désagréable. Comme si Monsieur Djian relevait le niveau ! Un peu d'humilité ne peut pas nuire. Heureusement que, contrairement aux assertions de son personnage, il y a beaucoup d'écrivains de qualité actuellement.
Enfin, je termine par le style. Ou plutôt l'absence de style. J'ai vu ça et là dans d'autres critiques qu'on parlait de style "ciselé". Pour ma part j'y ai vu beaucoup de vacuité, de "remplissage", de répétitions... Rien de très engageant. Si j'ai tenu jusqu'au bout, c'est, d'une part, pour éventuellement avoir la suite de la disparition de Barbara, la pauvre fille disparue, et là je reste sur ma faim, et d'autre part, pour pouvoir donner mon avis à la personne qui m'a prêté ce livre. En fait, je préfère rester sur le souvenir du film de Beneix, même si l'intrigue n'a rien à voir.
Allez, on passe vite à autre chose.
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Dans Incidences, on suit à la trace Marc, un écrivain prof de fac, qui découvre un matin que Barbara, l'étudiante avec qui il vient de passer la nuit, est morte. Il se débarasse du corps dans un gouffre et poursuit sa vie de prof friand de jeunes élèves, et vivant avec sa soeur. Bientôt, la belle-mère de la disparue Barbara souhaite le rencontrer pour qu'il lui parle de la Barbara. A son grand étonnement, il tombe amoureux de cette femme d'âge mûr, et s'engage dans cette relation quelque peu sordide...

Ici, malgré son talent stylistique et la persistance de ses phrases choc (Celui qui n'attendait rien n'était jamais déçu.Celui qui ne péchait pas par optimisme ne tombait jamais de haut) toujours bien présent, je n'ai pas mordu à l'hameçon. La faute sans doute à une histoire vraiment trop peu crédible (ce n'est vraiment que dans les romans qu'on cache un corps d'une femme morte, dans la vraie vie quiconque irait à la police, non?) et, surtout dont Djian semble s'en contrefoutre assez royalement.

Si Djian s'est toujours senti plus concerné par le style que l'histoire, donc, peut etre est ce moi qui me suis lassé du style Djian qui n'arrive plus à cacher la vacuité de son intrigue, soit, c'est moi qui suis plus attentif au fond d'une oeuvre, et moins à la forme, mais, quoiqu'il en soit, ses prochains romans méritent encore qu'on y jette un oeil, ne serait ce qu'un distrait...
A noter que l'adaptation ciné par les frères Larrieu sur les écrans en début d'année est bien plus convaincante que le livre original, une fois n'est pas coutume.
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Ah là je retrouve le bon Djian celui de ses débuts. Plus de finesse dans l'écriture, de la poésie, plus de belles atmosphère, de personnages bien définis même si ils sont souvent très peu sympathiques.
J'ai beaucoup aimé cette histoire qui se dévoile par à coup, on se demande ce qui se cache réellement entre le frère et la soeur. Pourquoi cette vie recluse quasi. Pourquoi tant de protection envers sa soeur ? Puis finalement, une chose inattendue fait que la glace se brise et tout s'engloutit vers une autre destinée.
Je n'ai toujours pas compris l'événement du début avec cette Barbara, ça brouille les pistes. Je pensais partir vers une enquête, mais rien au final, on laisse aller la chose, cette gamine, on en arrive à sa belle-mère. Waouis, ce point m'a semblé peu dépourvu d'intérêt eu égard au sujet principal du récit.
L'évolution de la relation frère-soeur, est intéressante, quand chacun de leur côté finisse par s'amarrer à une autre bouée.
Pour résumé, j'ai bien apprécié ce Djian.
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critiques presse (1)
LeFigaro
14 octobre 2011
Incidences est à la fois un très bon polar (il en a tous les codes, et on se laisse aisément mener) et un excellent récit psychologique.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Bien des choses s'étaient arrangées à partir du moment où il avait compris qu'il ne serait jamais un écrivain, un véritable écrivain . Mieux valait le savoir . Une formidable renaissance, pour lui . Il avait conscience du fardeau qui lui était épargné . Sans doute quelque chose à l'intérieur de lui-même avait-il été fracassé, écrabouillé, mais quel soulagement au bout du compte, quelle libération . Il frémissait parfois à la simple éocation de la sidérante vie monacale à laquelle il avait échappé (qui revenait à manipuler un produit radioactif à mains nues jusqu'à finir brulé, ou respirer de l'amiante, si l'on s'en tenait au résultat final, à savoir . Aucun véritable écrivain n'y échappait. Il n'y avait aucune exception . Personne ne pouvait envier ces gars-là . Personne ne pouvait comprendre que l'on puisse choisir de se laisser dévorer le coeur sans broncher . La plupart des étudiants estimaient qu'il s'agissait d'un métier comme un autre .
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Leur père avait toujours encouragé leur mère à casser de la vaisselle plutôt que de ravaler sa colère, mais elle ne s'y était pas souvent résolue et le résultat était connu.
Au moins, Marianne cassait - et lui-même associait le bruit du verre, de la porcelaine brisés, de l'objet mis en miettes, à une libération, au tonnerre qui n'annonçait pas l'orage mais suspendait soudain les gouttes et ramenait le ciel bleu, conjointement au silence.
(p. 128)
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Sur ce terrain, il en savait autant qu'un nouveau-né mais il savait aussi d'instinct que rien ne pouvait aller en se simplifiant, que rien ne pouvait gagner en clarté (et surtout pas dans le coeur des femmes), de quelque manière que l'on s'y prît.
Celui qui n'attendait rien n'était jamais déçu. Celui qui ne pêchait pas par optimisme ne tombait jamais de haut. Celui qui s'attaquait à la montagne avec patience et humilité arrivait à ses fins. Celui qui ne préjugeait pas de ses forces constituait un adversaire de taille.
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N'importe quel crétin est capable de raconter une histoire. La seule affaire est une affaire de rythme, de couleur, de sonorité.
(p. 44)
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Au moins cette page était-elle tournée. Il soupira en roulant sur le dos. La présence de ce gouffre était un véritable atout. Le ciel bleuissait, les corbeaux filaient, le traversaient, tournoyaient. Le gouffre constituait un atout majeur. Certes, ses ténèbres émettaient leur lot d’énergies négatives et cela ne donnait pas envie de venir camper dans les parages, mais il remerciait le Ciel d’avoir placé ce terrible abîme sur son chemin – même s’il avait failli s’y trouver englouti lui-même. Le gouffre était un solide allié. Il s’y était caché durant trois jours et trois nuits, autrefois, sans bouger, se préparant déjà à trembler de tous ses membres dès que la nuit viendrait, claquant des dents par avance, gémissant par anticipation comme n’importe quel enfant de son âge… or, contre toute attente, en complète contradiction avec ses sombres pronostics, il s’y était senti protégé, en sécurité, apaisé, malgré ce silence caverneux et cette noirceur sans fond qui semblaient siffler autour de lui, et n’eussent été la soif et la faim qui l’avaient tiraillé, le froid qui l’avait mordu, les représailles qui l’attendaient d’une façon ou d’une autre lorsque l’on remettrait la main sur lui, il s’était estimé relativement comblé par son séjour dans son intimité minérale et moussue. La créature qui hantait ce lieu paraissait l’avoir à la bonne. Elle avait aussi la faculté d’éteindre la lumière et de refermer la porte. De pousser le verrou.
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Vidéo de Philippe Djian
Le romancier Philippe Djian, adapté de nombreuses fois au cinéma (notamment dans "37°2 le matin" de Jean-Jacques Beineix, "Impardonnables" d'André Téchiné, "Elle" de Paul Verhoeven), publie un nouveau roman, "Sans compter". Un polar qui ne dit pas son nom et s'approche par moment du fantastique. Il est l'invité d'Olivia Gesbert.
#litterature #polar #cinema _____ Écoutez d'autres personnalités qui font l'actualité de la culture dans Bienvenue au club https://youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDrqYh8kUxa2lt9m1vxzCac7X ou sur le site https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/bienvenue-au-club
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