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EAN : 9782070376940
512 pages
Gallimard (31/01/1986)
4.09/5   189 notes
Résumé :
« Cette œuvre immense qui domine la production littéraire de sa décade », écrit le critique américain John Brown. John Dos Passos, dans 42e Parallèle, invente un genre romanesque nouveau. Prodigieux tableau des débuts du XXe siècle aux U.S.A., il fait vivre des personnages de toutes les classes sociales, introduit des actualités, des portraits au vitriol des célébrités du jour, des collages, des textes lyriques. Ainsi surgit la « comédie inhumaine » d'un monde colle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Voilà un livre qui trainait dans ma bibliothèque depuis plusieurs dizaines d'années et qui avait résisté à mes nombreuses tentatives de lecture. Mais voilà j'y suis arrivée, au prix d'un acharnement qui est l'apanage de l'âge 😉 et dont je suis très fière.

Pourquoi tant de résistance ? Plusieurs raisons. D'abord l'histoire en elle-même : il s'agit plus d'un témoignage journalistique que d'une histoire purement inventée et romancée. le texte est très factuel. Dos Passos nous décrit plusieurs destins de façon séquentielle, ce qui nécessite une certaine dose de concentration pour s'y retrouver, d'autant plus que ces destins convergent dans une sorte d'apothéose. Car oui, contrairement aux parallèles, et la 42ème n'échappe pas à la règle, les destins convergent … enfin dans les romans.

Il y a aussi la forme du livre : la narration principale est entrecoupée de coupures de journaux, qui reprennent aussi bien des faits divers que des actualités politiques et internationales majeures, et de portraits de quidam et de célébrités. La forme de ce roman est donc tout à fait originale et précurseur.

Dos Passos nous plonge dans l'Amérique du début du XXème siècle et dresse un portrait sans concession de son pays et de ses compatriotes. Bien sûr, on retrouve un pays raciste mais aussi progressiste. Ainsi la réflexion d'une des héroïnes : « je suis contre la peine capitale comme toutes les femmes à l'esprit équilibrée. La pensée qu'une femme puisse assister à une pendaison me fait horreur. C'est une chose terrible pour l'Etat que de commettre un meurtre ». Dos Passos fait d'ailleurs la part belle à ces femmes du début du XXème siècle qui se libèrent peu à peu du carcan patriarcal.

J'ai découvert une Amérique où les pauvres rêvaient d'une révolution socialiste, où les escrocs faisaient gonfler des bulles spéculatives sur l'immobilier, où la grogne des ouvriers et des syndicats était manipulée par des lobbyistes et sapée par d'habiles campagnes de communication …. Eh oui, notre époque n'a rien inventé !
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Décidément, la littérature américaine, même la plus vantée, n'est pas ma tasse de thé. Sauf de rares exceptions, je n'arrive pas à entrer dans l'univers proposé et c'est indubitablement le cas avec John Dos Passos et le premier tome de sa trilogie, qui se veut une formidable fresque débutant dans la période précédant la seconde guerre mondiale. Mais, justement, à mes yeux, l'auteur a voulu en faire trop.

Trois types de récits se mêlent. D'abord, les présentations, de manière successive, de différents personnages qui seront, annonce l'introduction, réutilisés dans les deux autres tomes. Tous sont issus de basses classes sociales et ont en commun de peiner à s'en sortir dans ce monde capitaliste. Puis, il y a des titres d'actualités qui s'enchaînent sans ponctuation et s'entremêlent. Et enfin de courtes pages intitulées "chambre noire", qui contiennent ce que j'ai compris être des extraits d'histoires singulières tout à fait autres par rapport à l'histoire des protagonistes qui nous sont présentés.

Le seul intérêt que j'ai trouvé à lire ce livre est la comparaison que le lecteur opère inévitablement entre cette période de libéralisme à tout crin, qui oeuvrait aux dépens des travailleurs et des minorités ethniques et l'ultra libéralisme actuel. Certaines phrases sonnent et résonnent de manière très actuelle.

Toutefois, cela ne me suffit pas et je ne me plongerai pas dans les suites de cette oeuvre. Dommage.
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Quel livre!!! Quel auteur!! et surtout quel pays!!!. Dos Passos est le premier auteur américain que j'ai lu, et sans savoir pourquoi, j'ai tout de suite senti qu'il y avait quelque chose de particulier dans son écriture (et comment, vous me direz émoticône smile ): du génie, tout simplement, et surtout, de la maîtrise. Car comment arriver à embrasser cette immensité qu'est l'Amérique? je dirais même plus: cette immensité qu'est l'Amérique du début du 20ème siècle? Dans 42ème parallèle, ce n'est pas un ou deux personnages que l'on suit, ce ne sont pas que des anonymes, ou des personnages fictifs, ce n'est pas une vie, ce n'est pas une bourgade, une ville ou un Etat, mais toute l'Amérique et tous les américains. Et surtout ce n'est pas un style d'écriture, mais des styles, car il en faut pour pouvoir rendre justice à ce qu'a été ( et l'est encore peut être) une formidable machine de survie , de conquête, et de réussite. Et justement, tout au long de la lecture, je n'ai cessé de me demander ce qui fascinait tant chez les USA? ce n'est pas le seul pays a avoir eu une histoire mouvementé? des hommes et des femmes brillants? des tragédies et l'énergie pour s'en sortir? Et pourtant, qu'on le veuille ou non, nos regards sont -soit franchement, soit du coin de l'oeil- toujours tournés vers cet immense pays, à l'affût. Et la seule réponse que j'ai eue pour le moment, c'est que tout est une question de représentation, littéraire dans le cas présent. Et tout le talent de Dos Passos s'exprime dans le fait qu'il nous livre son pays tel qu'il est, sans chichi ni jérémiades, sans admiration ou exclamation, juste honnêtement, et c'est alors qu'à la fin de la lecture, il reste une impression de tristesse, devant ses destins, qui , tout en étant individuels -fruits de simples instincts de survie, et de lutte acharnée pour s'en sortir et améliorer son sort, tout en bradant d'un côté ses idéaux, ou au contraire de s'en servir comme énergie motrice - ont en quelque sorte, façonné le monde entier.
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Un vaste roman ou l'auteur façonne aussi bien plusieurs unvivers qui évoluent en parallèle et nous émeuvent par leur nature très concise et très dense à la fois. Des les premières pages, on sent qu'il va falloir s'accrocher au style qui se déploie, comme dans une espèce de rage, avec 42e parallèle.. A travers la vie quotidienne, jonchée de combat, et de lutte pour la survie et la réussite de six personnages, John Dos Passos dresse le portrait d'une Amérique du début du XXe siècle où le rude combat entre le capitalisme et le socialisme se déporte sur une farouche lutte des classes....
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Prenez Zola et dégraissez-le : ôtez toutes les pages de descriptions qui peuvent s'avérer pénibles. Ajoutez-y une grosse louche de Steinbeck. Touillez avec une grosse cuillère socialiste (au sens que ça avait avant la révolution russe). Secouez vivement dans un shaker antimilitariste et n'oubliez surtout pas de recouvrir de grosses tranches d'anticapitalisme (néanmoins taillées dans la finesse). Un saupoudrage anarchisant par dessus tout ça, et on commence à s'approcher du contenu de 42e parallèle.
J'ai un peu honte de ne découvrir que maintenant ce classique de la littérature américaine paru en 1930 (aux États-Unis, car pour la traduction française, il a fallu attendre le début des années 50), mais mieux vaut tard que jamais et je ne regrette pas le voyage. Dos Passos ne se contente pas de nous décrire la vie des ouvriers, des vagabonds et des parvenus américains de 1900 à l'entrée en guerre des États-Unis en 1917, il aborde aussi la question de la place des femmes, de l'absence de droits des noirs, de la propagande pro-guerre, des bénéfices qu'en tirent (entre autres) les grandes banques, de la corruption politique et de la montée en puissance du libéralisme économique. Il y a des lectures plaisantes, des lectures de détente, des lectures intelligentes, mais 42e parallèle devrait être une lecture obligatoire. On y trouve tous les germes du monde dans lequel on se trouve actuellement.
C'est le premier volume d'une trilogie, et je vais de ce pas me précipiter sur les deux ouvrages qui lui font suite.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
L'homme dans le lit voisin qui lui aussi se remettait de la diphtérie était un homme maigre grisonnant qui s'appelait Michaelson. Il avait travaillé cet hiver dans une quincaillerie et avait la vie dure. Quelques années auparavant il possédait une ferme dans l'Iowa, dans le pays du maïs, mais une série de mauvaises récoltes l'avaient ruiné, la banque l'avait poursuivi et lui avait pris sa ferme et lui avait offert d'y travailler comme métayer, mais il déclara qu'il se ferait pendre plutôt que de travailler comme métayer pour qui que ce fût, il avait fait ses paquets et était venu à la ville ; voilà qu'à l'âge de cinquante ans, avec une femme et trois petits enfants à nourrir, il devait tout recommencer depuis le commencement.
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Le seul homme qui tire quelque profit du capitalisme est un escroc et il devient millionnaire en un rien de temps … Mais des travailleurs honnêtes comme John ou moi-même, nous pouvons bien travailler cent ans et nous ne laisserons seulement pas de quoi nous faire enterrer décemment.
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page 82 : Ce sont les ouvriers qui créent les richesses et ce sont eux qui devraient les posséder au lieu d'un tas de parasites.
- si on pouvait se débarrasser du régime capitaliste, des grands trusts et de Wall Street. c'est ainsi que les choses se passeraient.
- Cré non de non!
- Tout ce qu'il faudrait, c'est une grève générale et que les ouvriers refusent de travailler pour un patron..Nom d'un chien, si les gens comprenaient seulement combien cela... serait facile.
Mais le capital a mis l'embargo sur toute la presse et il empêche les ouvriers de s'instruire et de s'élever.
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C’est l’histoire d’un type qui s’endort , se réveille en l’an deux mille, la révolution sociale s’est faite pendant qu’il dormait et tout est socialiste, il n’y a ni prison ni pauvreté, personne ne travaille pour son profit, il n’y a plus moyen pour personne de devenir un riche actionnaire ou un capitaliste et la vie est rudement chic pour la classe ouvrière.
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... inondée de clair de lune
  
  
  
  
Elles semblent dire
Vous avez volé mon cœur, maintenant ne partez plus
Quand nous chantions
        de l'amour
           les vieilles
             et douces chansons
       Dans la baie inondée de clair de lune.
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Videos de John Dos Passos (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Dos Passos
Paru en 1929, grand succès de librairie, aussitôt traduit en plusieurs langues et adapté à la radio et au cinéma, Berlin Alexanderplatz d'Alfred Döblin est un monument de la littérature allemande au temps de la République de Weimar. Visiblement inscrit dans le sillage d'Ulysse de Joyce (1922) ou de Manhattan Transfer de Dos Passos (1925), même si l'auteur a contesté s' être inspiré d'eux, il participe du renouvellement moderniste du genre romanesque et le procédé du « montage », à l'époque tour à tour exalté et décrié, semble y servir une exploration nouvelle du monde urbain. Pourtant, écrivain prolixe et passionné de questions philosophiques, Döblin n'en était pas en 1929 à son coup d'essai et l'intérêt de Berlin Alexanderplatz dépasse peut-être aujourd'hui celui d'un grand « roman de la ville ».
Retrouvez sur notre webmagazine Balises, le dossier "Berlin Alexanderplatz, portraits d'une ville" en lien avec la rencontre : https://balises.bpi.fr/dossier/berlin-alexanderplatz/
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